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Full text of "La légende syriaque de saint Alexis, l'homme de Dieu"

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BIBLIOTHEQUE ' 




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DES HAUTES ÉTUDES 


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SCIENCES PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES 


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KN VBNTE A LA MÈMK LÏBRAÎftïE 



_tOT[IEQUE DE L'ÉCOLE l'IlATIQIlli DES HAITOS ETODKS, jiBbliWïoHs les sus 
P[.''fl<j Mliilfftâie de riiisiiticllcrn pulilliiud pui' I>'s profi^ssintrï et les alites ds rfi^alf. 

laroruiiilloadeE> langues ]urlt>-g>'.i'ftj»i)tuu<'»,pnr(i.Curlius,'tr»dnitp!irA< Ber|ftigneÉ 4fr. A 

i. Etudm mir las Pagi Js la (îmil*, pftr A. Lwignoi", i™ ptmie: rAsIcMis. lu DûHloonaU et 

la Tofonl», BVM u MiniM. Hpuirf. 

3^ NntG* cHtiijurji »QC Coltulboi, p»r E. Taiirnlcr. < fi-. 50 

i. NniivftI Euui »nr 1» formwioii du pliirîifT Utité en urnlie, pur S. Guynpil. 5 fr. 

fl. AdddHï dlosMiiiTS TOtnBrm, porr. et oipl, pne F. I)itfï, tniri. p»r A, Bmiur. * fr. 75 

a, Da furnics de Ift ttonJugsUon «n 'gyptl'O unlliiue, en ilâmotiiiue ot ea eo\M, par G. Mn"- 

p«nt. 10 fr. 

' T. Ln tir df ^tilnt AlËiî^ Uilcit i]«a m', xii°, xtir et X[v° slftcles, publias pM li, Paris, et 

L. l'itnnier. ta J>. 

8i Bludta criiiqu» 8Ui k« soiifCP» ifs riiistolre uiérovlos'enoft par G. Monod el par le» 

THUrrilTOT an >a Crnifitittiics d'iliiuiire. 6 fi>, 

tl..l49 9>i'it"''<'-Vllii*B, Mxin lanstrit. pulili(>. uoc une trsd. «t des mus, par A< Bar^nlgni^, 

8 fr. 

10, t-:jiirl-N'n nlUiMiM lia U) CnnféiTBfO do iiIiiloloEfe mcquc, rneuBiUl» et Miaés mr 

t.. Tn.iriiinr. 10 tr- 

) I , i'Mui-i mir loi l'agi dp lu Cuule, pur A. Isa^non. ï" portle! ki Paul do iîMèm rip Utim». 

Au'i ) Kurli!». , 7 fr. (H) 

IL>. t)ii i;E[iri< ^plnhilulru dii» IM ajKlâoti E^rpliuiis du IMpnqua pl»raânlquc, par G. Mnspum, 

10 fr. 

13. La frociiiiins-iin in L;x ShIImi. Ktadn mir lo ilroîi Frank (h fld^jusitiu ims U iéginlm'ioa 

lfTiilik«; — ha Racubtirans I — la gloast: nutbKFglmiti), itavilui du tS.R. S<>ii'Ti,pn>ru*sF'ur 

h rL'iUïcrilli Ot Sirmibouré, 1 ni. par E. TliiSTtiini). 7 tr. 

'U. Iutii>ruïrii dei Ùh luillo. Eluile lupugraplilipie par F. finbioii. avM .1 curtM. fr. 

IS. Etude »ur Pline In Jniinp, pur T. Mniiimmi, inwliiit par C. Marul. i fr. 

lfl.,I>iir. ilnna le» liinsiir-ïi'ftiimtrft., parC- Jowi, pPBfB-seuràUFacalWdMfelwesd'Aii. Vi fr. 

lï. i:ir'irBn. I^pixloln nd Pumlllnret. Kritiic «tir un nianuscril dd 3ii' slèide, par C, Ttiiii-ni, 

mrmtirPdnl'InaUtdt. 3 fr. 

(S T:ii>il"'iirlci CumloiielVifomtWidelJfnofit'uiiimiriuiirsùriin KMIO, p»rK. deLoïtrjrle, Sfr. 

m il.' In (i.riiiBiiiindeSKiîilUfoniiwaSxan fminalK.par A.Daroil-iteMr. Epulaô. 

'' <i I- II, in»tltatioa «rniMi'o, coUxtlon il'ua niiuiuscrit ûit x^ «iède.nnr £• CbiwWn ri 

■ I (...Liiire. ■ ■ î fr. 
■:\ lu' r u Amman-IU est papyrus dg^ptitius d a mu 9éft de Boulaq, irHduIt. et eommonlâiiar 

L. t..flnini, 33 fr. 

33. rieurs du Pliilli'pe le SelIlAtfi?, faùmv «ii vrs politïqiiei puUM iJiii1!t le t»xtn pour In 

piixiilArt fnln il'iipr6»Mt mis. de In Bll>liarliËc)iie nHiionftlppurl'sbME. Auvmjr. 3t*^l5 
Kl'. Iharwil et Ameri'i'l', KmiI Gur (a ni|iliDloitl« da rAveaii, par J. Darmctlcier. 4 fr. 
n- l*iOn>Ji>t:iri.Vliiui]MUilFit;",>, purM. r. Dîid„'l.-i-, xr*l. dpl'aHBiïranap«rL.Hai-i!l.eiLrîcUi 

■ l'i.l'":. .!■■■,■ ■' ■■ ;.|-.'frti;i) du tradiicleur. Epi.l-e. 
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ii'.i.'. ■ il.iiindoiapl.plioKiBravéeB, 30 fr. 

S7. rj»L-«ti.)rjK linr,K'n<[u"^. jm- I-. lUilium. Avi'c 'f fMU'^. 6 fr. 

t'tiiatoite <tc la pliilutiopliTe d« ['Iiii1«, {hu' P. Rceiiaud. 1" partir. 

fr. 

ilirimun, Icuri orlgitirt m Iniir lilutnirc. par J. Darmo^iuter. tïfr. 

dana loi Inrcrlptiant tfjpiitnm», purC. Jl. Lepalui, trad. par W. Berenil.uteu 

on» dp l'itmour et sccTHiipsgiié d« 2 pl. 13 fr. 

.1 «Ifle Oa Sc-Oiuei' M de ae« iiisUiiitioui Jutqu'ao xiv e16el«, par A. Giry. -JO fr. 

nl^iiii Ile TT-ujali, p»r C- tto fa BerBfl. 13 fr. 

l'Iuduttrto et Ja Rlk>«c iDdnitrli^Ilfl A l'ail* au xiit' et au xiv* tiièdci pBr 

!. « fr, 

sur BiSTïir i Thialolfe de la pliilosapliie du l'Inda, par P. Degiiand, î' partii'. 

lu fr. 

Hilantii^s piibtiÉB par la nMilon liEiiiArt'iDr: ei pliilnlEiKi<iiii! de l'icale ile% llnote» Eliidi^a 

.■_.A 1 ... J. ._ /andiitlon. .^ïiw 10 ptanUiDB Brarfloï, 15 Tr, 



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ilurich t^ldi.- C1ibduvi.'Cli. par M. Jungbans, Icadiifl n 
irediKiion ei du ncW» Fiouvll'ie- 
|ltoil|(<1<iA mill;>nalO (ÛblnRt di.-s m&lalllcs «t 



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BIBLIOTHÈQUE 

DE l'École 

DES HAUTES ÉTUDES 



DU MINlSTKttE Dli [.INSÏIIUimdX PUBLIQUIÎ 



SCIENCES l'llll,OI,()0IQUES ET HISTORIQUES 



SOIXANTE-DIX-NEUVIEME FASCICULE 




PARIS 
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SAINT ALEXIS 



L'HOMME DE DIEU 



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lliiwlc'ura.ljiiiril ;i IKnili- (.liili.iu- ilos KiuiLt'S-iamk's 




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F. VIEWIÎC. r.Iiil!AIlil-;-KDIÏKi;R 

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67, HVÏ. DU IiirilKl.lK[-. K\ m-K II]; l.\ Ilim.lciTIlKyrK N\TlliN\l,K 



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A MON MAÎTRE 



MONSIEUR AUGUSTE CARRIERE 



HOMMAGE DE RESPECT ET DE RECONNAISSANCE 



AVANT-PKOPOS 



liierujuo la rédaction do ce mémoire n'ait été terminée 
([n'en juillet 1887, cependant la plus i»rande partie — le 
texte, la traduction et les '18 premières paf>es de Tintro- 
duction — était déjà tirée en 1882. C'est donc, en 
somme, l'œuvre d'un débutant. Le lecteur voudra peut- 
être trouver dans ce fait ([uehpie raison d'induli^ence 
[)our des défauts qui n'é(*liappent point à rauteur. 

J'adresse ici mes tardifs remerciements au\ saxants 
anglais et français (|ui m'ont aidé de leurs livres et de 
leurs conseils, ou dont la bienveillance a facilité ma 
tache. Je remercie surtout mon maître, M. Auguste 
(Iariukrk, qui m'a donné le sujet de mon travail et qui 
a bien voulu en guider Texécuilion et y apporter son 
secours précieux. 



Paris, :{ mars 1889. 



INTRODUCTION 



I. — Les manusceits 

La légende syriaque de Saint Alexis, dont la publication fait 
Tobjet principal de ce mémoire, nous a été conservée par huit 
manuscrits dont six appartiennent au Brîtish Muséum et deux k 
la Bibliothèque nationale de Paris. Les manuscrits de Londres, 
un seul excepté, sont les plus anciens. Trois d^entre eux, dont 
l'exécution remonte jusqu'au VI® siècle, sont surtout précieux, 
tant par leur date, assez proche du temps où la légende fait 
vivre son héros, que par ce fait, en rapport étroit atec leur 
ancienneté, qu'ils donnent seulement ce que j'appellerai la pre- 
mière vie d'Alexis et terminent leur récit aux circonstances de 
sa mort k Edesse. A la suite de cette première vie, dont la 
fin laisse en eflfet supposer la résurrection du saint, les cinq 
autres manuscrits en ajoutent séparément une seconde, racon- 
tant sa fuite d'Edesse, son retour providentiel k Rome, et les 
faits de son séjour et de sa mort dans cette ville. Cette division 
de la légende en deux parties et l'absence de la seconde dans 
les textes les plus anciens sont d'une grande importance. H suf- 
fit de dire ici, sans entrer dans les détails d'une étude qtii a sa 
place dans la seconde moitié de cette introduction, que la pre- 
mière partie de la légende, ou, comme quelques manuscrits l'ap- 
pellent avec raison, la première histoire de l'Homme de Dieu, 
est sans doute l'histoire véritable, originale et par elle-même 
complète, du saint auquel on a donné le nom diAlexis; la seconde 
histoire, d'origine étrangère au dire du traducteur syriaque lui- 



— n — 

même, n'a été ajoutée que plus tard au premier récit et provient 
peut-être d'une confusion entre deux saints différents. 

L'un des deux plus anciens de nos huit manuscrits, et ce- 
lui qui certainement a le mieux gardé le texte primitif de la 
légende, se trouve à Londres, au Musée Britannique, où il est 
coté add. 17177. C'est un in-4° sur vélin, écrit en un bel estran- 
ghelo, et qtii paraît remonter au VI® siècle \ plutôt k la première 
moitié. H est tout entier composé d'histoires de saints. La vie 
d'Alexis y occupe 7 feuillets, du fM19 r° au f** 125 r^ Mais 
il manque au moins un feuillet entre les P' 118 et 119, et avec 
lui sont perdues environ les dix premières lignes de notre lé- 
gende. Ce texte a été fidèlement et soigneusement copié; la 
comparaison des manuscrits y révèle à peine quelques fautes. 
L'emploi d'un petit nombre de formes rares et quelques parti- 
cularités d'orthographe le distinguent des textes plus modernes. 
Les points diacritiques y sont très-peu et très-inégalement ré- 
pandus. Le point unique est le seul signe employé dans l'inter- 
ponctuation. Je désigne ce manuscrit par la lettre A. 

— C'est aussi k la première moitié du VI° siècle que je vou- 
drais rapporter la copie d'un manuscrit in-8® écrit en caractè- 
res estranghelo sur véKn, classé dans la collection du Musée 
Britannique sous le n** add. 14644. M. Wright dit de ce manu- 
scrit : « it is written in a fine, regular, Edessene hand of the V^*" 
or VI'^ century 2. » Quel que soit son âge précis, et fût-il en effet 
plus vieux que A, on verra qu'il est doublement inférieur k ce- 
lui-ci : la classification des manuscrits le place k un degré plus 
éloigné de l'auteur commun, et la comparaison des textes montre 
qu'il reproduit l'original avec beaucoup moins d'exactitude. Par- 
mi les fautes qu'on y relève, il en est qui ont peu d'importance 
ou qui existaient déjk dans le manuscrit suivi par le copiste; 
ce sont des mots ajoutés ou retranchés, quelques expressions 
changées, parfois le sens d'un passage modifié. Mais il y en a 
de plus considérables, et qu'on doit certainement imputer au 
copiste. Elles consistent la plupart dans l'omission de courtes 
phrases, qu'il semble n'avoir pas toujours bien comprises ou 

1. W. Wright, Catalogue of syriac manuscripta in the British Muséum 
(London, 1870—73), n*» DCCCCXXV. 

2. Op. cU., n° DCCCCXXXVI. 



- m — 

qu'il a jugées inutiles au récit. Ce texte est d'ailleurs d'une exé- 
cution soignée. H présente lui aussi quelques formes devenues 
rares, et l'orthographe et les ponctuations y sont les mêmes que 
dans A. L'histoire d'Alexis va du f ^ 87 v^ au T 92 v° du ma- 
nuscrit. J'appellerai B cet exemplaire. 

A la dernière page du manuscrit (f** 93 r®), une note à demi 
eflfacée mais encore intelligible, et qu'il est d'ailleurs aisé de 
restituer exactement puisque beaucoup de manuscrits du Bri- 
tish Muséum la reproduisent, nous apprend qa^Ufut acquis , en 
même temps que deux cent cinquante autres , par Moïse surnommé 
le Nisibite, abbé du monastère syrien de la Mère de Dieu au désert 
de Sceté, pendant le voyage qu'il fit à Bagdad pour les intérêts de 
ce saint monastère et de ses moines ^ en Vannée 1243 de l'ère des 
Grecs (de J.-Chr. 932). Voici cette note : îf*?? piOjioo^o }h^mo îfcup 

] n?\n \Ldo sJ^^^mA] . I^'.nx?)^ l^^i^O^ \aa^qjo^^ jenA. Z^l:^ 2^a£)9 "^ ]')m 
V^9ib^9 V^^o If*^ ]jLQiiû ^•àViÉ*o ^^^ )V^^ Pr^l ^^^ P^ 

y^Aoh^]^ \.â^o . 2,^11^0 01^ ]saM2 , .oouo ^'fo^ ^^éSé)^ P^Zoao 

?onq1 o) ^as&âJ o) ?o^ o) pat p^oio:^ ^ééSI^ po . ^-^J^ ^^ ^jL£i 
^oZ.} , ÔIL») |L^^jA^9 ^,J9 V^? odio . )^oi )j^9 ^ ^QJ) VîJ^<^ . T^r^P 

m 

— Le troisième manuscrit, que je désignerai par C, appar- 
tient aussi au British Muséum, où il porte le n° add. 12160. 
C'est un grand in-8° survélin, écrit en un bel et régulier estran- 
ghelo, et qui d'après le caractère de l'écriture doit dater de la 
dernière moitié du VP siècle 4. Notre légende part du P 128 v*^ 
et finit au f*^ 134 v*^ du manuscrit. Le texte y est traité généra- 
lement avec plus de liberté qu'en aucun autre exemplaire. Le 

1. Lisez qi A iÉ on â^Z. 

2. Lisez ^giO |VlsS o. 

3. Différentes rédactions de cette même note, dont quelques-unes pres- 
que identiques à celle de notre manuscrit, ont été publiées et traduites par 
les Assernsmi : Bibliotheca Orientalis, t. II, p. 118, — et Bibliothecœ apo- 
stolicœ Vaticanœ codicum mcmitscriptorum Catalogusy (Romae, 1756 — 1769), 
I'* partie, t. III, pp. 31, 39, 80, etc. 

4. W. Wright, op. dt., n° DCCCCXLII. 

a* 



— IV — 

scribe a sans scrupule interverti Tordre des mots, remplacé des 
locutions par leurs équivalents, changé des tournures, modifié 
des leçons, et il n'est pas rare que ses variantes affectent le sens 
même de la phrase. Déjà le texte qu'il avait sous les yeux ne va- 
lait pas celui suivi par le copiste de B. Sa copie est donc moins 
fidèle encore que celle de ce dernier. Pourtant elle offre des avan- 
tages. Elle a très-peu d'omissions, et elle prête au critique un se- 
cours précieux en quelques endroits où seule avec A elle a gardé 
la bonne leçon. A la fin de l'histoire, immédiatement avant l'ex- 
plicit, le scribe a inséré quelques lignes sans importance où 
il appelle sur lui, sur le lecteur et les auditeurs de la légende 
le secours des prières du saint et de tous les saints ses compa- 
gnons . . etc. Je reproduis ces lignes aux Variantes des manuscrits. 

Cet exemplaire a été très-soigneusement exécuté. Surtout l'in- 
terponctuation y est plus riche et plus étudiée qu'en aucun des 
autres, à l'exception peut-être de D. Le scribe ne s'est pas borné, 
comme les précédents, à séparer également par à.Q^posuqe les 
phrases et leurs diverses propositions. L'emploi du taJytoyo, du 
^eloyOy des èewayo ne lui a même pas suffi et il a encore voulu 
marquer les intonations moindres par ces sortes de ^eloyo et de 
talitoyo mineurs que Barhebrseus appelle V^ol, |ûia» et v'^Sééoa» 
1 — siSûio '. Enfin le récit a été coupé au moyen du signe * en 
longs paragraphes. Les points diacritiques, surtout auprès des 
verbes, sont plus fréquents dans ce texte que dans les deux 
premiers. 

Comme l'a remarqué M. Wright ^^ ce manuscrit (au moins 
dans sa première partie, car l'écriture change et devient plus 
moderne après le f*^ 153,) est le même que celui du monastère 
de Sceté où Assemani lut l'histoire d'Alexis, le oivetustissimus 
codex scriptus a Thoma diacono Edesseno in monasterio Gvhœ Ba- 
raiœ, die XXIX Julii^ anno Grœcorum 895 y Christiô84y quem nullo 
pretio extrahere licuit^ ^, On ne peut douter de cette identité. Outre 
que la table des matières du manuscrit de Sceté, donnée par 
Assemani dans un autre passage de sa Bibliotheca Orientalis\ 

1. Voir la IV® partie, ch. 6, sect. 4 du Ktovo d'^emJf.e (edid. abbé Mar- 
tin, Paris, 1872), p. 268. 

2. Op. cU,, p. 1090, b, en note. 

- 3. Assemani, Bibliotheca Orientalis, t. I, p. 401, note 4. 
4. T. III, part. I, p. 19, en note. 



- V — 

concorde absolument avec celle de notre manuscrit C ^, on re- 
trouve encore au recto du f *^ 107 de ce manuscrit la note même 
que releva Tillustre orientaliste pendant sa mission de 1715, et 
où il lut le nom du scribe et la date de son travail. Cette note est 
ainsi conçue : 

^giOàlÉil )oiA.9 ]^(n ]h^Mnl3 w£)2^â^ )^(n9o) ]^^^ piOo)Z \^ o!^; ♦ 
fZ^wAi^pDo I^^éIOm mZ^ oi^Ofi? )Zal^^ . \a.à^y£i V^^^ t^l ^? >oQ^^^ 









l 






>Qm9o )?2^Lo . pY)ACT.Lo^ oul^f) )a^^ p^ZOèl^o ^lÉ|-nS «.)Aé1éé09 }^m 

• • • 

ai^iOêà V.^^ ^éSot . oulo:^^ oul;^ )ZaA*)o ]1 AViàSoo ^1 j'iào^ \^r^ 

', m moo à n {1^.^^9 )lo )oiAs9 . )^^? vWnl'H ^oul^ao )9oi.^o If^^ V>^^^ 

♦ ^^.*^)o ^^.à::^) <> )2^wAi^pD )z^ 



« Priez pour le diacre Thomas, d'Edesse, qui a écrit cet exem- 

1. Voir W. Wright, op. cit., n° DCCCCXLII. 

2. MaUh,y XXV, 34. 



— VI — 

plaire. Que Dieu lui fasse miséricorde au jour du jugement 
comme au larron sur la croix, par le secours des prières de 
toute sa sainte église et par vos prières, mes frères * ! Amen et 
Amen. 

Mémoire soit faite du vivant qui a écrit cet exemplaire, lors- 
qu'il sera parmi les morts! Amen. ^ 

Cet exemplaire a été fini d'écrire au mois de tamouz, le vingt- 
neuvième jour, en Tannée 895, dans le saint monastère de G-uba 
Baraia. Le scribe s'est appliqué à composer ce trésor spirituel 
pour la lecture et dans l'intérêt de toute la communauté des 
fidèles : du prieur de ce monastère, l'éminent et pieux Thomas, 
moine par amour du Seigneur, ainsi que des autres prêtres et 
diacres et de tous les frères qui sont avec lui ; de ceux qui pour 
l'amour du Christ et pour obéir k son précepte ont quitté leurs 
parents et leurs frères, et ont aimé les jeûnes prolongés et les 
veilles, et toutes les fatigues du corps. Que Dieu, quand il ap- 
paraîtra dans sa gloire, entouré de tous ses saints anges, leur 
accorde une bonne récompense de leurs œuvres et les juge 
dignes d'entendre cette délicieuse parole qui dira : «Venez, les 
bien-aimés de mon père ! Entrez en possession de ce royaume 
qui vous a été préparé dès avant la création du monde ! » Par 
le secours des prières de toute la sainte église. Amen et Amen. 

Quiconque demandera cet exemplaire pour le lire, ou le col- 
lationner ou le copier, et se l'appropriera ou en déchirera rien, 
qu'il sache que devant le tribunal terrible de Dieu il en rendra 
compte comme d'un vol sacrilège. » 

Nous avons fini avec les manuscrits qui connurent seule- 
ment la première partie de la légende. Un intervalle de près de 
trois siècles les sépare des cinq autres qui restent à décrire. 

— Le premier de ceux-ci est le ms. add. 14649 du Musée 
Britannique. C'est un grand in-8® sur vélin, qui paraît avoir été 
exécuté au IX® siècle ^. H est écrit encore en un bon et régu- 
lier estranghelo, mais où la transition s'accuse par la forme de 
quelques lettres. Les y^ sont plus relevés; les >a sont fermés, 

1. Littéralement : messieurs. 

2. Je ne sais si j^ai bien rendu le sens de cette petite phrase. La con- 
cision apprêtée du texte et sa disposition bizarre, en forme de croix, em- 
pêchent d*en donner une traduction précise. 

3. W. Wright, op. ciL, n° DCCCCL. 



— vil- 
les a fermés et ronds; le n et le î sont arrondis; le en est pres- 
que moderne. Le texte de ce manuscrit est soigné et générale- 
ment assez exact, malgré de nombreuses variantes inévitables 
dans une copie aussi éloignée de Toriginal. Ce qui le caractérise, 
c'est, surtout pour la première partie de l'histoire, une certaine 
surcharge d'épithètes et de détails que nous retrouverons bien- 
tôt dans im autre texte et qtii est le fait d'im scribe antérieur. 
On distingue dans la seconde partie un petit nombre de correc- 
tions sans importance et d'une main plus récente. Le système 
d'interponctuation appliqué dans C se retrouve ici presque le 
même. Les points diacritiques se font plus nombreux. Mention- 
nons une singulière orthographe, plusieurs fois répétée, les fu- 
turs singuliers avec suffixe : ^cno — S^.nl, ..^gin é vn à 1, ^oia^ia^), 
s..*oia^2^ et même ^(jio}m). Mais on rencontre aussi l'orthographe 
habituelle. L'histoire d'Alexis occupe les folios 25 v° à 33 r** 
du manuscrit. Une table des matières, inscrite au verso du pre- 
mier feuillet, l'annonce sous les titres suivants : Va.^ 2>.iiz^ C^ 

2^4.0^ )lâo /{(nA.? ]/nn,àl athU^Jàl ^ .«{(nA.? If^K»? ^oioJ^ \XG'i]^^ f 

. iLûooi^ s^(no9L£)). Je désigne ce manuscrit par la lettre D. 

— Au cinquième rang se place par sa date un petit manuscrit 
de format in-16 sur vélin, conservé au British Muséum sous le 
n^add. 14655. Son écriture, du caractère a,ppeléjacobite, est du 
XI® siècle environ K II doit avoir été copié rapidement et sans 
beaucoup de soin, comme en témoignent des mots omis et d'au- 
tres altérés bu mutilés et qui n'oflFrent plus aucun sens. Cepen- 
dant malgré ses fautes et ses variantes, je n'hésite pas à placer 
cet exemplaire immédiatement après A pour la première partie 
de la légende. Pour la seconde partie, les changements qu'on 
est en droit d'y présumer, quelques paraphrases et quelques in- 
terpolations qu'on y devine, surtout les altérations graves qui se 
rencontrent dans l'introduction et la rendraient incompréhen- 
sible en partie sans le secours des autres textes, empêchent de 
le présenter dans son ensemble comme la copie exacte de l'ori- 
ginal. Mais il mérite encore, par la fidélité avec laquelle il a 
seul conservé certaines leçons, dont quelques-unes des plus im- 
portantes, d'être regardé comme le représentant le plus autorisé 

1. W. Wright, op. cU., n° PCCCÇLVJI, 



— vin — 

de la rédaction primitive. H est d'autant plus regrettable qu'il 
ne nous soit pas parvenu absolument complet. Des 25 feuillets 
que remplissait Thistoire du saint (P 54 v® à f*^ 77 v*^) deux 
sont perdus : Tun après le f ® 65 vers la fin de la première vie, 
et Tautre après le f ** 70 dans le milieu de la seconde. Le scribe 
a réparti fort inégalement les points diacritiques, et n'a guère 
employé pour Tinterponctuation que le posuqo. J'appellerai E 
ce manuscrit. 

— Les sixième et septième manuscrits font tous deux partie du 
fonds syriaque de la Bibliothèque nationale de Paris, et portent 
au catalogue les n** 234 et 235. Ce sont des recueils d'Histoires 
pieuses et de Vies des Saints. De format in-8*^ sur papier, l'un et 
l'autre ont été écrits en bons caractères jacobites, le second par 
un scribe plus habile. Le ms. 234 est daté : « Les deux parties 
de ce manuscrit, destinées primitivement k former deux volumes 
séparés, sont de la main d'un seul et même copiste, nommé 
Constantin, fils de Jacques, qui a terminé la première partie a 
Antioche, au mois d'iloul de l'an 1503 d'Alexandre ^» Du ma- 
nuscrit 235 l'on sait seulement qu'il a été exécuté par un scribe 
nommé David 2. La note qui nous apprend ce nom se tait sur 
la date de l'exécution du manuscrit, mais l'opinion deM.Zoten- 
berg est qu'il doit remonter aussi k la fin du XII® ou au com- 
mencement du Xin® siècle. Ces deux textes ont été copiés avec 
soin et on les trouvera encore passablement conservés, si l'on a 
égard au grand nombre d'intermédiaires qui les séparent de 
l'original. Le meilleur est le ms. 235, que je désignerai par G. 
A coté de passages altérés il garde de très-bonnes leçons et 
peut aider parfois utilement k la restitution de la seconde vie. 
Quant k 234, qui sera désigné par F, il n'est sans doute qu'une 
copie nouvelle d'un texte perdu, dont D nous donnait déjk la 
reproduction, et il est moins fidèle que D. — Les signes d'inter- 
ponctuation sont assez variés dans ces manuscrits, et les points 
diacritiques y sont fréquents. La fin de la seconde vie manque 
dans 235, dont quelques feuillets sont perdus entre les f"* 18 
et 19. 

— Nous arrivons enfin au huitième et dernier exemplaire de 

1. H. Zotenberg, Catalogue des niss. syriaques et sahéens de la Bibliothèque 
natûmale (Paris, 1874), n° 234. 

2. Ibid. n° 235. 



— IX - 

notre légende, au ms. add. 14728 du Musée Britannique. Ce petit 
manuscrit de format in- 12 sur papier a été copié au XIII® siècle ', 
en jacobite courant et d'une main rapide. Ses fautes les plus or- 
dinaires sont des omissions et des mots estropiés, surtout parmi 
ceux de provenance grecque. Mais on les corrige toutes aisément 
par la comparaison des manuscrits et je ne veux faire remarquer 
dès lors que la conservation générale de son texte, qui le place 
en première ligne, concurremment avec E, pour la seconde vie. 
Les ponctuations sont peu soignées et parfois fautives; le scribe 
n'a employé que le posttqo. L'histoire d'Alexis va du f ° 55 v** 
au f^ 71 v^ de ce manuscrit, que j'appellerai H. 

Il n'est besoin que de parcourir les différents textes de notre 
légende dans ces huit manuscrits pour reconnaître, à travers 
les fautes et les variantes multiples qui donnent à chacun sa 
physionomie propre, une seule et même rédaction, parvenue jus- 
qu'à nous dans tous sans modification importante. Nous n'avons 
pas affaire, comme il arrive pour les légendes latine et grecque 
de notre saint, à des compositions personnelles dans le genre 
de ces [xsTaîppaaeK;, d'où le logotKète Sîméon a tiré en même temps 
son nom et sa renommée 2. Si l'on entreprenait de publier 
une famille de telles œuvres, où chaque auteur respectant seule- 
ment les grandes lignes de la légende l'a traitée pour tout le 
reste avec une liberté presque absolue, aussi peu soucieux des 
omissions et des transpositions que prodigue d'interpolations et 
de développements , tout ce qu'on pourrait faire serait de don- 
ner chacune entièrement et séparément. Mais ici où nous n'a- 
vons, je le répète, que des copies plus ou moins exactes mais 
toujours sincères d'un même texte, le devoir de l'éditeur est 
de chercher à retrouver l'original ou à le restituer au moins 
dans la mesure du possible, et c'est là le but que nous allons 
poursuivre maintenant au moyen de la comparaison et de la 
classification de nos manuscrits. 

Toutefois, dans le cas présent, la question est complexe et 
notre tâche sera doublée. J'ai dit déjà, et il me faudra revenir 
encore sur ce fait, que la légende qui nous occupe se com- 

1. W. Wright, op. cU., n'* DCCCXLII. 

2. Siméon Métaphraste, qui vécut à Constantînople au X° siècle selon 
les uns, au XII° selon les autres. Je reviendrai plus loin sur cet écrivain. 



— X — 

posé' de deux parties d'origine bien distincte et dont Tune doit 
être antérieure k Fautre de plusieurs siècles. Cette dernière 
est inconnue des trois plus anciens manuscrits. En réalité, nous 
noiis trouvons donc en face de deux travaux séparés : la pre- 
mière vie du saint, représentée par huit exemplaires, et la se- 
conde vie, reproduite par cinq seulement. Mais faut-il séparer 
aussi Tétude de ces deux questions : Dans quel rapport sont 
entre eux les huit exemplaires de la première vie? — Dans quel 
rapjport sont entrer jeux les cinq exemplaires de la seconde? On 
|Û)<ÙTait croire tout d'abord qu'il suffira de résoudre celle-là 
pour obtenir en même temps la solution de celle-ci. Il est pos- 
sible en effet que le rapport soit le même pour les deux vies 
entre les cinq derniers manuscrits, auquel cas tout travail de 
comparaison des textes de la seconde vie serait superflu, et ne 
servirait tout au plus qu'à faire la preuve du résultat obtenu 
par la comparaison de ceux de la première vie. Mais il peut 
arriver aussi, et, nous le verrons plus loin, c'est justement notre 
cas, que ce rapport soit différent. Alors deux examens séparés 
seront nécessaires et nous amèneront k deux classifications dis- 
tinctes, qu'il restera enfin k raccorder dans une classification 
générale. 

Commençons donc par chercher dans quelles relations de 
parenté sont les huit exemplaires de la première vie. 

Je ne suivrai pas dans l'exposé de mes recherches la même 
marche par laquelle je suis arrivé k établir ces relations. Il 
était impossible de remettre sous les yeux du lecteur toute la 
minutieuse comparaison des variantes et de reprendre avec lui 
la suite des tâtonnements et des hypothèses au moyen desquels 
a été atteint le résultat. Je procéderai plutôt en sens inverse 
et, partant de ce résultat comme d'un fait acquis, je me bor- 
nerai k en exposer les preuves, k noter les variantes qui le jus- 
tifient et k rendre raison de celles qui semblent le contredire. Je 
donnerai d'ailleurs k la suite du texte de la légende une liste 
complète des Variantes des manuscrits qui mettra le lecteur k 
même de refaire au besoin mon travail et de vérifier mes con- 
clusions K 

1. Les principes de la critique des textes ont été exposés par M. Gaston 
Paris, dans sa préface de la Vie de Saint Alexis, poènie du XP Siècle (Paris, 
1872), p. 7 et suivY. Mon travail doit beaucoup à cette excellente exposition. 



— XI — 

Et d^abord il est constant que nous ne possédons pas l'origi- 
nal de la légende. Le seul de nos textes qui pourrait prétendre 
à ce titre et qui mérite qu'on le discute est celui du ms. A. Or 
on y relève deux fautes corrigées par C: l'omission des mots 
oooi ^ i So à la p. en, 1. 10, et à la ligne précédente la leçon 
^m à ioS yj? pour ^m é1oSS]3\ Mais ce texte est du moins la 
meilleure copie et la plus rapprochée de l'original perdu, que 
j'appellerai 0. 

Si nous passons maintenant k la comparaison rigoureuse des 
variantes, le premier fait qu'il faut constater est l'accord asg îz 
fréquent des mss. A B D E F G que je réunirai sous la dé- 
signation générale a, en opposition avec l'accord de C et H, 
que je comprendrai sous l'appellation c. Notons par exemple : 

p. n, 1. 5, a qi^ QSno ^oij-miû, c oi^ osno i*^wv> ; — p. n, 1. 23, 
a ^ooiiwû:^ ^ ^(3io<yÛ£>} ^9 o\^.A£iZ]^ c omet; — p. en, 1. 8, a ^a 

01 TqSQ â S ^ c oiIgSoèS ocri ^o^* — p. j», 1. 12, a oi-i-sJ *-^^^, 

c oip^ ""^^vS' — P* V ^' ^y ^ ?o**^^ Po, c ?o**Sr) hASLio flo; — 
p. ^, 1. 17, a h^o 1^9 V^olJ, c Ifi^^?© }^? V^o5; — p. ^, 1. 19, 

^ooiJio, c ]inmsn ^^jL^oi ^ ^A^ yÉ*2, On peut ajouter encore les 
variantes suivantes, auxquelles la fidélité générale de nos copies 
donne de l'importance, bien qu'elles ne consistent que dans l'o- 
mission de simples particules : p. :i, 1. 1 1, a f^^ \sih<n ^, c omet 
fA^; — p. n, 1. 14, a ws} ^aoi, c omet ^s}; — p. en, 1. 19, a ^] 
w£)oZ ouLo)^ c ^^oZ ouLofo; — p. c\, 1. 12, a nnSso^}^ c nnSsnZjo; — 
p. ^, 1. 17, a \M^rO ]2<n O01, c \M^rO poi ^? ooi; — p. L, 1. 11, 
a \\] vnaJ, c "^11© vnaJ; — p. ai, 1. 24, a foi-LoZo, c foi-LoZ ^^oi. 
Mais avant de chercher k tirer aucune conclusion de ce clas- 
sement de nos manuscrits en deux groupes ABDEFGetC 
H, je crois préférable de présenter une nouvelle liste de va- 
riantes qui, tout en maintenant encore l'opposition de C H, d'un 

1. Cette variante est plus importante qu^eUe ne le paraît an premier 
abord, car elle entraîne un changement de sens. Dans c, oi IqSo â S ooi ^o 
commence la phrase qui suit; dans a, oi IqSo à S ^ achève la phrase 
qui précède. 

2. Je ne donne pas ici les cas où Taccord n^est pas complet entre tous 
les mss. du groupe a. On devra pourtant reconnaître qu*ils sont encore 
très-probants, venant après les premiers. Deux entre autres : p. ^Lj, 1. 3, 
a ^-J^T*»?-^! (B E ^•^Lkaî?}, G omet), c ^-J^'i^; p. a*, 1. 6, a |^ ^r^ 
(F seul «.Aao ^), c V^ r^. 



— xn — 

coté, avec B D E F Gr, de l'autre, va cette fois réunir A aux 
deux premiers et le séparer des derniers. Dans cette liste je dé- 
signerai par a le nouveau groupe composé de B D E F Gr, et 
par celui composé de A C H. Ainsi : 

p. en, 1. 9, donne l^^r», a I^^^^^a*^; — p. a, 1. H, o 92i^ ^ 

Uol looi? ,—.?, a' M? r:fi '-^^^ r^', — P- -V? ^' 11? ^ '^®'^'? «' 
|2aj. ' |io; — p. L, 1. 21, vnaJ ^ao, a omet; — p. >, 1. 1, o ^nnssno 
ot^ )ooi, a' oul^ \V*^^ )^^ vnnssno ; — p. >^ 1. 5, o .pLO|^^ ^-^^^^^n^^ 

• • • • 

^v^ la:^ ^ f^^^î — P- 1^? 1- 1^; ^ ^aaJ9, a' f^^^?; p. a^, 1. 3, o 

o^aJ^ >Q«*90 (ou N.«JU9,:^) N.«JU^9Z), a' (ou ^«JUa9^)o) vjJ^^^Z)o sé^^ >Q«*% 

— p. a^, 1. 18, ^2^ZiJ9, a ^^^z|o; — p. t, 1. 14, o ^^^.^^ ^o, 
d ^.àSqi offi yao; — p. j», 1. 3, ^oouiio, a omet; — p. a^, 1. 7, 

En résumé, il ressort de ces deux listes de variantes : 1° que 
les groupes de mss. BDEFGetCH sont toujours opposés Tun 
k Fautre ; 2^ que A est tantôt d'accord avec le premier groupe 
contre le second, tantôt d'accord avec le second contre le pre- 
mier. 

Rien que ce dernier fait permettrait déjà de présumer l'exis- 
tence d'im auteur commun pour chacun des deux groupes 
B D E F G et C H. Car étant donné, ainsi que nous l'avons 
avancé plus haut, que le ms. A est un représentant très-proche 
et très-fidèle de l'original perdu et que l'on peut à priori consi- 
dérer ses leçons comme les vraies leçons, chaque fois que ce 
manuscrit sera d'accord avec l'un des groupes, il y aura beau- 
coup de chances pour que la variante offerte par le groupe op- 
posé soit une faute, et une faute commune ne peut guère déri- 
ver que d'une source commune. Il est aisé d'ailleurs de vérifier 
cette présomption. Reprenons quelques-uns des passages où 
nous avons trouvé C H contre A B D E F G. La leçon de C H 
qiZnsno yornsn est moins bonne que qi^os^^o ^£)oi^ia:kû; l'omis- 
sion par ces deux manuscrits des mots ,^ ^-àoiocn^J ^9 oV^^z) 

1. Le ma. H, du groupe o, donne pourtant ici l^^>-^, d'accord avec les 
mss. du groupe a . Mais nous verrons plus loin (p. XVII) comment doit 
s'expliquer ce fait, qui ne peut rien prouver dès lors contre mon raison- 
nement. 

2. Dans ce cas encore H est d'accord avec les mss. du groupe a . Voir 
la note précédente. 



— xm — 

<^oai a ns est sans aucun doute une faute; la leçon Ii-'Im^ V-^>i«o$ 
]f^A^o pour h^o 1,^0^9 |i^o!f est une erreur causée par le ressou- 
venir d'une phrase antérieure de la légende, où se retrouve cette 
expression If^»?© Ir^"^?? cette autre \£li ]2^o^ }q^ ne vaut pas 
|9oi ]zy»l:^ ]q^. On ne peut donc douter de Texistence d'un ms. 
c, auteur de C et de H. — Qu'on examine à présent les leçons 
données par B D E F G contre A C H : ]hL^ pour ]2^f^ est cer- 
tainement fautif 5 la modification V^^? ^— ^9 hh^ ^--io pour ,^ .v> 
V-i^l |ooi9 ^9 hb^ s'explique plus naturellement que la correc- 
tion inverse; la suppression des mots vnaJ ^ao et le changement 
de construction qu'elle entraîne n'altèrent pas il est vrai le 
sens de la phrase, mais du moins son allure est plus régulière 
avec ces mots; enfin les insertions "^V*^? ^^r— ^?? f** peuvent à 
bon droit passer pour des surcharges. H faut donc admettre que 
B D E F G proviennent à leur tour d'un même texte perdu a\ 

Cela posé, combien d'hypothèses sont possibles? A peut-il 
avoir été l'intermédiaire entre l'original et les manuscrits a et c? 
— Ou bien A, a' et c proviennent-ils chacun indépendamment 
de l'original, et avons-nous trois familles de manuscrits? — Ou 
n 'avons-nous enfin que deux familles et, dans ce cas, auquel des 
groupes a ou c doit-on adjoindre le manuscrit A? 

A n'est pas l'auteur de a' et c. — H n'est pas l'auteur de c, 
car nous savons que C et H comblent tous deux la lacune de A, 
oooi ^^àSn (p. en, 1. 10), et en corrigent la faute ^m éinSyJ? (p. en, 
1. 9) par la bonne leçon ^m iinSSp?. Il ne l'est pas non plus de 
a', puisqu'un des membres du groupe auquel a a donné nais- 
sance, B, est peut-être plus ancien que A, et que d'ailleurs tous, 
d'accord en cela avec les manuscrits C et H, corrigent de lé- 
gères fautes de A, comme l'omission de ^^ (p. en, 1. 8), comme 
\A^h pour V^l (p. n, 1. 17), > âViâV) pour >é Svi a so (p. >, L 20), etc. 

A, a' et c constituent-ils trois familles dérivées indépendam- 
ment de l'original? D faut pour cela que dans tous les cas où 
deux de ces familles se trouveront d'accord entre elles, cet ac- 
cord nous donne la bonne leçon. Une seule exception suffirait 
pour improuver notre hypothèse, et pourrait même présenter 
assez d'importance pour rendre au contraire certain un classe- 
ment 4e nos manuscrits en deux familles seulement. Cette ex- 
ception, on la chercherait en vain dans les deux listes de va- 
riantes fournies plus haut. Je crois pourtant l'avoir rencon- 



— XIV — 

trée, sinon dans une faute commune, au moins dans un système 
de fautes offertes par le ms. A et les représentants du ms. a', 
qui s'expliquent toutes aisément par la faute antérieure d'un 
auteur commun et ne peuvent s'expliquer autrement. Que l'on 
se reporte à la phrase suivante, p. en, 1. 8 de notre texte : ^^.^ ^o 

. oooi. Le seul exemplaire qui la donne entièrement ainsi et 
d'après lequel je l'ai restituée, car il n'y a aucun doute que ce 
soit Ik la vraie leçon, est le ms. C. Voici pour cette phrase 
les variantes des autres manuscrits, excepté H, dont nous n'a- 
vons pas à nous occuper présentement et sur lequel je revien- 
drai plus loin : 

A ^m ÉinSyj? pour ^m éIoSS'P? et omet 0001 ,^é\o; — D F 
)2y— :^Nà« pour )2^^-^f^ et 0001 ^^ého? ol^ pour 0001 ,^é\o; — E G 
uKjuiJopiJî pour ^tn éioNSp?^ ]h...L^ pour )2i_:i^; — E omet les 
mots 0001 <^éSo, g les remplace par 0001 ,_Aau^5 — enfin B 
change toute la phrase et écrit : «^oio-xL >* io IV^s^ ^^ 1*0 
. 0001 ■ É^^ àSn uKnn v>yn 

On ne peut se rendre autrement compte des leçons diverses 
de ces manuscrits qu'en admettant qu'ils dérivent d'une source 
commune, a, où la phrase était déjà fautive et privée de son 
verbe 0001 ,-aL^. Ils n'ont plus alors compris cette phrase et 
chacun d'eux l'a arrangée à sa façon. A et a', directement sor- 
tis de a, ont maintenu l'omission de oooi ,-al^ en y ajoutant l'un 
et l'autre une faute nouvelle. A, qui lisait peut-être u^n iinsSp?^ 
a remplacé ce verbe par son synonyme »-àouAJa!ikyJ9, tandis que a 
a écrit ))b.-:aJL pour l^^-^f-*, sans doute par suite d'une erreur de 
^ lecture très-explicable dans l'estranghelo. A leur tour, les ma- 
nuscrits qui proviennent de a' et que nous connaissons déjk, 
B D E F G, placés en face d'une phrase doublement défectueuse. 
Font traitée chacun à sa manière. B l'a complètement modifiée, 
tout en gardant dans son verbe le sens de ]h^^^j — D et F se 
sont bornés à combler la lacune résultant de la perte de ^ 



al^ 



0001 par l'insertion des mots 0001 ^^ého? oul^; — E et G ont rem- 
placé tous deux l'expression umw iinSSp? par ^okjjcpijv, mais le 
premier a laissé la phrase incomplète par la chute de 0001 ,^é\o, 
tandis que le second l'a complétée par l'addition de oooi ,_Aau^. 
En un mot, l'omission du verbe 0001 ^^éSq dans A et dans E, 
la Substitution de différents verbes à sa place dans les autres 



— XV — 

manuscrits dérivés de ai peuvent être k bon droit considérées 
comme une faute commune. Cette faute commune, une fois cons- 
tatée, renverse Thypothèse d^un classement des manuscrits en 
trois familles, confirme celle de leur division en deux familles 
seulement, et, tranchant du même coup la question subsidiaire : 
à laquelle des deux familles faut-il adjoindre le ms. A? — nous 
permet enfin d'établir cette division comme il suit : famille c, 
composée des mss. C et H, famille a, composée de tous les autres 
manuscrits. 

Passons k Tétude de la famille a. 

Nous possédons déjk dans les recherches qui précèdent la 
preuve complète qu'il faut subdiviser cette famille en deux 
branches. Tune représentée seulement par A, l'autre compre- 
nant les cinq manuscrits B D E F Gr, qui proviennent du texte 
perdu a , En effet, je le répète, ces cinq manuscrits ne peuvent 
ensemble ni séparément venir en ligne directe de A, puisqu'ils 
corrigent tous, d'accord avec C et H, quelques négligences de 
ce manuscrit. D n'est pas possible non plus de les séparer en 
deux ou plusieurs branches remontant chacune d'une façon in- 
dépendante et concurremment avec A au ms. a, car toutes les 
leçons relatées plus haut, où nous les trouvons d'accord entre 
eux contre A et C H réunis^ sont des fautes communes qui exi- 
gent un auteur commun, et cet auteur ne peut être a. Il peut 
seulement venir de a et c'est a'. 

Dans quels rapports maintenant sont entre eux les cinq textes 
qui constituent la branche al La comparaison de leurs variantes 
nous les montre se groupant en deux rameaux : l'un i, composé 
des mss. B D F, l'autre e, composé des mss. E G. 

Voici la liste des variantes les plus décisives : 

p. ^, 1. 15, h 1^.:^^^, 6 l^^li^asV^; — p. n, 1. 23, h our) o\j^l\ 
^?, e omet ouo; — p. en, 1. 5, h \o<s\ hy^ p, e ^V» P ^omSq Iooi P 
Jooi; — p. en, 1. 9, h ^m ilnSSp?, e ^(n-ÉJo}:iJ9; — p. en, 1. 18, 
h . ooullâ ^mOy e ^ooklLû ^oiOâ) ^010; — p. €\, 1. 11, b ^h^ ^ iV> 
V©'? r^^y e V©'? ,-A^Ol ^? hl^£i ^ • p. t 1. 14, b OUT) PI ^-A^?, 

e ajoute ^^ocU» ^}; — p. j», 1. 13, b ]^lq:::>.^ ^--a^u^î, e omet 
I^qv^^* — p. jA, 1. 15, b V^^r^ oi^o^ VikO, e V^r^ «^oio-^o^ \^o. 
— p. >, 1. 20, b lï-ôOyû, e »-àoio-^-ûOyûo plus une variante de 
sens; — p. rCâ, 1. 9, b omet ^a^sv, — p. a^ 1. 2, b ]£^y e Vs^; — 
p. a^, 1. 11, b yûâo, e yû9. 



— XVI — 

L'existence des deux intermédiaires e et 6 n'est pas douteuse, 
puisque les bonnes leçons, — que nous avons un moyen certain de 
reconnaître : leur accord avec les leçons des mss. A et C H, — 
nous sont offertes tantôt par un groupe tantôt par Tautre. Chaque 
groupe s'accorde donc à son tour sur une leçon défectueuse, 
comme par exemple E G p. en, 11. 9, 18; p. i, 1. 14; p. j», 11. 13, 
15; p. y 1. 20; — comme B D F p. ^, 1. 15; p. en, 1. 5; p. rCâ, 
1. 9; p. fii4, 1. 2. 

D nous reste à étudier, pour en finir avec la famille a. Far- 
rangement intérieur des rameaux b et e. 

Le rameau b comprend, nous l'avons vu, les trois mss. B, D 
et F. L'âge de B ne permet même pas au critique de se deman- 
der si ce texte a été copié sur D ou sur F. Ceux-ci de leur côté 
ne peuvent venir de B, dont ils comblent les lacunes assez nom- 
breuses. On ne doit pas non plus admettre que les trois manu- 
scrits soient autant de copies indépendantes du texte J, car les 
variantes et les fautes communes k D et F sont si fréquentes que 
je me dispenserai d'en relater aucune, me contentant de ren- 
voyer le lecteur aux Valantes des manuscrits. Mais c'est ici une 
question assez délicate de décider si D et F sont deux copies 
d'un même intermédiaire perdu 6', ou si F n'est pas plutôt une 
simple copie de D. Les fautes de D que l'on ne retrouve pas 
dans F sont si rares et de si faible importance qu'il est permis 
d'hésiter. Quelquefois c'est l'auxiliaire looi omis ou ajouté par 
D, contrairement à la leçon générale des textes. Ou bien ce sont 
des négligences comme les leçons ^^o] (p. j», 1. 15), Zooi V^qiéV» 
(p. %^, 1. 11), au lieu desquelles F a rétabli avec raison '^^o), 
]o(n w-jbAjàLo, et qui étaient faciles k corriger. La seule faute un peu 
importante est k la p. ja, 1. 21, où D altère en |?aLo la leçon Jo^àLo 
que F a restituée d'accord avec tous les autres manuscrits. L'exa- 
men du texte de la seconde vie, pour laquelle D et F sont dans 
le même rapport que pour la première, nous fournit aussi bien 
peu de données qui puissent faciliter la solution du problème ^ 

1. Voici ce que j'ai relevé : p. aj, 1. 2, E H G F o*^ r^°, D omet 
<Ji-^; — ibid,, 1. 6, E H G F ^«-^?, D ^«-^??; — p. v^,' 1. 9, E H G F 
.^9, D và^Ç; - p. <3, 1. 12, H G F P^?, D P^; - p. ^, 1. 8, 
E H G F ^ooi Vû-^, D omet ^ooi; - p. t|^, 1. 13, E H G F «r^^ r^l, 
D 01^^ |ooi ^}; — p. Oô, 1. 10, H G F Wr» Ir^, D If^^u }^; 
— p. ta, 1. 19, E H F piûIoi-Lo Ia^ï^ ^r*?^^, D omet ^aiiiû; _ enfin 



— XVII - 

D'ailleurs cette solution présente un minime intérêt, puisque D 
et F sont placés tout k fait au dernier degré de Téchelle des ma- 
nuscrits. Le plus sûr est de les regarder comme deux copies 
indépendantes d'un intermédiaire J'. 

Quant au rameau e, sa bifurcation en E et G est absolument 
certaine, car le plus récent de ces manuscrits, G, a des phrases 
qui manquent dans le premier. 

Enfin, nous n'avons fait plus haut que constater l'existence 
de la famille c, composée des mss. C et H, sans nous demander 
si ces textes sont entre eux dans un rapport de filiation ou, si 
l'on me permet ce mot, de collatéralité. C pourrait seul par son 
âge être la source de H; mais il a commis des omissions qui 
ne se retrouvent pas dans H. Telles sont : p. t, 1. 7, w£>-^; p. c\^ 
1. 7, ^ouLûik ,^^ o]- p. ^, 1. 6, ^r—^ r* \°<"r^; ®tc. Nous avons 
donc dans C et H les représentants de deux branches distinctes. 

Mais un fait curieux s'est produit pour H. Sans aucun doute 
ce manuscrit appartient a la famille c; cela ressort de la com- 
paraison de tout son texte avec le texte de C, en particulier des 
variantes communes à ces deux manuscrits contre l'ensemble 
des autres et dont j'ai eu à fournir la liste plus haut. Et pour- 
tant, à côté de telles variantes, on relève dans H des leçons qui 
le rapprochent incontestablement de E et de G. Il suffit de citer: 
^ouaJo}:^? pour «^(nJoI^J^p? (p. en, 1. 9); I^Ji^a. pour l^^f^ (même 
ligne); l'insertion du mot ^mos] (p. en, 1. 18) et l'addition du 
verbe ^ (p. xC», 1. 3) et des mots ^îocU» ^} (p. t, 1. 14). H est 
impossible d'expliquer ce fait autrement que par des correc- 
tions. Mais comme le ms. H ne porte aucune trace de retouches, 
nous sommes forcés de supposer entre lui et c un intermédiaire 
c', où un scribe a introduit ces corrections, d'ailleurs erronées, 
d'après un manuscrit de la famille e qui lui était tombé sous la 
main^ On verra plus loin que dans la classification des exem- 

D altère invariablement le nom d*Euphémianus en ^J^ûlioojj deux fois 
seulement il a écrit ce nom ^jpqIaSo} et ^JPoIaIûsoJ. F donne partout 
^jpoIaIqsI comme les autres manuscrits. 

1. La collation des manuscrits devait être d^un usage assez commun 
chez les scribes et les lecteurs syriens. Beaucoup de textes montrent des 
corrections postérieures qui ne peuvent s'expliquer que par là. Voyez 
d'ailleurs la note du ms. C, que j'ai donnée plus haut (p. V — VI) et où il 
est dit : «quiconque empruntera cet exemplaire pour le lire, tm le coUa- 

tionner, ou le copier » 

b 



— xvm — 

plaires de la seconde vie le ms. H vient se rattacher k un ms. e', 
dérivé de e concurremment avec E. C'est donc du ms. e que 
le scribe a tiré ces corrections, en même temps sans doute qu'il 
lui emprunta le texte de la seconde vie pour l'ajouter k la suite 
de la première vie que c donnait seule auparavant. 

J'ai figuré les résultats obtenus dans le tableau suivant. Les 
manuscrits y sont échelonnés noii d'après leur âge, mais d'après 
leur valeur relative, qui se mesure k leur éloignement plus ou 
moins grand de l'original. 

O 



a 



C 



A 



a 



e 



E 



C 



9' B 



h' 



a 



H 



B 



F 



Mais on me reprocherait k bon droit de dissimuler les 
objections possibles contre mon argumentation, si je gardais le 
silence sur un certain nombre de passages où les variantes 
semblent établir entre les manuscrits des relations contraires k 
celles résumées dans le tableau précédent. Il me reste donc, 
avant de quitter les textes de la première vie, k relever ce nou- 
vel ordre de variantes et k montrer comment les coïncidences 
qu'elles attestent n'ont pas nécessairement leur cause dans un 
auteur commun, mais peuvent s'expliquer soit par une même 
habitude de style chez divers copistes, soit par des erreurs ou 
des corrections identiques qui sont naturellement sorties du con- 
texte. Les seules de ces coïncidences qui méritent attention 
rapprochent ou bien les mss. B et G réunis, ou bien le ms. B 
seulement de la famille c, et contredisent ainsi doublement notre 



1. L^existence des manuscrits intermédiaires e' et g sera démontrée par 
la classification des textes de la seconde vie. 



— XIX — 

répartition des textes. Elles valent d'ailleurs plus par le nombre 
des leçons que par leur importance. Parcourons ces leçons : 

p. ^, 1. 12, B G C (H omet) |^o^ ou ]hijû, contre D EF(A 
manque) «îo^j»; — p. ^, 1. 17, BGC (H omet) l^a^ |o(jio, contre 
A D E F l^a^ |ooi ; — p. c\, 1. 12, B G G ]^hj] «^ ^o ,^103?, contre 
ADEFHcvV. ,o^aiQ3 j^M? ; — p. c\, 1. 18, BGCH|ooi .^h, 
contre A DE F vl*z^ ; — p. ^, 1. 21, B G G ^.ûa:^^^ ^a, contre A D 
EFH -^i^^?; - p.fii-.,l. 13, BGC omettent ïIscud; A DEFH le 
donnent; — p. ^^, I. 8, B G C (H omet) poo? làÉ,nS oul^, contre 
A D E F Pao^ ^^ \A^f^ «^; — p. ^7 1. 2, B C (H omet) |Zai:.o2i^ 
^^ — •?, contre A D E iF G f— i^ |Za:^o2iwo ; — p. n, 1. 6, BCH 
oên— isfc isthêàonà^fh S, contre A D E F G 001^ mhê»nnà,h\ ; — p. ti, 
1. 11, BCH^I^, contre AD EF G |^; — p. en, 1.5, B 
C H ^ ,É ^ (n.r? OU ^ éSou^, contre A D E F G ^^ *Squo ^ou£> ou 
.-i^^cn^ t::^«2^; — p. CT3, 1. 6, b c h P^oû::^? Pl, contre A D E 
F G Pûonli.? -s| p); — p. t, 1. 15, B C V-^^oja:^ Zooi PU?, contre 

ADEFGH zom PU V-^^oja:^?; - p. j», 1. 10, BC^? K^..!^ 
ou IéSSo pi, contre ADEFGH U:^^ |ooi U^? ^i^| P) ; — 
p. >, 1. 18, B C « — i^ -m-âA^zj p ,-ao, contre A D E F GH qui 
omettent oi^; — p. lO, 1. 1, B C ocn <n^z] (H V*")? contre A D 
E F G qui omettent 001. Chacune de ces coïncidences prise k 
part est sans valeur. Mais en voici quelques-unes plus remar- 
quables : 

p. :i, 1. 2, B G C (H omet) V»a3, éontre A D E F V^qiûj. C'est Ik 
le point le plus délicat. Pourtant, si Ton admet qu'il y eût dans 
la leçon primitive -^001 ]fnL. V^s^^ ygovum? ^| quelque chose qui 
pût choquer les copistes des mss. B G et C, on comprend alors 
que tous trois aient séparément pensé k la correction \xoq2. Ce 
mot est assez semblable k ^qioj par l'écriture et la prononcia- 
tion; il complète aussi très-naturellement pour le sens la figure 
commencée avec le verbe zoot l^iûi^ \ — p. ^, 1. 17, B G C '^Ip 
oifLmJo, contre A D E F H qi— i^somS \lp. L'emploi de l'une ou 
l'autre tournure était indifférent, et le contexte prouve d'ailleurs 
que la rencontre des trois copistes s'est produite d'une façon in- 
dépendante. — p. ^, 1. 17, B C (H omet) Ij-^oil, contre A D E F 



1. On B^explîqne surtout clairement l'erreur commune des trois copistes 
par l'hypothèse qu'ils auraient écrit sous la dictée d'un tiers. Et ce n'est 
pas ici le seul passage des manuscrits où les fautes font supposer entre 
l'original et la copie l'intermédiaire de l'oreille plutôt que de l'œil, 

b* 



— XX — 

G V*<"1. Je crois que ces deux expressions ont ici le même sens 
de « circonspect». Mais la bonne leçon V*«l était d'un usage plus 
rare dans cette acception. Deux des copistes ont donc pu la rem- 
placer par |f-*<nl; d'autant plus facilement que ces mots sont très- 
proches par récriture. — Enfin p. xC», 1. 6, B C oi— Joi^on? ^^po, 

G 01— Joi^Ofi \.^ )ooi ^ »po^ H oiJoi^oaû ^^Oj D F CT S*? ^^po^ 

A E oiJoi^aa ^ ws -fcZiJo. La leçon primitive me semble être ici, 
comme toujours, celle de A E ; car Tethpa'al du verbe ^^ est 
rare dans les textes, tandis que les formes ? ^.j— *, V-^^ ^vj-* 
w£» ^^, V_â9 w9^, sont d'un emploi commun. D n'y a donc rien 
d'étonnant k ce que plusieurs copistes aient adopté concurrem- 
ment l'une ou l'autre de ces formes dans leur correction de l'ori- 
ginal. — Je n'ajouterai que pour mémoire la coïncidence sui- 
vante : p. c\, 1. 17, B H IfAâx V=^Q-^ (H donne par erreur U^o.^), 
contre A G D E F G V=^q^. 

La classification des textes de la seconde vie, auxquels je 
passe maintenant, nous retiendra moins longtemps et sera aussi 
plus aisée. En efl*et, nous n'aurons afl*aire désorûiais qu'à cinq 
manuscrits au lieu de huit, et le nombre et l'importance des va- 
riantes sur lesquelles nous pourrons appuyer nos raisonnements 
seront d'autre part plus grands. 

Rappelons que les cinq textes de la seconde vie sont les mss. 
D, E, F, G et H. 

En premier lieu, c'est chose facile d'établir que nous n'avons 
pas parmi ces manuscrits l'original syriaque de la seconde vie, 
et qu'aucun d'eux non plus n'est une copie de l'un des autres '. 
D n'en est point qui n'ait des lacunes comblées par les autres. 
Telles sont les omissions du plus ancien, D, p. ji^», 1. 13; p. ^Ca, 
I. 5 et 1. 8; — de E, p. %^, 1. 3; p. ta, 11. 13 et 14; — de G, 
p. CQj, 1. 16 et p. CL», 1. 1; p. v^, I. 7; — de H, p. u, U. 19 
et 20; p. ^, 1. 2; p. v^, 1. 3 et 1. 6; p. ta, 11. 1 et 2. Tous aussi 
offrent de mauvaises leçons pour lesquelles ils se corrigent mu- 
tuellement. Le lecteur devant en retrouver la plupart dans les 
différentes listes dé variantes que j'aurai à produire par la suite, 
il serait superflu d'y insister ici. 

1. Sauf le ms. F, où l'on pourrait être tenté de voir une copie de D. 
Mais c'est là une question sans importance et qui a déjà été examinée à 
la page XVI; je n'y reviendrai pas. 



- XXI — 

n n'y a donc de parenté directe entre aucuns de nos manus- 
crits. Mais en combien de familles se divisent-ils ? Pour cette 
recherche, la comparaison avec les légendes grecque et latine 
nous fournit un point de départ excellent. J'ai fait observer que, 
d'après le témoignage même de son rédacteur, la seconde partie 
de la légende syriaque, en d'autres termes la seconde vie, est 
d'origine étrangère, et j'espère prouver plus loin qu'elle est la 
traduction suivie, peut-être littérale, d'une vie grecque perdue 
dont les vies grecques et latines que l'on possède sont aussi les 
représentants plus ou moins fidèles. Or, de nos cinq textes sy- 
riaques, il en est un plus rapproché de l'ensemble ou, selon les 
passages, de la majeure partie de ces vies, et par conséquent de 
l'auteur commun grec et de l'original syriaque (0'). C'est le ms. 
E. La confrontation des leçons suivantes en fait foi : 

Tous ceux des textes grecs ou latins qui donnent un nom au 
chartularius chargé de lire l'écrit qu'on peut appeler le testa- 
ment d'Alexis, le nomment 'Aextoç, Aetivs, Ethius, De même le 
ms. E le nomme ^o^l, altération évidente d'ime leçon ^a^^l, 
d'où G H ont fait ^^aj^] ('AiTt3?pç), écourté plus tard par D F en 

— Les objets remis par Alexis k sa femme au moment de son 
départ sont, d'après tous les textes grecs et latins qui en font 
mention, son anneau et sa ceinture. Vie Romaine ^ : Annulum 
suum aureum et rendam, id est caput haltei quo dngebatur; — 
Surius^ : annulum aureum et caput haltei; — ms. de Munich ^ : 
TY^v Sod'.v lYjç ÇdbvYjç Te xal Tou 5ax.TuXtou ; — Agapius ** : tyjv Çwvyjv 
«jTou xal To SaxTuXtSiov. Le ms. E dit à peu près de même : ,^0 
\^vi wsjo ]hj>'^ riC^ ^ouà «quand il lui donna son anneau et son 
pallium»^ tandis que les quatre autres manuscrits ont la leçon 
lASââÉO \2^^ «son anneau et ses bijoux». 

— Après ces passages les plus importants, on peut remarquer 
encore que seul des textes syriaques le ms. E a conservé la phrase 

1. Je nomme ainsi la vie latine donnée par les Bollandistes, juillet, t. IV, 
p. 251. 

2. L. Surius, De probatis Sanctorum vitis (Coloniae, 1618), t. III, p. 208. 

3. Cette vie grecque a été publiée par H. F. Massmann, Sanct Alexius' 
Leben (Quedlinburg und Leipzig, 1843), p. 201. 

4. 'Ex^dyiov ^toi ot topat^TEpot Bfoi lûv *Ay(a)v ex tou MeraçpaaTOu Su[xeû>voç 
etç xoivrjv {JLeTa9paaôivTeç SiàXexTov napa 'AyaKiou [jLova)(ou tou KpTjxoç ('EvertTjai 
1765), p. 255. 



— xxn 



jj^ 



yoJ> V*r^ ^^êSn ys (p. v^, 1. 14), donnée par tous les textes 
grecs et latins. Vie romaine : clamantes Kyrie eleison; — Surius : 
clamantes miserere nostri Domine ; — Vie dite de Métaphraste ' : 
/.al [XY)Sèv eiepov [xeià Saxpùwv Poav, ei [jly) to, x.6pi£ eXeTQdOv ; — ms. 
de Munich : IXe^ov to, xupte èXéyjaov ; — Agapius : â^ôcov to x.6pt£ 
èXÉYjaov. 

— Enfin d'autres leçons du ms. E, qui seraient insuffisantes 
par elles-mêmes, sont pourtant bonnes k relever après celles qui 
précèdent, à cause du rapport plus étroit qu'elles présentent 
avec les leçons correspondantes des vies grecques ou latines. 
Par exemple : p. ^, 1. 18, E ^-àoiocPo ouli^ h^à^ fooi h^y^ ^^àSà) fH^o 
oiiop© (cf. Surius, Métaphraste, Agapius), contre D F G H ^ao 

)Z2)J) oul^ ^o 2^^? «^oioôûûp oi^ï^ 2u^ )ooi ; — p. vyd, 1. 3, E ilUàlf) (cf. 

vie Romaine : in sudario, et Surius : in velo\ D F Gr H omettent; 
— p. ta, 1. 19, E fait mention de la fiancée, qiZ^ÉnV)o, à côté du 
père et de la mère (cf. Surius, Agapius), D F Gr H omettent, etc. 
De cet accord constaté du ms. E avec les textes grecs et 
latins sur des leçons qui sont forcément les bonnes, et de Taccord 
opposé des quatre autres manuscrits syriaques, il ressort déjà 
une première division de nos manuscrits en deux familles. Tune 
représentée seulement par le ms. E, Tautre composée de D, F, 
G et H, dérivant d'un auteur commun perdu e\ Mais s'il était né- 
cessaire, les passages suivants, où la comparaison des variantes 
va nous montrer encore les textes D F G H s'accordant contre 
E, et celui-ci donnant sûrement en plusieurs cas la bonne leçon, 
fourniraient une preuve nouvelle de cette division. Ainsi : p. cqj, 
1. 16, E ôioo^ p^ooi^ oooiî w£»oz )p'i-A., contre e' (c'est-à-dire D 
F G H réunis) ôuo^^] p^ooi^ \om} w£»oZ obi (les mots 2i^r>^ |?<no 
^a3}, gardés dans la phrase suivante, p. cl», 1. 3, par tous les ma- 
nuscrits, prouvent manifestement que la leçon primitive était celle 
deE; e', après avoir remplacé dans la première phrase le pluriel 
par un singulier, a négligé de faire le même changement dans 
la seconde) ; — p. u, 1. 11, E ôiZq-éJP ^hj\ \^^ p ,^Z?, e ^-i? 
'f3\.Al2] ^a:^ ^:^r^ P , et p. jiu», 1. 3, E vé v^s {zclÔ^ ^éJ^? ^éIq^ ,.£^ 
^âJii^?, e '-à^l? I^aûA^ saIq:^ ^cù^ (ces deux variantes ont peu d'im- 
portance; cependant la comparaison des vies grecques et de 
Surius semble prouver en faveur des leçons de E); — p. V? 

1. Publiée par Massmann {op» cit., p. 192), diaprés un manuscrit de Vienne. 



— xxm — 

1. 16, E JZa*?o V«Wr^ «-^ ^2.N-àJo V*:^^ ooi \Uo, D F ou^ ^2^| ^ao, 

G H omettent (la bonne leçon est celle de E; le copiste de e' a 
omis la phrase, trompe par la répétition des mots Jza*?o V^r** 
qui précédaient immédiatement ; D F ont comblé plus tard la 
lacune par une leçon nouvelle) ; — p. vva? 1. 1, E V^z^-i ^ r^v^^ 
zooi, e ^2^ yso (ce cas est douteux); — p. v^, 1. 5, E \^àL\ ^ 
^oflOio '^^zJ >aA.9?, e }ZozJ ^ ^oOiD '^^iij (la leçon de E doit 
être la vraie); — p. i<a, 1. 11, E V^,^ V^^r^ oo<" ,_Aâ-kû2^ioo, e 
}<nA ^--io ^^ é SÔ o oooi ,_Aâ-kû^ioo (autre cas douteux) ; — p. iCa, 

1. 13, E ^^ S*? l^i^O^ )^>-2s^ «A^^^Q^ OOOI ^A^V^O, e OOOI ^^j^V^o 

^:ii-à9 lz^9 ]Za^'^ p9?Q^ (je crois la leçon de E préférable); — 
p. %^, 1. 4, E omet les mots tiàSné|-^o aoz^o, que donnent les 
quatre autres manuscrits (le contexte et les vies grecques et 
latines justifient E) ; — p. h^, 1. 4, E donne seul les mots hJû^ 
Izoûû JjjaJ ]haLl (douteux); — p. %^, 1. 5, E Ijiolo Zooi |j-àM oOioo, 
e |jio92^ ys Zooi \à,y^ |Zaa ^ (douteux) ; — p. t^a, 1. 10, E ^^àSÔ? 
^oz^ooi, e ^ooi i^ â sô ^ (douteux); — p. t^a, 1. 24, E omet w^-»9o 
V-soûJttls} donné par les autres manuscrits (douteux) ; — p. criâ, 
1. 11, E .^X>o ^^'^l ^^om^)^ ^) PI ^)o )ooi «..ÉÉJZZi^o, e' «.-aéJZZ.\1oo 
f iv > 2^-*^z}^ ^1 (je donne la préférence a la leçon de E); — 
p. CLa, 1. 9, E ^«J^?, e ^*^5^^ (la bonne leçon est celle de E); — 
p. La, 1. 2, E Vfn^o ^*^ «^oio^Oiià^ ooi^, e V|-n^o ^*^ wA^Oiià^ o'oi 
(la vraie leçon est incontestablement celle de E); -r- p. La, 1. 2; 
E Via^), e' V=^| (la leçon de E me paraît encore la meilleure). 

Il est inutile de noter un assez grand nombre d'autres pas- 
sages où la même opposition se manifeste entre les textes, mais 
qui n'offrent que des variantes insignifiantes, ou bien qui as- 
signent la bonne leçon aux mss. D F G H et ne prouvent ni pour 
ni contre l'existence du ms. e. On peut donc considérer l'exis- 
tence de ce manuscrit comme démontrée, et la division de nos 
textes en deux familles comme un fait acquis. 

A son tour, la famille e se divise en deux branches : d'un côté 
le seul ms. H, de l'autre les trois mss. D, F et G. La preuve de 
ce classement résulte des variantes dont voici la liste : 

p. u, 1. 20, E H ^mo^Ld\ h.^^ùu IZlo, D F G ^oio<K^| Za:^. |Zlo ; 

— p. ^, 1. 17, E H \^Q^ ^, D F G ïioo^ ^?; — p. v^, 1. 8, 
E H looi ^oioha] ^, D F G >^<sioha\ y-a ; — p. h5^, 1. 8, EH 
IzoÉà^v^o, D F G 2^V*.j4^ ; — p. s^, 1. 16, E H ]hj:Lk. tkl^, D 
FGji^iXÉJi^ V^^; — p.%^, 1. 17, EHîooi ^, DFG^; — 



— XXIV — 

p. va, 1. 20, E H ^oov:^^ ^qiOâSM?, D F G ^oov:^^ \2»J? ; — p. 

1. 22, E H ..^^o, D F G >-^5 >aJi.; — p. oi^, 1. 3, E H Wi^, 

D F G ^jio )'imS; — p. CLô, 1. 14, E H yioj? mh^nn }^£i:^ Zu^, 

D F G yiûj? }^ 2i^; — p. o^, 1. 21, E H 1^ v^ ^ô, D F G 

]^ ^o; — p.'ta, 1. 3, EH,,-:ii:i. ôj, D F G aliô:^ ÔJ ; — p. ta, 
1. 5, EH î^ o'ot iQ^ D F G ]^ obu^. Dans les trois passages 
suivants, la concordance de E et H n'est plus absolue, mais leurs 
leçons sont très-rapprochées : p. u, 1. 12, E ^--»? ou-^ V-i^ ^o 

Va^P, H l^So ^£>U'> «nj;^ \^ ^o, D F G \a:^^ s^h^o ov:^ \^ ^o ; 
— p. tCd, 1. 14, E ]2^r^'! <k^g'>'V>S/?o, H 12^^? qi^,;'^VlN?o, t) F 
G |^y£>? V^yû?o-, — p. |Cd, 1. 22, E ^htnn l^]j H jAiOP Jooi M, 

• 

D F G ^hàin ^ 2^]'^ — p. a^, 1. 6, E ]«Énoo "^OA^ \r^^ ^lOàO 
^Aûi\] ^oiQ^^^? o'oi, H ]^-^^ obi ]auû£io \A^ia£i \inAOy D F G seule- 
ment ^lo^o. 

D est évident que, dans tous ces cas, la bonne leçon ne peut 
se trouver ailleurs que dans les mss. E et H, ou dans Tun des 
deux, puisque la raison de Taccord ou du rapprochement de ces 
textes, k moins qu'on admette autant de coïncidences fortuites, 
est dans le texte original lui-même. Les variantes communes à 
D F G tirent donc leur origine d'un intermédiaire perdu g, dérivé 
comme H de e', ce que je voulais établir. 

Dans quelle relation enfin sont entre eux D, F et G? On pres- 
sent, après tout ce qui précède, que la branche g va se bifurquer 
elle-même en deux rameaux, l'un G, du nom du seul manuscrit 
qui le constitue, l'autre 6', du nom de l'intermédiaire perdu, 
source de D et de F. Des nombreux passages où s'affirme cette 
séparation je ne veux citer que les plus probants : 

p. jkj, 1. 1, E H G ^oioû^ ^^-^o ^oio^U)| ^ éoS |z|o, D F 

ou- £5 '^>— ^<=> ^OIO^Î -iû^ î^|0 ; p. Jkj, 1. 6, E H G Wy-O JoiAvO, 

D F pz^.:^^ i<nX ; — p. A^, 1. 12, E H G ^^? ^oaiiû ^ Obi, D F 

^^9 Obi ; — p. ^, 1. 13, E H G loiA. V»r^ ooi ^é-*, D F omettent ; 
— p. V? 1- 4, E H G ou-i=. ^ooi ^^, D F ou-i=. oo(ji ^fs^; — 

p. V,l. 10, EHGU^c^^? ^i:i^,DF^? f^; — p. V^^- 1^, 
E H G l^io ^-^? r=, D F ^i^^? '^y^ r=o ; — p. v^, 1. 1, E H G 

JiJ^ Za:^ oiJio V;^LoZ|?, D F |ANn iol^ ,— iû ovlûi^ VI^^Z)? ; — 

p. vy->, 1. 11, E H G V^P v^aii^, D F ^r^o v^P ^ai.:^^ 5 _ p. ^^ 
1. 16, H G (E manque) |2^o^ ov^, D F }h^of>. ^«^ ; — p. ^x^, 
1. 11, E H G ïi^Zo^o wJOoJo^Z, DF ^zoii ^-iz; — p. ^, 1. 14, 
E H G W ^ûûJ? hh£i ^--LO, D F ni9? ]zqjsusû2 ^2^ ^; — p. t^-», 



— XXV — 

1. 23, E H G R-. ^?, D F ^1^? ^-i-. ^|? ; — p. ara, 1. 3, E 
^o^l, H G wJoanA^Î, D F wJoanA^ ; — p. ta, 1. 12, E H (G manque) 
)âmûo V^oi^^, D F omettent )âmûo. 

Le tableau suivant donnera une idée sensible de la généalogie 
des manuscrits de la seconde vie. 

0'= e 

e' 

1 



•c' g 



G l' 



D 



F 



On ne relève dans les textes qu'un petit nombre de coïnci- 
dences qui semblent à première vue attaquer ce classement. 
Je dois Texplication de celles qui ne sont pas tout k fait insigni- 
fiantes. 

p. u, 1. 18, E D F >ûaJ yso, G H ^^ yûo (la bonne leçon est 
celle de G H, ^j^, que E et 6' ont remplacée par Texpression 
plus habituelle >ûâj); — p. ^, 1. 16, E «v:^ >^2^]o V^ o'm \\}o 
]ZaA')o \sa^i^y D F 01—^ wfcA-*l yso, G H omettent (j'ai eu occa- 
sion déjà, p. XXin, d'expliquer la production des variantes de 
ce passage et de montrer que l'accord, imparfait d'ailleurs, de 
E et de DF n'est que fortuit); — p. V, 1. 10, E G V^?enio, H D 
pîoiJi^Lo, F P^i^ïi^ (la vraie leçon me paraît avoir été celle de H D, 
p^oiJi^Lo, mot qui marquait une nuance moins vulgaire et que les 
copistes des trois autres textes ont remplacé par des mots voisins 
pour le sens et pour le son ; deux se sont rencontrés sur V^^ouLo) ; 
— p. %5^, 1. 1, E G p<M v.Mi-.-^o, D F >--i-*jls.o ^oaûusî .i^-^o 
pc*-o, H Va onTff É 'q ] >ÉâÉ -,-S o (le texte primitif avait la leçon gardée 
par E G; H, par l'effet de l'habitude, a écrit ^aanmla] pour pôî-s ; 
6' n'a pas compris que l'expression de pôLs ^.j^è^^ «les princes 
des prêtres» était ici une dénomination générale, comprenant 
aussi bien les patriarches que les évêques, et il a ajouté inuti- 
lement les mots yannwVql >ÉâÉ-|'So); — p. cta, 1. 19, D F )2^^]2^£ 



1. L'existence de cet intermédiaire est assurée. Voir la page XVII. 



— XXVI — 

yiûAo] ]h.MloOy E Gr omettent o ]2i^]^^; H ^loao^ûo )2^^aIm )^J^)2^ 
(la bonne leçon est la leçon de D F, dont la variante de H n'est 
qu'une modification; c'est peut-être la répétition de )2^^):^^ k la 
fin de la même phrase qui a choqué les copistes de E et G, et 
leur a fait retrancher ces mots). 

Si Ton veut maintenant se rendre compte de la classifica- 
tion d'ensemble des textes des deux vies, il suffira de se repor- 
ter au tableau où a été résumée la classification des textes de la 
première vie, en remarquant 

1*^ que l'original de la seconde vie ne peut s'être trouvé que 
dans le ms. perdu e ou dans un manuscrit intermédiaire entre e 
et a'; 

2® qu'il faut admettre entre e et G l'existence des deux ma- 
nuscrits intermédiaires e' et g, le premier d'où c, source de H, 
a tiré le texte de la seconde vie, le second auquel b', auteur com- 
mun de D et de F, a emprunté ce même texte. 

Une fois la classification des manuscrits arrêtée, il était rela- 
tivement aisé d'établir le texte de nos det^x vies. Pour la pre- 
mière, il n'y avait qu'à suivre le plus ancien et le meilleur des 
manuscrits, celui que j'ai désigné par A, sauf corrections a y 
apporter qui pouvaient être de deux sortes : des corrections cer- 
taines et obligées, toutes les fois que a et c se trouvaient d'ac- 
cord contre A, puisque la leçon de a et de c était alors néces- 
sairement la bonne ; — des corrections seulement probables et 
arbitraires, en quelques-uns des cas où A était d'accord avec a 
contre c, ou bien quand chacun des trois, A, a' et c, était en 
désaccord avec les deux autres. Dans ces cas, heureusement 
fort rares, il fallait choisir entre les diverses leçons et se décider 
par toutes autres raisons que celles k tirer de la classification 
des textes. Pour la seconde vie, je devais prendre pour base le 
manuscrit E, qui est généralement le meilleur. Mais il ne pou- 
vait plus être question de corrections obligées et certaines. Le 
manuscrit E restant seul pour représenter une famille de textes, 
il n'existait aucun moyen de faire la part, dans ses leçons, des 
fautes qui ne remontaient pas a ses auteurs et qui lui étaient 
propres, ni de les corriger, — comme j'avais pu le faire pour le 
manuscrit A, — par l'accord d'un ou de plusieurs textes appar- 



— xxvn - 

tenant k la même famille que E avec les textes de la famille e'. 
Ma tâche devait donc se borner a choisir entre les leçons de E 
et de e', dans les cas nombreux où ils se montraient en désac- 
cord. Elle n'en devenait pas plus facile, pour être simplifiée; 
car cette nécessité de se prononcer à l'occasion entre des va- 
riantes également autorisées passe à bon droit pour la partie la 
plus délicate de la critique des textes. Aurai-je toujours su, dans 
mes choix, éviter Terreur? Je n'oserais m'en flatter, au moins 
pour la seconde vie. 

A part les corrections, dont j'ai toujours averti par des 
notes au bas des pages, j'ai tenu k reproduire le texte des ma- 
nuscrits — A pour la première vie et E pour la seconde — 
aussi exactement que possible. J'ai gardé leurs particularités 
d'orthographe, quand elles n'étaient pas insoutenables, et j'ai 
respecté jusque dans leurs fautes assurées les ponctuations dia- 
critiques. Au contraire, je n'ai pas cru devoir m'asservir, k 
l'exemple de quelques auteurs récents, à l' interponctuation des 
manuscrits. Celle de A était tout k fait grossière. Le scribe, qui 
n'a employé que des points uniques, les a semés d'une main tou- 
jours avare et souveq^ maladroite. Des pages entières ne pré- 
sentaient pas un seul point, même k la fin des phrases; ailleurs 
un point inattendu séparait deux mots unis par un lien étroit. 
J'en ai supprimé quelques-uns et ajouté beaucoup d'autres, en 
me fondant sur le sens du texte et la ponctuation générale des 
manuscrits. En cinq endroits, le scribe avait tracé une suite de 
petits cercles, en nombre variable, mais autant, semble-t-il, pour 
remplir une fin de ligne que pour indiquer une pause plus longue. 
Je les ai laissés de côté. J'ai seulement reproduit aux dernières 
lignes du texte une suite de quatre points qui marquent dans le 
manuscrit la fin de la légende et le commencement de l'explicit. 
L'interponctuation de E était d'ordinaire assez bien comprise 
et je n'y ai ïait que très-peu de changements. 



U. — La légende 



n n'y a peut-être pas de saint dont lliistoire ait été plus popu- 
laire par tous les pays que l'a été celle de Saint Alexis, V Homme 
de Dieu. Du syriaque qui a servi a sa rédaction originale, elle est 
passée par le grec et le latin dans toutes les littératures de TEu- 
rope chrétienne*. H est fort probable qu'elle a été traduite aussi 
en arménien ; un savant fi-ançais ^ en a publié une traduction, 
ou, pour mieux dire, une rédaction très-remaniée en langue géor- 
gienne ; enfin on en possède plusieurs versions éthiopiennes et 
arabes. Tour à tour simple récit, homélie, hymne ou poëme, elle 
a revêtu toutes les formes : le moyen âge y a pris le sujet de 
mystères et de miracles ; et encore aujourd*hui, dans une grande 
partie de FEurope, surtout en Russie où le saint fut toujours 
Fobjet d'une vénération particulière, l'imagerie continue de la 
vulgariser avec le secours du cantique ou de la complainte. 

n était inévitable que dans sa large diffusion l'histoire de 
Saint Alexis subît des modifications diverses et successives. S'il 
est vrai de dire qu'un fait historique livré à l'imagination du 
peuple devient infailliblement légendaire, cela sans doute est 
particulièrement vrai des vies des saints. Pour la vie d'Alexis, 
cette transition de l'histoire a la légende dut s'opérer de fort 

1. Outre les vies françaises, provençales, italiennes, espagnoles, alle- 
mandes, anglaises, rosses, qni sont nombreuses et connues, mentionnons une 
vie de Saint Alexis en vieux-norrain, publiée, sous le titre de Fabella Aleadi 
confessoris, par Konr. Gislason dans ses Prover af oldnordùk Sprog og Lite- 
ratur (Kiôbenhavn, 1860), p. 438. 

2. Brosset jeune, ElémerUg de la langue géorgienne (Paris, 1837), en ap- 
pendice. 



— XXIX — 

bonne heure. La vie syriaque, probablement authentique ^, et 
qui ne raconte que des événements vraisemblables jusqu^au mo- 
ment de la mort du saint, oflFre déjà une première apparition du 
merveilleux dans le récit de la visite du tombeau, quand Tévêque 
constate que le corps du saint a disparu et qu'on ne retrouve 
plus que les haillons qui l'enveloppaient. Mais ce fut sans doute 
lors du passage de la légende en Europe que le surnaturel dut 
Tenvahir décidément. En tout cas, le plus vieux texte grec que 
nous en ayons, Thymne de Josèphe, nous montre le travail de 
pénétration déjà entièrement accompli, et le merveilleux en 
pleine possession de la part qu'il gardera désormais et qui lui 
revient de droit dans toute légende. 

D'autres atteintes devaient être portées au texte primitif de 
l'histoire d'Alexis. Avant tout, ce fut le remaniement considé- 
rable qui doubla la légende et la transforma peu de temps encore 
après qu'elle eut passé l'Hellespont : remaniement en partie in- 
conscient et provenu peut-être d'une confusion entre deux saints, 
Alexis et Jean Calybite, qui amena la fusion de leurs deux vies. 
Il y eut ensuite les renouvellements partiels. Les rédacteurs nou- 
veaux, en respectant toujours la trame des faits principaux qui 
constituaient dès lors le fond de la légende, en varièrent souvent 
la forme et les détails, les modifièrent selon les exigences des 
mœurs nationales ou des croyances locales, conformèrent leur 
œuvre à l'esprit et au goût du jour. Tandis qu'on développait cer- 
tains traits, qu'on en ajoutait même que les textes anciens n'a- 
vaient pas connus, d'autres au contraire étaient atténués, d'autres 
complètement effacés. On peut dire qu'aux derniers temps du 
moyen-âge la vie d'Alexis, dans ses grandes lignes, en vint à 
n'être plus en quelque sorte qu'un thème pieux, traité par les 
auteurs avec plus ou moins de talent, mais toujours d'une ma- 
nière personnelle et qu'ils jugeaient la plus propre à plaire au 
lecteur, à frapper les auditeurs ou à édifier les fidèles. 

Faut-il déplorer ces variations qu'on retrouve dans l'histoire 
de toutes les légendes? Ce serait au moins inutile et contraire 
d'ailleurs aux intérêts de l'esprit humain. S'il est presque tou- 
jours permis au rêveur, en face de ces inégales métamorphoses, 
de regretter les traditions primitives et le récit simple et tou- 

1. Je n'entends parler évidemment qne de la première vie syriaque, la 
seconde étant d'origine étrangère et entièrement fabuleuse. 



- XXX — 

chant de la vie de ces hommes que leur force, ou, qui sait? leur 
faiblesse, a jetés hors des voies communes de la positive huma- 
nité, le savant au contraire y trouve une source fructueuse 
d'études. Elles ont souvent une grande valeur pour Fhistoire 
des langues ou des littératures; quelques-unes sont même des 
monuments précieux. Et si Ton remonte aux sources, et que, 
partant de la tradition originale, on suive chacune de ses diverses 
transformations, elles peuvent fournir de curieux témoignages 
sur les mœurs, les idées, l'état général des sociétés et des temps 
où eUes se sont produites. On en trouverait peu qui ne renfer- 
ment pour l'historien de profitables enseignements. Il suffit, pour 
s'en convaincre, de lire l'article très-intéressant, bien qu'il soit 
parfois inexact, qu'un écrivain russe, M. Dachkof, a consacré à 
l'étude des formes diverses de la légende d'Alexis *. Je ne pou- 
vais songer k reprendre ici dans toutes ses parties une semblable 
étude. Je dois borner mon travail k rechercher quels élément^ 
nouveaux la vie syriaque, inédite jusqu'aujourd'hui, fournit pour 
la solution de ces questions, que je n'ose plus dire pendantes : 
Quelle est la source de la légende de Saint Alexis, et dans quels 
rapports sont entre elles les vies syriaques, grecques et latines? 
— Quelle est la valeur historique de cette légende? 

Toutes ceUes des vies européennes d'Alexis que, d'une ma- 
nière relative et en songeant aux langues dans lesquelles elles 
sont écrites, j'appellerai modernes, proviennent soit d'une ré- 
daction grecque, soit d'une rédaction latine. Ainsi la légende by- 
zantine a donné naissance au groupe slave^, la légende romaine 
aux groupes germanique et roman. C'est Ik im fait que la sépa- 
ration religieuse k laquelle aboutit le schisme grec eût permis de 
présimier, et qui pourrait presque se passer de preuve. Mais la 
preuve en ressort du reste par la publication d'un grand nombre 
des versions modernes, ainsi que par les études dont on les a 
accompagnées ^, Je ne m'arrêterai pas k ce point qui est indis- 

1. Dans les Bésiédy v ObcJitchestvié UoubUéléi Bossiiakài SUmesnosH pri Im- 
pértUorskom Moakovskom OuniversitéHé. Vypousk vtoroi, Mo8kva, Î868. 

2. Moins le rameau occidental : polonais, tchèque, etc. 

3. Voir H. F. Massmann, Sanct Alexius^ Leben, Qnedlinburgf und Leipzig, 
1843; — P. Bezsonof, Kaîiéki pérékhqjie, Moskva, 1861—64; — Dachkof, 
op. cit.; — Gaston Paris, La vie de Saint Alexis, Paris, 1872; cf. un article 



- XXXI — 

cutable. Il était pourtant utile de rétablir, afin de restreindre 
et de préciser les limites où devront se mouvoir nos recherches. 
C'est seulement à la comparaison des vies syriaques, grecques 
et latines que nous demanderons de nous révéler le secret de 
Torigine et des premières vicissitudes de notre légende. 

On connaît quatre vies grecques de Saint Alexis, si Ton peut 
compter comme une vie le canon attribué k Josèphe Thymno- 
graphe '. Ce document, le plus ancien des textes grecs et latins 
consacrés à la mémoire- du saint que nous possédions, est de la 
seconde moitié du IX® siècle. Une traduction en a été donnée 
par les Bollandistes *^. C'est une sorte d'hymne, composée d'une 
série d'odes, la plupart de quatre strophes dont trois racontent 
les mérites d 'Alexis, la dernière strophe, dite Maricde, étant tou- 
jours réservée k la louange de la vierge Marie. Il est évident 
qu'on ne doit pas attendre d'une œuvre semblable, destinée uni- 
quement aux chants de l'église le jour de la fête du saint, un 
récit complet et suivi des événements de sa vie. Tout ce qu'elle 
peut nous donner, ce sont des indications sur le degré de déve- 
loppement qu'avait atteint la légende k l'époque de Josèphe. 

Les autres rédactions grecques sont : 

— Une vie attribuée k Siméon Métaphraste, et publiée par 
Massmann^ d'après le ms. 153 de la Bibliothèque de Vienne. 
Elle est fort maltraitée dans l'ouvrage des Bollandistes ^, qui en 
avaient une copie et l'ont jugée indigne de l'impression ; 

— une vie sans nom d'auteur, conservée par un manuscrit 
grec de Munich (n^ 3). Elle était inconnue avant Massmann, k 
qui l'on en doit aussi la publication ^ ; 

du même auteur dans le tome VIII de la Bomania (Paris, 1879) ; — Cari 
Horstmann, dans le Herrig^s Archw, vol. LI, pp. 101 — 110 et vol. LVI, 
pp. 393 — 401; — J. Schipper, Englische Aleociuslegenden, Strassburg und 
London, 1877; — etc. 

1. Sur les deux Josèphe qui se disputent dans Topinion des auteurs la 
paternité des hymnes dont fait partie ce canon, voir les Acta Sanctorum, 
juUlet, t. IV, p. 247. 

2. Ibid. Le texte se trouve dans les Mendogia seu Menœa Orœcorum per 
totum emnum, édita cura et studio Theophylacti Hieromonachi Tzanphumari 
(Venetiis, 1639), au 17 mars. 

3. Op. cU,, pp. 192 et 34. 

4. Juillet, t. IV, p. 251. 

5. Op, cU., pp. 201 et 36. 



— xxxn — 

— enfin la version qu'a donnée le moine Agapius dans son 
Recueil des plus remarquables Vies des Saints, traduites en dialecte 
vulgaire d'aprls Siméon Métaphra^te K Cette vie diffère pourtant 
notablement de celle dite de Métaphraste. Les BoUandistes fai- 
saient aussi peu de cas de Tune que de Tautre. Mais ce n'est 
pas ici le lieu de discuter la valeur de ces différents textes. 

Il serait superflu de rentrer après les BoUandistes dans le dé- 
tail des nombreuses vies latines manuscrites de Saint Alexis. 
Nous laisserons aussi de côté et ne noterons que pour mémoire 
quelques rédactions en vers 2, dont les auteurs ont dû nécessaire- 
ment faire plus d'un sacrifice aux exigences du mètre. Trois 
vies latines seulement doivent retenir notre attention. 

— L'une est la version généralement dite de Surius ^^ bien 
que cet auteur n'ait fait que l'emprunter, avec beaucoup d'autres 
vies de son ouvrage, au grand recueil de l'évêque Lipomanus *. 
Elle mériterait peut-être d'être rangée parmi les textes grecs 
de la légende, s'il faut s'en rapporter au dire de Lipomanus qui 
présente les trois derniers volumes de ses Vies des Saints comme 
des traductions de Métaphraste. En tout cas, elle s'éloigne beau- 
coup de la rédaction grecque du manuscrit de Vienne. 

— La seconde est celle qu'on peut appeler la vie Romaine, 
et qui a été publiée par les BoUandistes ^. Ils en ont constitué le 
texte en prenant pour base celui d'entre plusieurs manuscrits 
qu'ils ont jugé le meilleur et en le corrigeant seulement en 
quelques endroits par la comparaison des autres. Le texte ainsi 
obtenu est généralement bon sans doute. Il serait néanmoins k 
désirer qu'on reprît l'étude des divers manuscrits de cette vie 
pour en donner une édition vraiment critique. 

1. Déjà cité : 'ExXoyiov fjToi o\ topaK^tepoi ptei t«ov 'Ayftov, xxX. (*EvsTi7)ffi, 
1756), p. 256. — Une traduction fidèle de cette vie, en langue arabe, a été 
publiée dans un petit recueil intitulé : ^^«w«)5s.)\ l^vai*^^^ ^rC^^ ^^Srt^ rt^ 

* SjiAA> IA1A 

2. Deux entre antres ont été publiées : Tune par les BoUandistes (Acta 
Sanctorum, juillet, t. IV, p. 264); l'autre par Massmann (op, cit., p. 176). 

3. L. Surius, De probcUia Scmctorum vUis (Coloniœ, 1618), Juillet, p. 208. 
— Cette vie a été reproduite par Massmann, op, cit., p. 172. 

4. Aloysius Lipomanus, Vitœ Sanctorum priscorum Patrum (Venetiîs, 
1551—68), t. VII, p. 23, au 17 mars. 

5. Juillet, t. IV, p. 251. Elle a été donnée aussi par Massmann, op. cit., p. 167. 



— xxxra — 

— En dernier lieu vient une vie fournie par deux manuscrits 
de Munich, et que Massmann eut encore le mérite de découvrir 
et de publier pour la première fois '. Mais son tort fut d'attacher 
k cette rédaction, d'ailleurs très-curieuse 2, une importance de 
premier ordre, et M. Gaston Paris a parfaitement dit qu'elle 
était « un remaniement assez récent et, sans doute, spécialement 
italien ». Aussi la désignerai-je du nom de Vie Italienne. 

Voici maintenant, résumée dans ses traits principaux et telle 
qu'elle ressort de l'ensemble des vies grecques et latines, la lé- 
gende de Saint Alexis : 

H y avait k Rome un homme noble, riche et puissant, maître 
de trois mille esclaves et le premier a la cour de l'empereur. 
Euphémianus, c'était son nom, était très-pieux et extrême- 
ment charitable. Sa femme Aglaïs était très-pieuse comme lui. 
Mais elle était stérile, et ils étaient tristes parce qu'ils n'avaient 
pas d'enfants. A force de prier, il leur vint un fils qu'ils bapti- 
sèrent sous le nom d'Alexis. Dans la suite, ils lui firent donner 
une instruction large et brillante dont l'enfant profita vite, grâce 
aux dons de Dieu, et il devint un jeune homme très-savant et 
très-sage. Alors, malgré son éloignement des choses de ce monde 
et sa résolution de se consacrer tout k Dieu, ses parents le fian- 
cèrent k une jeune fille accomplie et du sang royal, et l'on cé- 
lébra le mariage dans l'église de Saint-Boniface. 

Le soir des noces venu, le père conduisit son fils k la chambre 
nuptiale. Mais Alexis, seul avec sa fiancée, commença k l'entre- 
tenir et k la conseiller sagement; puis, enveloppant dans un 
voile de soie pourpre son anneau et sa ceinture et les remettant 
k la jeune femme, il lui dit : «Prends ceci et conserve-le tant 
qu'il plaira au Seigneur. Et que le Seigneur soit entre nous ! » 
Lk-dessus il rentre en sa chambre, prend de l'argent, descend 
au port, s'embarque sur un vaisseau qui le conduit k Laodicée 
de Syrie, et de Ik gagne la ville d'Edesse où l'on gardait une 
image miraculeuse du Christ 3, envoyée par Jésus même au roi 
Abgar. Il distribue aux pauvres de la ville tout ce qu'il possé- 

1. Op. cit., p. 157 et 29. 

2. Elle est, en effet, la source de quelques-unes des vies allemandes. — 
Voir Massmann. 

3. T^v o^EipoTCo^Tjiov Eixdvtt Tou Aeotcotou XpiGTou (Agapius). 

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— XXXV — 

ce qui pouvait convaincre ses parents que c'était bien lui leur 
fils regretté. 

Or, un dimanche que Tarchevêque de Rome venait d'offrir 
lui-même le sacrifice de la messe en présence des empereurs, 
une voix s'éleva qui sortait de Fautel et disait : «Venez k moi, 
vous tous qui êtes las et qui portez de lourds fardeaux, et je 
vous soulagerai. » A cette voix, les assistants remplis de terreur 
tombèrent prosternés en s'écriant : «Seigneur, ayez pitié de 
nous !» Et la voix reprit : « Cherchez l'Homme de Dieu, qu'il 
prie pour Rome! Car vendredi au matin il quittera ce monde! » 
Le jeudi soir, les empereurs, l'archevêque et tout le peuple se 
réunirent au temple des saints apôtres Pierre et Paul^, et de- 
mandèrent à Dieu de leur révéler où ils trouveraient le saint. 
Alors pour la troisième fois une voix se fit entendre : « Cherchez 
l'Homme de Dieu dans la maison d'Euphémianus. » Les empe- 
reurs appelant aussitôt Euphémianus : « Quoi »^ lui dirent-ils, « tu 
possédais un si précieux trésor et tu ne nous l'as pas révélé ! » 
Celui-ci jura qu'il ne savait rien. Les empereurs décidèrent donc 
d'aller à la maison d'Euphémianus pour chercher l'Homme de 
Dieu^ et tout le monde s'y rendit précédé par Euphémianus 
qui fit préparer aux princes et à l'archevêque une réception 
digne d'eux. 

Alors l'esclave attaché au service du saint s'approcha d'Eu- 
phémianus et raconta tout ce qu'il avait remarqué des mérites 
de l'étranger et de ses œuvres merveilleuses : son entière absti- 
nence rompue seulement le dimanche après qu'il avait com- 
munié, ses veilles, ses prières et sa résignation aux injures. 
N'était-il pas l'homme qu'on cherchait ? A ces paroles, Euphé- 
mianus court au lit de l'étranger ; mais il trouve qu'il est mort : 
son visage est brillant comme la face d'un ange, et il tient dans 
sa main un papier. Euphémianus veut prendre ce papier, mais 
le mort refuse de le laisser prendre. Stupéfait, il revient vers 
les empereurs: «Nous avons trouvé celui que vous cherchiez», 
leur dit-il, et il les instruit de ce qu'il a vu. Les empereurs 
ordonnent d'apporter un riche brancard et y font déposer le corps 
du saint. Puis s'avançant avec l'archevêque : «Tout pécheurs 
que nous soyons. Homme de Dieu, nous sommes les rois, et 



1. Dans quelques vies : au temple de Saint-Pierre. 



c* 



— XXXVI — 

voilà le prince des évê(jues. Donne-nous le papier qui est dans 
ta main, que nous voyions ce qui y est écrit. » Et aussitôt le 
saint leur donna ce papier, et ils le remirent au greffier de Téglise, 
Aetius, pour qu'il en fît lecture. 

A peine Euphémianus Ta-t-il entendu qu'il reconnaît son fils, 
et, déchirant ses vêtements, s'arrachant les cheveux et la barbe, 
il se jette sur le corps du saint. A ses cris, la mère se précipite 
comme une lionne qui sort de sa cage, et vient tomber sanglo- 
tante sur la poitrine de son enfant. Sa fiancée aussi accourt dé- 
solée ; et tous trois exhalent leur douleur dans les tendres re- 
proches qu'ils lui font de son abandon. 

Tous les assistants pleuraient avec eux. Les empereurs et l'ar- 
chevêque ordonnèrent alors de porter au milieu de la ville le 
brancard où reposaient les restes du saint, et l'on fut témoin de 
nombreux miracles. Les malades s'en approchèrent et furent 
guéris; des muets parlèrent, des aveugles virent, des lépreux 
furent purifiés. Puis les empereurs et l'archevêque voulurent por- 
ter eux-mêmes le corps du saint pour se sanctifier. Mais la foule 
se pressait en si grand nombre qu'ils ne pouvaient avancer. En 
vain ils firent jeter par les rues de l'or et de l'argent pour dé- 
tourner le peuple : tout le monde n'avait plus qu'un désir, qui 
était d'arriver à toucher le saint. Ils n'atteignirent qu'à grand- 
peine le temple de Saint-Pierre ' ; et là on célébra des fêtes en 
l'honneur d'Alexis pendant sept jours, en présence de ses pa- 
rents et de sa fiancée. Enfin les restes précieux de l'Homme de 
Dieu furent placés dans une châsse brillante d'or et de pierreries, 
et aussitôt il en découla un chrême parfumé qui guérissait de 
tous les maux. 

C'est au jésuite Jean Pien (Joannes Piniusy^ qu'est due la pre- 
mière étude critique et la plus considérable qui ait été faite de la 
légende de Saint Alexis. Elle parut en 1725, dans le IV® volume 
de juillet du recueil des Bollandistcs. S'il n'est pas exact de dire 
que Pien ait présenté le canon de Josèphe comme la source de 
la légende, cependant il n'a voulu rien voir ni rien chercher au- 

1. Dans la vie romaine et la vie dite de Métaphraste : Téglise de Saint- 
Boniface. 

2. Voir les Acta Sanctorum, septembre, t. III, page 1 : Eloginm Rev, 
PcUris Joannis Pinii, auctore J. Periero. 



— xxxvn — 

delà de ce canon. Faute surprenante, car la forme seule de cette 
hymne, les allusions et les sous-entendus dont elle est remplie 
et qui sautent à T esprit du lecteur, attestent F existence d'une 
tradition antérieure fixée déjà et différant assez peu sans doute 
des vies grecques et latines que nous connaissons. Faute incom- 
préhensible, si Ton observe que Pien, k défaut de la primitive 
. légende syriaque, avait en son pouvoir les moyens de la recons- 
tituer dans ses traits et avec ses différences caractéristiques, — 
moyens qu'il a pris soin d'indiquer, — et que même, par un 
témoignage d'une autorité irrécusable, il avait la preuve que 
cette légende existait déjh, au VI® siècle, 'trois cents ans avant 
le canon de Josèphe. 

En effet, en appendice à son étude sur les Actes grecs et 
latins et sur le Culte du saint, et sous le titre de Âcta arabica, 
Pien a donné la traduction d'une vie d'Alexis écrite en car- 
schouni, contenue dans le ms. 55 de la Bibliothèque du Vatican, 
et l'a accompagnée d'un commentaire. Il y établit que cette vie 
est vraiment une vie d'Alexis, bien que le saint n'y soit jamais 
appelé de ce nom, mais toujours Mar Riscia (V»-»' ^^r^) S et qu'elle 
est la traduction d'un texte syriaque ^ dont l'auteur vivait au 
temps de l'évêque d'Edesse Raboula, c'est-à-dire au commence- 
ment du V® siècle ^, Il cite le témoignage d' Assemani, qui avait 
eu occasion de voir une vie syriaque d'Alexis dans un manuscrit 
du monastère de Sceté, manuscrit qu'il affirmait, d'après une 
note du scribe, avoir été exécuté en l'année du Christ 584. A 
âe plus précises informations qu'il fit prendre auprès da célèbre 
Maronite, celui-ci répondait qu'il avait lu toute entière cette vie 

1. C'est-à-dire : Monsieur le prince. Ce nom, disent les BoHandistes, fut 
sans doute inventé par les habitants d'Edesse, qui avaient appris que le saint 
était un patricien romain, fils d'un illustre sénateur. Ils le comparent très 
justement au nom de Mar ScialUha ()4-*^^ ^tr^)> ^^e les Syriens don- 
nèrent à Saint Artémius parce qu'il avait été préfet d'Egypte, et encore à 
celui de Sainte Douta (Ôoùatj). 

2. Nous verrons que peut-être c'est d'un texte grec qu'a été directement 
traduite la vie carschouni. Mais l'erreur est ici sans importance. Que le 
premier rédacteur de cette vie ait été un grec ou un syrien, il est constant 
qu'il n'a fait qu'interpoler la légende syriaque, dont il a reproduit autant 
que possible le fond et parfois la forme même. 

3. Raboula, d'après la chronique d'Edesse, fut élevé à l'épiscopat en 
l'an 723 des Grecs (412 ap. J.-Ch.) et mourut en l'an 746 (435). Voir 
Assemani, BibL Orient.^ t. I*', p. 197; cf. p. 401 et 403. 



— xxxvni — 

syriaque, qu'à la différence de la vie carschouni elle ne racon- 
tait ni la résurrection du saint, ni son retour à Rome, ni sa vie 
inconnue et misérable chez ses parents, et se terminait après sa 
mort à Edesse; il ajoutait même, par un défaut de mémoire bien 
excusable et par une erreur qui ne pouvait contribuer d'ailleurs 
qu'à prévenir davantage Pien en faveur de Fauthenticité et de la 
priorité de la légende syriaque, qu'elle ne faisait aucune mention 
de la disparition du corps du tombeau; il constatait enfin qu'elle 
présentait en substance l'histoire du saint telle qu'elle était repro- 
duite dans la première moitié de la vie en carschouni et que, 
comme celle-ci encore, elle indiquait expressément le paramona- 
rius de l'église d'Edesse comme l'auteur premier de l'histoire. 
Pien avait donc par la version carschouni d'une part, de 
l'autre par les renseignements d'Assemani, toutes les données 
que nous avons aujourd'hui par la possession du texte syriaque 
lui-même. H semble pourtant n'en avoir pas su tirer parti ou ne 
l'avoir pas osé. S'il a été frappé de l'importance que présentait 
en faveur de la légende syriaque la grande priorité de sa date, 
il n'a pas remarqué quelle valeur elle tirait en outre de ce fait 
que, débarrassée de la seconde partie de la vie, elle ne faisait 
plus au merveilleux qu'une place minime et presque nulle K 
Cette seconde constatation, jointe à la première, aurait dû suffire 
pour faire entrevoir la vérité. Il n'y avait de là qu'un pas à 
reconnaître la vie syriaque pour l'originale et véritable légende 
d 'Alexis, et k réduire les vies grecques et latines au rang de con- 
trefaçons, si l'on permet ce mot injuste à certains égards. Mais 
loin d'arriver k cette conclusion et de dénoncer comme une fable 
toute la seconde partie de l'histoire du saint, Pien s'est borné k 
condamner la version carschouni. Ce qui dans cette version lui 
paraît surtout choquant, et k juste titre, il faut en convenir, c'est la 
résurrection d'Alexis après sa mort k Edesse ; c'est Ik qu'il voit 
« une fable absurde k reléguer au rang des contes de vieilles fem- 
mes », le moyen misérable imaginé par un compilateur pour réunir 
les légendes gréco-latine et syriaque, et se tirer de la difficulté 

1. Si l'on excepte la disparition du corps du tombeau, le merveilleux 
est même totalement absent de la première vie syriaque. Mais dans le 
renouvellement carschouni, seul connu des BoUandistes, il intervient une 
fois, par suite d'un emprunt à la légende byzantine. La sainteté d'^Alexis est 
révélée au paramonarius de l'église d'Edesse par une voix d'en haut. 



— XXXIX — 

que présentait leur contradiction. On trouvera peut-être qu'il a 
accordé plus d'attention qu'elle n'en méritait a cette résurrection 
du saint, qui n'est racontée expressément par aucun des textes, 
qui ressort seulement de leur juxtaposition et n'est, comme lui- 
même l'a vu, qu'une hypothèse personnelle du compilateur. On 
trouvera, au contraire, qu'il a traité bien vite d'« inepties» les 
curieuses phrases qui servent de transition entre la première et 
la seconde vie du renouvellement carschouni, et dans lesquelles 
le rédacteur a pris soin de constater l'origine distincte des légen- 
des qu'il a voulu raccorder: « Ceterum quœ de magno sancto Viro 
Dei hactemis retulimus, ea esc venerabilis Pirmunarœ teatimonio 
accepirrms : qui S, Risdœ familiaris fuit atgue ab eodem sanctissimo 
Viro totius anteactœ vitœ seriem intelleocit, ejusdemque historiam 

conscripsit Cetera^ quœ sequuntur, ex ejusdem sancti seim 

Dei historia Eomœ conscripta svhtexemus ^ > On pourra trouver 
aussi qu'il s'est montré bien sévère pour ce rédacteur, quelque 
simple clerc, j'imagine, qui le premier se trouvant en présence 
de deux versions autorisées et cependant contradictoires de la vie 
d'un même saint, et ne sachant douter ni de l'une ni de l'autre, a 
cherché dans sa foi un moyen de les mettre d'accord, et adopté 
naturellement celui que la version syriaque, par l'incident de la dis- 
parition du corps du tombeau, semblait lui avoir d'avance préparé. 
Pien n'a guère montré lui-même plus de décision, puisqu'on 
reconnaîssantqu'ily avait « d'habiles et de remarquables preuves » 
k présenter en faveur de la légende édessienne, il a craint de se 
prononcer entre elle et la légende gréco-latine et «laissé au juge- 
ment des érudits la solution d'une question si grave et si pénible» . 
Est -il possible qu'il ait pensé là -dessus plus qu'il n'a dit? D 
avait certes quelques motifs de prudence et devait se souvenir 
des accusations qu'avait values naguère à Papebroeck de la part 
de Sébastien de Saint-Paul la seule hypothèse qu'Alexis pou- 
vait être mort k Constantinople et non à Rome ^. En tout cas, 

1. Ada Sanctoi-um, juillet, t. IV, p. 264. 

2. Voy. Epkemerides grœco-moscœ, dans les Acta Sanctorum, mai, t. I®"^, 
p. XVIII; — Sébastien de Saint-Paul, Exhihitio errorum qtioa Papebrochius 
in notis ad Acta Sanctorum commiait (Colonise Agrippînse, 1693), p. 222; — 
Pa>pehTochin8, Reêptmsiones ad exkibUioneni errorum (Antverpiae, 1696 — 1699), 
t. P', p. 263. 

Le passage suivant donnera un exemple des sévérîtés de Sébastien de 
Saint-Paul ; <iHoc prœnm9i9 addo, quod Theophilus Reynaudus, prœdaris- 



— XL — 

s'il n'a pas vu la vérité, il a parfaitement reconnu la voie qui 
devait y mener, et il Ta enseignée dans une phrase qui ter- 
mine son étude et que j'ai le plaisir k rappeler ici comme la 
preuve peut-être de sa perspicacité, au moîîis de sa bonne foi, 
en même temps comme la raison et la justification du présent 
travail : « Postremum est, ut horter quanta possum contentione cu- 
riosos omnes antiquorum monumentorum ei^uderatores, ut eo saltem 
titulo pretiodssimum atque œstimatissimum primigeniœ Vitœ Sy- 
riacœ ihesawrum, quia a Latinis hactenus non visum, ac jam orbi 
litterario detectum, e tenebris tandem eruant, et in publicam lucem 
proférant; ad cujusfidem quidquid in Vita Arabica interpolatum 
esty quidquid depravaturriy quidquid corruptum, tamquam ad puros 
atque illimes primœvi fontis latices redud débet : quos lutosis his- 
toriée vulgaris sordibus auctos infectosque postea increvisse, atque 
ad nos manasse putamus ^ ! » 

Plus d'un siècle après les Bollandistes, MM. Massmann en 
Allemagne, Dachkof en Russie 2, ont repris l'étude de la légende 
de Saint Alexis, mais sans avancer d'un pas vers la découverte 
de la source. Il semble qu'ils n'ont même pas soupçonné ce que 
Pien avait aperçu, malgré ses critiques, l'intérêt offert par la 
version carschouni, unique représentant d'un texte syriaque 
qu'on pouvait espérer de démêler k travers elle. A peine s'ils 
en mentionnent l'existence. M. Dachkof penche k admettre que 
la vie d'Alexis a été écrite pour la première fois k Constan- 
tinople, et place le canon de Josèphe k la tête de toute la lit- 
térature sur l'Homme de Dieu. Quant k Massmann, il ne s'est 
pas prononcé sur l'âge ni l'origine première de la légende. Je 
me hâte d'ajouter, pour n'être pas injuste, que l'examen de ces 
deux savants n'a porté qu'accessoirement sur cette question de 
la source. Le but de Massmann a été d'abord d'étudier les rap- 
ports des vies allemandes avec les vies latines du saint, et seule- 
ment ensuite de réunir le plus de textes possible pour servir, 

aimiLa sodetatis acriptor, lib. de Scapul. Parthen. Carrai., p. 2. q. 1, offerat, eum, 
*qui vitam S, Alexii esse figmentum effutiret, non sibilo sane, sed fitste esse 
excipiendum* . An autem Papebrochiiis, negans S. Alexium mortuum RomxB, 
dignus censendus sit tali censura aut alia^ judicandum Uerum relinquo Sanctœ 
Sedi. » Op. et loc. citt, 

1. Acta Sanctfrrum, juillet, t. IV, p. 265. 

2. 0pp. du. 



— XLI — 

comme il le dit dans la préface de son livre, k une histoire com- 
plète de la légende. M. Dachkof s'est intéressé surtout aux 
formes diverses qu'elle a traversées, et, par l'analyse successive 
de chacune des rédactions, s'est appliqué à nous montrer ici 
l'influence d'un temps, là l'empreinte d'une église ou d'une na- 
tionalité, là encore le cachet personnel d'un auteur. Rien qu'un 
exemple. Dans les vies grecques, les empereurs ont le pas sur 
l'archevêque de Rome et reçoivent le testament du saint; dans 
la vie romaine, l'archevêque de Rome est devenu le Pape et 
c'est k lui que le testament est remis; il est remis k la fiancée 
dans la vie italienne, comme dans les vies en vieil-allemand qui 
en sont dérivées; il est remis au père dans les vies russes K 

M. Gaston Paris le premier, k l'aide de la traduction donnée 
par les BoUandistes, est arrivé k la solution du problème. Il a 
résumé en une page, dans un récent article de la Romania 2, les 
résultats de ses recherches, et, sauf quelques points secondaires, 
mieux éclairés par les textes syriaques que par la version car- 
schouni, nous ne voudrions rien changer k cet historique de la 
légende. M, Gaston Paris a parfaitement reconnu l'origine sy- 
rienne des actes d 'Alexis et le caractère authentique d'une vie 
d'où le merveilleux était dans le principe totalement absent et 
qui se terminait naturellement par la mort du saint k Edesse. 
D indique comment cette vie, portée k Constantinople, y reçut 
des embellissements, et comment un nouveau rédacteur, sup- 
primant la mort k Edesse, supposa le retour du saint dans sa 
ville natale, chez ses parents, et toute la seconde partie de la 
légende, telle que la racontent les versions grecques et latines. 

1. M. Dachkof a raison en somme et son observation est juste. Il se trompe 
seulement quand il veut voir la tradition primitive dans celle qui donne 
la primauté aux empereurs et leur fait remettre le papier de préférence 
à l'archevêque de Rome (vie dite de Métaphraste). Ce n'est là, à mon avis, 
que la tradition byzantine. La tradition primitive est au contraire celle 
qu'il regarde comme une transaction entre la tradition byzantine et la 
tradition romaine, comme «un pont aux ânes» de l'invention de Surius; 
il n'y est pas distingué entre les empereurs et l'archevêque, qui s'avan- 
cent ensemble pour prier le saint de leur donner le papier : et confeatim 
chartam ipsia tradidit. Ce n'est pas Surius seulement qui parle ainsi. C^est 
aussi le ms. grec de Munich : /.ai eùO^ojç 7:po'jTeiv£v auTotç oixjzBp î^ôiv tt^v 
'/iipoi, b àytoç • Jtai Xa6ov"reç . . .; c'est encore, et ce point est décisif, la se- 
conde vie syriaque (voy. la traduction, p. 15). 

2. T. VIII (Paris, 1879), p. 163. 



— XLn — 

D montre enfin la légende revenant sous sa nouvelle forme en 
Syrie où l'on raccorda tant bien que mal la seconde partie au 
récit primitif, tandis que d'autre part elle passait de Constan- 
tinople a Rome et de Ik pénétrait dans tout T Occident. Ce sont 
là, nous le verrons, autant de faits incontestables et dont ma tâche 
est k présent d'exposer les preuves. 

La légende syriaque de Saint Alexis, que nous connaissons 
aujourd'hui par huit manuscrits, se présente k nous sous deux 
formes. Dans les trois plus anciens textes (VF et peut-être 
V® siècles), on la croirait au premier coup d'œil incomplète ou 
mutilée. U n'y est pas question du retour k Rome et de la vie 
da saint dans la maison de ses parents; il meurt et est enseveli 
k Edesse; et même le récit des événements qui remplissent sa 
vie diffère en bien des détails de ce que racontent dans leur 
première moitié les légendes grecque et latine. C'est Ik pourtant 
la vraie et primitive légende d'Alexis. On n'aurait pour établir 
ce fait ni les trois précieux manuscrits dont je viens de noter la 
date éloquente, ni même les renseignements communiqués k Pien 
par Assemani, qu'on pourrait encore le déduire du plus rapide 
examen des cinq autres textes syriaques (du IX® siècle au XTTP). 
Si ces textes, en cela plus conformes k la légende gréco-latine, 
complètent le récit de la vie du saint k Edesse par celui de son 
retour et de sa mort k Rome, ils n'en gardent pas moins entre 
les deux parties de l'histoire, ou, selon le titre qu'elles portent 
quelquefois, entre la première et la seconde histoire, une entière 
distinction. Elles n'ont pas été fondues ensemble, mais rap- 
prochées seulement bout k bout, et comme soudées par quelques 
phrases de transition où le compilateur nous a avertis franche- 
ment de la provenance diverse des deux récits, déclarant le 
premier d'origine édessienne, le second d'importation romaine ^ 
H prenait Ik d'ailleurs un soin superflu. Comme, dans un louable 
sentiment de respect pour les textes, il a reproduit, sans y rien 
changer, le vieux récit syriaque aussi bien que la seconde moitié 
de la légende gréco -latine, la simple lecture de cette compo- 
sition hybride accuse un défaut complet d'unité. A l'étonnement 
du lecteur, le saint meurt deux fois, k Edesse, puis k Rome, ce 
qui a obligé le compilateur k Supposer dans sa transition que 

1, Voy. la traduction, p. 10 et 11. 



— XLin — 

sans doute il était ressuscité la première fois. On n'est pas moins 
surpris lorsqu'on voit la seconde vie syriaque faire allusion k 
des faits entièrement inconnus de la première vie, mais racontés 
dans la première partie de la légende gréco-latine. Tel est le 
passage où le saint rappelle dans son testament toute la scène 
de la chambre nuptiale, son entretien avec sa fiancée, le don 
qu'il lui fit avant son départ de son anneau et de son pallium, 
passage inexplicable pour un lecteur qui ne connaîtrait la lé- 
gende d'Alexis que par les textes syriaques, puisque la première 
vie ne fait mention de rien de semblable ; le saint au contraire 
quitte la maison paternelle au moment de la deductio, au mo- 
ment où va entrer la fiancée, et il s'enfuit sans l'avoir vue. 
Nulle part dans la première vie ne se lit le nom d'Euphémianus, 
donné par la seconde au père d'Alexis. La plus choquante con- 
tradiction éclate aussi entre les données historiques de chacune 
des vies. La première place la mort du saint k Edesse sous 
l'épiscopat de Mar Raboula, c'est-k-dire entre 412 et 435. Dans 
la seconde vie, l'empereur ou les empereui's, car il y a le pluriel, 
ne sont pas nommés, et le nom du Pape est altéré 5 mais s'il 
faut restituer, comme cela est probable et comme j'ai pu le 
faire par le plus simple changement, le nom d'Innocent, lequel 
occupa le siège pontifical de 402 k 417, on s'étonnera qu'Alexis, 
fût-il mort k Edesse en la première année du sacerdoce de Mar 
Raboula, ait pu après sa résurrection vivre dix-sept ans k Rome 
et y mourir k temps pour être enseveli par Innocent. Que signaler 
de plus après une pareille incohérence? Il y a intérêt pourtant 
k remarquer que leur style encore différencie les deux vies sy- 
riaques. La première est un bon texte araméen; les seuls hél- 
lénismes qu'on y relève sont ceux qui, naturalisés par l'autorité 
de la Peschito, figurent dans les meilleurs écrits de la bonne 
époque. Au contraire, l'influence d'une source grecque est sou- 
vent sensible dans la seconde; et, pour noter en passant un fait 
curieux que je me garderais bien d'ailleurs de présenter comme 
concluant k lui seul, dans un passage où elle avait k reproduire 
une idée exprimée déjk par la première vie, elle a, de préférence 
au mot sémitique qu'employait celle-ci, gardé l'expression grec- 
que offerte par le texte qu'elle traduisait '. 

1. Cf. p. -a, 1. 5 : ^iû^à:^.? r;^Ai:2> I^JOL., et p. %^, 1. 15 : t: ^^'-^ 



— XLIV — 

Ainsi, des deux vies syriaques, la seconde n'est qu'un complé- 
ment postérieur, la première seule est la véritable légende sy- 
riaque d'Alexis. Elle est plus encore, elle est la légende origi- 
nale du saint. C'est dans cette vie, telle que la donnent seule 
les trois plus anciens manuscrits et telle qu'on peut la lire dans 
la première moitié de ma traduction, c'est dans ce récit sans 
apprêt d'événements naturels, qui va de la naissance du saint 
k Rome jusqu'à sa mort h, Edesse, dont les données historiques 
sont vraies ou vraisemblables, et qui se présente à nous signé 
d'un témoin oculaire et même d'un ami du saint *, c'est là sans 
aucun doute qu'il faut voir la forme primordiale de toute la lé- 
gende d'Alexis. 

Les manuscrits qui nous ont conservé cette vie syriaque sont 
du VF siècle; un d'entre eux paraît même remonter jusqu'à la 
fin du V®. Or nous savons que le plus ancien des textes grecs 
et latins de notre légende, le canon de Josèphe, ne peut être en 
aucun cas antérieur au IX® siècle. Mais la preuve qui ressort 
du rapprochement de ces dates n'est pas absolue, et de ce qu'on 
ne connaît pas de texte grec antérieur aux manuscrits syriaques, 
il ne s'ensuit pas nécessairement qu'un semblable texte n'ait 
pu exister. Il nous faut chercher d'autres preuves qui heureuse- 
ment ne font pas défaut. Etant donné que toutes les versions 
sont d'accord pour placer k Edesse la partie incontestée de l'his- 
toire, il y a déjk en faveur de la priorité de la légende édessienne 
une présomption, que viennent fortement accroître le style tout 
araméen et, par endroits, la couleur orientale du récit. La com- 
paraison de cette légende édessienne avec la légende gréco-latine 
changera notre présomption en certitude. Que le fond d'une lé- 
gende soit ou non authentique, la marche régulière de son dévelop- 
pement n'est jamais du merveilleux au naturel, de la recherche k 
la simplicité ; elle tend k s'amplifier plutôt qu'kse restreindre. Cette 
loi va nous fournir un sûr critérium. D'après les versions grecques 
et latines Alexis quitte Edesse fuyant la célébrité et revient kRome, 

1. Non pas que j'admette que le pai'amonaritis soit réellement l'auteur 
de notre légende. Elle est l'œuvre d'un écrivain plus habile et plus instruit 
que pouvait l'être un frère portier. Mais elle a dû, je le montrerai, être 
rédigée peu de temps après les événements qu'elle raconte, et je crois 
très-possible qu'elle l'ait été en effet sur les indications et le témoignage 
du paramonariua j toutefois, après sa mort. 



— XLV — 

où il vit et meurt inconnu dans la maison de ses parents. « Meri- 
» tum te sancta conversatione laudes Christus, vir gloiiose, iterum 
y>reddit patriœ tametsi nolles eue temporalem honorera fuger es. Tu 
> nulli prorsus cognitus, vir sancte, perseverasti ad portas tuorum 
T>parentum sedens ...» ( Josèphe, odes 6 et 7 du Canon). Si c'eût 
été là la tradition primitive, croit-on qu'il en fût jamais sorti 
une histoire du saint le faisant mourir k Edesse et sacrifiant 
ainsi sans motif toute une méritoire moitié de sa vie? Quand 
la légende gréco-latine raconte que c'est une voix partie de 
l'image même de la Mère de Dieu, qui révéla au gardien du 
temple d'Edesse l'existence du saint et lui ordonna de l'amener 
devaint elle (<i Te latentem, . . . Virgonuptiasnoneocperta,Christique 
» tahemaculum^ manifestât et gloriosum reddit latere volentem » 
Josèphe, ode 6), est-il possible qu'on voie Ik le trait primitif? 
Et le passage correspondant de la légende syriaque, où le saint 
qui passait toutes ses nuits sous le vestibule du temple, «de- 
« bout près d'une colonne, les bras en croix et priant », est acci- 
dentellement découvert par le gardien, sorti k une heure inac- 
coutumée de la nuit pour voir si c'était le temps de l'office, 
— expliquera-t-on ce passage comme une correction de quelque 
auteur fanatique de la vraisemblance? Je ne parlerai pas 
des faits miraculeux où semble se complaire la seconde moitié 
de la vie gréco-latine, puisqu'elle était inconnue de la vraie légende 
syriaque. D suffira de parcourir rapidement la première partie, 
de montrer comme elle vise k refi*et dans chacun de ses détails, 
et de lui opposer la simplicité, je dirais presque la vulgarité du 
récit édessien. Chez le biographe syrien, qui ne connaît même 
pas le nom du saint, l'Homme de Dieu ' est tout bonnement le 
fils unique et longtemps désiré de nobles et riches Romains. 

1. Telle est la plus ancienne et d^abord Punique appellation d'Alexis. 
Le nom de Riscia, qu'on trouve dans de très-anciens calendriers syriens, ne 
fut adopté que plus tard. Celui d'Aleocis est encore plus récent et date seule- 
ment de l'introduction de la légende en Europe. L'appellation à^Homme 
de Dieu ne cessa d'ailleurs jamais d'être en usage. Nos vies syriaques, 
même les dernières, n'en connaissent pas d'autre, et dans les vies euro- 
péennes elle accompagne habituellement le nom du saint : Aleosts, V Homme 
de Dieu, — Que l'expression )r^\ ou 1«"-^? V^^lf-^ pût occasionnellement 
s'appliquer à n'importe quel saint, j'ai à peine besoin de dire que de nombreux 
exemples l'attestent. Mais prise absolument, dans la littérature hagiographique 
et surtout dans le titre d'une légende, elle désigne toujours Saint Alexis. 



— XLVI — 

Le légendaire grec sait le nom d'Alexis, celui de son père et 
celui de sa mère, et le contraste ne lui semblerait pas suffisant 
entre la vocation du fils et la condition des parents, si le père 
n'était sénateur et le premier k la cour du prince, s'il n'avait 
trois mille esclaves en vêtements de soie avec des ceintures 
dorées. H fait d'Alexis un jeune homme d'une prompte et haute 
intelligence, instruit en toutes sciences; pour l'auteur syriaque 
c'est un bon élève, tranquille, appliqué et si modeste que ses 
parents le croient simple et s'ingénient pour le dégourdir. Us le 
marient enfin; mais le jour des noces, au moment où la fiancée 
va venir, Alexis prie un de ses paranymphes de l'accompagner 
jusqu'au port pour une promenade. Celui-ci s'étonne et d'abord 
résiste k ce qui lui paraît une étrange fantaisie. Il cède pourtant 
et Alexis s'embarque. Reprenons dans la légende gréco-latine 
le récit des derniers faits. C'est une fille de roi que les parents 
d'Alexis lui donnent en mariage après une longue insistance. 
Et il ne la quitte pas avant la cérémonie : où serait alors le 
merveilleux et le touchant du sacrifice? H faut que le mariage 
soit célébré, que la nuit de noces soit venue, et qu'Alexis, con- 
duit par son père k la chambre nuptiale, entretienne sa jeune 
femme de l'époux céleste et lui fasse partager le mérite de la 
séparation. Je m'arrête dans ces rapprochements, que le lecteur 
pourra poursuivre aisément lui-même. Plus on comparera les 
deux légendes, plus on remarquera l'allure égale et franche du 
récit syriaque, le caractère naïf et vrai des relations du saint 
avec le portier, le cours et l'issue logiques de sa vie, de sa ma- 
ladie et de sa mort. L'intervention de l'évêque Raboula n'a rien 
que de vraisemblable, et les traits sous lesquels il est présenté 
semblent bien d'accord avec ce que l'histoire savait déjk de 
lui. C'était, d'après la vie d'Alexis, un grand bâtisseur. Or le 
goût des monuments paraît avoir été commun k presque tous 
les évêques ses prédécesseurs et ses successeurs, k en croire 
la Chronique d'Edesse qui nous apprend de Raboula lui-même 
« qu'il édifia le temple de Mar Stephanos, qui était auparavant 
»la synagogue des Juifs ^ ». On pourra se refuser k croire que la 
cause de sa remarquable charité ait été réellement la mort de 
notre saint; mais cette charité du moins devra rester hors de 

1. Assemanî, Bibl. orient, t. I, p. 401. 



— XLvn — 

doute. Enfin un dernier détail concernant Tévêque ne porte- 
t-il pas avec lui la marque d'une tradition précise et toute 
récente encore? En ce temps-là, dit notre texte*, «Tévêque 
» Raboula gardait encore intacte la clairvoyance des yeux du 
» corps». Il n'y a absolument qu'un point dans toute la vie sy- 
riaque où Ton se sente en présence d'une légende. Dieu a pris 
sous sa protection l'humilité de l'Homme de Dieu, et, par un 
hasard providentiel, le portier son ami n'a pu l'assister à l'heure 
de sa mort. On le porte en hâte k la sépulture commune. Et 
quand l'évêque, averti par le portier, fait rouvrir son tombeau 
pour lui rendre les justes honneurs, le corps du saint a disparu 
et l'on ne trouve plus que les haillons qui l'enveloppaient. De 
cette fin miraculeuse, évidemment imitée delà résurrection du 
Christ et racontée même par les manuscrits qui ne connaissent 
pas la seconde vie, je ne saurais donner d'autre explication que 
sa nécessité. Elle était indispensable pour faire une histoire 
populaire de la vie de l'humble ascète inconnu qui fut plus 
tard Saint Alexis. Sans cette fin, l'histoire d'ailleurs véridique 
de l'Homme de Dieu serait sans doute restée voilée sous la 
poussière des manuscrits, à peine lue de quelque savant ou de 
quelque curieux, et n'aurait jamais eu l'immense vogue qui en 
a fait pendant mille ans un des sujets les plus répandus et les 
plus goûtés. 

On peut fixer avec une satisfaisante précision l'époque de 
la composition de la vie syriaque. Rappelons-nous que la plus 
vieille copie que nous en possédions (dans le ms. add. 14644 du 
British Muséum) est du VF ou peut-être du V^ siècle^ Si nous 
remarquons après cela qu'il y avait eu déjà trois intermédiaires 
au moins entre cette copie et le texte original, nous ne nous trom- 
perons guère en admettant que ce dernier n'a pas été écrit passé 
l'an 475. D'autre part, les termes dans lesquels notre vie parle 
de l'évêque Raboula ^ ne permettent pas de douter qu'il fût mort, 
et même depuis un certain nombre d'années, quand on la rédigea. 
Cet évêque mourut en 435. C'est donc de 450 k 475 que notre 
légende doit avoir été composée. J'ose presque dire qu'elle l'a 
été plutôt vers 475; car il est croyable que le paramonarius 

1. Voyez la traduction, p. 8. 

2. Voir plus haut, p. II. 

3. Il est qualifié dans tous nos textes le M-^Q-^ et de l^-^i-û. 



- XLvm — 

ne vivait plus au moment de sa composition. L'épisode de la 
disparition du corps du tombeau n'a pu prendre naissance et 
crédit qu'après la mort des principaux témoins de l'histoire du 
saint. * Enfin tout porte à croire que la légende a été écrite k 
Edesse ou dans un des couvents qui entouraient cette ville. 

Que la cause en soit dans la disparition mystérieuse qui pla- 
çait comme une pierre d'attente k la fin de la vie syriaque, ou 
qu'il faille la chercher plutôt dans la coïncidence fortuite de deux 
légendes sur laquelle je reviendrai, on imagina plus tard que 
le saint, ramené k Rome, y avait vécu longtemps encore ignoré 
et misérable dans la maison de ses parents et par suite qu'il n'était 
pas mort k Edesse. En même temps, on remania dans beaucoup 
de ses parties le premier récit. On s'étendit davantage sur les 
parents du saint, sur leur fortune et leur charité; on laissa de 
côté, au contraire, d'intéressants détails concernant son édu- 
cation, comme l'épisode des esclaves chargés par son père de 
l'accoutumer k la hardiesse, celui des jeunes filles réunies par 
sa mère pour le servir; on modifia les circonstances de son ma- 
riage et de sa fuite, celles de sa découverte k Edesse; enfin la 
suppression de sa mort dans cette ville entraîna celle de sa 
maladie, et il ne fut plus question de l'évêque Raboula. 

Où a pris naissance cette nouvelle forme de la légende? En 
Syrie, k Constantinople, ou k Rome? Et k quelle époque s'est- 
elle produite? Si nous interrogeons l'âge des textes, le canon de 
Josèphe atteste qu'elle existait déjk en Europe au IX® siècle. 
Elle existait aussi dès cette époque en Syrie, car un des cinq 
manuscrits syriaques qui donnent la seconde vie du saint est 
du même siècle que le canon. Mais le défaut d'unité, que nous 
avons relevé plus haut dans la composition particulière repro- 
duite par ces manuscrits, écarte toute idée d'une origine syrienne 
pour la forme nouvelle de la légende. Cette forme, k en juger 
par les textes que nous avons, ne fut même jamais adoptée en 
bloc par les Syriens. Ils gardèrent toujours pour la première 

1. J'ajoute que les éloges donnés au paramonarius en quelques endroits 
de la légende (voyez la traduction, p. 6, 1. 16, et p. 7, 1. 13) me parais- 
sent peu convenir, dans la forme où ils sont conçus, à une personne en- 
core vivante. Au moins défendent-ils absolument d'accepter le paramona- 
rius pour Fauteur de notre texte. 



— XLIX — 

moitié de la légende le vieux récit syriaque avec la mort du 
saint k Edesse, et se bornèrent à le faire suivre de la seconde 
partie de la vie nouvelle, qu'ils y raccordèrent tant bien que 
mal. L'auteur même de cette compilation sans artifice a cons- 
taté, on Ta vu, la provenance diverse des deux parties qu'il 
rapprochait. D'ailleurs une étourderie incontestable, qui s'est 
glissée dans la seconde vie syriaque et que tous les manuscrits 
ont laissée passer \ nous est un sûr garant de l'origine étran- 
gère de cette vie. Dans les versions grecques et latines, la voix 
surnaturelle qui ordonne de chercher le saint se fait entendre 
deux fois le dimanche aux fidèles, et c'est seulement le jeudi 
soir qu'elle parle une troisième fois au peuple assemblé dans le 
temple et lui révèle la retraite du saint dans la maison d'Eu- 
phémianus. Selon la version syriaque, les trois allocutions de la 
voix se produisent ensemble dès le dimanche, et néanmoins le 
peuple se réunit de nouveau le jeudi soir pour implorer une ré- 
vélation inutile, puisque la voix ne fait que répéter ce qu'elle a 
dit déjà : «Cherchez l'Homme de Dieu chez Euphémianusl» 

On peut l'affirmer hardiment, la seconde vie n'est point de 
source syrienne. Vient -elle donc de Rome, comme l'a cru le 
compilateur syrien? «Longtemps après, dit-il, il nous parvint 
une autre histoîi'e de cet homme admirable, histoire écrite à 
Rome, dans la patrie du saint . ...» et plus loin : «Voici com- 
ment les Romains ont écrit l'histoire de ce qui arriva après sa 
sortie du tombeau à Edesse et son arrivée chez eux 2.» Certes, 
la légende romaine, telle que nous l'a conservée la vie latine 
des BoUandistes, est une des versions avec lesquelles la seconde 
vie syriaque montre les plus grandes ressemblances. Mais on 
sait maintenant que « le culte de Saint Alexis était inconnu k 
l'Occident jusqu'à la fin du X® siècle». Ce fut «l'archevêque 

1. Je dis tous les manuscrits, quoique le passage où je relève cette étour- 
derie manque aujourd'hui dans le manuscrit E, dont un feuillet est perdu. On 
pourrait se demander si ce manuscrit, resté seul d'une famille à part, et 
qui justement nous a conservé le meilleur texte de la seconde vie, ne dif- 
férait pas ici des quatre autres. Mais, en calculant le nombre de lignes 
que comporte une page de E et le nombre moyen de mots que comporte 
une ligne, on s'assure aisément que le contenu des deux pages du feuillet 
absent avait la même longueur et devait offiir essentiellement la même 
leçon que le passage correspondant des autres manuscrits. 

2. Voyez la traduction, p. 10 et 11. 

d 



— L — 

de Damas, Serge, réfugié à Rome k cette époque, qui, surpris 
de ne trouver dans cette ville aucune connaissance d'un saint 
que la Syrie considérait comme romain, y répandit sa merveil- 
leuse histoire, en la rattachant k Téglise de Saint-Boniface, que 
lui avait donnée le pape Benoît». Ces faits ont été établis «par 
M. l'abbé Duchesne dans une monographie qui, il faut Tespérer, 
verra bientôt le jour, avec une compétence et une sûreté de cri- 
tique telles qu'il n'y a pas lieu de revenir »ur ce sujet ^ ». Ainsi 
tombe rhypothèse d'une provenance romaine de la seconde vie, 
puisqu'un des manuscrits syriaques qui la donnent remonte, on 
l'a dit, au IX® siècle. L'opinion du compilateur syrien n'avait 
sans doute pas d'autre base que le raisonnement suivant : la 
seconde vie d'Alexis s'est passée k Rome, par conséquent elle 
a été écrite k Rome 2. 

C'est donc k Constantinople, k sa première étape sur la route 
de l'Occident, que l'histoire de l'Homme de Dieu reçut ses em- 
bellissements merveilleux. Et, en effet, la légende nouvelle porte 
en plusieurs passages le cachet grec. Tous les noms des person- 
nages, noms qui apparaissent alors pour la première fois, sont 
grecs; ceux du saint et de ses parents : Aleocios, Euphemianos, 
Aglaïs^] celui du greffier de l'église : AetiosK Parmi les traits 
qu'on eut aussi l'idée d'ajouter k l'ancien récit, il en est deux 
relatifs au culte des saintes images. Si Alexis se rend de pré- 
férence k Edesse, c'est qu'on y garde l'image miraculeuse du 
Christ envoyée par Jésus lui-même au roi Abgar; et la voix qui 
révèle le saint au gardien du temple sort d'une image de la 
Mère de Dieu. N'est-ce pas Ik une trace évidente de l'icono- 

1. Gaston Paris, dans la Eomania, t. Vm (Paris, 1879), p. 163 et 164. 

2. On appréciera plus loin les raisons qui m^empêchent de croire que 
le compilateur ait entendu désigner par Rome Constantinople. 

3. La vie carschouni du Vatican nomme la mère d'Alexis Aglamades. 
Cette forme étrange paraît être simplement une corruption du génitif grec 
'AyXaiooç. Une vie carschouni de la Bibliothèque nationale de Paris porte 
en effet la leçon suivante : oi-a^|£iLû oi),^) [uoQJVSû^sop] ou^ hJ\siO 
^^Or^^^m^l «^ '^ïûA. Si Ton remarque que les caractères jacobites ^o, 
réunis par une négligence d'écriture, donnent un 2»©^ il paraîtra évident 
que la transition d^A^XaiBo; à Aglamades s'est faite par l'intermédiaire de 
cette leçon carschouni ^i^Og-A^oPi^). 

4. La légende romaine connaît un nom de plus, celui de la fiancée, 
Adrîatica. Naturellement, cette fois, c'est un nom latin. 



— LI — 

latrie en faveur chez les Byzantins et qui s'est transmise aux 
Russes? 

J'incline k voir encore un indice de Torigine grecque de notre 
seconde vie dans la leçon qui fait mourir Alexis un vendredi 
sainte La date k laquelle les versions grecques et latines placent 
soit la mort du bienheureux, soit plus généralement sa mise au 
tombeau, qui eut lieu, racontent-elles, sept jours après sa mort, 
— cette date se trouve être toujours la même que celle de sa 
fête. Evidemment Tune des deux a été la raison de Tautre. Ou 
bien Téglise a adopté, pour y instituer la fête du saint, la date 
que la tradition donnait comme celle de ses funérailles, ou bien 
plutôt la légende a utilisé, dans le récit des funérailles, la date 
k laquelle Téglisefêtait la mémoire du saint. Cela posé, ce n'est 
que dans l'église grecque, où la fête d'Alexis est célébrée le 
17 mars, qu'on a pu le faire mourir le vendredi saint, sans se 
mettre trop manifestement en contradiction avec les lois de la 
chronologie. La contradiction existe toutefois. Car Pâques ne 
peut pas être plutôt que le 22 mars; si donc on voulait placer 
la mort d'Alexis le vendredi saint, il n'eût pas fallu fixer la date 
de cette mort avant le 20, ni celle de la sépulture avant le 27. 
Mais l'écart entre ces dates et celle du 17 mars est minime, si 
grave qu'il soit toujours au point de vue chronologique, et l'in- 
conséquence qu'il accuse a pu échapper k un hagiographe irré- 
fléchi, comme elle est passée sans doute inaperçue de maints 
lecteurs ignorants ou légers 2. Au contraire, l'inconséquence de- 
vient tout k fait choquante dans la légende romaine. Ses au- 
teurs ont cru devoir abandonner la date du 17 mars, pour faire 
ensevelir le saint le 17 juillet, jour de sa fête chez les Latins. 
De Ik entre les données de cette légende un désaccord que les 

1. On ne saurait entepdre d'un vendredi ordinaire les mots xarà ti^v 
}:apa<TXEuiJv et die pareuceve des vies grecques et latines. Dans la seconde 
vie syriaque c'est le dimanche de la semaine sainte, notre dimanche des 
Rameaux, que se produisent les révélations qui annoncent pour le ven- 
dredi suivant la mort d'Alexis. 

2. Je suis peut-être injuste ici envers l'hagiographe byzantin, si, dans 
son esprit, la date du 17 mars était celle de la mort du saint et non de 
sa sépulture. Car je raisonne d'après les règles de notre calendrier gré- 
gorien. Mais sous l'empire du calendrier julien, et à l'époque où a dû 
être composée la légende grecque, le vendredi saint pouvait très-bien 
tomber au 17 mars, ou même quelques jours plus tôt. 

d* 



— Ln — 

Bollandistes n'ont pas manqué de relever. oiAt si illucescente die 
parasceve obiit, prout dicitur, quomodo fuit sepultus XVII Julii? 
Efenim res ista tota narrari videtur peracta intra septem diespost 
mortem^.T> Le désaccord est plus grand encore dans la légende 
syriaque. Il y est à la vérité moins apparent, parce que la se- 
conde vie ne précise Tépoque ni de la sépulture, ni de la mort 
du saint. Mais il est très-vraisemblable qu'une tradition primi- 
tive fixait sa mort au 3 novembre. Divers calendriers, anciens 
et récents, nous apprennent que THomme de Dieu était honoré 
le 3 novembre par les Syriens, ceux du rite melkite exceptés, 
qui avaient naturellement reçu de Féglise grecque la date du 
17 adar (17 mars). En résumé, le légendaire grec a pu choisir 
pour la mort de son héros le jour anniversaire de celle du Christ, 
sans commettre plus qu'une légère étourderie. Mais si Pon de- 
vait faire remonter la responsabilité de ce choix au légendaire 
romain ou au second légendaire syrien, Fun ou l'autre aurait 
été vraiment plus distrait qu'il n'est permis. Il faut donc recon- 
naître que tous deux ont simplement fait œuvre de seconde main 
et aggravé, par inattention, la faute du premier auteur. 

La légende byzantine, — nous pouvons maintenant lui donner 
ce nom, — et la primitive légende syriaque sont en réalité deux 
œuvres distinctes. Ces étonnantes différences qu'on remarque 
entre elles, l'apparition de la seconde moitié de la vie dans la 
légende byzantine, et, plus encore peut-être, les changements 
faits au vieux récit dans la première moitié , me portent k con- 
jecturer que l'histoire de l'Homme de Dieu passa de Syrie k 
Constantinople par la simple tradition orale. Transplantée dans 
un nouveau terrain, la légende se modifia, s'accrut et se fixa 
enfin sous sa forme nouvelle k une époque que je ne saurais 
préciser. Ce n'a pas été, en tout cas, avant les dernières années 
du VF siècle; car elle fait demeurer le saint k Edesse dans le 
vestibule du temple de la Mère de Dieu 2. Or ce temple ne fut 
bâti que vers l'année 505, selon le témoignage de Josué le Sty- 
lite^; et il dut s'écouler encore un assez long espace.de temps 

1. Juillet, t. rV, p. 254, notejp. 

2. Sic daDS le canon de Josèphe, — dans la vie carschouni de Paris, 
— dans la vie romaine, — dans Surius, — dans le manuscrit de Munich. 

3. Voyez la Chronique de Josué le Stylite, à Tannée 816 des Grecs (édi- 
tion de Tabbé Martin, § 88) : «L'empereur donna à Tévêque vingt livres. 



— Lm — 

avant qu'il devînt célèbre à Tétranger. D'autre part, on ne peut 
douter qu'il ait existé une rédaction gi'ccque de la nouvelle lé- 
gende avant le canon de Josèphe, avant le IX® siècle. On s'en 
convainc rien qu'en lisant le canon. Il saute aux yeux que ce 
n'est pas Ik un récit de la vie de notre saint; mais seulement un 
éloge poétique, dont l'auteur, s'inspirant d'une histoire déjà fa- 
milière à tous, s'est contenté de faire de brèves allusions aux 
plus marquants des événements qu'elle racontait. L'hymne de 
Josèphe est à la légende byzantine d'Alexis à peu près ce que 
VAdeste fidèles et VO filii sont aux récits de la nativité et de la 
résurrection du Christ. C'est par une rédaction grecque anté- 
rieure au canon que la légende d'Alexis revint en Syrie, où elle 
marqua dans la seconde vie syriaque les traces de son retour. 
Car il faut se rappeler qu'une des cinq copies que nous possé- 
dons de cette seconde vie syriaque paraît remonter, par son 
type d'écriture, au IX® siècle, et être déjà aussi ancienne que 
le canon. Or la classification des manuscrits nous a appris qu'il 
y avait eu au moins quatre intermédiaires entre cette copie et 
le texte original étranger dont elle reproduit la traduction. C'est 
aussi de cette rédaction gi'ecque antérieure au canon que dé- 
riva plus tard la légende romaine. En effet, la seconde vie 
syriaque et la seconde moitié de la vie romaine présentent sou- 
vent, et entre des phrases entières, une telle similitude, qu'il 
est impossible de n'en pas chercher l'explication dans un auteur 
commun. A qui la chercherait ailleurs, — soit qu'il voulût voir 
la source de la seconde vie syriaque dans la vie romaine, soit 
que, prévenu par l'origine syrienne de l'archevêque Serge, qui 

pour frais de réparations faites au rempart, et Teunuque Urbicus, dix 
livres, pour la construction d'un Tnartyrium en Thonneur de la bienheu- 
reuse Marie.» Un passage de la lettre de Siméon de Beit-Arsam sur les 
Nestoriens prouve que Josué n'a point voulu parler d'une reconstruction, 
mais bien d'une fondation de ce martyrium : ^Defuncto avi&n Iba, omnes 
Persœ una cum réliquis Edesaenis scriptorUma, qui (jusdem perauaaionis erant, 
excedere Edesaa juaai aunt : Item achola, ubi Peraœ Uteraa Edeaace edoceban- 
tur, opéra ac atudio beati Mar Cyri Edeaaeni epiacopi, jttaauque Zenonia Mo- 
manorum imperatoria funditua everaa eat, cujua loco templum nomini S. Ma- 
riœ Dei genitricia excitatum» (Assemani, Bîbl. Orient., t. I, p. 353 et 204). 
n faut donc rejeter comme fabuleuse la donnée de la vie de Saint Ephrem 
(Assemani, op. latid., t. I, p. 52), d'après laquelle l'empereur Jovieu aurait 
été averti, par une vision miraculeuse dans le temple de la More de Dieu 
à Edessej de la mort de son prédécesseur Julien l'Apostat (363 de J. Chr.). 



— LIV — 

introduisit à Rome le culte de Saint Alexis, il préférât supposer 
de même k la légende romaine une origine syrienne immédiate, 
— il a été d'avance répondu plus haut. Je crois Tavoir bien 
prouvé, c'est à Constantinople qu'on doit placer le point de dé- 
part de la légende nouvelle, le centre d'où rayonna tout ce qui 
n'est pas dans la légende d'Alexis l'antique récit édessien. Le 
canon de Josèphe, les vies grecques, les vies latines, la seconde 
vie syriaque, tous les textes que nous possédons, proviennent 
k des degrés différents de la rédaction grecque antérieure au 
IX® siècle, dont il faut admettre l'existence, et c'est par la com- 
paraison méthodique de ces textes que nous essaierons toufk 
l'heure de retrouver les lignes les plus intéressantes de cette ré- 
daction perdue. 

Mais, auparavant, il convient de parler d'un curieux rema- 
niement de la légende, qui ne peut être classé ni parmi les ver- 
sions gréco-latines, ni avec les versions syriaques : c'est la vie 
carschouni du Vatican ', dont la première partie et la plus im- 
portante pour nous a été traduite et donnée par les Bollandistes. 
Cette vie dut son existence k la même raison qui détermina la 
formation de la légende syriaque composite. Celle-ci était née, 
nous le savons, du désir de diminuer l'énorme écart qui sépa- 
rait la légende byzantine de la vieille légende édessienne. Le 
but que se proposa, k son tour, l'auteur de la vie carschouni, fut 
d'atténuer les différences qui étaient demeurées entières entre 
la première moitié de la légende byzantine et la première vie 
de la légende syriaque composite, et, par suite, le désaccord qui 
existait souvent entre les deux vies de cette dernière. Pour cela 
faire, il a assez habilement amalgamé les légendes byzantine 
et édessienne. Il a d'ailleurs pris pour base de son travail la 
légende syriaque et l'a suivie pas k pas, conservant sa division 
en deux parties, et reproduisant la transition qui les réunit. Au- 
tant que possible, il a tout gardé des légendes qu'il fondait en- 
semble, la nuit de noces k côté de l'épisode du paranymphe, la 
maladie et la mort k Edesse k côté de la révélation miraculeuse 

1. Dans le manuscrit n° LV, à la page 53. Ce manuscrit a été exécuté 
par un moine nommé Abraham , du cotivent de Saded, aux environs de 
Damas, Tannée 1856 de Tère des Grecs (1545 de J. Chr.). La vie d'Alexis 
y porte le titre suivant : Acta Sancti Viri Dei, qui et Mar Riscia, filii Eu- 
phemiani, ex urhe Borna, 



— LV ^ 

qui tire le saint de son obscurité. En quelle langue a été d'a- 
bord écrit ce remaniement? Peut-être en syriaque, comme Tont 
pensé les Bollandistes; peut-être directement en arabe K La vie 
carschouni du Vatican n'a plus pour nous, sans doute, la même 
valeur qu'elle avait autrefois, tant que les vies syriaques furent 
inconnues. Mais elle peut encore nous aider utilement à ressai- 
sir les traits primitifs de la première moitié de la légende by- 
zantine. 

Présentons en même temps au lecteur une autre vie car- 
schounij inédite, qui se trouve dans un manuscrit de la Biblio- 
thèque nationale de Paris 2. Nous verrons que ce texte a, pour 
notre étude, un prix spécial. Non qu'il soit, plus que d'autres, 
exempt de fautes et d'altérations; mais il est le seul repré- 
sentant de la légende byzantine qui n'ait pas subi d'influence 
étrangère. Son auteur n'a rien connu de la vie romaine et, 
ce qui surprend davantage, semble n'avoir pas utilisé les vies 
syriaques. 

S'il a été nécessaire plus haut de procéder d'abord k la classi- 
fication des manuscrits, avant d'établir sur cette base une édi- 
tion critique du texte de la légende syriaque, ici encore nous 
ne saurions rechercher avec certitude les données originales de 
la légende byzantine^ sans commencer par opérer le classement 
des versions qui en sont directement dérivées, vies grecques et 
latines, seconde vie syriaque et vies en arabe-carschouni. Cer- 
taines de ces versions sont malheureusement restées hors de ma 
portée. D y aurait eu sans doute profit k consulter les vies arabes 

1. Je crois devoir abandonner l'opinion que j'ai avancée plus haut 
(p. XXXVII, note 2). Il n'y a qu'en Syrie qu'on ait pu éprouver le be- 
soin de corriger par des emprunts faits à la légende byzantine les dis- 
cordances des deux vies syriaques. C'est donc dans ce pays, sans doute 
à une époque assez tardive, que notre remaniement a été composé; et 
l'on ne saurait soutenir dès lors qu'il a été écrit en grec. La présence 
dans la version carschouni du Vatican de quelques héllénismes m'avait 
amené à ma première opinion. Mais ces héllénismes peuvent être aussi 
bien un legs du texte byzantin, dont l'auteur de la version carschouni 
s'est inspiré pour son travail. 

2. Voir H. Zotenberg, Catalogues des manuscrits syriaques et sahéens de 

la Bibliothèque nationale (Paris, 1874), n** 197, 3^ j : ^r^ ou::^ V^^ ôî^ 



— LVI — 

qui existent à la Bodléienne, à la Vaticane et dans quelques au- 
tres bibliothèques. Je regrette encore plus de n'avoir pu me 
procurer la copie d'une vie grecque attribuée k Siméon Méta- 
phraste et faisant partie d'un manuscrit conservé autrefois dans 
la Bibliothèque des Missions urbaines de Gènes ^ Enfin j'aurais 
aimé pouvoir faire une étude directe de la vie en slavon ec- 
clésiastique, que je ne connais que par les renseignements de 
M. Dachkof. Néanmoins, les secours que nous eussent apportés 
ces nouveaux éléments de comparaison ne sont pas absolument 
indispensables. Les versions dont nous pouvons interroger le 
texte, et que j'ai fait connaître, sont déjà assez nombreuses, 
elles remontent à des âges et proviennent de pays assez divers, 
pour qu'il y ait chance de déterminer, par l'examen de leurs 
divergences, le rang de chacune et sa valeur relative, et d'éta- 
blir l'échelle de filiation nécessaire pour arriver k leur auteur 
commun. Autant que j'ai pu m'en convaincre par un dépouille- 
ment minutieux de leur contenu, ces versions doivent se relier 
entre elles comme le montre le tableau ci-contre*^. 

Prenons un k un, pour les justifier, les diflférents énoncés de 
ce tableau. C'est le meilleur moyen de refaire rapidement, en 
compagnie du lecteur, l'analyse des variantes les plus intéres- 
santes de nos versions. 



1. Voyez Edouard de Murait, Essai de chronographie byzantine (Saint- 
Pétersbourg, 1855), p. XVI. — Il n'est guère probable que cette vio soit 
seulement un double de celle, attribuée aussi à Métaphraste, que repro- 
duit le manuscrit de Vienne. La date du 17 juillet y qu'elle assigne à la 
célébration de la fête d'Alexis, ferait présumer plutôt qu'elle s'écarte de 
tous les textes grecs connus et même du texte latin de Surius, pour se 
rapprocher de la légende romaine. Cette date peut n'être cependant qu'un 
emprunt isolé fait à cette dernière légende. 

2. Je n'ai pas jugé utile de faire figurer dans ce tableau la vie latine 
italienne, non plus que les vies des Gesta Romanorum (1473?), de Jacobus 
de Voragine (Legenda aurea Sanctot'um, XIII® siècle), de Petrus de Na- 
talibus {Catalogtbs Sanctorum, 1493), de Boninus Mombritius (Sanctuarium, 
vers 1479), de Vincentius Bellovacensis {Spéculum historiale, XUI® siècle). 
La première n'est, comme il a été dit, qu'un remaniement de la légende 
romaine ; les cinq autres ne sont que des abrégés plus ou moins succincts 
de cette légende. De toutes, on ne tire à pou près aucun renseignement 
que la vie romaine des Bollandistes ne fournisse avec plus d'autorité. Il 
suffira de les citer, dans les cas très-rares où elles nous auront gardé la 
leçon d'un manuscrit différent de celui suivi par les Bollandistes. 



— LVII — 

1® La seconde vie syriaque et la légende romaine (représentée 
par la vie latine des BoUandistes) proviennent toutes deux de 
la rédaction grecque primitive k laquelle doit être spécialement 
réservé le nom de légende byzantine, et elles n'en proviennent 
pas l'une par l'autre. — C'est là un fait acquis déjà. Il a été 
établi, quand on a recherché la source de la seconde vie syriaque 
et démontré l'existence d'une légende byzantine originale. 

Original byzantin. 



^>m 



M (Métaphraste). Josèphe. 



M 2 Vie carschouni Vie carschouni 



2* légende syriaque. 



Légende romaine. | ^® ^^"s. du Vatican. 
M3 



M 4 



'Agapius. M 5 Ms. de Vienne. 

"Surius. Ms. de Munich. 



Nota. Je marque par les rapports directs, par les influences 

indirectes. 

2® L'hymne de Josèphe provient aussi indépendamment de 
la légende byzantine, et aucune des autres versions ne provient 
d'elle. — Cela a à peine besoin d'être prouvé. Voir dans cette 
hymne, comme on l'a voulu, la source de toutes les vies d'A- 
lexis, ou seulement de quelques-unes, est une erreur insoute- 
nable. Sa date la fait sûrement postérieure à deux d'entre elles, 
à la seconde vie syriaque et par conséquent à la légende by- 
zantine. Et d'ailleurs, sa nature même et sa forme devaient la 
rendre stérile. Elle ne peut non plus procéder d'un autre texte 
que la légende byzantine. Il n'y avait, en dehors de celle-ci, 
que la seconde légende syriaque qui existât déjà du temps de 
Josèphe. Or il est peu probable qu'il l'ait connue, et il serait 
tout à fait invraisemblable que, la connaissant, il l'eût choisie 
pour s'en inspirer, de préférence à la légende byzantine ou aux 
copies grecques de cette légende qu'il devait avoir sous la main. 

3® La vie carschouni du Vatican procède à la fois de la se- 
conde légende syriaque et de la légende byzantine ou d'une co- 
pie perdue de cette légende. — Je ne retiendrai pas longtemps 
le lectem* sur ce point, qui a été éclairci plus haut. Il me reste 
seulement à montrer que c'est bien une copie perdue de la lé- 



— Lvni — 

gende byzantine, et non quelqu'une des versions qui nous en 
sont parvenues, que la vie carschouni du Vatican a utilisée. 
Toutes ces versions, en efifet, sauf la vie carschouni de Paris, 
placent dans Téglise de Saint-Boniface là cérémonie du mariage 
d'Alexis. C'est au contraire dans Téglise de Saint-Pierre que 
notre vie fait couronner le saint, en langage moderne, qu'elle 
fait célébrer son mariage. Cette dernière leçon est évidemment 
la vraie et la plus ancienne; l'autre n'a pu prendre naissance 
qu'après l'introduction du culte d'Alexis à Rome et son instau- 
ration dans l'église Saint-Boniface. D'ailleurs, on songerait en 
vain k expliquer la leçon de notre vie carschouni par une pré- 
férence donnée ici h la leçon du texte syriaque sur la leçon de 
l'autre source, quelle qu'elle fût; car, dans la première vie sy- 
riaque, aucune mention n'est faite d'une célébration religieuse 
du mariage et aucune église n'est par conséquent indiquée i. 

4® La vie carschouni de Paris tire elle aussi son origine d'une 
copie perdue de la légende byzantine. En effet, elle ne connaît 
pas, non plus que la vie carschouni du Vatican, l'église de 
Saint-Boniface et fait célébrer le mariage du saint dans l'église 
de Saint-Pierre. Mais elle se sépare nettement de la vie du Va- 
tican et de la seconde légende syriaque en ce qu'elle n'est pas 
divisée comme celles-ci en deux parties, qu'elle supprime la 
mort du saint à Edesse et ne dit absolument rien de l'évêque 
Raboula, Une autre curieuse leçon nous la montre encore en 
opposition avec ces deux textes et d'accord avec les versions 
grecques et latines. D'après la première vie syriaque et d'après 
la vie du Vatican, l'Homme de Dieu, parti de Rome, débarque 
k Séleucie, pour se rendre de Ik k Edesse. D'après toutes les 
autres vies, il débarque k Laodicée. Si mon classement des 
textes est le bon, l'accord de la vie carschouni de Paris et des 
versions grecques et latines nous assure la leçon de la rédac- 
tion byzantine originale, et c'est celle-ci qui a dû changer Sé- 

1. La première vie syriaque ne parle que d'une deductio de la fiancée 
dans la maison de THomme de Dieu. Preuve de plus en faveur de sou 
exactitude. Car il suffisait alors, selon le droit romain, pour la formatidVi 
du mariage, qu'il y eût consentement des parties et que la femme fût 
mise à la disposition du mari. S'il pouvait suivre une cérémonie reli- 
gieuse, celle-ci avait un caractère purement privé. Il en fut ainsi jus- 
qu'à la fin du IX® siècle, où Léon le Philosophe, par la novelle 89, exigea 
une célébration religieuse pour la validité du mariage. 



/> 



— LIX — 

leucie en Laodicée. Ce changement s'explique parfaitement. 
Séleucie, dont le poii; fut longtemps le plus fréquenté de la 
Syrie septentrionale, était entièrement déchue au VI® siècle de 
rère chrétienne. Un texte composé avant Tan 500, comme la 
primitive légende édessienne, a bien pu encore faire atterrir un 
vaisseau romain dans cette ville; mais il est tout naturel qu'à 
Constantinople, quelques centaines d'années plus tard, on ait 
renouvelé ce détail et remplacé Séleucie par sa rivale plus heu- 
reuse, Laodicée. 

Un passage, où notre vie se range au contraire du côté de la 
légende syriaque et de la vie carschouni du Vatican, m'avait 
fait croire d'abord qu'elle avait dû avoir connaissance de l'une 
ou de l'autre. Elle reproduit en effet, tout en le modifiant et l'a- 
brégeant, l'épisode du paranymphe, inconnu de nos versions 
grecques et latines. Au sortir de la chambre nuptiale, le saint 
rencontre un de ses amis et se fait accompagner par lui jusqu'au 
port. Il me paraît décidément plus vraisemblable de rapporter 
cette leçon, comme les précédentes, k l'original byzantin, qui 
la tenait lui-même naturellement de la primitive légende édes- 
sienne. C'est donc par un canal pur de tout affluent que la vie 
carschouni de Paris dérive de la légende byzantine. 

5° La légende romaine, les vies grecques du manuscrit de 
Vienne, du manuscrit de Munich et d'Agapius, et la vie latine 
de Surius proviennent de la légende byzantine par un- intermé- 
diaire commun. — On doit admettre cela comme certain, si 
réellement la légende byzantine faisait une place dans le récit 
k la scène du paranymphe. La suppression de cette scène, éga- 
lement absente de nos cinq versions, remonterait alors k cet 
intermédiaire commun. Ce serait encore lui qui, k la seule don- 
née historique offerte par la légende byzantine, la mention d'In- 
nocent comme archevêque de Rome dans le temps de la mort 
du saint, aurait ajouté dans l'explicit de son récit une indication 
nouvelle, inconnue, cela va sans dire, de la seconde vie syriaque 
et de nos deux vies carschouni, lesquelles sont issues par d'au- 
tres branches de la légende byzantine. Cette indication a été 
diversement modifiée par deux des trois versions au bas des- 
quelles nous la retrouvons ^ ; mais on est sans doute autorisé k 

1. Surius : in ectque [arca] corpus sanctissimum posuU [imper ator] XVI. Oa- 
lendas AprîliSy Archadio et Honorio imperatoribus , Innocentio autem primo 



— LX — 

en rétablir comme il suit la teneur primitive : « et dans 

cette châsse on déposa le corps précieux du saint le dix- sep- 
tième jour du mois de mars, sous les règnes d'Arcadius et d'Ho- 
norius, empereurs des deux Romes, et sous Tépiscopat d'In- 
nocent. » 

Ainsi conçue, cette seconde donnée^ historique n'a rien que 
de plausible. Tout ce que Ton savait de Tépoque d'Alexis se 
bornait à ceci, que sa mort était arrivée au temps d'Innocent; 
nulle raison ne s'opposait donc à ce qu'on plaçât aussi cette mort 
au temps d'Honorius et d'Arcadius, ces trois personnages ayant 
tenu simultanément le pouvoir pendant six ans environ, de 402 
k 408. Mais il n'en va pas de même pour un troisième renseigne- 
ment que prétendent nous apporter quatre de nos versions. Elles 
débutent par une phrase qui trahit la plus naïve inconséquence, 
dès qu'il est certain que la légende byzantine faisait assister 
Innocent aux funérailles du saint : «Il y avait k Rome, au temps 
des empereurs Arcadius et Honorius, un homme du nom d'Eu- 

phémianus ^ » Remarquons que c'est Euphémianus, qui 

est donné comme le contemporain des deux empereurs. Sa femme 
est d'abord stérile, et Alexis naît assez longtemps après leur ma- 
riage. Or il ne s'est écoulé entre l'avènement des fils de Théo- 
dose et la mort d'Innocent que vingt-deux années, laps de temps 
tout k fait insuffisant pour les événements de notre histoire. 
Evidemment ce ne doit pas être le même auteur, qui à ajouté 

porUifice; — Manuscrit de Munich : Tb t([j.io.v 'AXeÇfou axfjvo; xr] aopw 

ôfôoiai • £V Tw Tou xopuça^ou tûv otTUoaxoXtov IIsipou vaû xifjiiwç /.axaxeOèv. 'Etîi 
'Apxa8{ou xai 'Ovtop{ou xwv PgcaiXstov 'Pa){j.T)ç ezaxEpaç * xai Mapxiavou iizi<j7,6- 
'jzo\J ' iTrrazaiosxàxrjv xrjvizauxa xou {Jtapxfou (i.T)vb; ayovxoç. — Agapius : 'E/.oi- 
{jLTîOr] 8e ô "Oaioç x^ i^' Mapxfou [i.T)vbç, fxei ocTcb Xpidxou xsxpaxoaioaxw, xai 
Ssxdcxb), £v xotç yp(Jvoiç *Ova)p{ou paaiX^tuç Tt6|jiy]ç xal Mapxiavou àpj^iejiiaxdjrou, 
xaOcjç xivsç Ypaoouai, sxepoi 8s 'Ivvoxevx^ou. 'Ev 8a KwvaxavxivouTîoXei paaiXsuov- 
xoç 0£o8oa(ou ulou 'Apxaofou. 

1. Sic daiis Surius et Agapius. Le manuscrit de Munich dit seulement : 
«au temps de l'empereur Honorius». Pour la légende romaine, le manus- 
crit suiyi par les Bollaudistes omet la phrase, mais elle existait dans 
d'autres manuscrits; voyez les Acta Scmctorum, juillet, t. IV, p. 250, B. 
Nous sommes de même fondés à croire que, si elle manque dans le ma- 
nuscrit de Vienne, c'est par suite d'un oubli ou d'une suppression. Cer- 
taines variantes, qu'on trouvera discutées en leur lieu, sont là pour nous 
assurer que le texte de ce manuscrit a la même source immédiate que 
ceux de Surius et du manuscrit de Munich. 



— LXI — 

au texte de la légende byzantine ces données contradictoires 
du commencement et de la fin. La meilleure, et je suis tenté de 
dire la seule manière d'expliquer leur réunion dans quelques- 
unes de nos versions est de supposer entre celles-ci et Toriginal 
byzantin deux intermédiaires au lieu d'un seul. Au rédacteur 
du premier, — Siméon Métaphraste, si je ne me trompe, — re- 
monterait Taddition finale, soit qu'il ait mis à profit des tradi- 
tions répandues de son temps, soit qu'il ait seulement avancé 
des hypothèses personnelles, basées sur la fixation au 17 mars 
de la fête du saint et sur la coïncidence partielle du pontificat 
d'Innocent avec les règnes d'Arcàdius et d'Honorius. Ce serait 
l'auteur du second intermédiaire, habitué sans doute k associer 
au souvenir d'Alexis les noms de ces princes, qui les aurait ins- 
crits au début même de la légende, comme une date s'appli- 
quant dans son esprit k l'ensemble de l'histoire du saint, plutôt 
qu'au fait spécial de la faveur et de la puissance d'Euphémianus. 
6** Ce second intermédiaire, M 2, a' donné naissance k deux 
versions au moins. D'une part k la légende romaine, marquée 
par les modifications suivantes : mariage et funérailles célébrés 
dans l'église Saint-Boniface, non plus dans l'église de Saint- 
Pierre; — date des funérailles reportée du 17 mars au 17 juillet^; 
— Innocent, jusqu'alors qualifié d'archevêque de Rome et pré- 
senté sur la même ligne que les empereurs, prenant maintenant 
la préséance et décoré du titre de pontifex maximm; — Hono- 
rius et Arcadius nommés dans le cours du récit et figurant en- 
semble, en dépit de l'histoire, k la mort du saint. Il a donné 
naissance, d'autre part, k une version grecque, M 3, d'où sont 
dérivés, k des degrés différents, nos quatre derniers textes : Su- 
rius, Agapius, les manuscrits de Vienne et de Munich. Cela 
nous est assuré par deux variantes. D'après la seconde vie sy- 
riaque et la légende romaine, dont l'accord a sa cause dans l'o- 
riginal byzantin lui-même, Alexis, fuyant d'Edesse, se rend k 
Laodicée, où il s'embarque pour Tarse. D'après ces deux textes 
encore, Euphémianus, k qui les empereurs reprochent de leur 

1. Pour quelles raisons la fête de Saint Alexis, célébrée d'abord le 3 no- 
vembre chez les Syriens {Acta Sanctorum, juillet, t. IV, p. 263, C et D), 
a-t-elle été fixée au 17 mars par T église grecque et plus tard au 17 juillet 
par l'église latine? Les BoUandistes l'ignorent, et je ne suis pas plus 
qu'eux en mesure de l'expliquer. 



— LXII — 

• 

avoir caché la présence du saint dans sa maison, fait venir le 
chef de ses esclaves pour Tinterroger; et seulement après la ré- 
ponse de celui-ci, qu'il ne sait rien, on décide d'aller faire des 
recherches dans la maison d'Euphémianus. Agapius, Surius, les 
manuscrits de Vienne et de Munich ne font aucune mention du 
chef des esclaves; ils ne nomment pas Laodicée et disent seule- 
ment que le saint se rendit au bord de la mer, où il prit place 
sur un vaisseau qui allait k Tarse. Omissions communes, donc 
auteur commun. A cet auteur je fais aussi remonter la respon- 
sabilité d'une faute plus grave, qui a persisté dans deux ver- 
sions et laissé sa trace dans une troisième. Il avait, dans le cours 
du récit et dans les indications historiques de la fin de la vie, 
remplacé le nom d'Innocent par celui de Marcien : par une 
erreur surprenante, car un archevêque de ce nom n'a existé ni 
à Rome, ni k Constantinople. Le manuscrit de Vienne a re- 
tranché les indications finales, mais gardé le nom de Marcien 
dans le récit. Au contraire, le manuscrit de Munich a supprimé 
ce nom dans le récit et l'a conservé dans la formule finale : «sous 
les règnes d'Arcadius et d'Honorius, empereurs des deux Romes, 
et sous l'épiscopat de Marcien.» Agapius et Surius, qui semblent 
bien avoir connu la légende romaine et s'en être inspirés par- 
fois pour modifier le texte grec qu'ils suivaient, ont corrigé la 
faute en question. Le premier a rétabli le nom d'Innocent au 
lieu de celui de Marcien dans le cours de la légende; mais, 
comme il lui restait peut-être quelques scrupules, il a rédigé 
ainsi l'explicit : «Le saint mourut le 17 du mois de mars, l'an- 
née du Christ 410 ', au temps d'Honorius, empereur de Rome, 

1. Les Menœa magna Grœcorum nomment dans l'éloge d'Alexis l'em- 
pereur Honorius. Le ménologe slavo-russe dit que le saint vécut en l'an 
400, sous les empereurs fîonorius et Arcadius. Mais, hors Agapius, on ne 
trouve indiquée l'époque précise de la mort du saint que dans les vies 
qui se rattachent à la légende romaine. Jacques de Voragine et Mombrizio 
disent : vers 398; — Pierre des Natalles : vers 388; — les Gesta Boma- 
norum et la vie italienne : vers 328 (aicj-, — Vincent de Beauvais : anno 
Archadii et Honorii VIII, Eomœ Aleods vita mirahUia declarata est. 

Il me paraît très-vraisemblable qu'Agapius, qui connaissait la légende 
romaine, a connu aussi et utilisé l'inscription de la chapelle fondée par 
la famille Savelli, dans l'église de Saint- Alexis, à Rome : «Sub gradu iato 
in paiema domo B. Aleodus, Bomanorum nohUissimîis, non lU filiua, aed tant' 
quant pauper advena receptus, asperam egenamque vitam duxit annis XVII; 
ihique purisaimam animam creatori auo féliciter reddidit anno CCCCXIV, 



— LXIII — 

et de Tarehevêque Marcien, selon les uns, Innocent, selon les 
autres; et sous le règne de Théodose, fils d'Arcadius, k Con- 
stantînople, » Surius, plus résolu, a rejeté décidément le nom de 
Marcien. D a tu, dans le récit, le nom de Tarchevêque et, dans 
Texplicit, il est revenu, par une correction qui s'imposait, aux 
données primitives : ^Archadio et Honorio imperatoribus , Inno- 
centio autem primo pontijice,^ 

On a noté tout k Theure, comme une des innovations de la 
légende romaine, la substitution de Téglise Saint -Boniface a 
Téglise Saint-Pierre, dans les deux circonstances du mariage et 
des funérailles d'Alexis. Or trois de nos textes, Surius, le manus- 
crit de Munich et Agapius, tout en gardant Saint-Pierre pour 
la cérémonie des funérailles i, placent k Saint-Boniface la célé- 
bration du mariage ; et si le quatrième, le manuscrit de Vienne, 
passe sous silence tout ce qui touche k cette célébration, en re- 
vanche c'est dans Téglise de Saint-Boniface, au lieu de l'église 
de Saint-Pierre, qu'il fait déposer les restes du saint. Faut-il 
voir Ik un emprunt direct fait par chacun de ces textes k la lé- 
gende romaine, et doit-on conclure que non seulement Surius et 
Agapius, mais encore les auteurs des textes de Munich et de 
Vienne ont connu cette légende? Je ne le crois pas. Ce serait 
un hasard trop étonnant que trois rédacteurs soient tombés sé- 
parément d'accord, sans aucune raison pressante, pour modifier 
une même leçon dans un passage et la garder dans un autre. 
Mieux vaut admettre que l'emprunt, dans le cas présent, a été 
fait par M 3, l'auteur commun de nos quatre textes, qui par suite 
doit n'avoir été rédigé que postérieurement k la formation de 
la légende romaine. Entre cette légende et la version du manus- 
crit de Munich, il n'y a pas eu le moindre rapport direct. On 
ne saurait être aussi affirmatif pour la version du manuscrit de 
Vienne. Pourtant, le désir d'effacer la contradiction qu'il y avait 
k faire célébrer le mariage du saint dans l'église placée sous son 

Innocentio /, PP., et Honorio et Theodosio II imperantibits.» (Voyez Acta 
Sanctorum, juillet, t. IV, p. 242, B.) C'est sans doute à cette inscription, 
qui nous a été conservée par une vieille description de la ville de Rome, 
que le moine grec a emprunté la date de 410 pour la mort du saint, et 
la mention de Théodose II au lieu d'Arcadius. 

1. Agapius dit : «la grande église»; mais quelle autre église que Saint- 
Pierre pouvait-il entendre par ces mots? 



— LXIV — 

invocation auxiliaire et ses funérailles dans une autre église, a 
bien pu suffire pour décider Tauteur de cette version à rattacher 
la seconde cérémonie au même lieu qu'on disait déjà témoin de 
la première, k l'église de Saint-Boniface. 

7** Les textes provenant de M 3 se divisent d'abord en deux 
branches : Tune avec le seul Agapius, l'autre avec le manus- 
crit devienne, le manuscrit de Munich et Surius. L'origine com- 
mune de ces trois dernières versions, ou, en d'autres termes, l'exis- 
tence de M 4, est assurée par les variantes qui suivent. Dans 
Agapius et la légende romaine, comme aussi dans les vies car- 
schouni de Paris et du Vatican, après le mariage d'Alexis, l'ordre 
du récit est celui-ci : départ du saint de Rome, son arrivée k 
Edesse, sa vie dans cette ville; inquiétude d'Euphémianus, qui 
envoie des esclaves dans tous les pays pour chercher son fils, 
insuccès des recherches et retour des esclaves; douleur et lamen- 
tations de la mère du saint et de sa fiancée. Le manuscrit de 
Vienne, le manuscrit de Munich et Surius, après nous avoir dé- 
crit la vie du saint k Edesse, passent de suite k la douleur de 
sa mère et de sa fiancée, e" 'Oulement alors nous racontent com- 
ment son père le fit chercher vainement par tous pays. J'appelle 
l'attention du lecteur sur l'importance d'une semblable variante : 
elle me paraîtrait décisive k elle toute seule. Mais en voici deux 
encore qui vont témoigner dans le même sens. Agapius, la lé- 
gende romaine, les vies carschouni de Paris et du Vatican, 
disent simplement que le saint, débarqué k Laodicée, se rendit 
k Edesse; Surius et les manuscrits de Vienne et de Munich 
ajoutent qu'il se joignit k des voyageurs pour faire la route. 
Ailleurs, tandis que dans la légende romaine et les vies car- 
schouni une image de la Mère de Dieu parle deux fois au por- 
tier, d'abord pour lui ordonner d'introduii'e le saint dans le 
temple, ensuite pour lui révéler où il trouvera le saint, dans 
Surius et le manuscrit de Munich \ il n'y a^plus qu'une seule 
allocution de l'image. 

8® La division en deux nouvelles branches des textes dérivés 
de M 4 et l'existence de M 5, source du manuscrit de Munich et 
de Surius, sont des faits non moins certains que celui que nous 

1. Agapius et le manuscrit de Vienne ont supprimé toute révélation 
miraculeuse. Mais ce n'est là qu'une rencontre accidentelle et, si Ton 
peut dire, un accord négatif. 



— LXV — 

venons d'établir. Nous en avons pour preuves différentes mo- 
difications, opérées par le rédacteur même de M 5 dans le texte 
qu'il suivait. Il a, dans un passage, interverti Tordre du récit. 
Jusqu'à lui, toutes les versions racontaient ainsi les événements 
qui accompagnent dans la légende la mort du saint : «Cependant 
Alexis, connaissant que sa mort approchait, demanda à l'es- 
clave qui le servait de lui apporter du papier et de l'encre, et 

il écrivit toute l'histoire de sa vie ; — or un dimanche, 

comme l'archevêque de Rome célébrait l'office de la messe en 
présence des empereurs, une voix partie de l'autel se fit en- 
tendre par deux fois, qui ordonnait de chercher l'Homme de 
Dieu et annonçait sa mort prochaine . . .; et, tout le monde 
étant de nouveau réuni dans l'église, le jeudi soir, la voix se 
fit entendre une troisième fois et dit qu'on trouverait l'Homme 

de Dieu dans la maison d'Euphémianus » M 5 et, par 

suite, le manuscrit de Munich et Surius ont fait du second de 
ces paragraphes le paragraphe premier, et réciproquement. 
Dans toutes les versions encore, c'est à Euphémianus que le 
serviteur d'Alexis s'adresse pou: "Ha déclaration : «Celui que 
vous cherchez ne serait-il pas ce pauîvre que tu m'as chargé de 
servir? » Il s'adresse à la mère du saint dans le manuscrit de 
Munich et dans Surius. Je soupçonne enfin que c'est M 5 le 
premier qui a écrit partout dans le récit «l'empereur», au lieu 
de la leçon primitive «les empereurs». Agapius, qui se trouve 
ici d'accord avec Surius et le manuscrit de Munich, a bien pu 
faire ce changement j^roprio motUj en vue de la vraisemblance 
historique. Autrement, il en faudrait faire remonter l'origine 
jusqu'à M 3, et il resterait alors à expliquer comment l'ancienne 
leçon « les empereurs » peut se retrouver dans le manuscrit de 
Vienne. 

Voilà, j'espère, dém»ontrées toutes les propositions qu'énon- 
çait notre tableai., sauf une, qui n'est pas la moins intéressante. 
Il est certain que Siméon, surnommé Métaphraste, a composé 
une vie de notre saint. Mais quelles sont les raisons qui confir- 
ment à cette vie la place marquante que je lui ai assignée parmi 
les autres? Et d'abord, pourquoi rejeter le témoignage auto- 
risé d'Allacci^, qui attribue positivement à Métaphraste la vie 

1. Léo Allatius, De Symeonum scHptis diatriba (Parisiis, 1664), p. 125, 

e 



. s 



M 



— LXVI — 

I 

grecque du manuscrit de Vienne? H semble que Lambeck eût 
déjà conçu quelques doutes sur le bien-fondé de cette attribu- 
tion, quand il a noté que cette vie différait beaucoup de la nar- 
ration latine de Surius (lisez : Lipomanus), narration annoncée 
par son auteur même comme une traduction de Métaphraste^. 
On peut ajouter qu'elle ne diffère pas moins de la narration du 
moine Agapius, qui lui aussi, d'après son dire, a tiré du re- 
cueil de Métaphraste ses Vies des saints. Ces simples remarques, 
jointes a la certitude que les versions de Surius et d' Agapius 
ne proviennent pas de la vie du manuscrit de Vienne, nous 
amènent à deux conclusions. La première, que la vie du ma- 
nuscrit de Vienne n'est point, à parler strictement, la rédaction 
de Métaphraste, qu'elle procède seulement de cette rédaction, 
comme en procèdent aussi Agapius et Surius ; la seconde, que 
nous ne pouvons placer la rédaction de Métaphraste plus bas 
que M 3, le dernier auteur commun du manuscrit de Vienne, 
de Surius et d'Agapius. Mais on a vu plus haut que M 3 était 
postérieur a la légende romaine, a laquelle il avait emprunté 
la mention de l'église Saint-Boniface. L'auteur de cet inter- 
médiaire ne peut avoir vécu avant le XF siècle, car la légende 
d'Alexis ne fut apportée a Rome que dans les dernières années 
du X®. Au contraire, Siméon Métaphraste a sans doute vécu 
avant la formation de la légende romaine, sous les empereurs 
Léon le Philosophe et Constantin Porphy rogénète , dans la 
première moitié du X'^ siècle. C'est Ik du moins l'opinion géné- 
ralement admise 2 et, k mon sens, la plus solidement étayée. Le 
très-ingénieux Casimir Oudin, qui a voulu rapprocher jusqu'au 
XIP siècle, sous Manuel Comnène, l'existence de Thagiographe 
grec, n'a fourni en faveur de sa thèse que des arguments spé- 
cieux et point décisifs '\ Pour qui ne se rallie pas k l'opinion iso- 
lée de ce critique, il est donc clair que la rédaction de Méta- 
phraste, antérieure a la légende romaine, est antérieure aussi k 

1. Petrus Lambecius, Commentarii de Bibliotheca Ccesarea Vindohonensi 
(Vindobonae, 1665— -1690), t. IV, p. 137, sous le n° CLIII. 

2. Voyez Baronius, Annales ecclesiastici, t. XV, année 902 et suiv. ; — Léo 
Allatius, op. ciï.; — Acta Sanctorum Boll., janvier, t. I, p. XVI et suiv. 

3. Voir Dissertatio de œtate et scriptis Symeonis Metaphrastœ, dans l'ouvrage 
d'Oudin: Commentarius de Sci'iptorihus Ecclesiœ antlquis (Lipsise, 1722), t. II, 
col. 1300. 



— Lxvn — 

M 3, et Ton n'a plus le choix dès lors, pour identifier cette ré- 
daction, qu'entre les intermédiaires M et M 2. 

Disons-le tout de suite, on ne peut même plus songer qu'à M. 
Le lecteur n'a pas oublié sans doute comment j'ai été amené 
k supposer ces deux intermédiaires, M et M 2, au lieu d'un seul, 
entre la primitive rédaction byzantine d'une part, la légende 
romaine et M 3 de l'autre part. J'ai raisonné ainsi. La seule 
donnée historique oflFerte par la légende byzantine était, k en 
juger d'après la seconde vie syriaque et les vies en carschouni, 
la mention d'Innocent comme archevêque de Rome, c'est-k-dire 
comme pape, dans le temps de la mort d'Alexis. Dans la lé- 
gende romaine et dans M 3, ou, pour parler plus exactement, 
dans les vies sorties de M 3, nous relevons côte k côte deux 
nouvelles informations, contradictoires entre elles. L'une, qui 
est vraisemblable historiquement, nous confirme que le saint 
mourut sous l'épiscopat d'Innocent et ajoute : sous les règnes 
d'Arcadius et d'Honorius, empereurs des deux Romes. L'autre, 
qui est tout k fait insoutenable, voudrait que, déjk avant la nais- 
sance du saint, son père Euphémianus eût été puissant k la cour 
des mêmes princes. J'ai montré comment la coexistence de ces 
données inconciliables s'expliquerait encore, si la première re- 
montait k un intermédiaire M, et si la seconde provenait seule- 
ment d'un intermédiaire M 2; mais qu'il était difficile de sup- 
poser, sans preuve aucune, qu'elles fussent toutes deux le fait 
d'un même auteur, ignorant ou irréfléchi. Quand cet auteur a 
nom Siméon Métaphraste, une telle supposition devient impos- 
sible. Quelques jugements dédaigneux qu'on ait portés, k tort 
ou k raison, sur l'œuvre de ce célèbre hagiographe, il était k 
coup sûr un écrivain habile et érudit. Il n'a pu tomber dans 
cette inconséquence de faire naître et moui-ir un saint qui, 
d'après la légende grecque, aurait vécu au moins 48 ans^, sous 
deux empereurs montés au trône le même jour, pour compter 
seulement l'un 13 et l'autre 28 années de règne. Et s'il eût 
trouvé cette faute déjk commise dans les documents qu'il sui- 
vait, il n'eût pas manqué de la corriger. Je ne saurais donc 
placer ailleiu's qu'en M la vie composée par Métaphraste. En 

1. Alexis n'a pu se marier avant 14 ans, âge de la puberté en droit 
romain, et la légende grecque le fait vivre 17 ans à Edesse et 17 ans 
à Rome. 

e* 



— Lxvm — 

perdant cette vie, je crois que nous avons perdu un des meilleurs 
et des plus anciens intermédiaires entre le texte primitif de la 
légende byzantine et les vies grecques et latines que nous pos- 
sédons. Celles-ci sans aucun doute la représentent utilement, 
mais elles ne sont toutes, en réalité, que des reproductions plus 
ou moins altérées. L'évêque Lipomanus, réédité par Surius, et 
le moine Agapius ont beau s'annoncer, dans les titres ou les 
préfaces de leurs recueils^ comme des traducteurs de Méta- 
phraste, le scribe du manuscrit de Vienne a beau inscrire ce 
nom en tête de la vie d'Alexis, leurs versions n'ont pas plus de 
droits à être reconnues pour l'œuvre elle-même de l'hagiographe 
grec, que celles des BoUandistes et du manuscrit de Munich, 
qui se taisent sur leurs auteurs '. 

Voulons-nous interroger sur la primitive légende byzantine 
les textes que nous venons de classer et dont nous pouvons 
maintenant peser justement les témoignages? Ils nous révèlent 
qu'en somme elle a peu varié a travers ses remaniements suc- 
cessifs et qu'elle était au fond^ a peu de chose près, telle que je 
l'ai résumée a priori plus haut (p. XXXIII et suiv.), d'après 
l'ensemble des vies grecques et latines. Pour en avoir une resti- 
tution aussi exacte que possible, il n'y aurait qu'un tout petit 

1. Ce que M. Dachkof nous apprend de la vie en slavon ecclésiastique 
me paraît cadrer absolument avec l'exposition qui précède. Le titre de 
cette vie la dit abrégée de Métaphraste et du Ménologe grec. Cependant, 
elle est une traduction presque interlinéaire de la rédaction de Surius. 
(A cela rien d'étonnant, puisque Surius dérive de Métaphraste.) A la vé- 
rité, elle offre quelques additions tirées de la rédaction du manuscrit de 
Munich, et une autre, sans grande valeur, tirée de la rédaction du ma- 
nuscrit de Vienne. (Ces additions sont tirées tout simplement de Méta- 
phraste, d'où dérivent également les manuscrits de Munich et de Vienne.) 
Des additions beaucoup plus importantes proviennent de la vie latine des 
BoUandistes, en d'autres termes, de la légende romaine, ainsi que de la 
vie italienne et des poésies allemandes. (Non; elles proviennent directe- 
ment de Métaphraste, d'où dérivent encore la légende romaine et, par 
elle, la vie italienne et les poésies allemandes.) M. Dachkof termine ainsi : 
«Tout cela et aussi la mention du pape, au lieu de l'archevêque romain, 
(mais j'ai montré que le pape Innocent devait figurer dans la primitive 
légende byzantine,) atteste que l'auteur de la vie en slavon ecclésiastique 
a eu beaucoup plus de relations avec la littérature occidentale qu'avec 
la littérature orientale de la légende, et diminue l'importance de cette 
vie pour nos recherches.» Je ne crois pas qu'on puisse admettre une 
semblable conclusion. 



— LXIX — 

nombre de changements a faire dans le résumé auquel je ren- 
voie. H faudrait j introduire l'épisode du paranymphe, dans la 
forme où il est raconté par la seconde vie syriaque; — rem- 
placer partout l'église de Saint-Boniface par Téglise de Saint- 
Pierre; — garder au pontife, comme je Tai fait, le titre d'arche- 
vêque de Rome, mais lui donner aussi son nom d'Innocent. Je 
passe sur d'autres modifications sans importance, pour arriver 
à cette remarque, que les représentants de deux branches indé- 
pendantes de nos textes, la seconde vie syriaque et la vie car- 
schouni de Paris, ne connaissent pas le nom d'Alexis; mais que 
cela ne prouve rien contre la présence de ce nom dans la lé- 
gende byzantine primitive. Je crois que c'est celle-ci, au con- 
traire, qui la première a appelé le saint Alexis, pour des raisons 
qu'il est malaisé de déterminer. Les vies en syriaque et en car- 
schouni ont supprimé ce nom, paroeque le saint n'était connu 
des Chrétiens de Syrie (les Melkites peut-être exceptés) que 
sous celui d'Homme de Dieu ou de Mar Rîchâ. D'ailleurs, les 
deux autres branches de la légende, celles de Josèphe et de 
Métaphraste, ont un droit égal de représentation et m'autorisent 
à maintenir dans le résumé ci-dessus le nom d'Alexis. 

L'étude des formes successives de la légende de Saint Alexis 
ne serait pas encore complète, si je ne proposais de l'origine 
de sa seconde partie une explication qui a au moins pour elle 
quelque vraisemblance. On sait que certains auteurs ^ ont voulu 
voir dans Alexis et Jean Calybite un seul et même saint. Leurs 
vies, en eflfet, telles que les racontent la légende de Saint Jean 
Calybite^ et la légende byzantine d'Alexis, présentent une assez 
grande analogie. Tous deux sont dits romains •'^, de noble et riche 
maison; tous deux quittent leur famille et passent en Asie; tous 
deux rentrent plus tard dans leur patrie et vivent inconnus et 
humiliés à la porte du palais de leurs parents. Même la mort 
de Saint Jean Calybite, qui diffère dans la généralité des textes 

1. Adrien Baillet, Vies des Saints (Paris, 1701), t. II, au 17 juillet; — Le 
Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à Vhistoire ecclésiastique des six 
premiers siècles de V Eglise (Paris, 1705), t. X, p. 666 et 834. 

2. Acta Sanctorum (première édition), janvier, t. I, p. 1029 et suiv. 

3. Mais Jean était certainement de la nouvelle Rome et non de Pan- 
cienne. 



— LXX - 

de la mort de Saint Alexis en ce qu'il se fait reconnaître de sa 
mère et de son père avant de mourir, est racontée par un ma- 
nuscrit syriaque de Paris ^ tout à fait de la même manière que 
celle d'Alexis : Jean n'est reconnu qu'après sa mort, et par un 
papier qu'on trouve dans sa main. Mais les deux légendes se 
séparent dans les détails, surtout pour les événements de la 
première partie de la vie et les circonstances du retour des 
saints. Jean Calybite n'est pas fils unique; il n'est pas marié; 
ce qui détermine sa vocation est la rencontre d'un moine de 
l'ordre des Acémètes, qui a reçu chez son père l'hospitalité. 
Jean, par ses supplications, décide ce moine à l'emmener avec 
lui dans son couvent. Il y reste six ans, dans la prière et les 
mortifications de toutes sortes, sans sortir de sa cellule et sans 
voir personne que le prieur. D revient a Rome, averti en songe 
par une voix qui lui ordonne d'aller retrouver ses parents et de 
recevoir leurs prières avant de mourir. Il part, muni de la béné- 
diction des moines et du prieur, et fait le voyage dans la com- 
pagnie d'un pauvre en guenilles, avec qui il échange par cha- 
rité ses vêtements. De retour k Rome, il s'assied k la porte de 
ses parents, en est plusieurs fois chassé, mais finit par obtenir 
la permission de s'y construire une cabane et d'y demeurer; 
Ik, il mène encore pendant trois ans une vie misérable et toute 
méritoire, jusqu'k ce qu'un jour Jésus-Christ lui apparaît dans 
une grande lumière et l'avertit que sa mort est proche. Il fait 
demander sa mère, qui vient enfin, et il lui remet un évangile 
richement incrusté d'or, écrit autrefois pour lui de la main de 
son père, et qu'il avait toujours gardé précieusement. La mère 
montre cet évangile k son mari, et tous deux accourent aussitôt 
pour interroger le saint. Jean, d'après la version commune, ^ se 

1. C'est le manuscrit décrit par M. Zotenberg, Catalogues des mamucrUs 
81/ria^ues et sabéens de la Bibliothèque nationale (Paris, 1874), sous le n** 234. 
. 2. D'après la version isolée du manuscrit de Paris, Jean refuse de ré- 
pondre immédiatement aux questions de ses parents. «Demain, leur dit-il, 
je vous ferai connaître où est votre fils.» Laissé seul, il prend un papier 
et met par écrit tous les événements de sa vie. Puis, gardant ce papier 
à la main, il se couche sur la terre et s'endort dans la paix du Seigneujr. 
Le lendemain, ses parents reviennent dès le point du jour, voient qu'il 
est mort, mais ne peuvent obtenir le papier. Le patriarche vient aussi, 
accompagné de tous les prêtres et les diacres ; il prend le papier et le lit 
à haute voix. On reconnaît Jean, et son père, sa mère, ses frères, les 



— LXXI - 

fait alors reconnaître de ses parents et meurt, en emportant 
leurs prières et leur promesse de le faire enterrer avec ses hail- 
lons et dans la cabane même où il a vécu. Sa mère, folle de 
douleur, oublie sa promesse et veut Tensevelir dans les plus 
beaux habits; mais le père Ten empêche et fait selon la volonté 
du saint. Plus tard seulement, il fait élever au dessus de son tom- 
beau un temple magnifique, qui devint un lieu de guérisons et 
de miracles. 

Je ne crois point qu'Alexis et Jean Calybite soient le même 
saint. Et comment le croire, en effet, quand il a été établi plus 
haut que la légende byzantine n'est qu'une composition de se- 
conde main, et que l'originale et seule vraie légende d'Alexis 
se terminait k sa mort k Edesse? L'opinion contraire avait pour- 
tant sa raison d'être, lorsqu'on ne connaissait que la légende 
byzantine de Saint Alexis. De fait, celle-ci n'est peut-être pour 
une partie que l'histoire de Saint Jean Calybite, et il me semble 
qu'on la décomposerait sans peine en ces deux éléments : la 
première vie édessienne, plus la fin de l'histoire de Saint Jean. 
Représentons-nous la vie primitive de l'Homme de Dieu appor- 
tée k Constantinople par un moine grec ou syrien, et répandue 
par des copies ou simplement d'abord par la tradition orale. 
Qu'un auditeur ou qu'un lecteur, peut-être l'introducteur lui- 
même de la vie édessienne, familier déjk avec la légende de 
Jean Calybite, ait été plus particulièrement frappé des ressem- 
blances que présentaient les vies des deux saints; qu'il les ait 
comparées dans son esprit : sans aucun doute, il a dû trouver 
l'histoire de Jean bien plus merveilleuse et bien plus édifiante 
que la simple histoire de l'Homme de Dieu. D a donc pu être 
tenté de donner k celle-ci le lustre qui lui manquait; et, dans 
ce but, il aura supprimé la mort de l'Homme de Dieu k Edesse 
et l'aura fait revenir, comme Jean, chez ses parents. Qui sait 
même si, en agissant ainsi, il n'a pas cru corriger une erreur ou 

esclaves de sa maison, tombent à ses pieds et pleurent amèrement. Tonte 
la Yille accourt an bruit de leurs cris. Lamentations de la mère. Ensnite, 
le patriarche et les prêtres portent le saint à Tég^lise; mais la foule se 
presse autour du corps, et l'on est obligé de jeter par les rues de Tor 
et de Targent, sans réussir pourtant à la détourner. On arrive enfin à 
réglise. Là, la mère oublie la promesse qu'elle a faite à son fils de Ten- 
sevelir dans ses haillons et le revêt de ses riches vêtements de noce; 
mais son père Suit la fin comme dans la version commune. 



— LXXII — 

réparer une mutilation; s'il n'a pas confondu les deux saints? 
Quoi qu'il en soit, une nouvelle légende était dès lors formée, et 
c'était la légende byzantine d'Alexis. 

Certes, je ne présente cette explication que comme une 
hypothèse. Avant de pouvoir décider si les choses se sont réelle- 
ment passées ainsi, il faudrait au moins étudier la légende de 
Saint Jean Calybite plus complètement que je ne l'ai fait. Il 
m'a semblé cependant que cette hypothèse était assez sédui- 
sante pour n'être pas passée sous silence. Grâce à elle, en effet, 
le développement surprenant de la légende de l'Homme de Dieu 
n'a plus rien de mystérieux; on connaît la source dont il pro- 
vient, et l'on voit comment il s'est fait, par la confusion volon- 
taire ou inconsciente des vies des deux saints. J'ai montré qu'une 
confusion analogue s'est certainement produite une autrefois : le 
récit de la mort de Jean Calybite, telle que la raconte un des 
manuscrits syriaques de Paris, a été évidemment calqué sur 
celui de la mort d'Alexis dans la légende byzantine. Ainsi, il y 
aurait eu influence réciproque des deux légendes, qui, sans ja- 
mais s'identifier entièrement, se seraient emprunté tour à tour 
des développements plus édifiants, des traits plus marquants et 
des détails plus pittoresques. 

Appréciée au point de vue de la créance qu'elle mérite, la 
légende édessienne de l'Homme de Dieu me paraît plus véri- 
dique, au fond et dans la majeure partie des détails, qu'on ne 
l'attendrait peut-être d'une légende. H est vrai qu'il faut rejeter 
le miracle de la disparition du corps du tombeau, dont le récit 
rappelle, jusqu'en quelques-uns de ses termes, la visite de l'a- 
pôtre Pierre au sépulcre du Christ. Je ne saurais non plus ad- 
mettre que ce soit le paramonarius de l'église d'Edesse qui ait 
écrit notre légende, au moins dans sa forme actuelle, comme il 
est dit dans l'explicit. Enfin, on peut penser qu'il y a une part 
d'invention ou d'exagération, si minime qu'elle soit, dans l'épi- 
sode de la rencontre du saint avec ses esclaves, dans les détails 
touchant son enfance, son éducation, sa fuite et peut-être en- 
core ses œuvres d'austérité k Edesse. Mais tout le reste paraît 
entièrement acceptable. Même, pour ce qui est des œuvres du 
saint, je me fierais sans aucune difficulté k l'auteur de la lé- 
gende, car c'est dans la narration des faits qui se sont passés à 



— Lxxin — 

Edesse que sa véracité est surtout évidente. La raison en est 
simple, puisqu'il a écrit très-probablement dans cette ville, où 
avait vécu l'Homme de Dieu, à la source des informations, et 
peu de temps après les événements qu'il s'est chargé de nous 
raconter. Mais notre légende est d'ailleurs fort pauvre en 
données historiques. Sur Edesse, sur Févêque Raboula, elle 
ne fournit que des indications très- vagues, ou n'apprend rien 
que nous ne sachions déjà par d'autres documents plus au- 
torisés ou plus précis. 

En ce qui concerne Tévêque, elle insiste tout particulière- 
ment, dans ses derniers paragraphes, sur la protection qu'il ac- 
cordait aux orphelins et aux veuves, sur sa charité envers les 
pauvres et les étrangers. Une très-ancienne vie syriaque de 
Mar Raboula^, que je n'hésite pas à croire sur ce point, loue 
plusieurs fois son héros des mêmes vertus. Nous y lisons, par 
exemple, que sa vigilance et son autorité étaient si grande et 
si respectée, que « tous les orphelins et les veuves de son diocèse 
demeuraient, pleins de confiance en lui, comme dans un port 
tranquille, à l'abri duquel ils n'étaient pas exposés à soufi^rir des 
assauts du flot exécrable des pillards 2». Le même auteur ano- 
nyme dit plus loin : « Ce n'est pas seulement en cela qu'il res- 
sembla à Saint Paul. Il s'appliqua encore à remplir la grande 
mission qui lui avait été confiée par les apôtres ses prédécesseurs, 
de prendre soin des pauvres. Comme il convenait à qui avait 
reçu des apôtres, avec Saint Paul, cet ordre de prendre soin 
des pauvres, il l'observa avec zèle. Qui pourrait dire toute la 
sollicitude qu'il apportait h, pourvoir aux besoins des pauvres, 
et surtout l'amour exalté qu'il avait pour les pauvres saints? 3» 

1. Elle a été publiée par Overbeck, Sancti Ephrœmi Syri cUiorumque 
opéra aelecta (Oxford, 1865), p. 159 et suiv., d'après un manuscrit du 
Musée Britannique, pouvant dater du VP ou du VII® siècle. — Il ne 
faudrait pas accepter également et sans discernement tous les dires de 
cette vie. Par exemple, elle fait prier Mar Raboula (p. 163, 1. 25) dans 
le martyrium des Saints Cosme et Damien, qui ne fut constniit, selon la 
Chronique d'Edesse, que par son second successeur, Tévêque Nonnos. S'il 
fallait admettre des relations entre elle et notre légende édessienne, je 
pencherais à croire que c'est la vie de Tévêque qui est la moins an- 
cienne et qui a pu s'inspirer de celle du saint. 

2. Op. cU.y p. 188, 1. 13. 

3. Ibid., p. 201, 1. 5. 



— LXXIV — 

D serait sans profit de citer tous les passages où il est question 
de cette bienfaisance de Raboula, qu'il affirmait de tant de 
manières, et de sa prédilection pour les humbles. Notre légende 
édessienne rapporte que, lorsqu'il apprit du portier la mort de 
FHomme de Dieu, il fut enthousiasmé, « car il avait la passion 
de ce qui est noble et beau » . On croirait que son biographe a 
songé précisément k des émules de notre saint, quand il a écrit 
cette phrase : «Ceux qui, par volonté ou par pauvreté, passaient 
leur vie dans la souffrance, humbles en toute vérité, il les éle- 
vait, les exaltait et les aimait i.» 

Sur Raboula constructeur, il est difficile au contraire de con- 
cilier ensemble les données de sa biographie, de la Chronique 
d'Edesse et de notre légende. D'après celle-ci, il aurait entre- 
pris, sinon mené à fin, beaucoup de travaux. Frappé des cir- 
constances de la mort de l'Homme de Dieu, « il interrompit de 
nombreuses constructions et cessa de s'occuper des choses péris- 
sables». La Chronique d'Edesse dit seulement qu'il fit bâtir, 
par ordre de l'empereur, l'église de Saint-Etienne, qui était au- 
paravant la synagogue des Juifs *^. Quant au panégyriste de 
l'évêque, il assure que, «tout le temps de sa vie, il ne put se 
résoudre à rien édifier sur la terre, k la seule exception de la 
moitié du mur septentrional du haiklâ de l'église d'Edesse. Il 
y fut forcé par suite du mauvais état de ce mur et il le restaura 
en peu de jours 3». L'exagération paraît sensible dans ces 
dernières lignes, et, d'autre part, la Chronique d'Edesse a pu 
commettre des oublis. Je me déciderais donc ici en faveur de 
notre légende, si ce différend valait la peine de le trancher. 

Le dernier renseignement que les actes de l'Homme de Dieu 
nous apportent sur Raboula, c'est qu'il fut frappé de cécité 
vers la fin de sa vie. En quelle année, on l'ignore. Nous savons 
seulement, par un fragment de l'Histoire ecclésiastique de Théo- 
dore le Lecteur "*, qu'il était aveugle lors d'un concile qui se tint 

1. Op. cit., p. 175, 1. 12. Cf. aussi p. 201, 1. 14 et suiv. 

2. Assemani, Bibl. orient., t. I, p. 387 et suiv. 

3. Overbeck, op. cit., p. 190, 1. 11. 

4. Migne, Patrologia grœca, t. LXXXVI, 1* partie, col. 205. — Cf. Acta 
Sanctorum (première édition), janvier, t. I, p. 1020; et Baronius, Annales 
eccîesiastici, t. Vil, année 435. — Il est curieux que la vie de Tévêque 
ne dise rien de sa cécité. . 



— LXXV — 

en Arménie et auquel il assista, pendant la dernière année de 
son épiscopat (435). 

Les seuls édifices d'Edesse dont notre légende fasse mention 
sont Téglise *et le xenodochium ou Thôpital. Elle ne nous donne 
malheureusement aucun détail sur Téglise, où le saint, racônte- 
t-elle, passait ses journées. Mais les termes même dont elle se 
sert — «le jour, il se tenait constamment dans Téglise et dans le 
martyrium » ^ — me persuadent qu'elle a voulu parler de Féglise 
cathédrale, fondée en 313 par Févêque Connos et que la Chro- 
nique d'Edesse appelle Fancienne éghse, pour la distinguer de 
Féglise nouvelle ou église des Apôtres, bâtie par le successeur 
de Raboula, Févêque Hîba^. Quant à Fhôpital, je crois que la 
mention qui en est faite dans notre vie est la plus ancienne que 
fournissent les textes. D'après le biographe de Raboula, cet 
établissement existait déjà avant le charitable évêque, «mais 
de nom seulement et pas de fait » ^, 

J'arrive enfin à la dernière question qui se pose à propos de 
notre légende. Lorsque les vies d'Alexis nous disent que le saint 
était de Rome, que faut-il croire? Qu'il était de Rome ancienne, 
ou bien de Rome nouvelle, c'est-a-dire de Constantinople ? 
Quelques savants se sont prononcés dans ce dernier sens! Je 

1. Voyez la traduction, p. 4, et la note 2. 

2. Le nom de cette ancienne église cathédrale était, je crois, 1 Eglise 
Saint -Thomas. Cela me paraît résulter d'une phrase du Pèlerinage aux 
lieux saints de Sainte Sylvie d'Aquitaine, pèlerinage accompli sans doute 
vers la fin du IV* siècle. «Unde denuo proficiscens (scilicet Batnis in 
Osdroena), pervenimus in nomino Christi Dei nostri Edessam : ubi cum 
pervenissemus, statim perreximus ad ecclesiam et ad martyrium sancti 
Thomse.» (Voyez J. F. Gamurrini, S. UilaHi tractatus de mysteriia et 
S. SUviœ AquUanœ peregrinatio ad loca sancta, Romîe 1887, p. XXVII et 
64.) Cela résulte aussi d'un passage de Socrate {Uist. EccL, 1. IV, c. 18), 
cité en note de la p. 64 par M. Gamurrini. Je ne puis m'empêcher de 
comparer la façon dont s'exprime Sainte Sylvie : «Statim perreximus ad 
ecclesiam et ad martyrium sancti Thomse», avec ce passage de notre 
première vie d'Alexis : «le jour, il se tenait constamment dans l'église 
et dans le martyrium*. Je n'admettrais donc pas sans quelque réserve 
l'argument que M. Gamurrini a tiré de ces mots. «Distinguit Peregrina 
ecclesiam a martyrio sancti Thomîe, nam, aliquanto post ejus adventum, 
anno 394 translatum est sepulcrum in ecclesiam a Cyro opiscopo (Chron. 
Edess. éd. ab Assemano, Bihl. Orient.^ I, p. 399) : anto igitur oum annum 
accidit ejus peregrînatio». 

3. Overbeck, op. cit., p. 202, 1. 19. 



— LXXVI — 

croîs que le premier fut Papebroeck. Il avait été surpris de ce 
que rhistoire n'oflFrait aucune trace du culte de Saint Alexis à 
Rome avant le XI® siècle, alors qu'il était depuis longtemps en 
honneur chez les Grecs. Il supposa donc que le saiût avait vécu 
et était mort k Constantinople et que, si la légende le dit romain, 
c'est qu'il était arrivé pour lui comme pour Saint Jean Calybite 
et plusieurs autres saints, dont on a cru qu'ils avaient vécu à 
Rome, parce qu'on y avait apporté leurs reliques et qu'on leur 
avait consacré des églises. Papebroeck appuyait son opinion sur 
d'autres raisons : la forme grecque des noms d'Alexis et de ses 
parents; les circonstances de sa fuite et celles de son retour 
dans sa ville natale, vraisemblables s'il s'agit de Constantinople, 
située au bord de la mer et k proximité de la Syrie, difficile- 
ment admissibles s'il s'agit de Rome, k cause de son éloigne- 
ment et de sa situation méditerranée '. 

Papebroeck ne connaissait que la légende byzantine. Mais 
nous savons, nous, qu'il y a eu deux légendes distinctes; nous 
devons donc interroger d'abord la première, la légende édes- 
sienne. Seulement ensuite, nous pourrons rechercher acces- 
soirement comment l'auteur du remaniement byzantin a com- 
pris les données de sa source, et s'il les a conservées ou bien 
modifiées. 

On est très-embarrassé pour décider dans laquelle des deux 
capitales la vie syriaque primitive plaçait la patrie du saint. 
Au premier coup d'oeil, le récit de sa fuite ferait songer plutôt 
k Constantinople. Malgré la mention que le saint et son para- 
nymphe prirent des chevaux pour se rendre au port, il ne semble 
pas qu'ils soient partis pour une course aussi longue que celle 
de Rome k Portus Augusti, ni même qu'ils aient eu k sortir de 
la ville^. Mais notre hagiographe se piquait-il de tant de préci- 
sion? Et était-il bien instruit de la topographie de Rome? Pape- 
broeck a remarqué aussi avec raison que Rome devait avoir 
avec l'Asie des relations commerciales bien moins fréquentes 
que Constantinople, et qu'il n'y avait guère que dans celle-ci 
qu'on pût trouver, k toute heure du jour ou de la nuit, un vais- 

1. Voyez Acta Sanctorum (première édition), mai, t. 1, p. XVIII; — et 
Papebrochîus, BesponsioneSy t. I, p. 263. 

2. Remarquer pourtant ces mots, mis dans la bouche du paranymphe : 
«Quoi! nous irions courir les chemins déserts!» 



— Lxxvn — 

seau prêt à se mettre en route. Cependant, cet argument n'est 
pas non plus sans réplique. Notre légende ne dit en aucune 
façon que le saint se proposât justement la Syrie pour but de 
sa fuite. On peut croire plutôt que c'est le hasard seid qui le 
conduisit dans ce pays, et qu'il ne voulait, en quittant Rome, 
que gagner la première terre venue favorable à ses projets de 
vie solitaire^. La rencontre fortuite, dans le port de Rome, 
d'un vaisseau en partance pour la Syrie n'a plus rien de sui-- 
prenant. Quant au nom de V^ooiî, que l'auteur de la vie édes- 
sienne a employé par deux fois, d'abord dans le titre : «Histoire 
de l'Homme de Dieu, qui était de Rome », puis dans le cours 
du récit : «ses parents étaient de la ville de Rome», — sans 
doute ce nom n'est pas par lui-même absolument probant. Je 
ne voudrais pas nier qu'il ait pu être usité, comme le grec 
T(][)[jLy;, pour désigner Constantinople ; au moins dans la littéra- 
ture hagiographique. Mais je ne me rappelle aucun exemple 
d'un semblable emploi de |iûooi^ chez les historiens, et je 
trouverais difficile d'admettre sans autre preuve, pour ce nom, 
la traduction de Constantin ople, dans un texte aussi ancien que 
le nôtre et non traduit du grec. 

Si je montre quelque insistance a conclure pour Rome contre 
Constantinople, c'est que l'auteur de la légende byzantine, un 
Constantinopolitain, a conclu lui-même contre sa patrie. Ici il 
n'y a plus aucun doute, et je crois pouvoir ajouter une preuve 

1. Les anachorètes ne manquaient point alors à TOccident. C'est préci- 
sément au temps d'Alexis que Rutilius Namatianus, revenant de Rome 
en Gaule et passant devant Tîle Gorgona, écrivait ces vers connus sur 
un solitaire dont le portrait ressemble fort à notre saint : 

Adsurgit ponti medio circumflua Gorgon 

Inter Pisanum Cyrnaicumque latus. 
Aversor scopulos, damni monumenta recentis : 

Perditus hic vivo funere civis erat. 
Noster enim nuper juvenis majoribus amplis, 

Nec censu inferior, conjugiove minor, 
Impulsus furiis, homines terrasque reliquit, 

Et turpem latebram credulus exul adit. 
Infelix putat illuvie cœlestia pasci, 

Seque promit Isesis ssevior ipse deis. 

De reditu suo, 1. I, v. 515. 
Cf. encore v. 439 et suiv. 



— Lxxvin — 

décisive aux arguments qui ont fait revenir Papebroeck, après 
un nouvel examen, sur sa première opinion. Ceux-ci sont peut- 
être en eflfet moins convaincants que ce savant ne Ta jugé. D a 
été converti, dit-il, par une lecture et une étude attentives du 
canon de Josèphe, qui nomme la patrie d'Alexis seulement 
Ta)[jLr<, et qui donne k Tévêque présent aux funérailles du saint 
le titre de xa-rpiap^ûv ô xpoxpiToç. Est-ce bien suffisant, lorsqu'on 
connaît les efforts ambitieux et constants des patriarches de 
Constantinople pour s'élever au second rang dans l'Eglise et 
pour obtenir les mêmes privilèges en Orient que les évêques 
de Rome possédaient en Occident? Même, si je n'avais, pour 
me décider, que les paroles par lesquelles les empereurs, dans 
la seconde vie syriaque et dans la légende romaine, s'annoncent 
et annoncent l'évêque en présence du cadavre du saint : « Nous 
sommes les Empereurs et voilà le Père de toute la terre habi- 
tée » ', je ne serais pas encore sûr qu'ils aient entendu désigner 
le pape. Car on reconnaît Ih, la traduction d'une leçon grecque 
TraxYjp ou izctxpidpyriq oi)cou[jl£vi7cç, qui était le titre usurpé par les 
évêques de Constantinople. Mais ce qui tranche définitivement 
la question, c'est que le texte original de la légende byzantine 
devait donner a ce patriarche œcuménique le nom d'Innocent. 
Il n'y a pas d'autre manière d'expliquer, étant admis mon clas- 
sement des versions issues de la légende byzantine, comment 
ce nom se retrouve a la fois dans la seconde vie syriaque, dans 
la légende romaine et chez Surius et Agapius. Il est vrai que 
c'est au moyen d'une correction que nous l'obtenons dans la 
vie syriaque; mais au moyen d'une correction extrêmement 
simple, et je dirai nécessaire, puisqu'elle est la seule qui soit 
possible en même temps au double point de vue de l'écriture 
et de l'histoire. Sans cette correction, on ne peut lire en syriaque 
qviAnaclîfos. Il faudrait donc ou bien supposer aussi dans l'ori- 
ginal grec la leçon 'AvaxXr^To;, qu'aucune considération ne justi- 
fierait, ou bien se mettre en quête d'un troisième nom, d'où 
auraient pu également sortir d'un côté 'AvâxXyjTo;, de l'autre 
'IvvoxévTio;, et que j'avoue n'avoir pas trouvé. Tout considéré, 
je préfère admettre que l'introduction dans notre légende d'un 
évêque de Rome Innocent remonte au premier auteur grec et 

1. La légende romaine dit : Pontifex Pater universalis; mais le mot pon- 
tifex a pu être ajouté à Rome. 



— LXXIX — 

non pas seulement, comme on Ta conjecturé, au rédacteur de 
la vie romaine. Naturellement, cet évêque n'est autre que le 
pape Innocent P^ 

On comprendra sans doute que je n'attache nulle importance 
à un dernier argument présenté par Papebroeck en faveur de 
Constantinople, et qui est tiré des circonstances de la rentrée 
du saint dans sa patrie. Alexis vient de s'embarquer à Lao- 
dicée pour se rendre à Tarse; mais un grand vent s'élève et 
l'emporte jusqu'à Rome. Comment croire à une tempête si 
longue et si violente qu'elle fait doubler à un vaisseau l'Asie 
Mineure, la Grèce et l'Italie, « alors que la vie du saint ne men- 
tionne aucune navigation, même courte »? Il suffit de répondre 
que nous sommes ici sur le terrain de la seconde légende, toute 
fabuleuse, et que le retour d'Alexis chez ses parents est pré- 
senté comme un fait miraculeux. Or il n'y a pas de degrés dans 
le surnaturel. Ou il faut l'écarter entièrement, ou il faut l'ad- 
mettre tel qu'il nous est présenté. 

En résumé, la primitive légende édessienne ne fait pas con- 
naître avec certitude dans quelle Rome elle voyait la patrie du 
saint; cependant je croirais plutôt qu'elle songeait à Rome an- 
cienne. C'est ce qu'a jugé aussi l'auteur du remaniement by- 
zantin, puisqu'il a introduit dans sa rédaction nouvelle le pape 
Innocent. 



III. — L'office melkite de Saint Alexis 



L'office melkite de notre saint, dont je publie le texte en 
appendice, est le seul document syriaque qui appelle THomme 
de Dieu par son nom d'Alexis, et le seul aussi qui procède 
uniquement de la légende byzantine. Cet office n'est d'ailleurs 
que la traduction pure et simple de l'office de l'église grecque, 
constitué pour sa plus grande partie par le canon de Josèphe. 
Car, en même temps qu'ils adhérèrent k la foi et au rite des 
Grecs, les Melkites leur empruntèrent leurs heures canoni- 
ques, leurs chants et jusqu'à leur musique. J'aurais donc pu me 
dispenser de surcharger mon travail d'un chapitre a peu près 
inutile, si l'occasion ne m'avait semblé bonne pour faire con- 
naître, par un court extrait, la littérature liturgique des chrétiens 
grecs de la Syrie. 

L'office melkite de Saint Alexis m'était ofi*ert par deux ma- 
nuscrits du menœon syriaque du mois d'adar, conservés k la 
Bibliothèque nationale de Paris (n**^ 137 et 138). Le texte que 
j'ai pu établir par leur comparaison est loin sans doute d'être 
parfait, et l'on trouverait k y apporter bien des améliorations, si 
l'on prenait la peine de le collationner avec d'autres manuscrits 
du menœon f par exemple avec ceux qui appartiennent k la 
Bibliothèque Bodléienne d'Oxford. Mais il ne m'a pas été donné 
de m'acquitter de cette tâche complémentaire, qui eût été au 
reste sans grand profit. 

Dans un but de clarté, j'ai distribué les chants qui composent 
notre office suivant la manière dont on imprime aujourd'hui les 
œuvres poétiques, en allant k la ligne k chaque vers. Cependant, 



~ LXXXI - 

il eût peut-être mieux valu de me conformer à Fusage des scribes 
syriens, qui écrivaient les vers k la suite les uns des autres et 
les séparaient seulement par des points. Ils n'allaient même pas 
toujours k la ligne après les strophes et se contentaient d'en mar- 
quer la fin par un signe d'interponctuation particulier. J'aurais 
pu adopter ce système avec d'autant plus de raison, que je ne 
suis pas absolument convaincu que nous ayons affaire ici k des 
vers. Sauf un certain nombre d'exceptions, toutes les hymnes 
qui forment l'immense recueil des livres ecclésiastiques grecs 
sont, k parler véritablement, en prose. Mais, comme cette prose 
était destinée k être chantée, on devait forcément la soumettre 
k des mesures et k des coupes alternativement réguUères; et 
cette nécessité créa une sorte de versification spéciale, qui ne 
fut rien qu'un accessoire de la musique, et qui était fondée sur 
l'unique loi du nombre des syllabes '. Bien que la poésie syriaque 
n'obéît pas k une autre loi, et que le nombre des syllabes y dé- 
terminât seul la longueur des vers, il me semble pourtant diffi- 
cile de voir de réelles compositions poétiques dans les chants 
des Melkites syriens. Traduits des cantiques grecs et calqués 
sur eux, obligés k la fois d'en garder le fond et d'en reproduire 
autant que possible la forme métrique, leurs vers, si ce sont des 
vers, devaient être forcément très-prosaïques; et le lecteur ju- 
gera, par l'office de Saint Alexis, qu'ils le sont en effet. A mon 
avis, les hymnes syllabiques des mélodes grecs, comme celles 
des Syriens melkites, ne sont que de la prose mesurée, et je 
crois qu'on les comparerait justement, k part la rime qui leur 
manque, aux proses ou séquences de l'église latine. Elles mon- 
trent seulement une bien plus grande variété de combinaisons 
que ces dernières. Leurs strophes peuvent avoir depuis trois 
jusqu'k trente vers, et les vers, depuis deux jusqu'k quinze syl- 
labes. 

D n'a pas été toujours facile de déterminer le mètre ou, en 
d'autres termes, le schéma de chacun des différents cantiques 
de notre office. Dans les plus anciens manuscrits grecs ou sy- 
riaques, les points diacritiques qui séparaient chaque vers et 
qui, «sans aucun égard ni au sens, ni aux périodes, fixaient 

1. Voyez l'ouvrage du cardinal J. B. Pitra, Hymnographie de V Eglise 
grecque, Kome, 1867. Le cardinal se prononce cependant en faveur d'une 
nouvelle et véritable poésie. 

f 



— LXXXII — 

uniquement la métrique syllabique » \ ces points devaient être 
placés avec une extrême exactitude. Mais, par la négligence 
ou Tignorance des copistes successifs, beaucoup de ces points 
sont tombés ou ont été dérangés. Pour retrouver les coupes 
primitives, il fallait recourir à la méthode de comparaison. D'a- 
bord, il fallait comparer entre elles toutes les strophes du can- 
tique étudié ; comparer f isuite le cantique k son hirmos et au 
cantique type dont cet hirmos formait le début; le comparer 
encore à un nombre plus ou moins grand de cantiques composés 
sur le même hirmos; le comparer même enfin k la série corres- 
pondante des cantiques grecs originaux. Expliquons, pour être 
bien compris, ce que c'est que Yhirmos, 

Si Ton ouvre un recueil de chants, de noëls, par exemple, on 
trouve presque toujours, en tête de chaque pièce, cette indica- 
tion : sur l'air de . . . ., suivie des premiers mots ou du premier 
vers d'un chant qui est supposé généralement connu. Ce premier 
vers, ou plutôt la strophe qui commence par lui, voilk Yhirmos 
du chant qu'on va lire; c'est cette strophe qui fixe la mélodie 
du nouveau chant, par conséquent, le nombre et la mesure de 
ses vers 2. Les Grecs et, k leur exemple, les Syriens, avaient 
un livre qui contenait toute la collection des hirmi et qui portait 
le nom à^hirmologion. Le passage suivant de Goar nous ex- 
plique la raison d'être de ce livre. Libros notis musicis exaràtos, 
inter cantandum rarissime conspidunt vel etiam habent Grœd: 
communesque ideo et verbis et cantu, memoriœ tenadter infigunt 
hymnos, ad quorum normam alios pari syllabarum numéro cons- 
tantes ^ cantando injlectunt, quorum ideo primordia cantlcis aliis 
inscribunt, ut ad eorum regulam sequentes indicent esse decan- 
tandos. Hi vocantur '£ipiJi.ol sive tractus, ut qui sequentes modulos 
ad suam musicam inflexionem trahant ^, La Bibliothèque Natio- 
nale de Paris possède un hirmologion syriaque (n® 131). Mais, à 
la différence de Yhirmologion grec, qui donne dans leur totalité 

1. Cardinal Pitra, op. cit., p. 11 et 12. 

2. On lit dans l'Epitomé d'Hephestion : «Si quelqu'un veut faire un 
canon, qu'il se préoccupe d'abord de choisir Vhirmoa, qu'ensuite il dis- 
pose les tropaires en conformant à Vhirmoa le nombre des syllabes et le 
ton musical, et qu'il atteigne ainsi son but.» Cardinal Pitra, op. cU.<, p. 31. 
Je renvoie pour la dernière fois à cet excellent travail, qu'il me faudrait 
citer à chaque page. 

3. Goarus, Etichologium Grœcorum (Paris, 1647), p. 434. 



— Lxxxni — 

les hymnes types, le recueil syriaque ne donne que la première 
strophe de ces hymnes. Pour les avoir en leur entier, il faut 
alors recourir à un autre livre ecclésiastique, appelé par les Sy- 
riens octoêchos, 

Jj octoêchos gi'ec, ou livre des huit tons, est, dit le cardinal 
Pitra, «Tœuvre spéciale de Jean de Damas. Si Ton ne peut lui 
attribuer l'honneur d'avoir le premier^mprunté les huit modes 
(ou tons) de la musique ancienne, on lui doit d'avoir groupé 
sôus ces mélodies, d'une pâque à l'autre, une exposition huit 
fois répétée de la maternité divine, du Verbe fait chair, circon- 
cis, baptisé, conversant en terre, crucifié, ressuscité, monté aux 
cieux». Mais l'oc^oêcAos syriaque, dont quatre exemplaires sont 
conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris (n"*' 127 a 130), 
n'est pas la même chose que Yocfoêchos grec. Il rappelle plutôt 
« l'ouvrage qui, dans la liturgie grecque, porte ordinairement le 
titre de TCapaxXvjTwtov ou •î:apax>vr<Tix/^, et ^ui renferme les hymnes, 
rangées dans l'ordre des huit tons, pour les dimanches et les 
autres jours de la semaine »^ De là vient le nom que lui ont 
donné les Syriens, et qui pourrait prêter à l'équivoque. D'autant 
plus qu'on rencontre dans V octoêchos syriaque des hymnes signées 
de Jean Damascène et qui ont été prises à V octoêchos grec. 

Ces observations présentées, je puis maintenant terminer par 
une brève synthèse des recherches qu'il m'a fallu faire pour 
établir les mètres de notre office, et formuler quelques conclu- 
sions auxquelles ces recherches m'ont amené. 

Si le lecteur veut se reporter à la page eu de ce mémoire, à la 
note 7, il y verra que la comparaison des G-iiyripoi. i:poco[Loi(x qui 
commencent l'office de Saint Alexis avec le crtxYjpbv type et avec 
d'autres a'ziyripà composés d'après ce type, m'a obligé d'admettre 
une série de schemata différents, que je résume dans le tableau 
suivant : 

GTiyTjpbv type, 13 vers : 6.2.7,9.6.6.7.6.6.7.9.4.7. 

, ^. (13 vers : 7.2.7.9.6.6.7.6.6.7.9.4.7. 

anxrjpa divers | ^^ ^^^^ ..7.2.7.9.6.6.7. 12 .7.9.4.7. 

atix^ipa d'Alexis, 11 vers :7. 7. 10. 6. 6. 10. 9 .7.9.4.7. 

Et j'ai constaté encore presque toujours des variations ana- 
logues entre les schemata des odes du canon de notre office 2, 

1. H. Zotenberg, Catalogue des mantiacrits syriaques, etc. 

2. Voyez mes notes en tête de chaque ode. 

f* 



— LXXXIV — 

de leur hirmos respectif et d'odes diverses composées sur cet 
Mrmos. J'ajoute que, en plus d'un cas, il n'y a pas non plus 
identité rigoureuse entre les schemata des hymnes types sy- 
riaques et ceux des hymnes grecques dont elles ont été traduites. 
Voici, par exemple, et pour permettre la comparaison, les sche- 
mata des oTtxTjpà et des odes du canon de l'office grec de notre 
saint : 

cmx>)pà, 11 vers :9. 7. 9. 6. 6. 7. 11. 6. 9. 4. 7. 

Canon, ode 1*'°, 9 vers :9. 7. 4. 8. 7.6. 8 .6. 11. 

» ode 3, 6 vers : 8 . 7 . 8 . 10 . 12 . 

» ode 4, 6 vers : 4 . 11 . 7 . 9 . 7 . 13 . 

» ode 6, 6 vers : 5 . 11 . 7 . 11 . 7 . 8 . 

» ode 6, 4 vers : 11 . 13 . 8 . 11 . 

» ode 7, 6 vers : 12 . 7 . 8 . 13 . 9 . Il . 

» ode 8, 8 vers :5. 7. 10. 7. 9. 8. 7. 9. 

» ode 9, 8 vers : 7 . 8 . 13 . 9 . 4 . 6 . 7 . 9 . 

Que doit-on conclure de ce qui précède, sinon que les Syriens 
trouvèrent le moyen de s'affranchir, dans une certaine mesure, 
des lois sévères que les hymnographes grecs s'étaient imposées 
et que, d'après le cardinal Pitra, ils ont toujours suivies reli- 
gieusement? Expliquer par des fautes de copistes les variations 
que j'ai relevées dans presque toutes les hymnes syriaques se- 
rait impossible; car ces variations se retrouvent régulièrement 
les mêmes, pour chaque hymne, dans toutes les strophes. Cer- 
tainement, elles ont été préméditées; et, pour en comprendre 
la raison, il suffit de songer k la difficulté que devaient éprouver 
les Syriens k garder en même temps, dans leurs traductions 
des hymnes grecques, le sens des paroles et la mesure exacte 
des vers. D'ailleurs, les modifications qu'ils ont apportées, pour 
faciliter leur tâche, aux mètres originaux n'empêchaient sans 
doute aucunement d'adapter leurs compositions nouvelles aux 
mélodies consacrées. Ces modifications sont de trois sortes. Ils 
ont retranché ou ajouté une ou deux syllabes au mètre primitif 
d'un vers; — ils ont réuni deux vers en un seul : par exemple, 
de deux vers de 7 et de 5 syllabes, ils en ont fait un de 12; — 
ou bien, au contraire, ils ont coupé un vers en deux parties : 
par exemple, d'un vers de 9 syllabes, ils en ont fait deux, l'un 
de 7 et l'autre de 2. Dans les deux derniers cas, il est probable 
qu'ils prenaient occasion de repos secondaires de la phrase 



— LXXXV — 

musicale, soit pour abréger, soit pour prolonger ces repos*; 
Fair et les paroles ne cessaient donc point, après les change- 
ments opérés, de marcher du même pas. Dans le premier cas, 
on pouvait peut-être rétablir Faccord entre les paroles et la 
mélodie, dérangé par la suppression ou l'addition de quelques 
syllabes, soit en chantant plusieurs sons sur une seule syllabe, 
soit en prononçant plusieurs syllabes sur un seul son. 

Je ne puis ici qu'indiquer des questions. Elles ne sauraient 
être résolues k moins d'une étude approfondie de la musique 
grecque; et je suis trop incompétent pour avoir songé un moment 
k une pareille entreprise. 

1. Voici qui semblerait prouver qu'en effet tous les vers d'une strophe 
n'étaient pas terminés par des repos de durée et d'importance égales : dans 
les éditions du menœon grec que j'ai pu consulter, les vers sont inégale- 
ment séparés, tantôt par des points, tantôt seulement par des virgules. 



TKADTJCTION 



Histoire de l'Homme de Dieu, de la ville de Rome, 

qui acquit la gloire et la couronne des saints à Edesse, par ses 

œuvres de pauvreté, au temps de Villustre et saint prêtre Mar 

Raboula, évêque de cette ville d^ Edesse. 

Nous allons dire Thistoire d'un homme admirable, si c'est 
encore du nom d'homme qu'il faut appeler un homme pareil, et 
si l'on ne doit pas plutôt nommer un ange celui qui méprisa 
toutes les voluptés du monde. Voici son histoire : 

Cet homme était né très-riche, mais il choisit pour sa part la 
haine des richesses, qu'il changea en amour de la pauvreté; 
non pas de la pauvreté ordinaire, mais de cette pauvreté com- 
plète qui est une honte et un opprobre. Il terrassa l'orgueil par 
son humihté, et la vanité par son esprit de renoncement. Il fut 
l'apôtre du dépouillement ' et de l'humilité. Il fut un jeûneur 
accompli, qui sevrait sa bouche d'aliments et ne s'abaissa pas 
a être l'esclave de son ventre, comme Esaii. Il fut pour son 



1. C'est évidemment ainsi qu'il faut traduire |^ n É*É S 4>. Le sens ordi- 
naire d'« apostolat» ne saurait convenir dans notre passage. D'ailleurs on lit 
dans le lexique de Jésus Bar-Ali (mss. 252, 254 et 255 de la Bibliothèque 
Nationale) : . . . ^ytJ\ ^^So^ ii*J\ ^U>y\ . UaJ^îi^É:^ . jZ; 



— 2 — 

corps un gardien si vigilant et circonspect^, qu'il s'abstint abso- 
lument du mariage et de la fornication : la virginité et la sainteté 
habitaient, par une règle adorable^ en son corps pur. Comme 
Abraham, il quitta avec joie sa famille et son pays, dans son 
désir d'être inscrit et d'être célèbre dans la Jérusalem d'en 
haut, et dans sa hâte d'atteindre au but de son désir. Mais 
qu'ajoutCKai-je encore à sa louange, alors que son extrême per- 
fection est au-dessus de toute langue qui la dirait? Voici donc 
sur cet homme, de qui l'histoire dépasse nos forces et dont 
nous ne pouvons parler qu'imparfaitement, le commencement 
de notre récit. 

Ses parents étaient de la ville de Rome; — il est juste de 
commencer par là. — Ils étaient riches et renommés pour leur 
famille et leur noblesse. Mais ils étaient privés d'enfants. Et à 
mesure que leur fortune croissait et s'augmentait, leur tristesse 
aussi croissait avec leur fortune, parce qu'ils ne voyaient pas 
d'héritier de leurs trésors, et ne savaient pas pour qui ils amas- 
saient. Car si Abraham, le père de tous les croyants, disait au 
Seigneur avec tristesse : « Seigneur, que me donneras- tu, k moi 
qui suis sans enfants 2? » — combien plus devaient-ils s'affliger, 
eux dont l'esprit était tout entier k leur richesse! 

Donc, k force de larmes, de prières nombreuses et de vœux, 
il leur naquit un fils, qui est le sujet de notre histoire. Il fut 
aimé de Dieu, et de ses parents, et de qui le voyait. Ses pa- 
rents furent consolés de leur chagrin. L'enfant était encore 
k la mamelle que déjk affluaient sur lui les honneurs de la 
noblesse; mais ces vanités étaient du fait de ses parents. 

Lorsqu'il eut atteint l'âge de l'étude, il allait k l'école en 
grande pompe avec un nombreux cortège d'esclaves. Mais 

1. Payne Smith n'a pas gardé à V*^l ce sens de «circonspect, cautits», 
que lui avaient reconnu Castelli et Michaelis. Je crois cependant que la 
rariante lr*<''l, donnée par deux mss., et le rapprochement dans notre phrase 
de V*^l et de If-*^ suffisent pour justifier ma traduction. 

2. Oen. XV, 2. 



— 3 — 

non seulement il ne faisait nulle attention à ces choses passa- 
gères qui s'évanouissent, c'était même à Topposé qu'allaient 
ses visées, en sorte qu'il s'accoutumait à l'humilité, tout en se 
consacrant en paix à l'étude; et bien que beaucoup d'enfants 
de son âge cherchassent à le faire faiblir dans sa poursuite 
opiniâtre d'une grande science, il ne se départait pas de sa per- 
sévérance. Or les parents de l'enfant, ne comprenant pas qu'il 
était un instrument choisi par Dieu, se prirent à s'aflQiger et à 
se lamenter, à la pensée qu'il était simple et inhabile à la vie 
de ce monde. 

Ils s'ingéniaient donc secrètement pour rendre l'enfant adroit 
et avisé, et son père commandait aux esclaves de plaisanter 
avec lui, afin de l'accoutumer à la hardiesse. Mais lui, avec 
son habituelle humilité, les reprenait, et leur faisait des repro- 
ches, et se détournait d'eux de son air grave et modeste. Sa 
mère de son côté avait rassemblé de belles esclaves, parées de 
toutes les plus brillantes parures du monde, par qui elle le 
faisait servir. L'enfant ne les chassait pas ouvertement de sa 
présence : mais, le regard baissé, il se laissait servir par elles; 
puis d'une parole grave il leur ordonnait de sortir d'auprès de 
lui et demeurait seul. La mère de cet adorable enfant deman- 
dait alors à ses brillantes esclaves s'il leur avait parlé ou s'il 
avait badiné avec elles. Elles répondaient : « Non seulement il 
n'a pas badiné avec nous, mais nous n'avons pas même osé le 
regarder, tant il y avait en lui de gravité imposante. » Longtemps 
il tint la même conduite. Puis, après que le temps eut marché 
et qu'il fut arrivé à la florissante jeunesse, ses parents résolurent 
de lui donner une femme, selon l'usage : ce qu'ils firent en effet. 

Et quand vint le temps de la noce, on prépara tout ce qui 
peut servir à l'éclat et à la gloire , on dressa un lit somptueux, 
et toute la ville fut invitée k la noce. Or, le premier jour de 
la noce, comme la fiancée allait faire son entrée en grande 
pompe, une prompte résolution s'empara de l'esprit du saint 
qui pria un de ses paranymphes d'aller avec lui jusqu'au port. 



— 4 — 

Le paranymphe crut qu'il parlait ainsi par plaisanterie; mais 
comme le saint voulait vraiment faire ce qu'il disait, il cher- 
cha à le retenir par ce discours : «Quoi! toute la ville est invi- 
tée aujourd'hui k se divertir et à se réjouir chez toi, et nous 
irions courir les chemins déserts! Qui nous accueillera? Qui ne 
se moquera de nous, si nous faisons cela, si nous quittons la joie 
pour la tristesse, et que l'allégresse se change en affliction 
chez tous ceux qui s'attendent à être témoins de ton bonheur? » 
Mais l'adorable jeune homme, chaque fois que son ami s'effor- 
çait de le retenir, le suppliait k son tour de partir avec lui. 
Or, comme le paranymphe avait pour lui de la déférence, il se 
rendit k la prière du saint : ils prirent deux chevaux et s'en 
allèrent au port, sans que personne les accompagnât. Et le 
saint dit k son paranymphe : « Demeure et garde mon cheval, 
tandis que je me promènerai; puis nous rejoindrons ensemble 
la noce.» Celui-ci, qui ne soupçonnait pas quel projet il mé- 
ditait, fit selon son ordre, en le priant de retourner vite et sans 
tarder, de peur qu'on se moquât d'eux. 

Alors le bienheureux, s'écartant un peu de son paranymphe, 
pria ainsi : «O toi de qui les dons dépassent nos demandes, 
ouvre -moi ta porte où je frappe, et accorde -moi k cette heure 
le désir de mon cœur. » Et comme il faisait cette prière, voilk 
que s'offrit k lui un vaisseau en partance pour la Syrie. Il y 
monta aussitôt; et un grand vent s'éleva et l'amena sans retard 
au port de Séleucie de Syrie, sous la conduite de Dieu. 

Puis le saint sortit de Séleucie, traversa le pays en men- 
diant et s'en vint jusqu'k la ville des Parthes ', qu'on appelle 
Edesse, où il demeura, dans la mendicité, jusqu'k sa mort. Or 
voici quelle était la vie de ce bienheureux k Edesse. Le jour, 
il se tenait constamment dans l'église, et dans le martyrium^, 

1. Dans les Ancient Syriac Documents de Cureton et Wright, Edesse est 
aussi appelée \aoZ:^ Z^ «la fille des Parthes». 

2. Je crois que dans cette phrase l-^r^ désigne l'ensemble des bâti- 
ments de Téglise, l'église avec ses dépendances; 1?<Hj» h,M£i est la partie 
spécialement destinée au culte, l'église proprement dite. 



— 5 — 

sans accepter rien de personne. H voulait même se passer de 
nourriture pendant le jour et s'astreignait k garder le jeûne 
jusqu'au soir. Alors, le soir venu, il se plaçait debout à la porte 
de Féglise, la main tendue, et recevait Taumône de ceux qui 
entraient dans Téglise. Et dès qu'il avait reçu ce qui suffisait 
à son besoin, il fermait la main pour ne plus rien prendre. Sa 
ration pour sa nourriture était de dix menîn^ de pain et de 
deux de légumes; et si par hasard il avait reçu davantage, k 
rinstant il donnait k un autre le surplus et de l'aumône faisait 
Taumône. A cet égard, beaucoup tentèrent et éprouvèrent 
l'Homme de Dieu. Il ne séparait pas non plus sa demeure de 
celle des pauvres; mais quand la nuit était venue, sitôt que dor- 
maient tous les pauvres près desquels il était, il se levait, se 
plaçait les bras en croix contre un mur ou une colonne et priait. 
Et avec les premiers qui venaient pour la prière 2, il entrait k 
l'église jusqu'au matin. Telle était sa vie de tous les jours. 

De sa condition première et de sa grandeur il ne fit rien sa- 
voir k personne. Il ne voulut même pas révéler son nom, pour 
qu'on ne pût connaître ou découvrir par Ik sa condition. 

Or son paranymphe, ayant attendu longtemps et ne le voyant 
pas revenir, parcourut tout le port et interrogeait les gens k son 
sujet. Et quand on lui eut appris qu'il avait pris passage sur un 
vaisseau, il retourna a la maison du bienheureux annoncer ce 
qui venait d'arriver. La langue ne peut rendre le chagrin et 
la douleur qui saisirent les parents du saint. Autant que le 
permettaient leur richesse et leur puissance, ils le firent cher- 
cher dans tous les ports et dans tous les pays. 

Or il y avait un des esclaves chrétiens de sa maison, un de ceux 
qui étaient partis k la recherche du saint; comme ils parcou- 

1. D'après Marc, XII, 42, la menue monnaie appelée l^lLo pouvait valoir 
environ une once et demie. Au lieu de \ ^* *^ , les mss. D et F donnent 
,^ é Sf>tfS ^ quadrana, d'après Payne Smith. Pourtant, Bar- Ali explique encore 
) V>aS par pû2û-à,' «une once et demie». 

2. Il s'agit ici de VOfficium noctumum, 1* ^^^ ? 1^ à Vi à>Z. Cf. la page 
suivante, 1. 17. 



— 6 — 

raient les villes et qu'ils étaient venus aussi à Edesse, où se 
trouvait leur maître qui mendiait j cet esclave, Tun des servi- 
teurs du saint, alla instruire le glorieux évêque de cette ville 
d'Edesse, Raboula^, de Fhistoire de THomme de Dieu. Et non 
seulement il ne trouva pas le saint, mais on ne le crut même 
pas, à cause de Tétrangeté de Thistoire. Enfin, n'ayant pu le 
découvrir, il partit, s'en alla le chercher en d'autres pays. Le 
saint, lui, reconnut bien les gens de sa maison, lorsqu'ils, en- 
trèrent à l'église et qu'ils en sortirent : mais eux, à l'aspect de 
ce mendiant, ne pensèrent point k leur maître, même un seul 
instant, à cause de son indigence profonde, et parce qu'il n'y 
avait pas trace de splendeur en lui. Comment en elBFet pou- 
vaient-ils le reconnaître dans cet homme vêtu de haillons in- 
fâmes et qui mendiait? Il est même vraisemblable qu'il reçut 
d'eux l'aumône. 

Longtemps après, un vertueux portier*^, digne d'un tel spec- 
tacle, sortit une nuit pour voir si l'heure de l'office était ve- 
nue; et, quand il fut sorti, il trouva l'humble saint debout, les 
bras en croix et priant, tandis que tout le monde dormait. Et 
cela, il ne le vit pas une ou deux fois, mais quantité de fois, 
pendant de longues nuits. 

Or une nuit ce portier alla à lui et l'interrogea : «D'où es- 
tu,» demanda -t-il, «et que fais -tu?» Le bienheureux d'a- 
bord ne répondit pas un mot aux demandes du portier. A la 
fin, contraint par ses prières, il lui répondit ainsi : «Pourquoi 
m'adresses-tu ces questions, toi? Interroge ceux qui sont de- 
vant toi, et tu apprendras d'eux qui je suis et d'où je suis. 
Car je suis un d'entre eux. » Le portier ne put se résoudre 

1. n fut évêque de 412 à 435. 

2. IfJûiûfS. C'est le mot grec 7:apa[j.ovapioç , comme Pont reconnu les 
Bollandistes. On appelait paramonaritia ou mansùmariua (voir Du Gange 
Gloasarium mediœ et infimœ IcUinitatisJ le gardien d'une église ou d'une 
chapelle. Il avait la charge des clefs, sonnait les cloches pour les offices, et 
c'était à lui qu'incombaient la surveillance du temple, le soin des reliques 
et du trésor. Les paramonarii appartenaient à l'ordre des clercs. 



— 7 — 

à laisser sans examen un fait si étrange, et, T esprit tout en feu, 
il fit serment et jura sur son âme de ne pas le quitter et de ne 
pas s'éloigner de lui qu'il n'eût appris la vérité. 

Alors l'Homme de Dieu, en proie k la terreur qu'il avait des 
serments et des malédictions, et parce qu'aussi il n'aimait pas 
les querelles, consentit à découvrir la vérité au portier. 

Puis lui-même exigea du portier le serment de ne rien ré- 
véler à personne tant qu'il vivrait. Ensuite il lui découvrit 
tout. «Ce chrétien, dit -il, qui vint ici autrefois et cherchait 
quelqu'un, était un de mes esclaves; et c'était moi qu'il cher- 
chait.» Quand le portier eut ouï ces paroles, il lui demanda 
avec force prières de vivre avec lui. Mais ne pouvant le per- 
suader, il le quitta. Et de ce jour, le portier, bien qu'accompli 
déjà en bonnes œuvres, se livra à de dures pratiques et exigea 
de ses membres plus qu'auparavant, au point que son aspect 
même témoignait de la dureté de ses pratiques. Il se disait: 
«Si cet homme élevé dans les plus grandes délices supporte 
de telles choses, à quoi ne sommes-nous pas tenus, nous autres 
misérables, pour faire notre salut!» 

Longtemps après cela, le bienheureux et humble serviteur 
de Dieu tomba malade; et il était couché entre les colonnes. 
Comme le portier, en courant çà et là, ne voyait pas le saint 
comme de coutume, il s'enquit de lui avec sollicitude, et, quand 
il l'eut trouvé, il le pria de permettre qu'il l'emmenât chez lui 
pour le soigner; mais il ne voulut pas. Il lui dit encore : «Après 
ta guérison, je te laisserai retourner à tes premières habitudes. » 
Le saint refusa. 

Alors le portier lui dit : «Viens donc, que je te conduise à 
l'hôpital.» Et il n'y consentit qu'avec peine, au prix de beau- 
coup d'efforts et de prières, et en exigeant du portier qu'il ne 
ferait pour lui rien de plus que pour les étrangers. Celui-ci le 
prit et l'emmena; et il le visitait assidûment. 

Mais Dieu, qui fait en tout temps la volonté de ceux qui le 
craignent, combla la mesure des œuvres du saint; il mit le 



— 8 — 

sceau a sa couronne et protégea son humilité même après sa 
mort. Car le jour où il devait quitter ce monde pour la de- 
meure de Téternité, il advint un empêchement au portier qui 
ne put, comme d'habitude, aller visiter le saint. 

Or, sitôt que le bienheureux eut rendu Tesprit, les gens de 
rhôpital, selon leur coutume, remportèrent vite sur un bran- 
card, simplement, au K^u de sépulture des étrangers. Comme 
ils étaient partis et déjà loin^ le portier amva et s'informa de 
lui; et, à la nouvelle qu'il était mort et qu'on l'avait emporté 
pour l'enterrer, il commença aussitôt k pleurer et éclata en 
longs gémissements. Il courut chez le saint évêque Raboula 
et tomba k ses pieds, en disant avec des cris : «Je t'en prie, 
seigneur, reconnais -moi, et prends pitié de moi.» Or Févêque 
Raboula gardait encore intacte la clairvoyance des yeux du 
corps. Il apaisa donc, aidé de sa suite, les cris du portier, et 
lui demanda quelle en était la cause. 

Celui-ci lui dit alors tout ce qui s'était passé, et pria ardem- 
ment qu'on rendît des honneurs en grande pompe k ce corps 
pur et sans souillure, et qu'on le déposât dans un lieu connu. 

L'évêque, k ce discours, fut émerveillé et comme embrasé d'un 
noble feu, car il avait la passion des belles choses. H décida aus- 
sitôt d'aller Ik où l'on avait porté le saint pour l'enterrer. Comme 
ils étaient en chemin, voilk qu'ils rencontrèrent les porteurs du 
brancard revenant de l'endroit où ils avaient enterré le glorieux 
défunt. On leur demanda : « Où avez-vous enterré cet étranger? » 
Ils répondirent : «Auprès des étrangers ses compagnons.» 

L'évêque et sa suite emmenèrent avec eux les porteurs pour 
leur indiquer le tombeau; et, quand ils y furent arrivés, l'évêque 
ordonna de le rouvrir, et lui et sa suite entrèrent avec les por- 
teurs pour voir le corps et l'enlever, afin de lui rendre des 
honneurs. Puis ils regardèrent, et ils virent qu'il n'y avait k sa 
place que les haillons où le saint était enveloppé, mais que 
son corps n'y était plus^. Etonnés, ils cherchèrent le corps par 

1. Cf. Luc, XXIV, 12. 



— 9 — 

tout le tombeau et ne le trouvèrent point, mais seulement les 
haillons; et ils restèrent un grand moment saisis de stupeur 
et d'effi*oi. 

L'évêque, revenu klui. dit : «Prions!» Puis, quand il eut 
prié, le saint Raboula pleura et dit : «Me préserve désormais 
le Seigneur de faire autre chose que de mettre mon unique 
soin à soulager les étrangers! Car qui sait s'il n'y en a pas 
beaucoup comme ce saint, recherchant Thumilité, grands par 
eux-mêmes aux yeux de Dieu, et ignorés des hommes a cause 
de leur humilité?» 

Dès lors, le saint Mar Raboula s'occupa beaucoup des étran- 
gers, et multiplia les ordres à leur sujet. Et c'était avec un 
grand zèle qu'il répandait en tout temps ses dons sur les pau- 
vres et les étrangers, et qu'il exhortait par sa parole k l'amour 
des étrangers. Il interrompit eu effet de nombreuses construc- 
tions et cessa de s'occuper des choses périssables. Tous ses 
soins étaient pour les orphelins et les veuves, toute sa sollici- 
tude était pour les malheureux et les étrangers : k tel point 
qu'il ne s'appliquait pas seulement k pourvoir aux besoins de 
ceux de sa ville, mais qu'il s'attachait encore sans cesse k sou- 
tenir de ses dons les étrangers des villes éloignées et des pays 
lointains, afin d'obtenir de participer près de Dieu k la félicité 
des miséricordieux. — C'est ainsi que le bienheureux Raboula 
conçut et porta k la perfection l'amour des étrangers. 

Or cette histoire de l'Homme de Dieu, que nous venons de 
raconter, a été publiée par ce portier qui fut l'ami du saint, et 
rédigée aussi par lui pour qu'on en gardât la mémoire. Car il 
avait pris soin de l'interroger sous la menace de Tanathème et 
sous le sceau des serments. Et le saint l'avait instruit de toute 
sa vie : de la première partie qui avait été le temps de la gran- 
deur, et de la dernière qui fut celui de l'humilité. Et il ne lui 
avait rien caché. 

Fin de V Histoire de r Homme de Dieu. 



Autre histoire du même Homme de Dieu, 

écrite dans la ville de Rome sur sa vie divine et sur sa sortie de 

ce monde. 

Donc, rhistoire de rHomme de Dieu que nous venons de racon- 
ter ci-dessus a été publiée par ce portier qui fut Fami du saint. 
— Longtemps après cela, il nous parvint une autre histoire de 
cet homme admirable, histoire écrite sur sa vie à Rome, la patrie 
du bienheureux, et nous racontant les faits qui se sont passés 
à Edesse et ont été rapportés par le portier, et ceux encore qui 
suivirent la mort du saint et son ensevelissement, la recherche 
de son corps dans le tombeau, sa sortie du tombeau dont Dieu 
seul connaît le secret, et son arrivée k Rome. Le portier qui a 
écrit rhistoire du saint Ta racontée d'après ce qu'il avait appris 
directement du bienheureux. Quant aux auteurs dignes de foi ^ 
qui ont écrit à Rome son histoire, ils Tont fait sans rien sa- 
voir de sa mort k Edesse. Et cela vint de ce que peut-être le 
bienheureux lui-même n'eut pas connaissance des circonstances 
de sa mort k Edesse, et de ce qu'eux non plus n'en reçurent 
pas d'Edesse le récit. Ils n'en ont donc rien dit, parce qu'ils 
n'avaient rien appris que par le papier qu'on trouva dans la 
main du bienheureux lors de sa mort k Rome. 

1. Il est possible que Texpression \r^r^ désigne ici des personnes mu- 
nies d'une charge officielle : archivistes, historiographes. Cf. C. Dœpke, 
Glossarium Chrestomathice Syriacœ Michaelts, p. 142, et Phillips, The doctrine 
of Addai, p. fCy 1. 13 et p. .^y 1. 4. 



— 11 — 

Et peut-être est-ce le désir qui occupait son esprit pendant 
sa maladie à £dess6 que Dieu réalisa pour lui, selon sa demande, 
et à la prière de ses parents de voir leur fils avant de mourir. 
Dieu fit de telle sorte dans sa bonté que la vertu du saint res- 
tât ignorée des hommes pendant sa vie, et que ses parents ne 
fussent pas privés de la grâce qu'ils imploraient de voir leur 
fils et de mourir après. 

Voici donc comment ceux de Rome ont écrit l'histoire de ce 
qui advint après sa sortie du tombeau à Edesse et son arri- 
vée chez eux : 

Quand THomme de Dieu vit qu'il commençait à être connu 
des gens d'Edesse, il s'enfuit de cette ville et vint à Laodicée; 
et, trouvant un vaisseau qui allait à Tarse, il y monta en se 
disant : «Allons à Tarse, au temple de Saint -Paul. Là je ne 
serai pas connu du peuple de la ville.» Dès qu'il fut entré 
dans le vaisseau, celui-ci fut emporté par un vent violent et 
amené dans la patrie du bienheureux k la ville de Rome. Le 
bienheureux, lorsqu'il sortit du vaisseau, s'écria : «Dieu soit 
béni de ce qui arrive! Me voici dans mon pays! Je ne serai plus 
à charge à personne; mais j'irai chez mes parents. Eux-mêmes 
aujourd'hui ne me reconnaîtront pas. » Et en quittant le vais- 
seau pour partir, il ajouta : « C'est un eflfet de la providence du 
Seigneur. » Parole qui sera confirmée par des signes. 

Il s'en alla donc et se rendit chez ses parents. Et il rencon- 
tra son père, qui revenait du palais avec sa suite, et il le salua 
en lui disant : «Serviteur de Dieu, fais-moi cette grâce, k moi 
pauvre et étranger, de me laisser demeurer dans ta maison et 
me rassasier des miettes qui tombent de ta table ^ avec les es- 
claves de ta maison. Car il est dit que celui qui donne aux 
pauvres prête k Dieu 2. Le Dieu très-saint t'accordera d'habiter 
le royaiune des cieux. Il bénira aussi celui que tu as k l'étranger 

1. Cf. Luc, XVI, 21. 

2. Pr<yo. XrX, 17. 



— 12 — 

et réalisera ton espérance a son sujet. » Son père, en Fenten- 
dant parler de celui qui était k l'étranger, sentit s'accroître son 
désir ardent d'accueillir cet homme, parce qu'il avait rappelé 
le souvenir de son fils unique dont il ignorait le sort. Et aussi- 
tôt il l'emmena, l'introduisit chez lui et dit à tous ses esclaves: 
«Celui de vous qui voudra servir cet étranger, je le jure parle 
Dieu vivant! sera aflfranchi et recevra en héritage une part de 
mon bien. Mais cependant faites que son lit soit dressé dans le 
vestibule de mon palais, par où j'entre et je sors, de façon que 
je le voie toujours, quand j'entrerai et quand je sortirai. Pour sa 
nourriture, qu'on ne lui impose aucune gêne .'j'ordonne qu'il re- 
çoive de ma table ce dont il aura besoin. Faites qu'il en soit ainsi. » 

Mais les esclaves, quand le soir était venu, tourmentaient le 
saint, et le souffletaient, et se moquaient de lui, et lui faisaient 
subir beaucoup d'autres mauvais traitements, le frappant k coups 
de pieds et k coups de poings. A ces outrages, lui ne se fâchait 
pas, mais se rappelait cette parole de l'Evangile où il est dit : 
« Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente lui aussi 
l'autre 1.» Car l'Homme de Dieu savait que ces maux qui lui 
arrivaient venaient du fait de Satan et de l'hostilité de ce haineux 
ennemi des bonnes œuvres. Bien mieux, il les supportait avec 
joie et avec zèle, car il avait l'Esprit-Saint pour conseiller. 

Or l'Homme de Dieu vécut ainsi dix-sept années chez ses 
parents, sans en être reconnu, dans une entière humilité et une 
complète indigence. Et quand le temps fut venu de sa mort 
corporelle et de sa sortie de ce monde, l'Homme de Dieu dit k 
l'esclave qui le servait ; « Mon frère, va me chercher du papier 
et de l'encre. » Et l'esclave alla lui chercher du papier et de 
l'encre. Puis le bienheureux s'assit et écrivit toute l'histoire 
de sa vie, depuis le jour où il était sorti de la maison de ses 
parents jusqu'k ce jour. Il dit les secrets qu'il y avait eu entre 
son père et sa mère et lui ; les discours qu'il avait tenus k sa 
fiancée; ce qui se passa quand elle était assise dans la chambre 

1. MaUh, V, 39. 



— 13 - 

nuptiale, et quand il lui donna son anneau et son pallium ^ en- 
veloppés dans un voile de soie pourpre; et tous les événements 
postérieurs de sa vie, de façon qu'après sa sortie du monde ses 
parents reconnussent à ces signes qu'il était leur fils. 

Un jour donc^ le dimanche de la semaine sainte, après la 
célébration des mystères divins, après la communion du peuple, 
alors que Farchevêque Innocent était dans Féglise avec les pieux 
empereurs de la ville de Rome, une voix fut entendue qui sor- 
tait de l'autel et qui disait : « Venez k moi, vous tous qui êtes 
las et qui portez de lourds fardeaux, et je vous donnerai le re* 
pos.^» L'étonnement et la crainte saisirent tous les assistants, 
et ils tombèrent la face contre terre, criant : «Seigneur, aie 
pitié de nous! » et implorant Dieu. Et une seconde fois la voix 
se fit entendre et dit : « Cherchez l'Homme de Dieu, qu'il prie 
pour Rome! Car vendredi, k la première heure -^j Dieu lui re- 
prendra son dépôt. » Et la voix se fit encore entendre pour la troi- 
sième fois et dit : « Cherchez-le dans la maison d'Euphémianus, 
le corps pur de l'Homme de Dieu! » 

Or le soir du jeudi de cette semaine, le peuple entier, les pieux 
empereurs, l'archevêque Innocent et tout le sénat se réunirent, 

1. On pourrait être tenté de traduire Ir^?' par «ceinture», car tous les 
textes grecs portent Ço)V7)v, et Ton sait que notre seconde vie syriaque 
provient d^une source grecque. Mais If-*?' ou If-*?') n'a pas d'autre sens 
que celui de pallium. C'est ainsi que le rédacteur de la vie carschouni du 
Vatican, qui a constamment utilisé les deux vies syriaques, a compris ce 
mot. Voy. la traduction du P. Benedetti (Acta Sanct. juill., t. IV, p. 266) : 
2^um repente asaurgens, annulum et pallium exuit, et utrumque uxori tradena . . . 

2. MaUh. XI, 28. 

3. Les Orientaux faisant commencer le jour avec les premières ombres 

VO 7 7 

de la nuit précédente, l'expression «^ (ou quelquefois ^<'^'^^) indique 
la veille d'une fête ou d'un jour de la semaine, et non pas le matin de 
cette fête ou de ce jour. |^*ûo^:^ ou^ que j'ai traduit : « vendredi, à la 
première heure», signifie donc en réalité : «jeudi, à la tombée de la nuit». 
C'est dans ce sens que la vie romaine a écrit : illucescente die parasceve- 
et la vie byzantine primitive avait peut-être : iKiçcjaxojayjç t^ç 7uapa<jx£U7]ç. 
On sait qu'aujourd'hui encore la célébration des grandes fêtes de l'église 
catholique commence la veille au soir. 



g* 



^ 14 — 

et, portant avec eux la croix qui donne la vie, celle où il y a 
du bois précieux de la vraie croix, se rendirent au temple saint 
de Pierre et Paul, cherchant avec ardeur et avec amour le saint 
corps objet de la révélation. Ils entrèrent donc au temple de 
Saint-Pierre, et les empereurs, les archevêques et tout le sénat 
tombèrent prosternés, suppliant TEsprit-Saint de leur révéler 
où était le saint corps, et implorant avec des cris le secours de 
notre sainte Dame, la Mère de Dieu, Marie, et des princes des 
disciples, Pierre et Paul, dont les reliques étaient placées dans 
une châsse devant eux. Puis les pieux empereurs et les arche- 
vêques se levèrent, et tous regardaient au ciel vers Dieu. Et la 
bonté divine se manifesta pour eux du haut des cieux et leur dit : 
«C'est dans la maison d'Euphémianus qu'est celui que vous 
cherchez. » Alors les pieux empereurs et les archevêques, se 
retournant, appelèrent Euphémianus auprès d'eux et lui dirent : 
«Tu as chez toi une telle grâce et tu ne nous Tas pas révélé!» 
A quoi Euphémianus répondit : «Par le Dieu vivant! je l'igno- 
rais. » Aussitôt il manda en toute hâte le chef de ses esclaves et 
lui dit : « Sais-tu quelqu'un parmi tes compagnons qui possède 
une telle grâce?» Et Tesclave, les yeux au ciel, jura par Notre- 
Seigneur et par le bois de la vraie croix, et répondit : « Je né 
connais personne qui possède une telle grâce. » 

Alors les pieux empereurs et les archevêques et tout le sénat 
décidèrent d'aller k la maison d'Euphémianus, pour y chercher 
le précieux corps. Et aussitôt Euphémianus commanda k ses es- 
claves de préparer des trônes et des sièges pour le cortège des 
pieux et nobles empereurs et pour les princes des prêtres, et 
d'apprêter des lampes et des parfums k l'odeur suave, afin de 
faire aux empereurs la réception d'usage. Puis les empereurs 
et les archevêques vinrent k la maison d'Euphémianus. 

Or, la mère de l'Homme de Dieu étendit un voile blanc de- 
vant une fenêtre, et de Ik elle regardait et se disait : «Pour- 
quoi ce mouvement et cette agitation? Qu'arrive- t-il et de quoi 
parle-t-on?» De même la bru, sa fiancée, se tenait cachée. 



— 15 — 

regardant elle aussi, et écoutant ce qu'on disait. Alors s'avança 
Fesclave qui servait THomme de Dieu et s'adressant à son 
maître : « Celui que vous cherchez ne serait-il pas ce pauvre 
que tu m'as chargé de servir? Car nous avons vu en lui de 
grandes vertus et des signes éclatants. D'un dimanche à l'autre 
dimanche, après qu'il avait participé aux ineffables mystères 
divins, il mangeait deux onces de pain et demeurait ainsi à jeun 
toute la semaine. Et tout le temps de sa vie, il passa ses nuits 
sans sommeil. Même il y eut maintes fois des esclaves qui le 
souffletaient et se moquaient de lui; mais il acceptait avec une 
joie grande et un zèle vif tous les tourments qui lui venaient 
d'eux. » 

Lorsqu'Euphémianus, son père, eut entendu ces paroles, il 
s'approcha de l'endroit où il était couché et se pencha sur lui, 
mais il ne perçut aucun bruit de voix ni de gémissement. Il 
découvrit son visage, et vit qu'il resplendissait comme la face 
d'un ange. Et il tenait un papier dans sa main. Et comme son 
père voulut le lui prendre pour voir ce qui y était écrit, il se 
refusa k le lui donner. Alors Euphémianus s'avança vers les 
pieux empereurs et leur dit : « Nous avons trouvé celui que vous 
cherchez. » Et tout de suite il se mit à leur raconter comment il 
l'avait reçu chez lui, il y avait dix-sept ans, et leur fit connaître 
aussi qu'il tenait un papier dans sa main et qu'il n'avait pas 
voulu le lui donner. Sitôt que les pieux empereurs l'eurent en- 
tendu, ils commandèrent qu'un riche brancard fut placé au milieu 
de l'assemblée et qu'on apportât le précieux corps pour l'y dé- 
poser. Puis les pieux empereurs se levèrent, avec les arche- 
vêques et tous les assistants, et demandèrent k ce mort placé 
devant eux de leur donner le papier qu'il avait k la main. Mais 
il ne le leur donna pas. Alors les empereurs et les archevêques 
s'avancèrent vers lui et lui dirent : « Tout pécheurs que nous 
soyons, nous sommes les Empereurs; et voilk aussi le Père de 
toute la terre habitée. Donne-nous ce papier qui est dans ta main, 
que nous voyions quelles choses y sont écrites. » Et aussitôt il 



— 16 — 

leur donna le papier. Et l'ayant pris, ils le remirent au ver- 
tueux Aetius, grand chartrier de la sainte église. 

Celui-ci fit la lecture du papier. Et dès que le père eut en- 
tendu le récit qu'il contenait, il reconnut son fils, et, se levant 
précipitamment du siège où il était assis, il déchira ses vête- 
ments, s'arracha les cheveux et répandit a terre ses cheveux 
blancs. Il courut se jeter sur la poitrine de son fils, et il pleu- 
rait amèrement et disait : «Malheur k moi! mon seigneur. 
Pourquoi as-tu agi ainsi envers moi, et as-tu rempli mon cœur 
de chagrin et de tristesse?» Et il gémissait et disait encore : 
«J'étais comme dans la désolation d'être privé de toi; je te 
voyais étendu devant moi, j'entendais ta voix : et tu ne m'as 
pas révélé ni montré que tu étais celui que j'espérais revoir, 
quand en te faisant reconnaître tu m'eusses consolé et rendu la 
vie. Malheur à moi! mon fils chéri. Malheur k moi, infortuné 
et misérable! Que pourrais-je faire, ou que pourraîs-je dire? 
Comment mon cœur ne s'emplirait -il pas de sanglots, quand 
j'ai la douleur et le chagrin de voir mon fils unique étendu sans 
vie sur ce brancard et ne me parlant pas? » 

Quand la mère l'entendit, pareille k une lionne qui sort de 
sa cage et J^tte des regards furtifs, telle elle sortit aussi, et elle 
s'avançait au milieu de l'assemblée, — car la foule était grande 
qui se pressait dans sa maison, — en criant et suppliant son mari 
de lui faire faire place, pour qu'elle pût embrasser son fils. 
Puis, arrivée près de lui, elle pleura avec d'amers sanglots en 
disant : «Malheur k moi! mon fils chéri, le nourrisson de mes 
seins, l'espoir des mes yeux, la consolation de ma vie. » Et elle 
se jeta sur la poitrine de ce corps saint et précieux, qu'elle bai- 
sait avec amour; et elle disait dans sa souflfrance : «Pourquoi 
as-tu agi ainsi envers moi, ô mon fils? Pourquoi as-tu rempli mon 
cœur de tristesse et de chagrin, et as-tu ajouté k ma douleur pre- 
mière cette douleur de t'avoir vu gisant en proie k la misère et 
aux tourments parmi les esclaves, dans la maison de ton père? 
Et moi je l'ignorais! Tu me l'as caché! Tu ne m'as pas révélé 



— 17 — 

ce secret dont la connaissance m'eût consolée et m'eût rendn 
la vie!» Et ses yeux, ainsi que deux fontaines, versaient des 
larmes continuelles. 

Alors sa fiancée, gémissante et revêtue de longs voiles noirs, 
accourut près de lui, criant et disant à travers ses gémissements : '•♦' 

^ Hélas! mon seigneur, pourquoi as-tu agi ainsi envers moi? Tu 
m'as remplie d'une grande affliction! Malheureuse que je suis, 
qui vois ici ma colombe, le seul qui fût k moi parmi les hommes! 
Comment te revoir désormais? En qui plus espérerai-je?» 

Les empereurs et tout le peuple étaient dans l'admiration. 
Ensuite les malades et les paralytiques s'approchèrent du saint 
corps et furent guéris. Et ceux qui étaient muets parlèrent, et 
les aveugles virent, et les lépreux furent purifiés et les démons 
furent chassés. 

Puis les pieux empereurs portèrent eux-mêmes le brancard sur 
lequel on l'avait placé, afin d'être sanctifiés par le saint corps. 
Mais tout le peuple se pressait autour du brancard, de telle sorte 
qu'ils ne pouvaient avancer. Alors les empereurs et les arche- 
vêques ordonnèrent de jeter beaucoup d'or et d'argent sur le 
chemin, afin que la foule se détournât pour courir vers l'or et 
leur livrât passage. Mais le peuple n'accorda même pas un regard 
k cet or : l'unique désir de tous tendait au saint, pour en toucher 
les restes. A grand' peine purent-ils le porter au temple de Saint- 
Pierre ; et Ik, on célébra des fêtes en son honneur pendant sept 
jours, tandis que son père et sa mère et sa fiancée étaient dans 
le deuil. Ensuite les pieux empereurs ordonnèrent qu'on fît une 
châsse d'or et de pierreries, et, quand on l'eut apportée, on y 
plaça le corps précieux du saint. Et soudain cette châsse laissa 
couler un chrême k l'odeur suave, et tout ,1e peuple se pressa 
pour prendre de ce chrême. Et quiconque en prit, ce lui fut 
d'un grand secours par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 
Louange k lui, au Père et au Saint-Esprit, maintenant et tou- 
jours, et dans les siècles des siècles! Amen. 

Fin de l'Histoire de V Homme de Dieu, 



APPENDICE 

Office de Saint Alexis (rite melkite) 



XVII adar. Mémoire de Saint Alexis, rHomme de Dieu. 
STtx'yipûé, dans le V^ ton, sur : Voils, saints martyrs ... 

Oui, nous te reconnaissons pour THomme de Dieu! Tu Tes 
à la fois par le nom et par toutes sortes d'œuvres admirables 
et extraordinaires. Car c'est par les actes que tu t'es illustré; 
c'est par le dépouillement et par l'absolue solitude que tu as 
affirmé sur terre ta prodigieuse sainteté. — Prie donc et inter- 
cède, afin que soient accordées a nos âmes à tous la paix éter- 
nelle et l'infinie miséricorde ! 

Tu as arrosé ton corps d'une rosée splendide et rafraîchis- 
sante, pour éteindre l'ardeur des désirs sensuels, ô bienheureux 
Alexis! Au feu brûlant des possessions terrestres, tu as préféré 
justement la lumière qui éclaire et tu t'es rendu digne de l'ac- 
quérir. Tu as échangé les voluptés du corps pour la spiritualité 
des anges. — Prie donc et intercède, afin que soient accordées 
k nos âmes k tous la paix éternelle et l'infinie miséricorde! 

Ferme et persévérant, sans un regret ^, tu as demeuré k la 
porte de tes parents, ô bienheureux! exposé aux mépris, aux 
risées et k la persécution de tes esclaves, pendant tout un long 

1. A moins que 1^-iJjio P^ ne soit une mauvaise traduction du grec 

OCYVOOUJJLEVO;. 



— 19 — 

espace de temps. C'est pourquoi tu as été révélé, au moment 
de ta mort, par le prodige d'un miracle sublime; et tu as reçu 
le don de guérir tous les malades et de chasser les malins 
esprits du corps des fidèles. 

Canon de la nuit, dans le 2® ton. Ode 1®, sur : Au fond de 
la mer . . . 

Tu as pris sur toi de marcher sans reproche et sans souillure 
dans la voie difficile et étroite, ô sage! et tu t'es eflforcé de te 
soustraire au monde dès ton enfance. C'est pourquoi je t'en 
supplie, dirige mon esprit borné dans la voie pleine d'obstacles, 
ô Alexis! 

Tu as brûlé tout entier pour Dieu, ô bienheureux et excellent 
en tout! Tu as vécu corporellement hors de ce monde, et tu as 
gagné en retour la récompense du monde incorruptible et cé- 
leste. Tu es parvenu au séjour de la Jérusalem, cette mère 
des premiers-nés dont les noms sont inscrits au ciel. 

O mœurs graves et dignes de louange! Tu as rompu la clôture 
d'un sein stérile et tu as été octroyé comme Samuel, ô glorieux 
saint, paré de toutes les beautés! Dès le ventre de ta mère, tu 
as appris le culte de la modestie, et tu as été guidé dans les 
voies de l'Esprit-Saint par l'esprit salutaire de la foi. 

Mariale. — Le Fils, le premier-né, le principe qui n'a pas 
eu de commencement, qui siège sur le même trône que le Père, 
lorsqu'il voulut descendre pour nous visiter, a trouvé en toi sa 
cause excellente. C'est dans tes entrailles pures qu'il a pris et 
revêtu une forme à notre ressemblance; et tu es apparue vierge 
encore, après avoir enfanté, d'une manière surnaturelle. 

Ode 3®, sur : Le disert a germé et produit . . . 

Tu as fixé et arrêté tes regards dans la contemplation d'un 
but pur et saint. Tu as échangé les voluptés des passions ter- 



— 20 — 

restres pour les joies du ciel, et, par la pureté du corps, tu as 
mené la vie d'un être incorporel. 

Les agitations du monde, ses honneurs^ ses richesses, ses 
biens corruptibles et périssables, tu as tout quitté et rejeté. Et 
tu t'es montré le glorificateur de la Trinité, en imitant la pau- 
vreté du Seigneur, ô Alexis! ^ 

Mariale, — Celui 2 que les anges ne peuvent pénétrer, qiii 
est insondable pour les chérubins et les séraphins, est né de 
toi^ comme homme; il est apparu parfait dans ses natures di- 
vine et humaine, et il a retiré de Terreur les nations perdues. 

Kaôtafxa, dans le 4® ton, sur : AussitU . . . 

Tu t'es montré observateur parfait de la loi divine, ô notre père 
Alexis ! en passant ta vie dans une pauvreté rigide et dans les mé- 
ditations, en détruisant en toi les pensées charnelles. C'est pour- 
quoi tu es arrivé au royaume des cieux; et nous t'implorons, nous 
tes serviteurs : prie pour que nous y participions avec toi! 

Ode 4®, sur : Tu es venu au monde . . . 

Tu as souffert et supporté, de ton propre choix, l'absolue 
pauvreté, en demeurant k la porte de tes parents ^ et en imitant 
la complète indigence de Lazare. Dans une visée lumineuse, tu 
as incliné ton cœur intelligent vers les richesses célestes. 

Tu as voulu que tes jours fussent libres des biens et des 
délices terrestres ; une seule fois dans la semaine, tu prenais la 

1. Le texte du dernier vers de cette strophe me semble fautif et altéré; 
mais le sens n'en est pas douteux. — Notre version syriaque a omis ici, 
avant le Mariale, la troisième strophe de Tode, que le canon grec donne 
ainsi : 'Ev 8a-xpuat xai tcovoiç te, xai iyxpoLTdct, Tudcvaoçe . to otYaôov âÇiiTTjaaç, 
7:oT6 ^îÇei 9(oç STtiyvtoasa)?, ttJv aTudéOeiav v^(xov ij xapSfa aou. 

2. Il faut corriger om au lieu de oou^. 

3. Au lieu de ^aûHo^ on pourrait peut-être mieux corriger * * ^i^ . 

T 

4. Il faut lire ^'f^ au lieu de ^r^. 



— 21 — 

nourriture nécessaire pour te soutenir sans te rassasier, ô bien- 
heureux! en vue de la gloire ineffable, et de la paix éternelle 
à laquelle il n'y aura pas de fin. 

Tu as mis tes soins a faire de ton cœur un temple vivant 
pour la demeure du Seigneur. Tu as choisi d'habiter et de rester 
constamment dans Féglise de la Mère de Dieu. Tu as désiré 
ardemment d'acquérir par ton zèle la félicité d'en haut. 

Mariale, — Tu as nourri de ton lait celui qui donne la nourri- 
ture k tout ce qui respire, Vierge mère. Rassasia mon cœur, 
vide et affamé de la connaissance divine ; donne-moi et inspire- 
moi le repentir véritable, k moi chétif qui t'implore. 

Ode 5®, sur : Tu es le médiateur . . . 

Des larmes continuelles que tes yeux ont versées et répandues 
nuit et jour, tu as arrosé ton âme comme un champ, et elle a 
étalé une récolte centuple de fruits spirituels. Tu l'as admirable- 
ment gouvernée et tu l'as gardée de l'entrave des passions. 

Tu as été sur la terre l'exemple d'un être corporel qui vit 
comme un être incorporel, ô père! grâce k la continence et 
k la prière ininterrompue qui furent ton application constante 
et incessante, et qui ont fait, ô bienheureux et digne de toutes 
louanges! ton illustration et ta renommée ^. 

Mariale. — Celui qui habite le séjour de lumière a eu pour 
demeure ton ventre vierge et saint. Il a ramené et retiré le 
monde entier de l'abîme des ténèbres. Prie-le sans cesse d'éclai- 
rer et d'illuminer ceux qui chantent tes louanges! 

Ode 6®, sur : Lorsqu'au fond ... 

Tu as été le temple splendide de Dieu, ô glorieux saint! Tu 

1. Le canon grec ajoute ici une troisième strophe, omise par le traducteur 
syriaque : ITupi Ttpoaeuy wv, àjjiapTfaç ï^XeÇaç ttjv uXtjv aoçè . àypiSTCvoiç SeTiaeai, 
Tcaaav ;^8u7:àôeiav ixof(X7)<jaç . xot[Ji7)ôeiç 8è npoç f^yvoç, [xeTe'Prjç to dvéaTcepov. 



- 22 — 

as choisi d'habiter dans le temple immaculé de la Mère de Dieu, 
mais sans te faire connaître, secrètement, et c'est elle qui annonça 
et révéla ta présence dans son temple. 

Ton jeûne et tes prières sont montés vers Dieu, suaves comme 
une fumée d'encens. Par eux tu as chassé et repoussé les pas- 
sions détestables des fidèles, et tu as répandu un doux parfum!^ 

Mariale. — Le Verbe qui a habité dans ton sein a changé 
et renouvelé entièrement en ta personne les lois naturelles, de- 
venues suraiinées et vieillies. Il nous a sauvés de toutes chutes et, 
dans son amour infini, a fait voir en nous ses frères bien-aimés. 

Kovroéxtov, dans le 2® ton, sur : Prédicateur de la foi . . . 

Celui qui dès son enfance a consacré son âme au Seigneur, 
qui dès son berceau a reçu le bienfait de la grâce, celui qui a 
mérité le nom d'JIomme de Dieu, unissons nos plus doux accents 
pour le célébrer dignement par toutes sortes de chants et de 
cantiques, et louons-le d'avoir terrassé la troupe des démons. 

■ 

Ode 7®, sur : Hordre du tyran , . . 

Tu as soutenu courageusement, ô noble saint! la tâche de 
demeurer k la porte de tes parents tout k fait ignoré d'eux, et 
tu as supporté avec joie la risée et la moquerie de tes esclaves. 
Tu es resté tout le temps de ta vie dans l'absolue pauvreté et 
dans la douleur par où on se rachète des passions. 

Tu as dompté et anéanti les passions aveuglantes du corps, 
pendant que tu contemplais et que tu voyais tes parents com- 
blés des honneurs du monde, sans qu'ils te reconnussent. Tu as 
achevé les années de ta vie sous les injures dont t'accablaient 

1. La troisième strophe de cette ode est omise dans notre version sy- 
riaque. EUe est ainsi conçue dans le canon grec : 'hpa TtoXiieta xoafjiou- 
[jievov, TcdtXtv Xpiorbç [Lr\ pouXo[ji£vov evSoÇe . aè t^ juaTptôi ôtôwaiv, ocTuoçei- 
^ovia BdÇav ttjv Tupoaxaipov. 



— 23 — 

tes esclaves^ qui t'insultaient sans pitié quand il eût fallu te 
glorifier ^ 

Mariais, — Tu es apparue pour accomplir les mystères des 
prophètes sublimes et dignes de toute gloire, 6 Vierge bénie, 
glorieuse et immaculée! Car tu as conçu et enfanté le Verbe, qui 
nous a relevés des chutes du péché. C'est pourquoi nous chantons 
tes louanges, Vierge pure, pleine de grâce, et joie des anges! 

Ode 8®, sur : Autrefois une fournaise . . . 

Celui qui jusque-là était resté inconnu des parents qui lui 
avaient donné la vie corporelle, quand le temps vint pour lui 
du départ définitif, leur révéla et leur fit connaître clairement 
le mystère de son existence, pour la plus grande gloire du Christ, 
et pour les louanges et les honneurs qu'il était juste qu'il reçut 
de ses parents. 

Le maître de l'univers, d'une voix retentissante, révéla et fit 
connaître par toute la ville de Rome la richesse de ce trésor, 
découvert sous l'apparence de la misère et de la pauvreté, et 
qui distribuait incessamment et largement les dons de la santé 
à tous ceux qui accouraient avec foi vers lui. 

Les princes des peuples, les empereurs et les prêtres tous 
ensemble se réunirent avec empressement, par l'ordre de Dieu, 
pour te donner la sépulture, ô bienheureux! Et ce fut avec une 
gi*ande admiration qu'ils découvrirent ce que tu avais supporté, 
ô saint digne de toutes louanges! par la vertu et le secours 
de l'Esprit-Saint. 

Mariale, — Alors que nous étions en proie k la décrépitude 
et à la corruption, pour avoir transgressé les commandements 
divins, nous avons été créés de nouveau et rajeunis par un Dieu 

1. Nouvelle omission, dans notre version syriaque, de la troisième strophe 
de cette ode, ainsi conçue dans le canon grec : ^Q ôau[jLa nioç l[X£ivaç 
dtei TCTwj^EÛwv . £v TrXouTu) 'AX^Çie, ocTCsfpou Tajïsivwaewç . tcwç ^'veyxaç KaiÇeaOai . 
xai ov£i8{Ç£a6ai . Otuo nafôcuv jïdtvaoçe ituv aûv, àyvoTjaavTwv ttJiv TcoXiie^av aou. 



— 24 — 

miséricordieux et clément, qui s'est fait homme d'une manière 
inexplicable dans ton sein incorruptible, 6 Vierge pure et im- 
maculée! et qui nous a tous rachetés de nos péchés. 

Ode 9®, sur : Lefih enfanté . . . 

Tu as répandu et prodigué sans fin les guérisons et les cures^ 
quand tu as été porté au tombeau, ô glorieux saint! Par la vertu 
divine épanchée sur toi, les aveugles privés de lumière ont re- 
couvré la vue et ceux qui ne parlaient pas ont reçu la parole. 
Louange k toi en notre Seigneur, ô Alexis! 

Tu es apparu aussi resplendissant et aussi éclatant que le 
soleil à Taspect lumineux, lorsqu'on t'emporta pour te déposer 
dans la tombe commune. Tu as opéré toutes sortes de guérisons 
excellentes, tu as mis en fuite toutes les passions mauvaises, 
tu as replongé dans les flammes les démons rebelles et tu as 
délivré ceux qui avaient la crainte du Seigneur. 

Sur Tordre instant de Dieu, toutes les classes se sont réunies 
pour t'ensevelir : le patriarche, l'empereur victorieux, ami du 
Christ, plein de bonté et de mansuétude, tous les patriciens^ les 
prêtres et le peuple, accourus de tous les pays pour s'approcher 
de toi, ô glorieux saint! 

Tu es monté au ciel, enlevé sur le char splendide de tes vertus, 
et tu as établi ta demeure au milieu des troupes de tous les 
bienheureux, parmi les chœurs des apôtres, des saints martyrs, 
des patriarches et de tous les justes. Souviens-toi donc de nous, 
qui t'honorons, ô Alexis! 

Mariais. — C'est avec joie que nous t'adressons les paroles de 
Gabriel, et que nous crions sans cesse et répétons avec respect : 
« Salut à toi, terre bénie et divine, qui n'as pas reçu de semence 
corruptible! Salut k toi, libératrice, qui nous as déliés de l'ana- 
thème! Salut k toi, ravissement et joie des saints!» 



ADDITIONS ET CORRECTIONS.^ 



» » 



» 



P. iCa, 1. 7, après yy i^| ■ N A^, ajoutez : tC «•>a<WP, que portent tous 

les mss.y sauf ^ et C 

» %^, » 13, nota : ms. l^aoUl, sans ribbui. 

» » y » 16, » : » T^ \ *^Va, sans ribbui. 

, » 18, » : » i^l^aua%>al, sans ribbui. 

jiLà^ » 7, » : » C\CT1^ au lieu de C\CT1^C\. 

», » 15, » » omet .aAj^. 

» ^^t^y » 15, corrigez : Ofl > n I^T^ avec Q. 

» \A^ supprimez les mots tC^^-^. cn \n<\ t^l&ClnAnt^l^ <iT»lC\ 

(l.lô) et tCa\>i (1. 16), qui ne se trouvent que dans le ms.^. 

» Ctâ, 1. 4, corrigez : *Vx^<\ oW^ •<^A<\ . oinA I iVâ, selon la le- 

çon du ms. K. 

» Ld, » 21, nota : ms. ^3Lûâ. 

- 0^ 

» ^, » 6, corrigez : j^i^^i^. 

» », » 13, lisez : ^^ é Ô' é ^d ?. 

» n An, » 7, corrigez : ^f^, suivant la leçon du ms. (3. 

» n^ » 2, » : ]V^Â^ r^. 

* a y • 

» CU^, » 12, » : !««>]?. 

» XXX, » 30, lisez : de reste, au lieu de : du reste. 

» XL, » 3, » : j^ai plaisir à, au lieu de : j'ai le plaisir à. 

1. Malgré le soin qui a été apporté à la con'ection des épreuves du texte syriaque, il 
s'est produit au dernier tirage un certain nombre do fautes qu'il était impossible d'éviter. 
Tantôt c'est le point supérieur d'un Hch. ou le point inférieur d'un dôlath qui est tombé; 
tantôt c'est la hampe d'un lômadh ou d'un tau qui s'est brisée et a disparu. Je ne relève 
point ici ces fautes que les lecteurs reconnaîtront aisément. 



1. a O-OT. 

2. p lo^;^. 






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. 7V*)j-CU? wjToi {Ld 6Zj^ 



M. Zotenberg a note l'usage cons- 
tant de cette manière d'écrire dans 
un autre ms. du Menseon (voyez 
n° 133 du Catalogue des manuscints 
syriaques de la Bibliothèque nationale, 
Paris 1874). — Le texte grec d'ail- 
leurs ne parle que d'un seul pa- 
triarche : Suv^XOe xr)8euaa( as jiarpiap- 
)r(uv 6 jcpoxpiToç, PaaiXeuç tê ô X{av 
^iXoj^piaTOTaTo;, v.-zk, 

1. Les trois derniers vers sont 
faux. Je voudrais les restituer ainsi : 



7 



«no * 










. K»^ t^a:^ 



2. Toute cette strophe est très- 
altérée dans le ms. ^, qui la donne 
ainsi : . 2^yi09Z|o \^\ h.lûur>ZZ\ 

3. a V^o**. 

4. a ^5^^?. Mais ma correction est 
très-probable. Le texte grec dit : xai 

Twv âTCoardXwv, [xapiûpcov, :îaTpiap)(^(uv 
xai TTocvTwv Sixafwv. 

5. Vers défectueux. — Restituez 
j^oulî^o. 

6. a ^x£^. 

7. p V.-^1r^?. 



^P7 77 ,7 

7 7 y 0. ¥ 7 7 

. ^)zj |éSm )«iA.? jLuLo 

^ «n7oe 7 o "^ 

41 9 ^ ¥ 9 



* 7 7 7 X y 'î 

997 X ," * *7 

x"» 777'»»7 

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7 77 '"7 *9 » ^» 

2x^001 e^^lLo )!)2^.àio ^IV^Shh 5v^]V^û^ 

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" * '^ ^ .,7 7 î 



9 9 ¥ 



9 ^enjiâSiD \i^ûQAa 

m 

9 97 O 7 9 



1. « ^aJ(yi. 

2. p ^SnVi . 

3. p ^jgQêTnnV, 

4. a ycLÊJ0ZZ\l 
Ô. a ^>i^û:^o. 

6. p 9yALD. 

7. a Plû^. 

8. a î?o^iai:^. 

9. a M ^r^. 



10. Cette strophe est omise dans 

le ms. p. 

11. a ^OAAiJî. 

12. a écrit V^H^^; mais il écrit 
aussi au vers précédent ^ooif^lio, et 
en quelques autres passages, que j*ai 

• 

cm inutile d'indiquer, la lettre ^ est 
marquée de deux points, au lieu d'an 
seul, dans des mots au singulier. 



- v^ - 



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1» p 



13]Za£0J VaO ^t^Vft^i*) 



1. Vers défectueux. 

2. a pyûQ.a£). 

3. a l^l^ûLo^A 

4. Vers défectueux. 
6. a r:^^. 



6. a 



V^ 



NT 



-^1. 



7. Vers défectueux. Il faut sans 

p » Ç7 

doute restituer ^û-à^os JJ9?. 

8. a ÔS07. 

9. Ce vers a une syllabe de trop. 
Comme c'est ici la strophe dite Ma- 
riale (Oeotoxiov, ^ n é n l o]Z)^ où Ton 
s'adresse toujours directement à la 



Mère de Dieu, je propose la resti- 

pP7<nop 7 «n 

tution : . llSn É.2^^ P .^fXi ^ 

^o î2i^o2i^. Telle est d'ailleurs la 
leçon du texte grec : aeaotpxtoTai èÇ 
àcpOopou aou, 7:avà{jL(o{jLe, vtjSuo;. 

10. a ^0^0 ^^o. 

11. a om. Q^. 

12. Schéma de Vhirmos (opp. et locc, 
ciU.,J ;7. 8. 7. 6. 9. 10. (ou 4. 6.) 7. 9. 
Mais il est devenu dans un certain 
nombre d'odes, et justement dans 
celle-ci : 7. 8. 7. 6. 10. 9. 7. 9. 

13. a om. les ribbuis. 



o y 11 o 



o y 7 



. 1)001 fllk^Zi^ p 



. ^p^^ 0001 wA0iO,^kd»^ \k£i\ ^^ 

-» ♦ •« 7707 

«,"7 ^V o IIP % 

. 2iwAVk2^ wjka«*o 3|1^ 01*119 ^001-ii. 

DP* p p » y 

. 5|^n^po ]wSnnSo 

P 1I7'»'^P7 *»» P 7 

«• fOOl 6)lâ^ fObû) ^J^^ p}2)? 



,0 , 7 OP 

. 7péàS )la£) 



* «HP 



p 



p 7 7*» " p X 

p » » «H p » X 



. io)7n)nwsno |Za£uft9, >nÉnfi?|i5 

P7 '»'> ♦ OP 7 

. pnà^ i2p^SaM^ 11)^^010:^^ 

e¥P7 .pp 3B " n * t 

4. 14|Z0lV>Aqu£).OTZa^ TT^^^'? ^^^ 



ft « 



•HP 7 7'»,^ 



1. Vers défectueux. 

2. a ^A^ au lieu de «-^; ^ sem- 
ble donner <Jua£>o)m ]m^q^^ P^}^. 

3. a waOmO |ocri |1^. 

4. a |oi ^? ÔSIZ^; p écrit 

5. p li^a^lo. 

6. p >â:^2^. 

7. p pI^J^ iln£). 

8. a ^éIûo^î. 

9. p Zi-É^M^l?. 



10. a IZoIa&zLû ZqaajJ^. 

11. a IZ^oîaLûo. 

12. p pLiQ::^a.âO. 

13. p 01^.09. 

14. a âïSIou£). 

15. a pôLao V^mni^? ^nSsno p^^!) 

),.Éà£>); p ) V>^SO . ^al^^O p^9 

pôLa >Q^ )r^^). Je base ma resti- 
tution sur le texte grec du Canon : 
"Ap)(ovTe; Xaôjv -/.ai paaiXsîç auvTjXBov 
xai lepetç, [xàxap, xtX. 



» 1» P 7 



* 7 



P Px y o7 <n 7 7^7 

2]viSs fOft^ ^ôk£)p )]mo 2)^O0i n^ ^ 

♦ 7 f* * P 7 

0¥7 7 77 ^7^7 

. 009I ■ ÉnÉÉ4> f^ii^^ &)|.jdi^? 

Î77 Y^X *^.'*^«''y 



p - p y 



y •? 



p p 



•M z 7 «HP 

7P77 » 7 y ft ^ 

V jj7'^P7PP ♦ 1» 7 

1» y X ^ "» p 7 



NT 



""X . P» p%'y77Px 



: 13 ^|£) pO'^l : 120^ : ui* : y^Z 



<» y y y 



>a4|msn ^"p? cs<ni4 



1. p r^K 

2. Vers défectueux. 

3. a fO^^'ioh^ P. 

4. Vers défectueux. — Le mot 
IZ O éé^ oSo manque dans le Thésaurus 
de Payne Smith. 

5. a|rë^Tr^?;Plr^Tr^o. Ma 

correction me semble justifiée par le 
sens de la phrase aussi bien que par 
la mesure du vers. 
G. p ]V% 

7. a ^•tâ O ^o. 



^ wjkjLo, répété par 



8. p P?o. 

9. p wAÔi— 

erreur. 

10. a 5ou:^o. 

11. « ôS^. 

12. a om. âS. 

13. a om. ^>^. 

14. Schéma de Vhirmos (opp. et locc, 
du.,) : 5. 7. 10. 7. 9. 8. 7. 9. Ce- 
pendant dans cette ode le dernier 
vers de chaque strophe a plus sou- 
vent dix syllabes. 



p ♦ y i> 



. A.^£ ou^ik^^ [/OéS^ ^^9 o'ai 







** X X •» * 7 -t 

. fou^^ hA£> f I "^^<o ^,^2s:^^ obi 







1» «H P ¥ 



. iMïn 2\^o ^9 Vr^®}^ 

X 7 y ■^p, <» y jj y 

p *y '»topp'»»i»y v*»» 

« )ooi ,^âLo |13L^ l^r^i^? V^ 



: 4po^9 obi p^os : 3a^ : J : ^^Z 



y 



y y 



•n y 



. ),-nàV) o] 2.|-nérffo ZOa^ûmS 

"w „ y •» p p » y 



y ^t> y •" ♦ ^pp»y 

. 9 2^1 ]09 ,X> hWl .OOU^ik^^ V^^oLû^o 

p ♦, -« ♦ , y 

Vy y 7 y j»y PTPvy 

<• liÉÉÉ ^^1^ ^O0i )Ju* - qV^«i |ZQjj,n£) 



1. Je ne saurais (Hablir ici aucun 
schéma. Je n'ai trouvé nulle part 
le xovTdcxiov iZo-lLû^oi^ îl^f^. Au 
contraire, ces mots forment le pre- 
mier vers d'un xaOia[xa du quatrième 
ton, sur le type du zàÔiojjia ^^^-^^ï^; 
or notre xovtocxiov est indiqué comme 
du deuxième ton. Je le reproduis 
simplement tel qu'il est coupé par 
la ponctuation dans le ms. 

2. Ms. Va9. 

3. a om. 



4. a ora. P^i4l ®'^. 

5. he schéma de Vhirmosfopp.etlocc. 
cUt.,J est 7. 5. 14. 7. 7. 7. 14. 7. Quel- 
ques odes l'ont altéré en 7. 5. 14 (ou 
15). 7. 7. 7. 14. Il semble être devenu 
dans celle-ci 7. 5. 14. 7. 11. 7. 12. 

6. p '^. 

7. a ^?o2i.JL,|. 

10. a -ioa^j^ao. 

11. p nT^wsn , 



: i\^9 )nV)aSo ^ : o^ : o : w^Z 



7 '* 



> "h y 7 V 

^.777 7 77 77 P7 

<> 82^1 |i£Lft(n a^9 |è>^S b^^ h:iû^ 7^*01 ^ 



£7 



7 7 



. |(nA Za^ ^? l-^^^i^^o )loo^ 

^0^7 ^ '»» <»♦<» Ox ♦7 

ft 7 ''t^'^7 ♦7 

7 * 7 7 7 *0 7 

<• ]éSéé n\4kAh iiibJ] Va^LDo 9^o 102^) ^.oi*^ 



7 7 



Il * 



1» 



-- ,,0'»'»t707 X. •* ** 

P > ^ ^ 77 

« ^?^^^ p? OT ooiâo ^om )nÉn>É ^*)o 



«H ^ *»» » 



: 0110*01^ n^r^ • ^^ : vjD : ^£ : 20 ^OD 



19 



1. a om. ^^?. 

2. Schéma (cf. T/itrîMo*, ap»p. ei 
Zocc. cî^^.J ; 11. 13. 8. 11. 

3. p aj. o|. 

4. p Paéouû. 

5. p ^r^^. 

6. a ^O^i^. 

7. P ^.01. 

9. a sans rîbbni. 
11. a h^^AALûO, 



12. a Wf^. 

13. a P sans ribbui. 

14. p om. f-*^. 

15. a O é So . 

16. a -t-^^^?. 

17. « ^^o. 

18. Vers défectueux, à moins qu'on 

0"» * 

ne puisse vocaliser |^*^î>a-ài'. 

19. Ce xovraxiov n'est donné que 
par le ms. 138. 

20. Lisez ^aé-D^Joû, gr, xovraxiov et 
xovâàxiov. 

1 



» 7 .0 7 7 

7, 7 7 •»o*'n^ 

. 2 )>îû£)r^ V^o9 \t\3 






7 i»o 7 



^ o •• y 



7 7 



« 4 llfiOL^ )^ ^^ ^'i^O 



P« 7 7 77'»» 777 

¥ , 7 7 *7 

*7 e.p x^'xy 



*• 



7 7 



7, ? , " * ^ ? '" 



» y -H 



o 7 



\hoiQl£i^ ^A^ Obi 

7 r » «f » ^ 

. 1001 jiaik >ÉnS>^ {^.▲Ay^o 

i»7 x7 P *»7 

I4wa»)0 13>A^9 ]^^^ Ok^^a^O 

¥ * 7 ♦ 



7 y «M «HP <» 

4 toi^^ p? oij::^? 



7 7. .77 



7 7 



1. ap ^ É ^ É ^f> . — Vers défec- 
taenx. 

2. a U^l^, et om. x^. 

m 

3. p 2x-à|^AâA,. 

5. a f^r^ r^ In^. 

6. a Pc^. 

8. a om. ^ wSnSn . 



9. a «-Û?. 

10. p om. t^î. 

11. a om. ^^Aû. 

12. ap )iMài:kOii.£5, qu'on pourrait 
d^ailleurs conseryer, en retranchant 
^■^^ avec le ms. a. 

13. a PI?; p ^i^?. 

14. a <.n»o. 
16. a V^« 



9 



* 7 > <» > 7 



» 



V 

** 7 7 7. 



y. y "î 






7>ÉSnm )2x^obX 6)2^^] ^ 

|^Z^2w 8)Za£L»Zo 

o 77 1» •» PO 7 , *7 7 



: 12 2x^001 fiS )^klk^ : iia^ : oi : ^^^Z 



i6>âia*]ô iSsA. 



Va*>^ 



• p f _ 1» * 

..7 7 7 7 7 

7P.7 * y y 

^^^^ p^^f ZnV>|0 j Agis 



1. a ^^l 

3. a ^Aio^. 

4. p ÔEq )lo) o) ^^riâlSnS. 

6. a V^^. 

6. a aj. ^*". 

7. a >É l É Nnm . 

8. a ÔSTZ. 

9. a ^^>n. 



10. p PI ^ajLoZsio. 

11. a om. Q^. 

12. a om. h^oai ^. 

13. Le schéma de Vkirmos fopp. et 
locc. du.,) est 5. il (ou 12). 7. 11. 7. 
8. Je crois qu^il est devenn dans 
notre ode 5. 11. 7. 9. 8, 7. 8. 

14. a oo(yi o59|o aaX|?. 

15. p Vài^. 

16. a viiûSCUl. 



7 



» 



7,, 7^, 7 77 

7 7*» P 7 



: i^ViSsS 2^^) : "^ : ^.▲Z 



* 7 7 7 



7 o > . 



4 2x^)Là^| )/n1nmSn aZonA^mS 

007 y 77 

7^^ ^9Z 6\^^ 5^ZaLo 1^1^ 



.7 



^ ». 



X y 00 7 7 
J»> 07 'e^ 077 



7 



'".? * — 



7 *»» •»> 



^7 o ^ 7 

,^1 jôoiJ? 2l£^) I2)Z6U P^o 







» 



7 



*7 7 o »»ii 

o 7410 70700 77 



1. a >ai;*:^. 

2. Le schéma de Vhirmos (Hirmo- 
hgion et Octoêchos, locc, ciU.,) était 
probablement 4. 11. 7. 9. 7. 13. Il 
semble être devenu dans certaines 
odes 4. 11. 7. 9. 7. 2. i2; il est devenu 
dans celle-ci 4. 11. 7. m 7. i^. 

3. p Zoa^î^. 

4. a 2i.A|lA^. 
6. p t^loLo. 



6. p '^. 

7. p >^-^. 

8. a om. ce qui précède à partir 
de qi /nn è9^ inclusivement. 

9. p ôEâla. 

10. a P-iiCLÉ.. 

11. a Sans ribbui. 

12. a 1^0^90. 

13. p )-ia:»^ii». 

14. a ïlûia.2i«Éi09. 



¥ 



P P 7 V 



0^2 '»t»^«n y 



. 6)Za^3)âo )ZoaiA^ s^.Wsav^ wa|mZ)o 

p 11 ^ 



.y - •" .. y. y 



0001 ^^15)9 ]V>^SSÔ 



: ^^^-^^û : 9a^ :"9 : 



8u:i£) : 7>,ft7,è^D 



,. y 11 y p p y 

p p py p » p 

p z "jL y » y 

, i2^ÉWnV ^O^f o] 

p 5 P », -»» . y 

/« *» y „yy y 



p 1» 






y p y 11 



•y 



15 



y y «n ^ p » *»» 



1. a g^AéSil? )lÉÉnà'V>o. 

5. p l lV^S à So . 

6. Vers faux. A corriger peut-être 
a^jf^o oqu\,£). 

7. p ZmLo; lisez 1 Vim éZ^, gr. 
xa6icj[JLa. 

8. P ^. 

9. a om. 



10. Le schéma du xàOia^jta ^-^^ 
(Octoêckos, 4**"* ton, vendredi, office 
de la Croix,) est 7. 7. 7. 7. 6 (ou 
13). 7. 7. 7. 8. 8. 6. (ou 14). C'est 

aussi celui de notre /.a6ia(xa. 

11. « V^'ôiA ^alûJ ^. 

12. p ^JgQêTnnV. 

13. J'ai supprimé V*o*^, qu'ajou- 
tent ici les deux mss. 

14. a î2iwfc:a.^Z^. 

15. p j' i SninlSn . 



O •• 



■*■ 



'h 



3. 



]2^.£^ IZi.^:^ N.^^:^ S^^ItJOJO h^hJÎ'l \£), ^ 



£> ¥ 7 



7 "» 



'^♦7 ^ ^7 77^ 

* 7 

7 '*> 






: 10^ «.É^o]o wÉàdA.) : 9a^ : w : ^^Z, 



9 « 7 .-n 1*7 

]Z}m£) 2ibAn£)^)o Z9 ,f 11 

X y ^» y* 'h 

•i» 7 0^7 y 



"7 

i4)2uJULû^ 



'H O 



«n y 07 



07 » 7 77 1» , 7 

* W? U«^-^r^ ^r^?^l V^û^ P 15^)0 



^0» 00 11 >7 

. (njiTupo jViSs^ i6oui^aȉJ^ 

p y "h y** ♦y 

,.7 y o > y 



1. «p îf^l^. 

3. a r^r^^JaJ?. 

4. a l-iûLoî Po. 

• • 

5. Vers défectueux. 



^o. 



Vers défec- 



6. a oh 

tueux. 

9. a om. Q^. 
10. Lisez Ij-O|io. a om. les mots 
,10 ^éJLo)o. 



11. Le schéma de Vhirrïws (Hirvio- 
logîon et Octoêchos, locc, dit.,) est 8. 
7. 8. 10. 12. Il semble avoir été 
modifié dans cette ode et être de- 
venu 8. 9. 8. 10. 12. 

12. p V^90o|Z9. 

13. Vers défectueux. 

14. a om. le ribbui; P )2Ullû-à.. 

15. p >^|. 

16. p ]Z n àà ^ à \ , 

17. a om. le ribbui. 

18. p |2x-à*>aûl^o. 



- V - 

. |ou^^? 2z^^î ^iû:^^ ^O 

V 7 fi 7 0*7 ** 

, £> 7 * « y 

vA^v^^ pool ^o^ll^p 



•n y 



0^97 7 0.* «■' 



» ,yep »2 



7 



7 



7 . 7 



. ^Nnno 2i..£uaJ i^oi \4100 



« » 



y 7 .-t 



^o)] Z).:jlld^)o 



^ 



Ji 7 7 , « * * 

^ o^iViào ^.àiûllz^? 8)|pao^ \id\ wAoi 



«HP 7 «H *x -«IP» 



V 



> -»» 



7 7,<»pyo 7 

«*i *''*^ 77^ «.'".* ••7 

p "B p y ^ jj * 

^1^ fj0^ ^^O . ^-^Q^ 

p*«7 7<» yy^ 



p * » p 



. i3)^^anMO^^ PéÔaSo 



77^ 



P»P7 PP,v V .. 

4. u)Zo1V>Agi^ p£?a9 uiao^ 2^9o2^^| 



1. a 1 lûAûéàO. _ Vers défec- 


7. 


a p*^4>o. — Vers défectueux 


tueux. 


8. 


a lyûOû?. 


2. a i^^l 


9. 


p 1iV>àO, 


3. Vers défectueux. 


10. 


a pwNoZ^^o. 


4. a om. ce qui précède à partir 


11. 


p V*Qlai^. 


de PI ^ajLoZsio inclusivement. 


12. 


Vers défectueux. 


5 ^ gpOÉWnV. 


13. 


a ^onMO?^. 


6. p t^^. — Vers défectueux. 


14. 


h* 



jU — 



y 7 -» 









7 



y 



7 y ik y -n 7 



7 7 



77 * 



. 8)l£)l9 |Aft2i.LOO |/QnÉ?| *■ V«^^ 

07 -f^ *, 7 ".y 
« • 

7» 'W P 7 0« 



10 



1» y 



*». 7 



7 7 



■W 7 



]v^-^\.^2^ )j0)Z9 2u-âmJo ^..^i^ô 



♦ * 7 7 







<» ¥ 



♦ 13|lLa*0llO ^-10 fZ^ulûlû 12 ^O'^ 



: i7pAjk9 )loo(nZ o^ : a^ : f : le^^z : vjd : \f>^CL£i : u^âSS^ polo 



*. * 



-.- 7 * y ti ■ 



1. « 9ou:^o. 

2. p om. >^). Il fant compléter 
comme à la strophe précédente. 

3. p 2aûu. 

4. Vers défectueux. 

6. a )2^-àJ)^2û^?. 

6. p uià}£>2i^. 

7. a ^^o et om. >t^r^' 

8. a om. ce vers. 

10. p ^^. 

11. P ^.ûii^Zo. 

12. a JZ^Oipi». 

13. Vers faux ;• peut - être doit-on 



restituer 1 ^ Vo )mO*^ 

14. p om. K^^?. 

15. p 3. 

16. Lisez l A >» nO à>Z. 

17. a >oôôîZ o^. 

18. Le 9c/te97ia de l*Atrmo« (Hirmo- 
logùm 81/riaque, 2**^ ton^ xaraPaafai 
€?e Za Bésurrection, et Octoêchoa, 2*^ 
ton, dimcmche, canon de la Béaurrec- 
tùm,) est 9. 7. 12. 7. 13. 6. 11. Mais 
le texte de cette ode paraît très- 
altéré et beaucoup de vers sont dé- 
fectueux. 

19. p îr^ 



u — 



o •• 7 



> y 7 



2)Zo,É>nàV> ;lnné|-woo ilZaD^JOLOso 



7 7 J 



-» 7 



7 » 7 



•n _ •» 



^ 6]2^JLâl2^ vjdoua£J9 ^I 



07. 7 



> 7 



* =r 7 



« loj/nnÉ^ 9^oVi^ >aL. 



7. y. .0 y 07. 

. "tn^ ^^' V*p '^14 

» 7 , P 7 

•«7 00007 DO ^ 

•no •• ^ » ^ 

,, ^•no'» .77 ?♦ 

7 ,••7 7 

\ fi y ^ X " »op» 



7 7 



20 



1. p om. ).laD |-wVio o. 

3. a ZOa^)^). 

4. a -JS^Zi^. 

6. a p îouli^o. 

7. p om. Tr=^?. 

8. a om. 1^^ VLé-é.. 

9. a om. >o:^ et écrit o-S^. 

10. a p omm. ]^A£U^, Je restitue 
ce mot, suivant la leçon du ari^^Tjpbv 
type, auquel les quatre derniers vers 
de notre strophe sont empruntés. 

11. P PU 

12. p t^^o^, pour ) V^A,Q ^ S? 

13. p vjdotqjl:^;.©. 

14. p a^OAittûl. 



15. a l^cU^s^. 

16. p l^oui:^^. 

17. a l^olaoï-i^o. 

18. a ^**Or^; P ZomI^o^o, 

19. a p l ^i èâ^ pj sans ribbui. Mais 
le texte grec dit : ... . OaXdi[jiou 
ôàXafjLOV eùaepôS; i^^XàÇto, t^ôovt); te 
(TtofjiaToç -rijv ôefav itov êr(^£ktû>i 6(jlo((o- 

(TIV. 

20. A la place de ces deux vers, 
le premier de 7 syllabes, le second 
de 9, le schéma n*en appelle qu'un 
de 9 syllabes. Je ne sais comment 
restituer la strophe. Peut-être pour- 
rait-on retrancher le quatrième vers, 
VâJiûX p^.ûa.^, et faire remonter 

les suivants. 

h 



APPENDICE. 



Office de Saint Alexis (rite melkite). 

(Extrait de la version syriaque du Menseon grec, d'après les mss. 137 et 

138 1 de la Bibliothèque nationale de Paris.) 






py f> y 

«no * 77 700 7 

•ne * *o 7 






p. 7 
<5 



1. Je désignerai dans les notes le 
ms. 137 par la lettre a, et le ms. 
138 par la lettre p. 

2. a ajoute ici }r^\ ®1. Le scribe 
voulait peut-être écrire } ( *^ y^ ©1 
1«^?, .et s'est arrêté en remarquant 
qu'il venait de donner déjà cette ap- 
pellation à^Homme de Dieu. 

Dans le ms. p, où les titres sont 
en arabe, on lit : ^3 yCy^ ^LiÂJ\ 

3. P l i *àÉ ^ . gr. (STi/jipoL. 

4. P *^; lisez P^. 

5. a om. âS; Usez ^ nnr\\ . 



6. a ô^ t^Oû^. 

7. Le schéma du anj^rjpov type 
]^mJû ^Oû^ (Octoêchos, 1"" ton, sa- 
medi ^ office des m^arùf/rs,) est 6. 2. 
7. 9. 6. 6. 7. 6. 6. 7. 9. 4. 7. La 
plupart des (sriyripa, composés sur ce 
type ont modifié trois vers : 7. 2. 7. 
9. 6. 6. 7. 6. 6. 7. 9. 4. 7, ou bien 
7. 2. 7. 9. 6. 6. 7. i2. 7. 9. 4. 7. Il 
est curieux que les JTij^rjpà de l'of- 
fice de Saint Alexis semblent offrir : 
7. 7. 10. 6. ^. iO. 9. 7. 9. 4. 7. 

8. p T:^r*. 

9. Vers défectueux. 
10. a Ir^ii»^. 



— ou — 



p. La, 1. 9. D F If^ ^, H OTf^ T^-^, au Ueu de If^? «J^O; _ 

D H ]i n .â V) au lieu de Wr°î — Gt manque. 
1. 10. DFH «A^oooi ^^ au Heu de oooi T:^,5^i*i; — DFH 

omm. ? ^ojàaAJj — G manque. 
1. 11. D F v-i^^O; _ G manque. 
1. 12. DF omm. ^âSttaO; — H t©?^ au lieu de ^0|-^; — F 

^^o).£) (JUÛ5 — G manque. 
1. 13. G manque. 

1. 14. D F looi ^JûjlS^Z]'^ _ G manque. 
1. 16. DFH -iooi Ij^^l V^yiî? oiZa^; —DFH omm. ^r^l; 

— G manque. 
1. 16. D F >û^ (D hJ^ns'i) LiD^v, — D F H ^? ^^Tn ii ViS au 

lieu de i^^ m ViS o- — G manque. 
1. 17. DFH omm. oooi; —DFH w^ou— é — 3ai:»^aiv, — D F 

oi-ii^ûAoï^î — DFH (D ^o^) ^o^\3 Wyi>?î — G 

manque, 
l. 18. G manque. 
1. 19. DFH omm. oiZ^aûLdO; _ F aj. 1^' après I^^^, et om. 

0001 ; — DFH placent ©r?^ après ^-— *yAOi; — D om. 

] nSV> ; — G manque. 
1. 20. DFH omm. ici o^na • — G manque. 
1. 21. DFH Q-^M au lieu de wkoicu2^); — DFH Ir^al».; — 

G manque. 
). Jà^, 1. 1. DFH )fû.Aio 001 au lieu de Wr^? ]r^^-^^', — G manque. 
1. 2. DF ^o^a^ au lieu de l'oi^; — F <=>^^^^; — DF ^iûi. 

au lieu de V*-^; — G manque. 
1. 3. DF ^o^oLo? au lieu de )'aî^?; — D F |ooi ^ûmJ? au lieu 

de *-^^?; — F <n-^ )o« )o«î — G manque. 
1. 4. DFH ^^*?ûL. Vû:^ au lieu de IK^ P'?«^; — G manque. 
11. 5 et 6. H ^o—ii^i^ . ]^o \M£iQ^ Wr^ ^o^o l^p. ouIûS».? 

______ • 

. . . \A.(n . ]2^o]o ]^o OA. \a (D V*V») IV», et le reste 
comme dans E; — G manque. 
1. 7. D F (D >3 — ^îî» — ^, corrigé plus tard en 2i^^^^) ^ V^N â> 
i£)2LoZ)? )oiA.^ If^? (F om. rz*^^^'!) ^^^^1 1^^-'^^:^'^ 
. (D om. l^^J^r^) l^^JLàr^ ^ilûo^; _ h Ô?^^^^ >^^^=^*-^ 
^ir^; — G manque. 



— TP — 

1 

p. CLa, 1. 6. DGH ^oai (H V*^) V*^ r«î — F ^oai \i£>^ au lieu 

de V*^^ r*; — GH ajj. oi^'après Va^aLoo; DF ajj. ^oai 

après IW i '^Sn o; — D F G Homm.-M; — H ^•^^?. 

1. 7. DFGH «r^? V*r** "^î — DF ^? r^Oj — d iZiJlJZ^. 

1. 9. G H If^ûx» au lieii de If^ûx»©; —DFGH ^^^'?? au Heu 

de ^«^L^?; — G IV»*^, H V^V»*^, au lieu de lV»aoo; — 

G ^^-àa^^ au lieu de ^^^?; — F ^-^rf®. 

1. 10. DF V^r**; — FGH Wr° If^, D If-^û^ If^, au Heu 

de Wr°® Ifû^^î — H Va-iÔLoo ^ oo ii Sn o; — g écrit 

1. 11. D F 2^|o au Heu de If^^»)©; — G V^--^. 

1. 12. DFGH omm. ]^^\ 

1. 13. H ^-â^^a Vi.. 

1. 14. D poo)^o. 

1. 15. D F G omm. oi2^-i^i£); H donne oi2^a£)9. 

1. 16. D F ajj. ^^12£> après Zi^ÉJtto., — DFGH omm. t^. 

1. 17. H ponctue W-^©. 

1. 18. H ^oA oiZ^AûLD ws) au lieu de ^? oiZj-àûLD. 

1. 19. D écrit I2i-^2i^; — G om. © l^^JUJl^i^; — H l2^-iJ)2^ 

1. 20. D F ajj. -^©01 après KS,; — D ôiiJiJZ^o. 
1. 21. D FG omm. ^*^ après ^©^ — G 1«© au lieu de ?«?. 
p. ta, 1. 1. Dï^ H P^©!© au Heu de P^©1 !«?; — F V^^ ]^\^o 
au lieu de IV*^; — DGH qi2 ^ é SSo ^ que D a corrigé 
plus tard en ^ * ^V^ ; — D F ajj. o*^ après p]. 

1. 2. DFG ©î" au lieu de ©f?, mais D a inséré plus tard un ? 
devant ©?"; — D F G ^? n ài S au Heu de ^oi©^Q-âù^. — 
H om. toute la phrase : 1 l i l^n à S p] \a]^ |oi? ^^i;^ wkO 
V^-û^ ^ài;». wéoio^OM:^ ooi^ . ^aI:^?; — DFGH \^] au 
Heu de P^]. 

1. 3. DFG myS au Heu de ^^^nii.; _ DF 1»^:=^, sans ribbui. 

1. 4. G ^jiû?^^© ©©01 ^^àiZ au lieu de ©©« ^-— àjio^ZiiD ; 
— DFGH omm. ©©oi après «^^f^; — H '-^r?. 

1. 5. DFG ©în-^ au Heu de ©&i Z^^^-, — DFGH ajj. ^©«-^^ 
avant |<n-»r*; — D Q-*J»-i)©, corrigé plus tard en Q-*J»l-^|o. 

1. 6. A partir de cette ligne, la fin manque dans le ms. G, dont 
quelques feuillets sont perdus. — D om. ©oo»; — F ^^i^. 

1. 7. G manque. 

1. 8. D F H ÔiûJL:^; — G manque. 



- ^ - 

, 1. 16. DFGH omm. V»^i>:^î — DF (F >:ujûjL^^o) yajjaijLZ.o \^L, 
1. 17. DFGH Obi Ir.^. 

1. 18. DFGH T^^r^oiO; — DFGH omm. piiûIiouLû- 
1. 20. DFGH Wr°? «'*-^^ au lieu de \om >aàio? obi l2i^àLo ^ 

^oov-kLOy£; — D F G "'^^^ au lieu de wKjia-àii^Z>J^. 
1. 21. DFGH oii-»!^? Obi au lieu de «r»!^ \om 2i^l? obi; — 

DFGH «-Û01-» au lieu de ^ûouaZ). 
1. 22. D F^*-à-k5 >ûi., G ^^^ >ûi., au Heu de v^-àa'5o. 
1. 23. G H TT^r^'®» I> F ^t^\ t^, au Heu de o^|o; — G H 
^)v, — DF W^? ^::^ ^1?; — DFGH ôZITl ]nSsr> poi 
au lieu de ^^ ^a^^»^. 
1. 24. DFGH ^oZ. poio au lieu de poi ws)o; _ h om. ooi 
et ponctue i A il - ^ Vis Z^Lo?; — après | A é \ -V >S?\ 1o?, DFGH 
ajj. (G H omm. ooi) ooi ^oniold) (h y.É^^ obi) v-é^a^o. 
, 1. 1. G V_Xa.^Jiu-^ au lieu de V^Wt*»; —DFGH r^fJ^h^] 
au lieu de ^^1. 
1. 2. F ^r^oio au lieu de Ir**^®; — G 1 w * ipN . 
1. 3. D F G ajj. ^T^ après b^T^ ; — G H vJP o n à l \ D F 
vJooûA^, au Heu de ^Q-^1; — D F G Ir^û^fS, H l'Q-^r*, 
au Heu de ly^Q^v* ^-à^h, 
1. 4. H om. )^^^-*-»r°; — G y* au lieu de y^o. 
1. 6. D F \h,J^i^i. 

1. 6. D 2^A£5oi^mLD (>ic;; — H ^^ i Sv^nm ) (Hc); — G ^2^. 
1. 9. G <n-*r**î — D F G H j^l r* au Heu de r^l©. 
1. 10. D vâA^I LéSV)0, F NÉâqlS ôiZ^^àl^lûo. G ^ - ^ ^'"^ 



\A.ai 



11. 11 et 12. DFGH ^t^iû 2Là}^Zl? |J) w.éé-3Z2^0; — D F G H 1^ 
au Heu de 1}^, et ^iiOyD 2^o<yi V^9? au Heu de ^V^'?. 

1. 14. F obi >^2Lè| ooi 2iJ)9; — DF ^oioa}^!?. 

1. 15. DFGH omm. t^; — FGH ponctuent W-^©; — G \r^. 

1. 16. D F H ^ûOio au lieu de ÏXûûiSQ^. 

1. 17. FGH \hSLl\A, 

p. CLa, 1. 1. DFGH omm. )^^^^ V*i-^^^. 

1. 2. D F ajj. ^«^r^ après V»^. 

1. 3. D F l^^' n^ ÉÉ Z^-kû ^; — DFGH V^V^o. 

1. 4. DF ôïf^^-^î — DFGH omm. r*; — H ^^o, DFG 

1. 5. DFGH ^iûi.^ au Heu de W^?, et ^ ^ i *^^ au Heu de 

OI^MÉlâi^. 



p. %^, 1. 9. G H ^01 w9| ] \V\ i. ^, D F ^<n ^]o ] W\ â>o, au lieu de 

1. 10. D F G H ajj. «-^ après ]oai » 4 V> é W . 

1. 11. G aj. ^r^ avant liûl^. 

1. 12. F ^aL^i^£iai^ ^)? au lieu de 2iJDaLA^' — H wKnnÉàV)A>) 

sans le ?; D w^n n à Vi èj? (sic). 
1. 13. DF j ^ *'* '^ ^' au lieu de ]h^^o''9- — DF l^^^o^o au Heu 

de l-ioZlo; — D F G ]Zn:^A au lieu de }^ éé V^ é,; __ 

H ot^ t^Vî; g <n-û ^^^ ^Vf. 
l. 14. G H omm. ]om- — D F U nn ê Wl au lieu de ]o(n wiimJ?. 
1. 16. D F 11)*'?; — D F G H omm. ] lSS^ 2^lo flo; — D H 

1. 16. D F G H Vû-^?; — G om. looi après loûLO; — D F G 

)2m.à2^ V^^ ynl^ au lieu de pûi^ ]2^-£^ oi-^^^a. 
1. 17. H om. P^y, — H ï^^û-à* (i^i^ao au Keu de U^l «-ii^aO; 

— G H omm. wKjialiàî. — D F G omm. ]o(n. 
1. 18. H Plo; — F l^OiSl v4^ au lieu de ^^Ps^ ^r^ii^l. 
>, 1. 2. D F G H omm. 1-2^'; — D F G H Va au lieu de "^a^. 
1. 3. H om. ]o<n, 
1. 4. D ^Q 3LkS<Hî — D F -iû^ au Heu de oiZo!^; — F 

1. 5. D F oi-*-à^ au lieu de oi-É.a3. 

1. 6. D F G H ]o(n 'Uoi^Élo P au Heu de Vû-à. P oULO; — F 

jooi |L^; — D écrit «-s^r^. 
1. 7. G H ajj. }om après |-^1. 
1. 8. DF ajj. ^oiao) après \^y, — G wégi O i Offll ?- — DFGH 

'^yJ? au lieu de IV^?. 
1. 9. D F ajj. ]o(n après <.ûusj^l ; — D ^olAiOso). 
1. 10. F aj. ^? après o&i; G aj. V^ après obi. 
1. 11. DFGH ^001 au Heu de ^o^^ooi; — F ^r^ au lieu de 

^â^l; — H aj. 01-^ après ^aû); — DFGH V^^^-^J?. 
1. 12. H P^ï; — D F omm. ïooi; — D F G H (H tt^®) ^. 

,^a1L (F p) V|-msn 4.. 
1. 13. D ]o(n ^1. 
1. 14. DF Ve^ Po, GH ^^ Po, au Heu de 1^^ P? ©oi; - GH 

^-^ qul^AV^S; D F «n-^ (D ^oiQ^^?) ^^010^2:2^2^^. 
1. 15. H om. piiûi'ouLû; —DFGH omm. ] soûialsl ^^-àa50 



— lO — 

>, 1. 2. G om. î«^ ; — H 2i^^<yi^. 

1. 3. G om. Ir^; _ D F ©^ (D ^r^) 09^., _ F ^-^ — »f-^ 

Irf^; — D F ©r^l©; — H (n^o^ au lieu de oi-^. 
1. 4. F G H t^l??. 

1. 5. D F G H 01^ ^a:^ au lieu de ^ooiZa^ obi. 
1. 6. D F G omm. les mots V=^^^^? ©^ ItH é Ho o \^fn£i. 
1. 7. D F 01^ ^1 ï?oi t^l?? Ua£W?; H Ï-^Q^W !?« t— *!?? 

<" ^ ^ï; G même leçon que H, sauf ou^û^ au lieu de 

m 

1. 8. G 1 — 90 — û_mls| y-É^^ p^n^o»-^ V=^^:=^^-, — D F H omm. 

pLLOAOïlo • _ D F ov.ii»ao au lieu de «-^ii^o. 
1. 9. H wjynl^^moTff» — D ^JOolLoo)^. 
1. 10. F Irû.^:^© \jku^ In^. 

1. 11. D vjoalLDol; — DF ^qio ,nsS au lieu de ^«^^ If^^^^»^ 
<yi2^A£); _ G OaJoî»^, h oJ'^î — D F ^^"^^ au lieu de 

1. 12. DF ,^ZaaD au lieu de ^-ioLDO; G |û-iaLoo, sans rib- 
bui; — DF 1 Sûû.^, sans ribbui; — D F G H omm. 

pmi'oiio. 

p. <^, 1. 1. D F ajj. ôEialsl né à è -^ N o avant 1 — 3ôûû séàè |'N o; __ h 

fournis) au lieu de P^i-o; — H ^oû^^Oj D ^oûa^? 
et om. le point après ] — 3ôtû; F ooai ^oû-à^îO; — F G 
l / â 'qYiS ; _ D F ajj. W^^ a. après 1?^^^^. 
1. 2. H om. pQAïao; — DG pQûiiio, F V»-*-»^' pQûiiîo, au lieu 
de pQAiao., _^ H om. v®<"^?7 — DF ajj. ^ooiJ:^^ après 
ly-Li.; — H ^ r\\nn^ ^ au lieu de ^ n\nn bJ'^ — DF omm. 

1. 3. G v-A-k'o. 

1. 4. D wiToTiDo)^; — après ^alAlQ-àSo|^, D F ajj. Q ahjkO 

1 liSnè^.^^ H ]T*Nn^.^ oûZ^o^ G ^oou^^^ a£)Z2^o 

U^^^f^î — H Wlr^?; — D F Ir— ^? au Ueu de 

1. 6. D F G H l-^os ^ au lieu de Ko — au J^nJ )iu«J 2u&^ 

01 1 LDO; — D F G H V»V^ au lieu de Ir^; — D F 

|^,2iioo, G H ljio^2^ ^, au Heu de )r^|o. 

1. 6. H ooi pio^ au Heu de <^V, — F aj. l?oi après ^oi. 

1. 7. H ^^ * N ot? au lieu de i^ * S qio^ et om. ^oi-à2^) pio. 

1. 8. H om. r^; — D om. -^©o»; — H |^àà ^V)o (sicj; DFG 
^V»^^ au lieu de l-iojjk^lûo. 

g* 



P 7 



- -e - 

p. vva, 1. 17. G aj. o*^ après ^^^; — D F 1^0 ^oZo. 
1. 1. D F omm. ^oL, 
1. 2. D 'i^alLoo)^^ F ^jgQèV^.q)^^ G ^n1*V^*=>o|?, H ^JPolÉqV)o|? 

(sic); — D F ^oioVs^. 
1. 3. G l â Vi ii O au Heu de V^^ûmV^ — D G ^-^io^l. 
1. 4. D wJPOé^ iSnlolo^ F wJpoé^ éShUo^ g ^ïït É^Sn1o)o^ H 

1. 5. D F omm. wjyg^ àSnlaiig ôui^o fâosis) ^ a é?; — G H 

l. 6. G V=i-^^; — G looi 2^1? au lieu de 2i^l? o'oi. 

l. 7. D F G ajj. oooi après «^H©., __ H ^©f^^ Wr^?; — 
F écrit ^f^^?. 

1. 8. D Utt^os?©. F G wJ&a2^o^90; _ H ^JPQ-^o^O; — D F 
omm. depuis les mots oo*" ^-aS^^) j— o inclusivement, jus- 
qu'aux mots ^ooiJis} V:^ nSql o (l. lo) exclusivement. 
1. 11. G v-É^'o au lieu de ^^-àa«IO; — D F « — ^:^o au lieu de 

1. 12. D F G H loiA. ^ ^^Ai^o au lieu de Wr° V^^r^î — 
D F G H omm. pLa^); _ D P^ au lieu de P^?; — F 
V^ au lieu de Vi.. 

l. 13. D F G H WJ'?«^; — D H U<^*iû, G 1^<^^, F r^ 

l^o:^^, au lieu de l^^^^s^. 

1. 14. G y^^\^; — H <^ | É qV>S ^o, DF Wr^?®, G lAà \nS o, 

.. . • 
au lieu de <"-^ | * >n"^ ^^o, 

1. 15. F G H ^oi^o^o ^Of^^; — D F G H I V^nmnS^ ? et 

ajj. â5XZ\ 
1. 16. D F G H oooi ^^ É ^n É m ^oovaLo^; __ g >Q — OO; — D F 

oooi alQX)6 ; _ G p^n^o»-^ V^^=^î^, sans ribbui ; — H om. 

1. 17. G v.A**'o au lieu de ^*-a«4!>o. 

1. 19. D F G H poofiD, sans ribbui; — D F ajj. ^©oi — ^ après 

1. 20. D F G H T^^r^oio. 

1. 21. G v-i^^O; _ F ^0100)^0, H wéoioljXO; — DFG H re- 
portent yOmAQ^ après wJ^oIaIOasoP 5 _ D wJ^alLoofl. 

1. 22. D F ^rii^lo au Ueu de ©r^l©; — D F G H f— *!??; — 
DFG ajj. t^ après ^ï; H aj. looi après ^1. 

, 1. 1. D F ^ ^^^-H ï^^î "" ^ ^™* '^: — *• î — D F G H omm. 
OOl; — D ^jffalLDol; D F ^-A^'. 

• 7 7 • • 



- v« - 

p. V»» 1- 18. H V^f^^ au lieu de V^r^O; — G H ajj. oiJ^q-_^7 après 

• • • 

obi j — D F ajj. aussi o*J|Jû2^?, mais omm. oot, 

m 

1. 19. Au lieu de la phrase « ^ 2^^^ ]om 2^)? t^^^^:^) lll^o 

oilopo ^oiOApo^ G H donnent ^oioôi-ûp ou^ hàn )o(7i ^o 

m . 

]^i^] aC^ ^^o^^-^? ; D id., sauf wkjioôLoPo et ^ô h ip? 

(aie); F id., sauf ^oioôLoî©. 

p. v^, 1. 1. G H Nâ SS^ Z)?; — DF l^i^^^ Zoli.^ oi-lûli. au Ueu de 

)2^v^ Za:^ oULO; — G ^^ au lieu de ^^; — D F H 

s£ih^ yso au lieu de ^2^ ys '^r^^- 

1. 2. D GH omm. -^ooi; F oi-^û:^ au Heu de -^©oi; — F ^ ^ nn 

au lieu de ^-^ûj — D f^ au lieu de f^O; — H a— ooi-* 
. • • 

pour' ^ûoi-A; — H CT ^ au lieu de «— ^; — D F ajj. 
|2^:i,a:^ après oi^; — D F l^^V^; — D F G H Î2^:::.a::o 

au lieu de îr»?^ ^1©. 
1. 3. F aj. oooi après ^^Aû^f — »; — D F V*'r*^, O V*^V^, au 
lieu de V»r^^? l2^iil£); — D F ^o'^Sr^, G ^^o^oso^, au 
lieu de ^Oj^j-^sv^ _ H om. la phrase l^^i^lo ^-aôa-^ ^ 

1. 4. H écrit ^^92i^ ; — D F G H omm. ^^^. 

1. 5. DF ajj. poi après ï^û^^; — au Ueu de X^^'i ]^oZ] ^ 

. ooiJlio ^y*2^, DFGH donnent ]^oZ] ^ ^oO!^ ^^^2^. 
1. 6. G om. t:^?; — DF ]hlûQ^ ^ ^jLCi et omm. t^^?; — H 

om. Vaaoi ^9 ^;^A:^aA ^J£ r**^- 
1. 7. H aj. ^? après V^:^-*^; — G om. 111'? ] h à V\ à.Z hh^ ^ 

1. 8. D F ^2^ au lieu de ^2^ r^-^; — H om. ^^ — © ,- — Lu 

1. 9. D F G omm. loo»; — D '* à à!> au lieu de ^.a^'; — D 
wJP O é ^ i Snl o corrigé plus tard en vJP O é ^ É Sn1 )o^ F oen 
vJPOé^ ÉSn1)o» G wJpg^Snlo)» H ^Jpg-^ *Sn1of. 
1. 10. D F H omm. ^ ; — D H ^ é SD Oot^, G ^ ^ V) 0^, F 

1. 11. DFGH omm. <\; — H ©Z?; _ DF ajj. ^'f-^o après V-^P. 
1. 13. DFGH |1**?0; — D F G H H au lieu de ^o^l ^H- 
1. 14. DFGH ,--^ au Ueu de '«::-^; — DFGH omm. V^t^ 

v^ i ^N >û*»^; — D F ajj. ©ooi après ^ i ^ â ^ Z^loo. 
1. 15. D F omm. ^©A 
1. 16. F G ^4Loo^; — H aj. ]hJ^^ après >iûo<ji^; — DF ^«^ 

au lieu de ®'^. 



p. JL», 1. 17. D ^AOio}-iî (sicj; — D F G H ^? au Ueu de t:^^. 

1. 18. D P G H Vlo<"? ''^^^ au Heu de V^<n PI; — D F G H 

]^ob^ au lieu de ^^oh^, 
1. 19. Dans E, Vlo<no semble avoir été corrigé plus tard en P<no. 
p. ^, 1. 1. G om. 01-^ oooi; _ D F ajj. l^i gnS après «2^; — F aj. 
ou^ 0001 après ^aj»aû!^o, 

1. 2. D F G ^1? au Ueu de t^ï??; — H om. la phrase 1^V^*<^ 
mZjQ^ 0001 ^^éiSm ^^àSqi >^)?9 f^^'^^). 

1. 3. G ouD au lieu de oiZo!^; _ H ,^ â ^SnV> o au lieu de fO 

m 

^ » l\n^n . — DFGH omm. ©ooi; — H om. «n-^. 
1. 4. D F oodi ^Aj^ au Heu de ^oôî ^, — ^; — D F G H 

^jj3ZhLû' _ DFH ^? )o(n 901.^^^; G fH '^^ ^o^^^^. 
1. 6. DFH ^ O é S^I o)?, g ^ O é S^H o}?, au Heu de ^ n i S^l o^?; 

— D F G H t^l? au Heu de fH r*^'* 

1. 6. D F G H Vis} au Heu de ïls; _ D F G H ajj. fH *P^^s 

1. 7. G H ajj. 001 aTant Wr^. 

1. 8. G PV» pour iV-»; — DFH l ^g i '» ^ pJ»; — DFGH ajj. 

^001 après ^«^i^l, et ajj. wkooi après ^:^r^?; — F aj. 

]aài> inS après 01^. 
1. 9. DFGH iZ n ÉÉÉ C' ÉÉ O o. 
l. 10. E G V^îoiiO; F P^r^^; — D F ,-— k? r^û:^ au Heu de 

P*^ ^? r^î ■- G aj. obi avant Ir^; — H om. îf^ 

1. 11. H ^ à no au Heu de ^J^-^; — D F G ^moàUi}^ } h à nn - 

— DFGH omm. QJito ^oou:^ "^^ P ^s. 

1. 12. F V^ au Heu de i ,-TffS0 4>; — H ^-^iX' Vf TftSn à>; — F 

j7o«iÉnV> Cl Snn au Heu de ]nnoV> ci Snn. 
1. 13. G H reporte ^? apiès U^ ; — D P^l ^*4^? "^r* t^^ 

• • • • • 

oiJ^ol^V, F id., mais aj. o'oi après P^l; — H ou— ûâiJso 
au lieu de oulnaLûo. 
1. 14. F aj. po» après l ^nS\ ; — H P^r° ®^ »« Heu dé If^ 

1. 16. D F ajj. Vi^i^ après ]^^aa^o, 

1. 16. G H omm. la phrase PWt*» <"^ ^^]o . P^ «*<" ''^H© 

]Z n É^o- D F remplacent la même phrase par ^^] |^o 

ov^: — D F ^^2^ au Heu de ^£>2^o. 
1. 17. H ^oiqIm ^o?; — G om. ^oiqIm?; — D F G t^^? au 

Heu de ^;^. 



p. U, 1. U. F G ^4Loo^; — H U^Q-^ ooi ^^ ^ aiA3 ^9 ^. DF 
^^ ^ ]l£iQ4 looi wûaa ^--»5 ^; G id., sauf ooi pour 

Jooi. 

1. 16. G H >-^ au lieu de V^f^; D F omm. V^r^; — D F G H 
Vàaio?; — G ^^p^; — DFGH ajj. ^.ia:^. après '-^r.ç^. 

1. 16. G H ^oZ P; D F* ^o^ P?. 

1. 18. H om. P; — D E F »-ûa3 au lieu do v^r^. 

1. 19. D F VàûLo. 

1. 20. D F G omm. >a:^; — G écrit y^hhh^Z et om. ^; — D 
wOaJî, F wûaa ^y_^oio, au Ueu de wûa30; — G U©^} 

]Z}o . v^naife; — H omet les mots >o li^ ÎZiJiiio ^]o 

wnaJo . ]2£Z] ^ hhh^Z. — DFG -^^^ au Keu de ^^^ûli^. 
p. JLê, 1. 1. DF ^oio^)) au lieu de wKjioôli)}; — DF ovô au lieu de 

L 2. G i^ à n à m m, h r^à^u^Jo] (sic); — D om. oi^. 
1. 3. DFGH VLamiD ^2l;|? J-loru^ ^^lûJS^ ^i^, 
1. 4. F ^*J-»9lJ»o au Heu de \om\o, 
1. 5. D F ^r^^ au lieu de Ir^'. 

1. 6. D wûôuA«; — D F iJaffliûi*; —DFGH ^lûSto )av^P; 
_ D pZ^iuAÉà }(jiA., F piCLiàjioo pZiJl^uAM joiA., au lieu 

de Wr° l«»^o. 
1. 7. E obuiii au lieu de obui^o. 

1. 8. H om. ^?. 

1. 9. H om. V^iO; _ D 1 àlmaû?, corrigé plus tard en 

VOûtolûî; — DFGH r^^ au Ueu de M«-»^; — DF 

ajj. loo» après ^*^'. 
1. 10. D ^qi oSonl ?^ corrigé plus tard en wkw O é S o n I v, p 

semble donner wKw n ê Sn aJ?; — G H ja?Z| ,^^ D g ' * o 

ja?ZÎ?, F looi ja?ZÎ5 wibi V^, au lieu de j*»?^?!^. 
1. 11. DFH ajj. )ooi après V; — FGH lr-*2^0; — F aj. ^? 

après l|-**2^o. 
1. 12. D F omm. ^aalLo ^. 
1. 13. F G ^gipÉàViàl?^ H ^qin*àVià1^ d wKnnàV>àl9 (sic); 

___ Y V«Jiaa) poi^; — DF omm. ? lou-X \a^ ooi vam. 
1. 16. E om. ^Ai:»^^ ; — DU omm. PI après ^ûaJo. 
1. 16. F H r^^i^', — D XuwZZ?; F H >QAio-i2^v, — DFH «2^ 

\h^o^tZ, au lieu de oi^»— *Q— ^Z; — G donne ainsi cette 

ligne et la suivante : Vp^\^ r-* î wkjioa}**) Z^^kLû)? ^£iL 



^u lieu de ûfi^?l, et F aj. «-^ après j**?-^'» — D F ^«r^? 
s^(nho\£i )o(n9 au lieu de >^(nh6\£i^ oiZaLû9. 
p. eu, 1. 3. H place ^ après P? ^oi-Oj — G >f» au lieu de ^; — 
H Q-^'î; — D P^c^ ^^^1 ooi P? wéOL£) et om. ^; — 
F ^^1 ooi P? wéouû et om. ^ P^Q-^. 
1. 4. F aj. U^Q — i? après oiZoIû^., — G H ^-a^î, D F P^]\ 

pour P^l; — H P^l. 
1. 6. D F G H Vûi; __^H "^ pour ^-^O; — F V^o pour 

1. 6. D F G H loOT ^fal; — F P? "^ au Heu de P? V^; 

— D F G H ^-a^; — F aj. ^ ^ après ^^1^; — F 
TT^ PI; — F H omm. oin. 

1. 7. D F ajj. obi après <nZaLo ^^^ — F G ^^Looj^î. 

1. 8. G ]o(n V^OV — D F «nJoiîOaû. 

L 9. DFG ajj. looi après ^«oZi^l. — DFGH I01A.0 au lieu 

de l<n-^?; — F <5i2i^>i; H <nZ\U (sic), 

1. 10. G H l^i^aiaA 

1. 11. H om. Vlo<"0; — G répète ^©01^0:^0 ^^d après l»-^. 

p. U, 1. 1. DF omm. (nZohhàV\n> — G oiZ5^«àiao; _ D V^} >*1^S. 

1. 2. G v^H^ '^î — ^^ ^o<nî^\jL'i. H ^omZ\LL^ (sic), 

1. 8. F G TT*®; — F 1^-i^^i^. 

1. 4. D F (5ia£)M; — F G ^àioo^?; — G H ^^^r\>. 

1. 6. D G H ouaaLo, F oulnaLû pour «^^^ — ûaiû; —DFGH 

1. 6. G ^01-^^:^? C^J; — H T*» au lieu de 1^?, et om. ÎV». 

1. 7. H om. 0*^ après ^y^2ilD. — GH wkji^o|£). 

1. 8. G H omm. «-^ après î^î©; — D F looi au lieu de 01-^; 

— F li n ê g É SS ; _ G V^Oyls^; — H li n i g i SS (gicj; 

y . y 

_ F G ^-iâaA»!© au lieu de ^-i^a^l ,«©. 
1. 9. F H ^aû?j4^; — F ^2^1©; H ^i^o- — H aj. ou— ^ 
après ^û2^0; — H f^© au lieu de y*. 
1. 10. F ^«^ t?ï ''^l)? au lieu de PI f^Q^?; — F G vjoa»^.^; 

— D F H omm. l^^J-^ji©; — D F 0Ll;*aA<Tu^. 

1. 11. G H ^Q^ol^; — h\j^-^; —DFGH ^«^ ^^r^ P 
éi^ÊjkJ] au lieu de ôi^oaJP ^^La] V^^^ P. 

1. 12. D G «^î — H VaSi^ ^^?, DFG ^1^1-0 v.û2^o, au 
Heu de V^^P ^?. 

1. 13. F «2^ i^JioZlo au lieu de -if£)?Z)o; — D F -<la_^ au 
Ueu de ^ * ^S ; __ F Wr^? au Heu de P^Q-^?. 



Seconde vie 



p. cn^, 1. 1. D G omm. ^oZ- D F G H r^^^^'^, au lieu de r* «-i^? 



11. 2 et 3. Au lieu de ces lignes, D <5i-il5a£LOO oiZoLo hh^ ^? ^bi 
^wqSn loiA. 0019 obi oi-AJa^o )^.aaA9 otLliJDo s^tnho}..^^ 

. î©^ t^*^!?; — F môme leçon que D, -et aj. en marge : 

)^^dklo,x ^'01 hhza-^ — G oiVo sn ^h o ^- L09 (sic) obi 

)(nA.9 oôi . IfAA ^109 Obi otjJa^9o wkoi9o^9 mZhanDo 
s^m mhàSàtZ ■ é9 9^^ )ooi ll£L»h a&aLû ^gio^niiSo 
. ^A^Oi wâja:^ )2^dklO,X*^ — H wk0i9O^9 nJ^JO^ 92^£) ^-L09 

1. 4. H l ^î'^ ^'^ ^^— • — ^01 au lieu de J^-^L-à^Z; — D F omm. 

1. 6. G om. 01-1^; — F om. o\sî et donne V*^r°? au lieu de 

1. 6. Après ^If-a^ï, D G ajj. h:£Là.hZ] ^970!^ oULo ^J; ©t 
après ces mots G aj. encore : oi-ûnSLo |ooi \-^-oZj j-éii^^ oi^ 

looaio? V^^lo lZa£>9? 'V«lOy£ . oi^rx??; — G om. P. 
1. 7, D F ajj. ^bi après* ]^] (D écrit Î^^H). 
1. 9. D F omm. wkjio-^o? V^; — F G écrivent ^iioo^. 
1. 10. F Wr°? au Ueu de U^Q-^? o»-^^?; — H V-^^^^^^^iov, — 

D F ,5^^.^^^ Vk ^ au lieu de ^:^^^^? t^oua^ï^. 
1. 11. H o-^2u&}; — DFG Ir^ûiOf^? «J^. 
1. 13. G CT |^no ? et om. ? obi ouaJoa^. 
1. 14. F G ^iiûo^V, — G om. l^^JL^^^. 
1. 16. D ^? au lieu de fH» — ^ ^^^ *^ ^®^ ^® rH* 
1. 16. F Wr^? au lieu de U^^W?; — D F H obi au Heu de 
lf-*r-^; — G om. la ligne, 
p. eu, 1. 1. D aj. f-s^ après ^£>oZ. '— D H )ooi9 au lieu de oooiîj — 
D ^iiûooi^; — D H otoû^l au lieu de oino^a). — au 
lieu de cette ligne, F donne ^ ^ * \ 4» ^S ouo2i^|9 ^«é^ 
^^2^o^5 — G om. la ligne. 
1. 2. DFGH omm. wKJia^ài^; — F om. yS; — D FGH ja9Z| 



Pao9; — D aj. ^i^ après U^a^; — -F ^r^ au lieu de 
U^o^, et aj. Connus) après floû^ ; — h om. la Hgne. 
p. %^, 1. 20. F <nZa^ 0001 ^^éOé^9 \Alaa] \fi9 ]l — la — *4-^; — G 

]nÉlm?o \aJJas] kLCLàÊ^'^ _ h reprend à VàAoi )Zui»iA.Z., 

— DFH omm. l?oi-, — G i ^ * ^ ^'^ fH *^.^ et om. t-^-^-^?. 
1. 21. BG omm. Vi^^ ^; — G )f^ P«? au lieu de Jr^?; 

— DF îfJû^r^? au lieu de IjJoio^ ^5 — g om. o'oi. 
1. 22. F oul^iM^liD; — C Wr^? «-^^? au Heu de U^a^?; — 

C H omm. «Jio avant ^Ij**^!; — G om. les mots loo»? 
oiJiD Uoa^9 oi ln ii Sf) ; — GH ^1© au lieu de ^î; — C 
aj. s£)OjL après ol2Ld ^|. 

p. V, 1. 1. C aj. ^001 après 2^1ûa,^Z|; — G 1 Ipoio:^ Z^Iûa^^ZJ 

]]1^^ pr ^r ià \n . — G «-^? ^0»^ au Heu de r^ «-^; 

— C fS^ «-^ \.^^1 au lieu de ]o(n \^jdZ} ^j^ oC^- 

— D aj. vA^, F aj. wKjioiài^ >a^, après \o<n \^Z]. _ 
^ vonso pour w onso, 

1. 2. C om. l^^i iO"^ et donne J^s^Sûm^ au Heu de 1iOf»*û; — 
BG |V>gMOo )ibbLod2a£), (G ^*ftA£>o); ^ EH Isoy^o- — 

«-^ au Heu de oii^^Q-^O; — B w ^O"^ . 
1. 3. D ^010-^05 au Heu de oif^o?; — G aj. ]ZhQLû^Z^ après 
oi^ov, — DF ajj. 001 après V*^r°; — G V»H® V*^r° 

okaaoLû Zaob^o 

L 4, G ^*-*-i au Heu de NAiflo; — après . >a— ffl_a, C ajoute : 
alâM^9 \^ato:^ûâà, .oou^ ] a ï | n^o oi Sé^ qiZn S^— o^ 
)^o^o ^o^^ )>s^^ 'v^^'^^'f^? V-'^r-'^^V-^ ]^^ av^v 
.'^V^éééS^ s^m ]ha2^ P<^ t7>^ • ^rt~^^ ^T'^? ]SnVi4>o 
\qUo . ^001^109 \j\si p^os ^ onnS ojé^v>)^ ^^éSéJ \.:^ 

1. 6. C ïr^? au Heu de ]r£\ V^?; — D om. la Hgne; — E 
porte seulement ï^^-kio^D \ h à \ àfZ >a::^, et H >n S à> 

)2ulo^-, — F )i ^^— ^ ^^? l^^^^^r^ {^.^il^^Z ?nv^Sa* 

* * • 

OA, ^;^*^ : )oi-^?; — G )r^? )2^dklo,x JI^^éJ^^a^Z ^YiSA* 



p. ^^, 1. 6. G ^r^ -^a:^ au lieu de Joi-^P; — B om. ^ooi-iAlû; — 
-, B F G l â V i loS ; — H om. la li^e; — E manque. 

1. 7. C ]o<n au lieu de looi |o<5i; — CG lls^Sn A>; __ H om. 

la lig^e; — E manque. 
1. 8. C Ir^aso, F Pr^aso; — B G reportent 11 ^ vl th après 

îyDoso; _ G om. V*JLiâûl V^; — B CG omm. ^f*©; — 

H om. la ligne; — E manque. 
1. 9. B C ajj. \sLûm3] après Pa^5; — D F ajj. «n-iû!*.? ^aJ^i.:^^ 

après Pao^; — G aj. V^iMal? \jt^ V^io après Po^'; — 

CD oi^^oioLo^ sans ribbui; — H om. la ligne; — E manque. 
1. 10. DF V*JLiiû|o pour V«Jiial V»^. — c ^©oi V^Lov, — c aj. 

jZ^^^kLo après <nh^^iû£iO'^ — H om. la ligne; — E manque. 
1. 11. C om. ^^SûM^, et aj. â iSnS après V«Jiiaî; — D U^-*2^ 

Zooi- — H om. la ligne; — E manque. 
1. 12. F G l lSl)Sn A>; — H om. la ligne; — E manque. 
1. 13. G V^2^?o au lieu de V-^2^? ^ n tà \n o- _ B l2i:;iAoÇ)o, 

F ÎZiJiiioÇ)^ ws)o. __ G U»»' au lieu de P^; — C ? n ÉÉ So o 

V2>2^? ^1 IZiJiiioîflî et om. looi 1_J^; —CFG ponctuent 

1 ^ ï*^ ?o ; — H om. la lig^e; — E manque. 
1. 14. D aj. pûOioîo, F aj. l lnw^ o, avant V^lma)?©; — b om. 

V«J^)?0; — G }oLA'r0^o au Heu de V*JLiiû)?0; — G ^^ 

^nUy-aLoo |ooi au lieu de ]o(n wS^ ; — G Q^© au lieu de 

Q-^5 pLaoi; __ C om. ^ O éé So . _ H om. la ligne; — E 

manque. 
L 16. C ]2iJLA^ é I^S au lieu de oiZO^^î V».; — D F '^ 

(nh±à^ia£i^ t:^^^; — G qiMégVio? ^^éSé} \.lk; _ c om. 

)ooi ws^ et donne ^OééSo )ooi ^Trn|"=iV> ; — G )©<n ^^ 

VufôâP 003^5; — B om. V«Jitol; — H om. la ligne; — 

E manque. 
1. 16. c om. ^a-rû?; — D F U©5Z)o; — CD ^-aaj, F ^^, au 

lieu de ^^-^1; — C P?? au lieu de P?; — H om. la ligne; 

— E manque. 
1. 17. c ^©oui:^ au lieu de v®***^?» — B D F î^i^oiaSOû (D F 

sans ribbui); — G ai^^oiQ^ r^^î — H om, la ligne; — 

E manque. 
1. 18. F ^0-^9; G ^ci^; _ H om. la ligne; — E reprend 

1. 19. C om. ^r^ pLaoïo ; — E G >ai^-i*© au lieu de M-r><"© 
>a::^; — C Wr° aïi lieu de P^Q-^, et aj. \slûsl3] après 

f* 



, 1. 18. C om ^û3- B D F G ïooi ^ûS; — B ^oia**2i^ô, D E G 

wÉâZ^Zlo, F ]r^^ ^M2i^Z)o, au Heu de <Mh^-3h — 35 ; — c 

,-^^,JLLo (sic); — F om o^o, G om Via»©, au lieu de otno, 

1. 19. B place a^^^ avant V»^aû >û:^; — C V^) au lieu de V»^aO; 

— F G omm. a^:^. 

1. 20. Après iû^ZZ'f H donne : ^o^-* ^so . fl^ . ^âonia^) ^]o 
. )^a^ ,, et reprend ensuite comme les autres mss. ^|-»oï 
OjM etc.; — BCFGH ©Vf© au lieu de ^}*^<=>; — G 
V^^oÇ pour V^o55. 

1. 21. E H r^Aieuso au lieu de rr^^^i O ^^:^*^^?; — C D F G 
If^ au lieu de Ir^^i^; ~ F aj. Wr° après t^?. 

1. 22. B omûa,) P au Heu de 2^-^?; C D F w^otoZ^-^^., E G ^^^ 
H wéoio2^-à^9; — F aj. ^jio^Ziloo après ^j-^oiZ; — F 

• • • 

1. 23. B 1^^.^ au Heu de ïf^^û; — d F ©oi Ifnû; _ G om. r^î; 

— E G H 1 — 1^— D©5 au lieu de 1 — 1^— oo-j 1^; — C 

1. 24. Cette Hgne et les 18 premières Hgnes de la page suivante, 
jusqu'à «^ ]oaiZ exclusivement, manquent dans le ms. E 
dont un feuiUet est perdu. — C |oiiO-^ ^^m» H ^r*<" 
JoiioZ ^^; — B Vû^ loiloZo V»-©!©; — C G omm. M; 

— D reporte ]^^ V^©1© après ^a3) ^î; — F ]^^ JouLo-io 

^, 1. 1. B . P^ . r^l© Vf^ t:^? ^onûiâj; -1 H om. la Hgne; — 
E manque. 
1. 2. C P^ au Heu de >-^^-, B û^is.^; — B l^onûiâl au Heu 
de Wr^; — DFG P^^^ Wr^; C V^Ams) Ifio^ih W|-0; 

• • • 

— H om. la Hgne; — E manque. 

1. 3. G }©<nJ ^î pour l©«J?; — C om. ^î après PI; — H om. 

la Hgne; — E manque! 
1. 4. G \AàIàa} pour V'JliâaP; — B place ? n ÉÉ So avant V^^^P; 

— C om. ? n ÉÉ So ; _ dF | ^S * I)^o au lieu de 2^P-i-^; 

— B ^ûa au Heu de PI, et aj. Wr° après IV^; — DF 
au Heu de P); — C IP^» \Mlià^] 2^| ^î '^^ ^a^ ^ 

••^r^^r^ P©; — G IVs^ Wr^ M J V Hsç, ^; — 
H om. la Hgne; — E manque. 
1. 5. B ^1 pour ^1?, et om. V*-*r°; — C om. ^î? et donne 
^] au Heu de t^l?; — D ^î pour M?, F ^©oi-û hj]- — 
G om. ^1? et V^r°; — H om. la ligne; — E manque. 



, 1. 5. G ou^o^^ ^-a:^)o )3aaflUd) an lien de ou^o^^o Vàcoi; _ 
F ^qi o > S à>|; — C H V*^ûO au lieu de 1^^, B D «^^, 
F oi-kao; — au lieu des mots ^r^ |yJ oV)|flS ^<n n à \ ^ 
)2^, G donne iyJ nV i |flS oi^ oooi ^^ÉnTà^Sn i^^V^ r^ 

1. 6. C om. 1^?; — D 1?« «^?; — G |i^9 t^t>^?, et om. 
]?(n . — £ ]^(n )^.^u^ p^ ou^ oooi «i^oia^^o. 

1. 7. B ^? ooi au lieu de ^f-*<"; — E om. ^— *r— *^; — ^ 
>j^h^\ au Ueu de r^i; — H om. «-^; — B D E F G 
^ooi^ au lieu de <n^; — H om. |o«?; — F aj. V^ 
|<juX^ okA^^ après |ooi^; — C aj. «-^ après ïooi ^auaiû. 

1. 8. F Z^^SAo} (sU); — EH \t^o V^s?. _ AC Ir^^O; _ 

1. 9. F l^î^^îî^Hî — CDEFH >ajJ»-^A3; — B \hAO^ >aAio2iJo 

1. 10. c aj. oi-Sûi.?© après ^?, et écrit nSY> à>. — G om. ^:^«^^o', 

et aj. ^?^|o après ^«A 
1. 11. H \ofn ohl\ K'f-ja^? \X1^') V^iO; G |o<ji >11.^? V^o 

|Z-,- à g A. ^qiSno ^>Sy àSfio ^^; — B C D F H i^^O; 

1. 12. F G ^oioûsj^ au lieu de aûs)^; — G f^^? an Keu de 
^o^ûûJv, — C reporte l ^É ^nS après , o^riûJ^; — H WP 

• • . • 

— G 00(71 ^-aI:^!) ^-éSo >aik )3aaflUd) oo\ i^O; — £ 

om. v^ ^ ^ g». 
1. 13. B om. V^oû; — BDEFH r^-^a^? au lieu de r^-^t^?; 

— C om. Vi^oû ^^aI::^» |oi, et donne ^QJ<n ^Q — >! Q— i.9| 
Vià^^l^ ^oio-fCLO^; _ G om. V^Q-O ^-jI^»^ loi, et donne 

1. 14. F V^û^i? pour ^1?; — C G ^ouiJo^fCLO, H ^oiOfCLO, au 

lieu de ^o /i*^n . 
1. 16. C V*^û2aP au lieu de V*^û2a| obiJi^; _ G ^i ^\ pour 

o^l; — F r»^? au Ueu de >û-^?; — G aj. ^oi-Al-LaS^ 

^01 É 1|' n no après «i^t^O'^-ûA*. 
1. 16. C F G H omm. ooot. 
1. 17. C W ^;-^s^oi-^ au lieu de Usaû ^QJ<k^. ^ H p^Oû^ai. 

et om. ^QJoi; _ G aj. ^oioj^î après V*^aû; — G o»^ 

pour ^ooCi^; — D F t i^nS ; — B E F G ^2^. 

f 



p. lO, 1. 16. DF IfiOa:^ obt^ au lieu de OT|V>SV)S; _ h >o^ ^oo:^; 

_ G pf:^QJû au Ueu de ]ooq:^, 

1. 17. B aj. >^mZZ}o après ] i In V^i q S ; -- C aj. ]o<n après 
^ >* n à,}' — B qii S w 1o ^ ^-^ ^^ r— ^i MV— 3; 

• • • 

loi^P >â:^^1; — C om. Ir**^; D F lr**^0; — B tQj*<ji 
au lieu de <^ * ^ <"; — C aj. ]^\ après i^ ^ ^ oi. 
1. 19. BE ^fiOr^^aa^?; CFH ^-àa^lsto^v, d )fi|Ja«a^v, G 

• • • 

^-— k^aHaaV^V, — F l ^i gHS après ^-âoioûs); _. g om. 
yM. _- c 1 ^* 1^^ ^ouUo^ûna^ oûs) au Ueu de ^oioûs) 

1. 20. G M "^ ^**^' ^(Tio^-CLOo. — c f® au lieu de r»^; — D 
Val;^ au lieu de r^^; — F ^P ^oiQ2i^oo|o au lieu de 
fû^î — G ^i ^oioLûieo au lieu de i '^ S ; — G om. 

1. 21. B om. ûnaJ, et donne oooi ,-AiiMua-à.^ au lieu de r^^dD^-^ 

— H f«o au lieu de ^? ^r». — C om. ^fû^? ^-a2^»^ 

1. 22. G Î^JûLû^ 0(ji. _- F u»OfJQio^; — H ^QJ| au lieu de 

«^oi^Iï^; — B G H ^oioosl© au lieu de n n q )o; — d 

oûâJo, F "^llo, au lieu de aûs|o. 
1. 23. G ^OTOfCLOO au lieu de »-àouÉJo j£in3^ . — B l|-»*iû après 

ovi^ ^r^; — DF }o(n ^^, et ômm. o*^; — C l^ non » 

G \A£L!:i£io ]h\^ ^r^' 

1. 1. E I-^Ht^ a« lieu de }2>X)9o5; — DE FG omm. looi; — 

E aj. |o« après ^-^«'O; — H om. Wr^. 
1. 2. B D F V^ au Heu de ï^^^; — B écrit ^l^»^. 
1. 3. C H ^*JU9^ au lieu de ^*JU^?Z| ; — B E ^^^"^ >Q— -àî 

om. ^a^fo?4|; — G om. >âûûis| ^? Pao^ 
1. 4. H îal P au Heu de t-»^ P?; — C <" | v^ ^ au Heu de 

oulQ^a^*^ E qi V> ^'Q^K?o ^qinléSV^ — G )^<nQJ ^ .à O y S 

)o(n ^ f^ociflUd)? oubkA^ qi |' ^^ *=> ?♦ — au Heti de notre 
phrase* F donne V-^-ô? ^? IHt r-^ V^oûa^l ^? P^û' 

— D F o<"0 au Heu de ©«; — G H ^? ©<". 



- V - 

V»<nA.O; — C G 2iw4£) pour ^Xàû. 
p. <•, I. 8. B aj. (n^ ^] après Î^Q— io^; — F G ajj. looi après 

r^^] — B D E F G H K^o ^^^^ ^. 
1. 4. D F ajj. ]£LLsLûo après Wr^a^; — B om. o*^ ^\ ; __ 

A B D E F G H ^-ûm^O; — h ^U-^Aéé pour ^P-é-^. 
1. 5. D F ïooi oi.iiàa^)., __ G aj. ] àÉ ,nS après oujislé^; _ c 

om. ^1; — F ^qi n i So Qj^ au lieu de ^oioéSM?. _« g 

^oio^l^ au lieu de «^o li^. — p aj. ^ct O é SM o après 

1. 6. BC oiJoi^os? ^^po; H 01 — Joi^oao ^^o (corrigé à la 
marge en ^^^^); G ouJoi^oa V^ )ooi wS tpo* DF ^ «po 
oUoi^oo ^ >oûûJo . ou^^ ; — B fû au lieu de ^^oZo, 

m 

1. 7. BFG omm. ^oZ; _ BDFG ajj. V^r^ après t^^Il^?; 

\1)Z |1YiSnÉ».' 

1. 8. F G H ^JauaZZ]*^ ~ G aj. «^ après ^MasZZ].^ _ B ooi 
I^Qio^. _ Y u»o^Qio^; — D F ajj. K après ^r^; 
— G aj. ^AéfcJ après ^r^. 

1. 9. BCE ^-àû^lma:^; H ^-Aô^JlttoP; G^r^o^olûiûP ^|; DF 
ÏOjJittoP; _ B om. V»^?; H ]SU30 au Heu de V»^?; — 
Q \aua£i at^ sJOjaIZ] ÎVs^ PLLûi^5 — D F omm. ]sïLls^ 
et reportent 1V^ Piûi^ après «— li. ^ m é q I Z]-^ — G 

1. 10. H r=o pour ^5 — C ««-lî^ après l ^ .^ok) » -^ D F orara. 

|iio*Qio., — E om. >o,iO; — c G >Or^?; — D F Ij-»^ 

au lieu de f*^. 
1. 11. CG r^^^ P; — DF ajj. |o<ji après r^^^; — G <n^ an 

lieu de qiVn S» _^ H oi^is^olo^ — D F ]o<n \ n à.o 

1. 12. C lyJoio^ au lieu de ot^, et aj. V^r^û!^ »près 2^1lAiû|; 

_ p G P^^\ au lieu de 2i-*1iàLû}. 
1. 13. D ïooi v^lkSto, F «-^ ]o<n ^^^^i^-, — H Wr^ M^"?; — 

D F U^Q-i? V^r^ au lieu de Wr^?; — G ^. ot-àlao 
mZo^ après V^r^?. 
1. 14. B KoûAûLO; — G qi^ Q^ É ^ W Ifcu); — DF ^1® pour 

-si. 
1. 15. D F omm. f^; ~ B D E G f^^^J?, F r^^?, an lieu de 



— ^ _ 

p. >, 1. 9. G aj. looi après V^S-^ — F V^^ an lieu de 

D F ^qi O â nn à l pour ^oioas^J ; — ' Q om. oiJLlD ^n^*^ po • 

— C ^oiOAâ^ po en-lLO ^nA*^ p^ 

1. 10. C l^r^; — H ^^^P? pour ^al^^^v, — g aj. oi-ll>o après 

|î^ (julLD, et omm. »-àoiaii^; _ F ^? omo-^ _ c \r\ 

pour V^fû. 
1. 11. E F ^4; - E F G H V^^m. 
1. 12. E om. ^oioZ^Î; — F G H ^kus^O; — d F ajj. oi — ^ 

après v W É q^ ZJQ; c H ajj. «-2^ après PU^V, — B VûX)o 

1. 13, C om. )f3 nV i pS ; _ c ^,-»oio. _ b Vo^o et om. ^r^<n 

poi ^1; — DF ajj. looi après ^^^-«1; ~ B om. Î^Qio^?. 

1. 14. C aj. ^oioiiifc après ^-^P; — B ^(no^MSi au lieu de f^ 

m 

'•A**; — E ^r*^ et om. <n-^. 
1. 16. D F V^ W; — C V^ ]o(n ]jL\- H ^9oi^ |ooi }a]- _ 

G "-^i V^>^; — G o<n ^2^ukA f£>; — F >>aJ;:^9 \h.à£i ^ 

jooi o2i^|. — E om. |ooi V^^ ^â^o. 
1, 17. G om. ^?; — E ^JOms] au lieu de ^-«-^ GUttAs). 
L 18. C t^l ]o(n V^Oj H «-^ûS».? oulio |om V^o-, D F G ajj. 

]o<n après V»^<=^; E aj. >Ayo après oUiO; — BC ajj. «n-l^ 

après oiUflL^ZÎ; — F G H ^JOj^ZZ], 
1. 19. H om. ooi; -:- C E F omm. >3oi; — D îflaLO^ poi poi. 
1. 20. B ^M^âV), H ouiOâio, pour >É SV^ à V> . _ B V^-à-oo ^Çoîj 

— D F Ir^o? pour Ir^©^ et |o<3i ,^} pour "^^-i^l ; — 
EG ^oio-^o^o pour l'foo^; — G JouiiSZ, pour V*^i^ 
et Vso:^! pou^ VM. 

1. 21. G aj. lliûi. après ^2iiûO; — F G H r^^? f^^. 

1. 23. B D F omm. ]om, 

1. 24. DF omm. Ï£)^o5; — CEFGH ^^^Z| au lieu de fO?-^!*, 
_ DF i^ ^ TffV) au lieu de f^; — B H t-^ O ' ^" * au 
lieu de t;JUO| ^ é O é»; — DF ^o? ^JUûam ^ P V^iO; 

E ^6^ ^IéOéA P? ^Lû; g V^O^ ^lÉOêià ]X>û . C P^^ 1^ 

^-Xi* ^ à ^à té ^;JLéO] et om. ^o?. 
. <•, 1. 1. C aj. 12^ après r^?; — Q. r^^^o^^} t^l, H M^ 
T^^^ûâ, au lieu de ^^lali.; — G om. -i^?; — D ^^^ 

1. 2. C pLOQ^ ooi; B P^Q-^ P«n o*"; H po» au lieu de V^^; 

— B om. V»^'^ V^AûiO; — C ioiA.^ pour V»<»^^; — - G 



— a - 

p. ^ 1. 15. C aj. ]àÉÉ-o après \^\ 
1. 16. C ]lsu], 

1. 17. DF ^en-fcJoLi^o^-ÉJî pour ^«-aJoI^jJ? ; — D ]o(n y AinSv^ 

— G om. 1|Jfl*»?; — C H lf^^?o au Keu de ^^mO. 
1. 18. D fs^ pû9, F i^ ^«^ V*>?; — B D F omm.' ]o<n. 

1. 19. E lyJQio^ ; _ B >llcUouLoo au lieu de I^V*^ ^^ — ^® 
l?oi; — G }o^; DF ^oZi^J; — c ^ Pf^Of^ |Q-^; H 

1. 20. D F ^? )^ oS à S ^; -_ G )V^? ^A^?; — B ^^aJ ^ 

IfiO^ jooi; - D F ^1? pour ^1. 
1. 21. F l^a^^? au lieu de |2i.-àiOLA.-ilV, _ H V^^^? |2i.-àiOLA.-il9; 

— C }o<n ^naJ ^ao. -— B D E F G omm. ^ûal ^ao. — 
D E F G q i •■ n èJQ; _ B VJ«— ^ ou- 2^; — C G i » 

1. 22. C aj. loOT après t^io?; — B C E P pour a:^; — G P© 
(ooi pour A^ )?^o- — B H ^^^^^^o-, D F ^^^^ Po. 

1. 23. B |ooi ouMA^I pour |o(n J}-.; C ^oua^m pour \o<n |}-.; — 
C E omm. ^1; — C H ajj. l^^-l-i^l avant I^Vs^? — C 
\\1^ au Heu de |f^; — D F If^ i /nS i Sn sa| P| 
^VQ» T^-Oûl; G U^^ I^Oûlo JV^ » 7oS » Sn PJ. 

1. 24. G om. )^ oSVS ^ ^^ ^jt£i^ et aj. ov^ après >o^o- — 

F ooi au lieu de P<Ji; — B P<Ji ©oi; — C poi |^Qio^. 

p. >, 1. 1. B D E F G 01^ \V*iûo |ooi ^nnSV»0; — D F Wl tt^? 

ooi au lieu de alioo. 
1. 2. B oi-^ls P au Ueu de >-Us P; C D F G ajj. « ^ après 

>«*J^; G écrit ^-JV^; — B om. ©oi (^oLOfa^. 
1. 3. C D E F G omm. ooi; — D J^ (n^\A.^ ^^ \-:^; — C 

rr^?^! au Ueu de i^^?; — B I f i ^nS . 
1. 4. C |2i^Qio? au lieu de V*^?. 
1, 6. C om. If^; — G aj. ^QJ| après '^V-^; — B D E F G 

1. 6. D E F G H M wa:^-; — c ]Xsdûiû ,-^25^ ^ ^m ^}9 

PI ^ooulLo. 
1. 7. E I^Qio^ ^9 0(ji; — G ^n É ^m^o P et aj. «— ^ après 

looi. 
1. 8. D F 1?<n )^?aLo^2^; _ F wgonàl o) ^o:^; — £ 

pour 



— ai — 

p. j», L 14. B f^, F r^^.^^, au Ueu de >nS à V> ; — D ]om >oS é ^ 
01^09. — D E F ^001-2:^10 pour ^fi; — D F «2:^0^. 
1. 16. D F Vs^Of^ ^? 01^09 V-Sfc. — E G ^(no-f-iD09 V-2^o 
V^r^; — Cr oiJlACih Vl^O; — D F après oiZoûîo ajj. P 
(D ^?o}) ^?o} ^-iJP OCT P^lo . '^^ .-éJ|; -. B |1^ au Ueu 
de ^?o|. 
1. 16. G om. V^oa; — . B C G omm. ^-âJP; — D F ajj. P après 
^-^P; — F G vûLls^. — B aj. ^-«JP après ^r^9. _ 
E om. V^. 
1. 17. C E ^^,-^2^ 0} w£>^2^; — B om. <JifO09. 
1. 19. D F o*<n oui^ao; B C oi SonD ; C om. lo« après ''^V^io. 
1. 20. B ^a:^!; — c aj. oui^? après <n h à n\ ,, 
1. 21. D |?«iiû au Heu de IomIO; — C ? k>T^ au lieu de V^?; 
— F «-^1^; — D F l-^^r* V^ iu Ueu de M©., G 
lloKl»^; 1. D F ^H?; B C E G H H?, 
p. ^ 1. 1. c V-2^? >l-i^ »^ P. 

1. 2. D F »^<naJài3|? ^om^Aoh ^]q au Ueu de f^omZQ£ihO' — 

B VaûO; C D F Valik. 
1. 3. DF v®5^l "^^^O; — DF ajj. ^-àfi2^| P© après t::^^^ f* 

01-^; -— B om. ^?-, — F aj. f^^ô% avant ^*i^. 
L 4. B C D F G ïisaà«^; — E oûâJî ^qJ<îi ^loloiio ^. 
1. 6. C om. 0001 ; — C Ul au Ueu de oJL]o. 
1. 6. C V^Q-i au Ueu de ^y*» r® v°^T^î — ^ '-^«oM 1 — » 

• • • 

au Ueu de ^010^}? fa, et aj. t^^ après \^<^i^\ — C 
poi . è^ 001. 

1. 7. CF ^OToIi^; — F écrit "^V^; — E om. |o<w; — C G 

^^o)o; _ F aj. ^? après V^ nnW i q P; — H om. I»*^ ^ ^. 

1. 8. D E F >^<nho] \L1^^^^ ôu^^ -, — C l^asas) Pofi? ]àà|nN 

1. 9. DF ?o>iSr) o^O; — c Î^-Oiajo au Ueu de 9Q-.éé.^^.-0; H 
|9(ji ^OééSo Zi-oaiD Po; — DF ajj. 2^^i^ »près l?«; — C 

W PI. 
1. 11. CH "^Ho-, — BEG |2^H I ^^M^^^ î DF |2^1sOr^ 

J2^H. 

1. 12. F Wr^ pour V^Q-i; — DEFGH omm. ïooi; — B om. 

1. 13. B om. I^i^^^î — C Ur^i^ ,-^Aâ3o .^U»» r=; G r— » 

... • • 

j^yL^ ^àn^ilo 00(71 ^;^A^^. 
1. 14. B om. ^r*»? .oouiiûyD )ooi |}M2>io ^. 



— cfxA — 

p. t, 1. 24. B VÔÉi au lieu de w^iâU; .— D F omm. fS^î ^ "^ P^'^ 

1. 25. B aj. \o<n après ^ûJiJBU; _ E F ) VtVi >^ y nyh , ^ 1 ; — 
B D F G ^M2iw-L0?, C ^^^-"S^^,, au lieu de >QM2i^?; _ c 
oi-à-aJ au Heu de o^^o^; D F G V^©^. 

1. 26. D F G ^i:>o|o; B V^ pour ^2iiû|. — C D F G H M^? 

|oai; B |o?« loo"? au lieu de \om >a^J>09; — C om. V*^'. 

pv Ji, 1. 1, C U»»^2i^ au lieu de ^^-^ |-^^; — H om. Ur-^?; — B 

1. 2. B C l-^r»^ ooai ^^U^?; — B C D F H V^P, G ^? \^, 

au lieu d© v^^iojo. 
1. 3. CPEH omm. looi après Vûiv, G «Ji \.ôôV, — BDEFG 

omm. ^o oiMd j — au lieu de qi In . lowS^ ^J^ . b seulement 

1. 4. B om. ' ^wVlS ? ^5 DF k>T^ |P« ^ ^ ■ ? 1 ? tt^; — C 
Va* au lieu de v<=^^; <> ^^ )> n ) ^; H v;. >l . n ^ — o 
(sic). 

1. 5. G oiZii^iADVLD? «ôljNkV, — B H omm. t^l; — DP G Ir^a^^ 
pour Ir^flî^; — D F ^^ * ^oS au Ueu de ^r^^î H v * ^"^' * ^ 
(sic); — B CD F V^o-iài^ au lieu de l ^n n S ?; _ E ^9-io 
pour ^^'^o. 

1. 6. C Vûf*? pour poo-^r* — h om. ot^^:^ ^. 

1. 7. D F S Pf*»P; — D om. |ooi après ^--*i^. 

1. 8. C Vû£>a:^o au Ueu de V^oûo. 

V. 9. EGtt*^©;.— c f-S^au lieu de ^V, E om. r^'>', — C F 



1. 10. G aj. ouàAj avant ^©ouliO; — B ^ tSS f^ o au lieu do 
qi|-VnsVio ^oouILO; — C om. «ooulLO; -^ E OT|-VnSV) 
au lieu de qi ,'NnsViO ; g (Jijioaii^; -. D aj. ^sOr^û^), F aj. 
^ >Or^û^, après ^ooUiO; — au lieu de U^? ^i^iûj P) 
Vi^i^ iooi, B 'r:^? ] * N^^ , C K^^li^ PI. 

1. IX BC omm. ^oouiua; _ B ^<no?1^? an lieu de v9«-*?l^ ©<"?; 

|oai après \©*''^?i^ ®.^?- 
1. 12. BF ^^i^^O; H io(Ji -ii^^oç DG iooi > O , S y, — CH 
«r^ au lieu de <n-É.a3; _ y pa^flo. 

1. 13. G TT^^V^? au Ueu de tT'^^vS-î "~ ^ ®®^ k, '* ^ *^?; — 
E G omm. l^io^^; — B l-^r^ ]o(n \\u. 



e* 



p. t, 1. 2. D G ïaûûo? pour ^-aûXûLD?; — fi om. la phrase ^^| ''^^^ 
jusqu'à t^o,-i4i^. — C 1-io^^àiï». ^amio .-éJ| V-aV, — F 

^ffliio j^OA^A^. — c ^^'1 ; — BFG qi l É n â. O A>? V^oo. 
1. 3. B om. ^1; — D F ^*<n. 

1. 4. BDFG omm. «-^; — DF ajj. <n-^ après r'^^}. 
1. ô. F rf'^A au lieu de fO?-^! ; — C «-is^? 1 w * *« S pour 

ciniéfiS. _ jp VMr^? pour ]A * r > V) ^. 
1. 6. B F H omm. }r^ ; — B àj. ovi^ après oooi; — C ^oot^ 

au lieu de oooi; — D F omm. odoi. 
1. 7. C D F ]o(n 2^^:^., — D F oi^j^Lk^o^ Zai^ ^|o; — c om. 

^-i; D F U au lieu de ^-^; — F écrit ^Vl. 
1. 8. F s^f^^^î — G lyM ^}. 
1. 9. B \^oh^kia^ ^h^ },^J; c }^o h 4 V>S },^| >,.9^; — c 

• • • • 

aj. q i 1 * *^ à> o A> après ^?; — B om. i— * ©* aJ- J®^ après 

wjLA^v, — c Tr2=>, G v^^, pour ^f; E w£ia-*Z|? ^or^^?. 

1. 10. G om. r^:^; — B om. «-^ r^^? «f— »| r-^^-^; -- C om. 

• • • 

1. 11. c ]lshJ pour pLaJ; _ D F >-*}iîi^ ] V^ S ?? au Ueu de 

: ^]£)2^o. — B ^? Om au lieu de r^r^^- 
1. 12. B CH ftolo. — H om, obi; — C F W? 1«^; D |«^ 

1. 14. E G H ajj. >p?ocLà, .^.*î après ol£3 p| (G écrit t^?ocLà,) ; — 

B D E F G *-A^<n ooi r^o. 
1. 15. D \<no pour loi; — D F H -•^; — B 1a^ ^^àa-à.| au 
. lieu de ^ ] ^ "^ loi; — B V-*9aia^ P1|^; c -iooi PU? 

1. 16. B 1r*»2^o au Ueu de "V^^o. 

1. 17. B ^oio^ au lieu de \^i*^^; — F oiii^^^^i. 

1. 18. B om. l<n-^? |^ n V m Ig-ftYlO ; ^ b ^? <?« au lieu de 

^^01; — F Wr° »ti lieu de \^^^. 
1. 19. D F omm. \.£^^\o, 
1. 20. B E omm. V^^-^r^?; — C I MVI éouLo au lieu de V»®-^?^?; 

— B C omm. |ooi; — B «-o au lieu de rr^^y — D F 

A-»9y-i4£), G '|A r® au lieu de Hr'»*^- 

• • • • 

1. 21. C oUjJolà? ] V>n é V> V-^i-^; — C om. M<"; — B om. 

^0190^9. 

1. 22. B H oooi ^oouaZ^I ]lom. 
1. 23. G fûo. 



- ^ 



p. C\, 1. 8. C H -^o« v,r^l; D F «-^ >^o<n ^-f^û]; — B aj. j ^é ^V) 
après 'i r\ M \n . — A B G P pour P?; — C i-»s^ P T^^Sni.. 
1. 9. B C F G ^1 pour ^|?; — C ^ 1 » ,• Vi V i, D E F G H 

^1 é»é |V^V) , aa lien de t;;^) r^flûliO. 
1. 10. H l^^-^i^?? pour |2L-i;^AMV, — D F ou-so^^-Sî au Ueu do 
^(710^^9; — G oai au Heu de ^^»^^; — E om. ^?; — 
E UV^ l^^^l; — C »j. looi après t^^^^î — E poi au 
lieu de ^*<n; — H om. ^*<Ji; — B om. la phrase »^a^oi 
^? jusqu'à Ua<n. 
1. 11. C H ]1^] looi ,ç^(ji ^? hh£) ^. E G ^? ^^^ T;:-io 

]Z\0 \£ib^ ^^éSct; b d F l'^jO ^97 ^9 hb^ ^LO; B 

om. l2^-M^i-àlo. 
1. 12. C H aû:i^Z|o; B nO ÉÉi r^l ; — B D F G omm. ©ooij — 

B C G H l^^l «^ v^r^^?. 
1. 13. B 1V>^^? ]jp nVi1^ ? >pl; — C D F H IjpoIûJ ^Ij — DP 

-iOOT au lieu de ©r?^» — DF |^o2i.-ài09 ^£)1. 
1. 14. B om. t ^ >É 0n à>Z?O; — D F poJk^^ ^i-»«. 
I. 16. B om. «^; — B l^oZ^-i^Q^i. oliol. 
1. 16. B om. V^r^. 
1. 17. B om. l^i^î — G pQJ^ V»©}^ ^Q-:^?; — C H ajj. 

TT*? après ooi; »_ b Ifua^ V^^Q^; H If-^a^ (fncj V^Q-i; 

F V^^V*? V^^^; — B oiliSfo. 
1. 18. B om. <n-É^V, — B C G H |o<ji .MiLî. — G ouaus|o. 
1. 19. C om. V^r^; — C cnJUa^OA» ^^ ^i-»«î — D F ajg. 

ou^ ]o(n après r^J^- 
1. 20. B ïooi ^1; — G <n-àr^i:!J? pour ct , osvnS . 
1. 21. B C D F H PLi», G t^, an Keu de llaiO; — E om. I^aio 

^ (3L^ looi et donne «-^ ^1. 
1. 22. B >osii£iZZ ^as2LuQû^ \l!^o^ ©t om. Ir-^®; — D F omm. 

^2LA£i£); — F >aûii3.i^; — D F ajj. ^^ après If*»^©; — 

C ]^ ^î pour If-^o; — G ("«c; >É Viwn ZZo |^. — 

H 1v«^o >att£>Z^ ^2i^àâ£>^ >2:£}Lo V^Looa. _BCDEGH 

1. 23. D F ^ous IZi^-o-^jàû; — E G H t^1^?'î — D F ^^^o 

pour ûlio o|. 
1. 24. F G ^V^ pour ^}iiiO; _ B ^ 1 »^ ^aôsoio; D E G H 

^JUasoiO; — D x^^o^ pour l^Or*»; — F l-^Of-^ ^-ioo 

• • • 

p. !, 1. 1. B om. 1^^^; — C |^o ,' * V^nS |ûS(ji;^iû. 

e 




^"^ • • • 




KïflAK^l |<\a^ .1.^^:1 >\aL, 



(Ms. E, add. 14655 du Brîtish Muséum.) 



1. Gr. [JLupov. 



K'nXSâ . rCsu^x^ AC\tfi ^*ri\ c\t^. v^taïK^i ^ aux^ là'y^A 

€i€icn <Ls\a ^^gq • c\<\Gr3 ^^i>i^a03 1^-^ Si en \n<v ^^ 

5 /cLi^ûaitr^i<%\ iC»ax^ac\ Kbi^Hâ rÙL»\o K'v^ ciôa ^oJi 

tftoJi t<>i N, ^îtfun rCi^^fC. idiîc\<a v<\nxJ i<^^/winci 



15 



^^tfic\ . âac\àV^n <j£-»v-B <AâL»CTiA chj€>Xscun c\c\cn 



20 



c\ t^scian ^pa . K >i n aioXa !<^<\cTun c\nA3 iOb^xjCTi>i 




1. Mb. CUuûatfll^^. 

2. Les onze mots qui suivent, jnsqu^à cn.\n^ xC^X^^ manquent dans 
notre ms. C^est évidemment la répétition des mots xCsCn^ tfiCLa qui a 
causé Toubli du copiste. 

3. Ms. écrit >dOaiCa^ et ajoute un ^ avant "^1 \ ^^^ 

d* 



p. en, 1. 8. C H q ilqSo ê S oot ^o. 

1. 9. A ^CT >1nSy3?, E G H ^oua3o}U? au lieu de ^ct iloSSp? ; 

— D E F G H |^^2iA,9 au lieu de l^^^i-»?. 

1. 10. AE omm. oo<n rr*^»^; — au lieu de ©ooi ■ é So q -^aa ^ 
oom^ D F oo<n ^ i nn ^ ou^^ — la phrase est devenue dans 
B . oooi ■ É^^ éV) <.-âqinVt| D «i^oialX \a1î^ )]" *" - ^i -ao • 

— G o«0; — H om. «J2»0; __ B )VnWi.V^^ ^ oot; — 

D F CT^ilOWàW^ (fuILO -^9 OOI. 

1. 11. E |o(Ji t^^ p ^oaJ^ au lieu de \o(n sââJ P. 

1. 12. E H V^ pour ^?. 

1. 18. B om. a:5^|2iJiû^O; _ B rr^f^^? ^«^. E ^,' ^WV> ,«; 

— B aj. ^qi nSs après oom . — B ©oi au lieu de ^o»o^| • 

— C Xa^ Po. 

1. 14. F ouasoou^^ oi^o^ > tààA'^ — G ovi^ après Vixjoi. 

1. 16. C reporte ^\ après ^f^ ^ ^?, sans doute par erreur. 

1. 16. DF If^i»^; — GH ^o^JÏ^ t^l; DF ,«^2^0? et omm. 

1. 17. G Vs^û-*^. 

1. 18. H ^ooulii. |o<ji ^OûLoo. F ^oou^ |o(ji ^oaLo ^|o. E om. 

^Oen.lLO; G «oaullD «.^(nûâ) ^aCîûO, 
1. 19. G ]^o^\l£i au lieu de Ko f i n i O . — g aj. lajJLao après 

)aAûiO; E V**-0 au lieu de V^aûLO; DF V^^ au lieu de 

Va^aiO; — C H oiiD|o pour o^^\ ^}; — G om. ^oA, 
1. 20. C aj. «-^? après l^î^^^. 
p. C\, 1. 1. G \V^ pour V^>; — D F ajj. Ij-i^a^o après V^^; — B om. 

j ViSsv ^ — c ^oiJ:^ ZOOT lyûaiDO; DF ]r^ pour ||niiV>; 

• • • 

— E aj. ^1 après -io«-, — F H ^oi é Io é Vi é I ?. 
1. 2. C H omm. K^. 

1. 3. G om. PI; — E om. f*; — B F G ]o<n ^-ao9; h n^f^r^. 

1. 4. G TT^ ^,-àOlO; ~ F ^<"Oi-»^. 

1. 5. B om. la phrase ^oto^ O éé So ooi ^^)s ^; DFG H ^^)s 

loo» pour oat w4«)3. 
1. 6. C aj. 01-^? après ^^?; — DE F H V^S^', G K^ pour 

V^S^'I; — G aj. r= avant PV^iû. 
1. 7. B om. \2.L£)^'^ — DF \^^ ë^ — Lûo |-if^ja^; — G 

OOI — !}• — D G ^oi-lûi. ^^Jtoiov, C ^oi-Sûi. Jooi ^^:>io^; 

— B H omm. ^oi— IQ^ après } •* s^ ©1 ; C om. 'f^ ©1 



- <1 - 

p. n, 1. 7. H i lN^N ; — C G H «-^f^P?. 

L 8. G om. le premier t^J^; — E om. ï^v, — h ^^9 (nh.^:^A 

^ILO ^^oij — B om. 0(n, 
L 9. B F lyloji^lo pour H^V^^V»; G ^^^^^2^:^. 
1. 10. F G >-àLoov, H >-àLoooi^ 

1. 11. C H omm. fS« ; — C H }2i^àii^ô ^ ),AS; B ^—^ Ir^® 
Jû^^^j^^. _ CGH ^oouA^I©. 

1. 12. D F ajj. fH *^*^* l'iLo:^, et \^^ après }oiiDa-kû; _ G 
^Viàno pour |qiV>nâoo» _ b «oou^iL*) ]^jDh ]r/r\\no 
JouLooAûo . 00015 _ H aj. \^^ après I^Zo:^., — C om. 
jr/oso et écrit \^oh]éÈ!^o ]h^J^ ]ial^} )qi V>n â o. 
1. 13. B Ir^^ TT^ 0001 TT^V^o. 

1. 14. F |ooi waieoZ2iioo et om. ^*<Ji; — C H omm. ^|. 
I. 16. CDFGH 1-iOf^?; — B ^©cWoi^Sûis. pour ^o oi2i.lûAi»^. 
1. 16. B ^ Èà y^\n pour i^ > Nv1 éé, et aj. ^om-l^k après ©ooi. 
1. 19. B ^oouiA^îJ?. 

1. 21. H aj. pOT après lr^; B ^«^li^? poi X^r^^^ r^ 'r^- 
1. 22. D F ajj. ^oiQlii^i-à^o après ^(nooi.£>Po. 
1. 23. B D F ajj. «^ après } é n zj; — C H omm. la phrase 
^ooi^.nik ^Lo ^oiooLo) ^^ o\A£iZ]' — H |— ^ an lien 
de ^1. 
. en, 1. 1. H o<n o^ ^; _ G I^^SééOO Vaa^ ]^£Lê^ ]o(n ^ ^ 
\o<n ^^iiû; — B V^V»*! au Ueu de W-iï^cLà.. 
1. 2. B i^ i '^ i Wl au lieu de v^ ^ ^^l -, — C ^oiûl^ ooot ^-^iJaJ. 
1. 3. C . ^om ^ocn ou^ \£ih )^Zqm ^éSoiq. H \£i^oh \^2amO 
, 0001 ^001 01—^ «i^oion— ^) v^ V >; B E omm. la phrase 
^^ é Sot o jusqu'à oo<n ^— àOoij — F >é l y ^) au lieu de 
>-4iû; — G |lol au lieu de U^V^. 
1. 4. D E G IVV'; — B Ir^î^? IVV' V*®>^® -1-^' ) |n > ] n 
y^ajû h à n\ '^ H comme B, mais reporte }] * s^ ^ après 
1r^?î C comme H, mais reporte \^^ après V*®}^®; — 

1. 5. B 2^^ au lieu de "^11; — F K^ tt-*? ®.<"î — G a-^ 
? n ÉÉ No . __ BCDFH omm. ^ O éé So |ooi P; — BCHomm. 
^oC^; — D F ^o»-0 pour ^<"-^. 

1. 6. D F H ^-A^^ouû pour ^^^Ai:^:^^; — B ^>-»^^? au lieu de 
^^2^,1^5. E ^^92^-àiov, — B C H omm, ^1. 

1. 7. G <n-*-a3 ]om ^l>o. 



- ^ — 

— G |«^? If^ '^i»'? au Ueu de |^9Qio?Z? |f^?; — H 
om. la ligne. 

, 1. 6. G ^otOAr^^i ^?1 au lieu de UnV>S p6; — DFG pLaoi? 

ooi; E o*<n i-»l??; — H om. la ligne. 

1. 7. D F ou2£LiJ )fiPlo? pô au lieu de «^na^okla^ V^P^; — 

DEG IA^5; F OTA^à^5; — H om. la ligne. 

11. 5 à 7. Le ma. C donne différemment ces trois lignes : . >à O * n éé 

plan . )Z9Q-.lo9^^ Ifû^? )^*^-^-^ \^à^ \L^haao ]àÈàn 

1. 8. H om. la ligne. 
1. 9. F ]t^^^ f^; — h om. la ligne. 
1. 10. H om. la lig^e. 
1. 11. G fSç^ |o<Ji P; — B i VmnTffW ; C | /mnTffVio . _ G aj. 

^^1 après l^-lû-à-M-à»; — H om. la ligne. 
L 12. C oi-^2^— *}? au lieu de ]2.l^h.^' E ]^^ (sic); — E 
|^,o l,Ja-*5; — C G l^o2u»; DE F OT902U»; — H om. la 
ligne. 
1. 13. B C oi^ourjOA,?; _ c (Tilo^hjk ^|; — h om. la ligne. 
1. 14. E ÎIaILo (aie); — H om. la ligne. 
1. 15. C «JPfû TT^o au lieu de oi V i n 9 ,--iû ^. — B D F 

1. 16. C om. looi après Vji_m; — E fiLSOa^J^o (aie); — F G 

ûM-*^; — H om. la ligne. 
1. 17. B C G l^û^ looio; — B C lf*<"lo; — H om. la ligne, 
p. n, 1. 1. B D E F G 1-^^i^lo, C ï^û^i^?, au lieu de l-iûjJl ^O; 

— H om. la ligne. 

1. 2. B C ^? au lieu de fs^^; — B C G VocOr)?; — E ^H''î 
G V^? au lieu de V^S^'; C D F omm. V^Sç,'; — C D F 
V^à^9 (ji^.^a£). — DF omm. ^V^?; — H om. la ligne. 

1. 3. D F G 019^1 TT^O; — H ,-JULi^Lo? ] \ nn l ^^ \^m 

1. 4. E om. I^Or^^; — F G ^-«^r^; - D F G >Q:i^^oÏ£)0; 

— B ^? au lieu de ip^. 

l 6. H om. ^^2iJO; — E w^-*-^9|; _ B om. ^oi , w V> o 
oiz osno . — C H fûmLoo au lieu de ^rsoi^iflLoo^ — CE 
Gth\nr) ; -- D F V^j^? oi/nH.nn au lieu de oi^nsoo, 

1. 6. F o*1<^AV>N. _ F oi^i^ÉJlïNà*:^., H mhjÊ$A£Lk,^^^ -^ B C H 



VAEIANTES DES MANUSCKITS 



Peemière vie 



p. ^X.» 1- 1- E F |2i-^:^^ ^o^; - F TT^ ÔEI\} Jcju^? Ir^?? — E 

L 2. C om. o*ot; — F ^^-^1© pour ^^^1? ©bi; — c Unn^m^n 
]iàà à So ^ ^ V>? PViSoo; E IZolaSiLo^ ff^SQ. F om. 

1. 3. C om. l^OAyLo ^oi^o^; — E P«-a au lieu de pouaOj __ 

C om. p«-oo W^; — F om. Wr^ pouoo. 
L 4. E ^ûûLlsI; F SU); _ c om. w S i?; — C F omm. 

11. 1 à 4. Les autres mss. diffèrent beaucoup plus pour le titre : B 
\é^^ >É^néO . \^0(nh ^9 )<nA.^ )^£l^ V-!^^ j^^^àJl^Nà^J. 
\o<n iMèy v> ^01^0)^ ^onwq) po—o? ^^ V*^r^ pouao 

D li^? ooi ^) ^JLé^2^ |<juX? l^£^ç^? |2^-é:!^^, et reprend 

aussitôt avec la ligne 5; 

G ^(nho\£i yi S -à»? jcnA.^ )f^? )(n-^^^ Vf^©?? )2^>^»>^i»Nà^^ 

,^aLo| ^-icts». OT^lo^^ . loci ]ls^]^o pAl:^ (et ajoute dans 
l'interligne : . \h±^^ >^Lûoaih ^ oSI|?o). 
1. 5. B ]2.hQLû^2^ ^^ oiA-àl^Z; — D aj. ^oûaLo^ sLà) avant 
T^-^r^l; F remplace ^r^l par ^oûjIo^ ,Ju-.éJ^ v1i.|; 






^^n v^i^ cU-ài^iCjB ^n en > ^ V \ . -^ ^ « iC^K^d^A 
^n CI3OT • n >i . ><\âa V^-iLT<' t<^ y '^^ ^ ^ e i »% *U > 



1. Mb. |<\ja1<r 

2. Ms. T<T<VLa<\. 

3. Ms. T<LÂn. 

4. Ms. iOc\c\i<nA. 

5. Ms. 

6. Ms. 

7. Ms. omet A KoUiJKalâ». 



T^àtSLàdlA ^»JT^ fCA^A |<UiJn . ^vyH^i^sn tOcn fCùa.â\\A 



■\ *n x.>n i<'iM^^ . c\m iC^lJ^î^us crxs r^'uo iu»c\ . T^tfixj^M» 



1. Ms. vCi^l^s^. 

2. Ms. ^Cl^|<'; G et H ^€tAj^T<', dont D et F ont fait ensuite 
âûCLoA^ — Une des vies grecques et deux vies latines donnent à l'ar- 
chiviste de V^glise le nom d'Aetius, ^A^noç, qui a dû se transcrire en 
syriaque Qq<\ ■ \^|^, puisque âa<L^|<'= àero; d'après Bar Bahlul (t. 
Payne Smith, Thésaurus Syriacus). Justement, une leçon primitive Ca^MjJtC 
explique à la fois et la leçon de notre ms., ûûCl.^T^, par métathèse de 
Vioud, et celle de G et H, Qâ€lja.ji^|^, par l'orthographe intermédiaire 
orirn\pT<! 

3. Gr. '/^apTouXaptoç, chartularius. 

4. Gr. axdcjivov, sca/mnum. 

5. Ms. écrit ainsi, pour a>.fti>lin. 

6. Ms. xCJLAjJ^ 2k\\ lieii de yC \ *>a. 

d 



i<'tfOacTij AT<' i<\ n . cn^cL^ cfixÀJ ^ii^ n^A . i<<\cia 5 

■ • • • 

• • • 

■ ■ % TÎn <\cr3 . vcvcnA V>aT<%i t<^i >i îcn^ i<'>\ Sa tficQ 10 

tdJUx^ ^v-o ^-^^ ciad^ciA i^Acn en \ n n i< \ ,^ »T<^n 
iWiuai< i<^/vi ■\^i.a ^lOl V<UJT<' JS^nc^K^A . T<H Ari n n x.. 

^^ <\<\cr3 > ■ \-n<\ . K *n ^ en \ ncj t> /vi SK^ > t iÏ<\ 
VAcnA >cr3CuAtfun . VAcn-i^aiwe i<V\cia >Lay^n cîcn rt'du^i 20 

\cn . rtfflUjuJî "n N.tfu^n c\cia iCjbt^ tOcn ^K<\ 






1. Mb. C\C\Cia au lieu de 

2. Ms. omet l^àïf^à^/ky ^OïCS^jà^CULS^i. 



- ^ - 

.iuAjm iC^Oiicnci r^^rCl^yil v5iA^n<\ . lOcnla ^^ol»SAa 




• • • 

5 . K^J^i^c^ ^<\cr3 i<'Vi Cfil^aA i<i^<LâLs t<%oJ i<tft-iL-S 
. rt^^cU-âi^i^tfOa yen i<T\ *>a<\ . lOcn iCcr^CL^^e^ cvA^n 

15 ^on ■ n ■*! AT<^ ^^1% . i< \ \ \SatfOa iCA<\ |0*ctiAi<'i<1t<'Ï 

• • • 



1. Ma. ^<oejlC\. 

2. Ms. omet les mots i<^a\>1 <tnAj<\. Le copiste a sans doute été 
trompé par la répétition du mot i<r^\>l. 

3. D F G H ajoutent ici X^ \ à\ nS\^ OjbAucV; — gr. Tp{xXivov. 

4. Ms. CLs^A. 

5. Ms. tCox a é n îî.<\ |<40VSÎC\Ï<\ ft'tf^tCZ.^â T^tf^ïâU^a 

• |^a^C\à^|^V\. — J'ai suivi la leçon de H. 

6. Ms. OU n ■ I Cll^; — gr. oO^x^aç (uncia), 

7. Ms. > •tÏ<\. 






1. Ma. K'ipOa ^9ijçnc\. « 

2. Ms. vil. 

3. Je suis ici la leçon de H , que notre ms. amplifie ûnsi : 

>ci3c\\ N n rdjà tin \^a <\'ci3 K'^ini<\ . A.azj 

.(pour T<'tf)€\JL3|<') cr3tf)€\JL3|<' AoxjaÔa "W^laa «Senil^ 

4. Je supprime ici la phrase suivante, qui ne se trouve dans aucun 
autre ms., et qui doit être une interpolation : T^(a)C\\^^&^ ^.A iC\ 

A-^. (pour rCjùa^fCcK) >AnÔT<V\ . ILi n-AC\T<'n lOl^ îtCJl 

. v T\\a i lOîdxu CTijAui<''n i<'nci3 v^»i^n i<'dvscr3CL>i i^^ncn 

Ces deux paroles sont tirées de Matth. V, 34 et XVI, 26. 

ô. Ms. HH \ 

6. Ms. QûCLiCill^tf); — gr. Opovouç. 










Acn A..^ V<\cTiA iC\^i idâLii<' . xCjut^jd iCaaôA AAcn 

1. Sur la restitution de ce nom, v. la note 2, page V^* 

2. Gr. auyxXTjToç. 

3. Gr. yktaadoxo^oy, 

4. Ma. ^LA<\. 
ô. Ma. T>3|<V\. 



- v^ - 
cvcTil>i JSjrp^ >LaL«în K'^cv^i^ ^^ . i<>i \ n ^^^ $ 

cn^ . tC^iAcnn A..^ iCA^<\ i<ctiAiOi i^înA \ cl.^ 




1. Gr. TcopQpupôiv. 

2. Ms. OflCla^vn IT^ Cette leçon, surtout si on la compare à celles 
des autres textes (y. aux Variantes des Manuscrits), fait songer d*abord 
à la correction âaCL^AJhûJT^ ^AvaxX7]T0(, Anaclet. Mais elle peut aussi 
se ramener très-simplement à une leçon QqCI ■ \y\ n IT^, IvvoxivTioç, dont 
un copiste aurait mal lu ou mal formé le second nxmn. Or une vie grecque 
et deux vies latines, très-proches de notre seconde vie syriaque, nomment 
le prince des évêques Innocent, Ma restitution semble donc bien certaine. 

3. Ms. ^ClA. 

4. Mattk. XI, 28. 
ô. Ms. .1A1<\. 

6. Il manque ici un feuillet dans le ms. Je rétablis entre crochets le 
passage perdu, tel que le donnent G et H. 



- V - 

ip» . i< \ \ >aCL^A iCsua€V>i cn\flLa . T^^îf^^ ^ -^ t i^ 



6 



• • • 

rCMCh'a . CKcn tC>icuJ^ tC>i:i.-^.A ^cnciôisK' Au.s> ^^ 




1. Ms. 

2. Je ne connais pas d*autre exemple du paël du verbe tCLÀ avec le 
sens qu*il doit avoir ici. Les quatre autres mss. ont Taphel : tCLÀI^ con- 
formément à la leçon de la PeachUo. 

3. MaUh., V, 39. 

4. Ms. ajoute : T<ViCI3 .VnnSa T^àïxCt^^^^ K'd^CUTa-i^^OxsA 

5. Ms. <L»ncn>3. ^ ^- 

6. Ms. |<'Va^. 

c* 



m 

. cnAu-aA cn\ s.Kh cni.rvii cnipOac\ . >cnjc\ci3 t^Ll^a 

<At<'. >Aaj9 ^^ cnA riAfi I T^^c\tf)^<\ . |<V\CT1J i<'î\4L>in 
xCjK JBxâJc\ rCjK ^tCîLn <9l«i< .Aj^ ^KaA^û^Aa ^^s 15 



1. Gr. :caXaTiov, palatium. 

2. Gr. ô(|»{xtov, obsequium. 

3. Pr<w. XIX, 17. 

4. Gr. Çevfa. 

5. Mb. ajoute encore ici 

6. Gr. PaaiXixij. 

7. Ms. <l \>l T>; les autres textes ont *\r^ T », La comparaison de 
ces deux leçons rend ma restitution au moins vraisemblable. 



Li — 



. VAcnÀuAiCx^n iCucuÀ ^^ v<uX^Au i^ >cr3<\ciisi<V^ 

• ^^ • 

. i<ALin>in cr3tf)C\jL3<A ^âUT^tC^tw* i^ Oam . oaciAcLâ^ 
tCj«<\\.a rC ^\t^ dî.À^tf)T^ . idâAiCA ^n chA A..^ n^dc^ 

15 . jciux fCl-jacnn \in^a r^cnlK rCaî^s^ c\cia .«.^n \J>ii^ 

• • • 

V<\anA ^K^ . Air^ >câsr^ ÀuaA <^r^. tCxUJLs ^^^ ocJi^ 

1. Ms. omet >CT3Cla A r>. 

2. Ms. ajoute > 

3. Ms. sic, 

4. Ms. on ■ An 

5. Ms. 

6. Ms. omet 

7. Ms. JûyâJ. 

8. Ms. ajoute 




— eu — 

. >cr3Î<\K9n cia^o>in Kbô-k^ ^ctdînr^ t^ «u» . >ci3Ci\ n 
^x^i<'vA <Lsct^ * c\ci3 t^n >cïx» . v^ui^ dvjt^twA i<'ncf3A 

*. tC^iACia^sn ciad)0>a tp^ jkAauLmfC t^Liact^n cntiJt^Bn 
ciadL^iOL^ v^»T^ cntf^ciA î \/vi !<cTiAT^n . >cnîc\Ks >cr3c\AuT^ 

comme il fait encore dans le passage correspondant des mss. D et H : 
t^L>3<\cn\iS |^C\Gr3^ ^<\tf) <\CT1. — Peut-être le copiste a-t-il sup- 
primé ces lignes parce qu'il n^ & "^^ qu'une répétition des derniers mots 
de la première vie, avec un développement superflu du titre qu'il venait 
d'écrire. Pourtant il lès a remplacées par une phrase plus inutile encore, 
si même elle est complète, et que voici : l^L>3C\Gr3'Vs^ ^^ ■ ■ iCT3 

v^ jàâoxjL^i^ tCii^ct^^ cfStMi^La^ tCAxâJ^îâus^ ■ tN ii^ 

1. Ms. ctaîni<r 

2. Ms. cîcn, 

3. Ms. tC>l au lieu de A^*>3. 

4. Ms; ^^CUCia au lieu de iCJ^I^ 

5. Gr. x*P'"îî- 

6. Ms. écrit CULdtfXJL^I^ et omet l^LlaCt^n. 

7. Ms. omet t^.>aC\Cf3\iSn. 

8. Mo. Kcicn <J.o TMu>ax:n-sn tC>i c\ao v^. 

9. Ms. ajoute / - ^y^ ^ - !<cnL.Ai^ ^^ Aut<^ \ > >ai^n vcucn 

v-lO. Ms. omet fCcnAf^., 



avsdvâ^i<'n i<V-*i^. T^'^îcoan^n i<'nA^ tOciaii cnA^n 

f 

>cr3<\m.Ar^ d> a ■t> T^<0uljn^ K^ac^ciaV» >cnAÎU»c\n A.^. 

on ^>i i<VtiAi< <\cran cCcn cfijJCLs><\ . i^'Va-cxs^ cnAxjLsc^ 

1* 



• 



dutjK lûysct^n cîioa ^l^n ^^^kl«i^ ^^ 



1. Les lignes comprises entre les astérisques manquent dans le ms^ E. 
Mais elles sont données par les quatre autres, et le sens général de 
cette préface rend extrêmement probable leur existence dans la rédaction 
primitive. Le ms. E semble d'ailleurs en garder une trace, dans le ^Atft 
qui s'est conservé, à la phrase suivante, après |^^*|.K^, et qui marquait 
sans doute originairement l'opposition de cette phrase à une précédente, 



— «M — 




(Ma. A, add. 17177 dn Britîsh Musenm.) 




- ^ - 

^^cn . <A^ ^:>aT^ aixAJ ^ciA rCavK ^a ^n r(^\n iin ^i^ 

^ €iûui \tn>>a . V>ai<V\ i<!xjiwe i^<tan <\cr3 iCa^s .aAj» i^a 

5 ^ajdÎ<\î<\ . iCscâCOxa » ■.■^y^i xÙLà^io lOcra v^»l^^ Aui<'t| 
i<l \\y \nT> CTiA i^Acn i<c\cr3 ^tpcn ^^a . VAcr 

■V s. na ti \ -» cL^n |C\ ncn . i<V\ci3 j^.^ iCtXûLsK'nc^ 
15 iCOdûLsT^A.^. ^T^t^T^. oûjV&^c\ i<V\cn £k^ cnALin^an 

1. Mb. ^^^^»y. 

2. Mb. « \é N.n^. 

3. Ms. |<%C\J^j.A«Lsn. 

4. Ms. GraoLsCraCOa, sans ribbui. 

5. Ms. ^jLiJ^. 



. lOicia rt'dLâN^ Ka\^. yen iCl.^n oiA <\c\cn ^^t^B^aci 
K<\cr3 on ■ ^>ia i^c\cian ^v>a \^ cnA X2w^ w^i^cia 
^itr\A»<s . ijajtfu <i^nc\ i<f|AJ K'V^ <\cr3n Aui<1à..j^i^ 

rCAàX^ v^tiOn i^tpo^i t^xv^ . i<^v.âLx^n Kcicn lOJL^n 

• ycn€K'ï^^'rCɱjùLaTC yL^j!i VAcnA <\^>l|<'. tdJ..ûû^i<'AaiA 15 
<u^>a ^n ip» . rt'n-ajD vcicnA vcvcuajn . id^'ÔA v^'ciiA 

i<V\cr3 vCijy^A ^cfxsn tCâi^<\ïn ^ij^a qÎja ^tpcia . îjajd^om 20 
^n tCv^A . rCdvâcitiJD cils ^cn-incitA-i ^/*ni/vi tCxjtM» 






1. Ms. 

2. Ms. i<bri>3^. 



• rCio\jiaj^ aiLjjD KV\cn KVaK^cv . rCàcnlf^ iCsl^a^s iClscl^ 
joxitJi tClcK rCoAci r^oA in n i^â i^VJcoaV-& ^^^ ^^ 
^n na . Aui<\i\y-> >cno\ s ^g^kn s. . ciant \ w»i^ i<T^n\ 
ciaAuA^ chaclA >aaAÉ\\ m vw»i^ chaa-i^i^ en ^ n^ t^i^ 







.îtfus ^>i ^1^ cn^cvnin>i ciiA âV-ic\ . ^auk ciAAâA 










1. Ma. taj^ c\cia c\CTa. 

2. Ma. ai n iN,<\. 

3. Gr. 5evo8o)^6M)v. 

4. Ma. omet C\cn. 

b* 



J 



> — 



i^Îjl^aa en \ >a \ji.9n iv-â ^^ i^tfA-»àA . cfiAi<^ t>^ <\cn 
VAcnJL>i V^n-jft . yoLêfC rCaaj^ ^>ia . rCirC ^>in dvi^ 

cfiA iCXa ^^cnA . .^uà lia «jtJi^ KX^ i^n i<'Ao^coa 
iCLsi ^tuD^ iû.^x«cn>i Acn .âi^n . ^>ii^ %a . ^ipa IcLâ 15 

a~^ n-â tOcia i^V-icoa^^ Acia ^n-^cia ^>ia » ctiaajg> 



1. Ms. 

2. Ms. A M<I 



- K - 



cnà\ à *> > \ ^ •i..>a ««-^n ii-a . cn-A ^é \ ■> %a vcoa)i<i\ 






c\c\cn ^ Kl >a ^ ' ^ ^^.auT^ . i<V\cn AjlA cîLsi Ka^€L-»iO^ 
in -\ «iâ . VAcni^A i<%\cn \in K'dLont ^i<n V^ iCi^a^ 

« 



. K'îU^ i<i^c\\i\^ i^'^KL^^tt .51^1^1^ . i^Acn i^tJi 



1. Ms. 

2. Gr. Tuapa^ovapioç. 



6 



T<V\ci3 ori ^ n . CTiijQjc\/vi\n w»i^ v<\cnA->i i<V\cn Vnnn 
^%s^ V " V ^^ l<V\cn >cnc\duji<' . n <rvi *n \n ^pa cn«wi^ 

Ki\ci3 KHTV i^xtt ^-^ t<^ ■ nCLpc\ i<^l â/vi I ^^ 

•z.^^ iCA ^n*i<\nÂri>a ^^ . i<bnAT<'n t^ôa^ >ci3€i\.^ 

i<V\cn <J^n ^ÀoaK' <iî< . cn\y\ \*n-> v^cni^a i<V\cn 10 

. id^^«^ac\ . rC^C{\/^xd i\Kr<aLùAX^ criT^igrAy. i<l\cn^iCo 
T<c\cn ^^..^ T^'^n \ \ K'^^ciA^ > iiiyn^iCLSatuo >l^.a 

•âK' . Jwnc\TC i<!A «jtJi^ cn^€L9ic\ td^^tuo cn'uscvn A..2k.A 10 

n c\cn . on >i x> «us cnV^cvn .snadu c^rC JSk.n^idu 



1. Gr. TaxTo'v. 

2. Ms. > i^^ya, sans ribbui. 

3. Ms. xC(f% A<Vi, sans rîbbui. 

4. Ms. tCLâuûû.Da, sans ribbui. 

5. îd. 

6. Ms. iCi^a'S^, sans ribbni. 



ACia .^1^ ^«acn . i^Acn ^V&tfOa ^cncuXâLin cn\i-iT>AT> 






SAJLjà^f^ ^>in ocj^ iCA 11.^ ^n Acn . vyî^ i^^tftaB^:!^ 



20 K^îh^a^mS ^>itf^ T^c\cn >cu3€\ . >cnîc\i<' tCî^x^dOan t<^c\^H-âA 

tf^c\ci3 crujdujK' iC>x.^ajiCi.a . iC-L-âcn c\c\cn vc\cfijtfui^ 
«JtJK'^^i ^n>3 V» • tC^ctijûa axài^cy tCoïv^^^jd cn^cxju^ar^ 
1<Â\Aaâ<2>a l-^n i<%\crj <»j» *U^<i ^f^. i<V\cn aÂxJ <i 



— A — 

. >ci3c\W. ii\ 1 c\ci3 •z.iCSk lia . KV\cia «uxJ&k ^ciiA x^\àjxà 5 



cîLsi . dU>anii^ K'^^cvdxzii^ ch\â i<ALin>3A • cnA ciTnt 15 
i<w N \jB rCD^€i\ <!b«UD i^icn c\ci3 . iCic\L9 ^..^.^xA f^dil^ 

cb^i \*n,l <9^ i^îÎJLs ^n lia . n>ii^ K'ncrj iCâuttCi.^^n 20 

> \ li ^T<V\ 1<V-iAtf^C\ ^/viT>tf^ vydu.a.s iCl^aCUn t<i>iOa 



1. Ms. <^. 

2. Ma, <JCL1^ 



— en — 

r^ •■A ../Va i^n N n iOiC\ts T^O-â^ tf^»n\ Kaî K'SjCuK» 

5 ^cfiA KVvcn iiCi i^ nanV?^ Khcn i^ ^n c\cn . KVvcn ^it^ 




Aâ>2-adO^ c\c\ci3 cuÎJL^ . KbnAtC^ t^a^ c\cn tOi<l^n c\c\cn 




15 



20 






1. Ms. omet fl y^, 

2. Ms. >On> ICI. i^yJ^. — Le scribe, qui sans doute n*a pas compris la 
phrase, rendue incorrecte déjà dans le texte qu'il suivait par Tomission 
des mots C\C\cn > ■ \ r>, aura d'abord lu ^CTUJCl \ \u^ au lieu de la 
vraie leçon que je rétablis avec les mss. CD F; il aura ensuite remplacé 
ce verbe par un synonyme d'un emploi plus commun ^CîIaJCLj^^ 

S. Ms. omet C\C\Ga 



— n — 

ff 

c\c\ci3 vc\CTi^duji<' . i<H n ^ i<tfuAc\ cuiTTiN 'u^t^îcn 

. c\c\cf3 ^tJA rCl vc\cntfOx^Aan i^mvî^n >cîl=i . tf^c\cn t^^^i^tt 15 
s tC^n lOK^AtTÎf <ST<T<ci3n . ^ ^^^ tCL>i >^>in . i<i\cn 



10 







20 



1. Ms. .SûaC\tfOaC\. 
•2. Ma. xCxJ^ (sic), 

3. Gen. XV, 2. 



y\^ rCjLà\o iOcnâc\ KiljjéJ ^i^^aculs i<dtL»«pa >cnîc\<!9 



l^îtfU-^ûâ ^ 1^1 1<V\Cia . 1<T| An aï|c\ T^î > it^ K'âl dUjdV-j« 



I^ci3<\ . i<di<\ nin> ^n<\ i<igic\ ii ■ \ T,,n i<lili*>a T^cncv 

• • 

*€u^ tCcnic\ i<v.2k. i^i<\J^ KHcn . Ki\cn 



1. Tont ce commencement placé entre crochets manque dans le 

ms. A, dont le feuillet 118 est perdu. Je Taî restitué d*après la leçon 

de E, en 7 faisant seulement quelques corrections que justifie la compa- 

Ktison des textes^ 

a* 



|âfl-^T<^ I^Va-^ A*-^»^ T^^ > y Y -^ 



n 



a 



The borrower must retum this item on or before 
the last date stamped below. If another user 
places a recall for this item, the borrower will 
be notified of the need for an earher retum. 

Non-receipi ofoverdue notices does not exempt 
the borrower from overdue fines. 



SëPT-tfîSUOl-' 




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riXr 1 n ?nni 



FEB 1 200R 



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